#PRAYFORPARIS

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 #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam

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MessageSujet: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Mer 25 Juin - 23:54



No good deed goes unpunished
ft. Gilliam & Camryn


Depuis combien d’années espérais-je avoir un endroit que je pourrais appeler maison sans avoir peur qu’on me l’arrache sans aucune pitié? La rue avait été ce que j’avais eu de plus près d’une maison depuis des années, c’était le seul endroit que l’on ne pouvait pas m’arracher, parce qu’éventuellement, même si je finissais dans un foyer ou dans une cellule de prison, je finirais quand même par y retourner avec le temps. Vivre sous un véritablement toit était quelque chose de particulier pour moi, quelque chose que je n’avais pas eu depuis des seize ans. Aujourd’hui, quand j’ouvrais les yeux et que j’observais ma chambre, je me rendais compte que je n’avais jamais su ce que c’était d’avoir un endroit où on se sent finalement à sa place. Je devais ça à Gilliam. Je lui étais reconnaissante, plus que je n’arrivais à lui exprimer. Les mots n’avaient jamais été ma force, j’avais toujours préféré ne rien dire. Comme si je n’avais  aucune émotion, c’était plus facile comme cela. Il n’en restait pas moins que quelques jours seulement, je m’étais retrouvée à faire une confiance aveugle au jeune homme, comme je n’avais jamais fait confiance à qui que ce soit depuis des années. Une partie de moi me disait que c’était à cause de la lueur dans ses yeux lorsqu’il me regardait. Par moment, je me disais que c’était parce qu’il était lié, de loin, à Noah.

C’était pour ce dernier que je faisais tant d’effort pour brimer ce besoin de poison dans mes veines.  Je n’avais aucunement envie de finir raide morte une aiguille dans le bras, surtout connaissant mon amour pour les trucs pointus. Je n’étais cependant pas naïve. Je savais que c’était sans doute ce à quoi se résumerait mon futur si je n’arrêtais pas cette dépendance aujourd’hui. Et si Gil’ faisait tout en son pouvoir pour me refiler un coup de main, si j’avais la volonté de le faire, c’était pas si facile que ça. Et j’avais un peu l’impression que mon nouveau pote ne s’en rendait pas totalement compte, comme si j’étais capable de changer, qui j’étais du jour au lendemain sans aucun souci. Comme si j’étais capable de me débarrasser de ce qui avait défini ma putain de vie jusque-là. Lorsque j’avais poussé la porte de cet endroit que je devais maintenant appeler maison, je sentais ce manque qui me rongeait. Douloureux et envahissant.  Je n’avais eu qu’une envie; celle de me retrouver sous la douche pour me débarrasser de l’odeur de cigarette et d’alcool qui me collait à la peau, comme pour me débarrasser de la pellicule de sueur froide qui avait pris place sur ma peau.

J’avais pourtant réussi à traverser ma soirée sans flancher. J’avais fait mon boulot que la petite serveuse parfaite empochant mes pourboires avec des sourires polit sans anicroche, malgré mes mains tremblantes et mes tempes qui vibraient sous chacun des battements de mon cœur. Je n’étais pas stupide. J’savais que se serait les premières semaines seraient atroces. Je n’étais pas naïve non plus. C’était juste que je n’aie jamais cru que ce serait si terrible. Avoir su, sans doute n’aurais-je pas fait de promesse à la con sans réfléchir à deux fois. Et au moment où je poussai la porte, j’aurais donné un an de ma vie pour une dose, pour me sentir engourdie quelques heures. Juste quelques-unes. C’est pas le truc le plus censé qui soit. Je le savais. Mais j’avais besoin d’arrêter la douleur qui roulait dans mes veines à ce moment précis. L’envie de m’arracher la peau pour ne plus souffrir,  pour me sentir un peu moins vivante. Atténuer la douleur. Ouais. À ce moment précis, c’était tout c’que je voulais. Je me fichais de savoir comment. Tant que ça fonctionnait.

La première chose que je vis en mettant les pieds dans le salon, ce fut le visage beaucoup trop sérieux de Gilliam, installé sur le sofa. Comme s’il attendait le Messie. Ou moi. C’était plus plausible. Je fus étonnée de ne pas voir la silhouette maladive de Cassie dans les environs. J’ignorais quoi penser de la gamine. Bon gamine… elle était plus vieille que moi. Détails. Il n’en restait pas moins que je sentais qu’elle se méfiait de moi, comme si elle avait peur que je massacre le cœur de Gilliam à coup de couteau, comme si j’avais ce pouvoir-là. Moi. N’importe quoi. Puis bon, la blondasse, j’étais mal à l’aise avec elle. Comme si j’avais peur d’la casser en deux d’un geste trop brusque. Et encore, j’avais deux ou trois centimètres de moins qu’elle. C’était une chance! « T’as une bien drôle de tête, Gil’»  Ouais, il avait celui d’un fantôme. Ou un truc comme ça. Je sais pas trop pourquoi, mais y’avait une partie de mon cerveau –celle qui  fonctionnait encore-  qui me disait que ça avait un truc à voir avec moi. Ou alors Cassie était encore à l’hosto. Cette pensée ne fit pas long feu.

En quelques pas, je fus devant lui, le dominant de ma hauteur, l’air anxieux. Je me sentais comme la gamine qui a fait un truc de mal, qui a voler un cookie avant le repas ou qui a casser le jouet préféré de son petit frère. Enfin, j’crois, parce que je n’ai jamais fait ce genre de truc, petite. J’avais ni droit aux cookies et j’avais pas de petit frère. Je portai mes doigts à mes lèvres, rongeant mon pouce de façon compulsive, soudainement nerveuse. Là, dans les doigts du motard ce trouvait un minuscule sachet de plastique contenant de la poudre blanche. « C’est pas c’que tu crois…»  marmonnais-je en mâchouillant un cuticule sur mon pouce jusqu’à celui-ci se mette à saigner, envahissant ma bouche d’un goût métallique. Bien entendu que c’était ce qu’il croyait. Il l’avait trouver dans ma chambre, croyait que j’ai pas respecté les règles de la maison. Celles qu’il avait établie en acceptant de m’héberger. Et je pouvais pas vraiment la blâmer. Je savais pas vraiment comment lui expliquer que j’étais clean depuis deux semaines, que ce qu’il avait dans ses mains, c’tait un peu une sécurité. Comme un doudou pour les mioches.
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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Jeu 26 Juin - 15:08



No good deed goes unpunished
ft. Gilliam & Camryn



L'odeur de sang lui collait à la peau, depuis son plus jeune âge il vivait avec ce sang sur ses mains et parfois, dans ses rares moments de doutes, il se demandait si tout ce qu'il faisait valait le coup. Et puis il revoyait le visage doux et pâle de sa petite sœur et ça le rendait plus fort, plus hargneux et certainement plus haineux. La nuit avait été courte et agitée, une transaction qui avait tourné au vinaigre, les asiatiques avaient essayé de baiser les Sons et Gil' savait que cela enchaînerait des représailles, il faudrait alors voter. Il soupira longuement, toisant une dernière fois son reflet sanguin dans le miroir qui se tenait accroché au-dessus du lavabo, des doigts serrèrent si fort la jointure de ce dernier que ses phalanges rougeâtres prirent lentement une couleur blanchâtre. Le blond ôta ses mains puis fit glisser son blouson en cuir sur le carrelage noir de la salle de bain, suivi de prêt par la chemise à carreaux rouge et noir puis de son large jean et enfin de ses sous-vêtements. Gil plongea dans son bain chaud, portant son regard sur la petite horloge, il était à peine dix-neuf heures et il se sentait déjà épuisé d'une journée trop longue et d'une nuit trop courte. Passant sa main dans ses longs cheveux blonds, il laissa son regard se perdre en même temps que ses pensées.

Il pensait en premier lieu à Rickon, qui semblait différent depuis quelques mois, comme-ci son meilleur ami ne lui faisait pas assez confiance pour lui délivrer ses secrets les plus sombres et plus le temps passait plus Gil' avait certain doute quant à l'implication de Gilliam au sein du club, le problème n'était pas vraiment lui, mais surtout les autres qui commençaient à avoir des idées folles au sujet de Rickon. Et cela était un problème à régler au plus vite. Le biker se laissa légèrement glisser à l'intérieur de sa baignoire, ses cheveux flottant légèrement dans l'eau aromatisée et brûlante. Il pouvait sentir les picotements que la chaleur lui procurait et voir sa peau rougir au contact de cette dernière. Gil' était resté ainsi, inerte, décompressant, pendant plusieurs longues minutes avant de sortir. Son large tatouage qui lui prenait tout le dos reflétait dans le miroir aspergé de brume et d'humidité. Le grand gaillard attrapa une grande serviette qu'il entourait autour de sa taille, les gouttes d'eau qui glissaient de sa chevelure blonde jusqu'à ses épaules lui donnèrent des frissons. D'un geste vif, du revers de sa main il balaya la buée présente sur le miroir. Plaquant ses cheveux en arrière afin que ces derniers ne l'aveuglent pas, il se pencha légèrement pour attraper ses vêtements crasseux qu'il fit tomber dans une panière en osier noir déjà rempli de vêtements. C'était en partie Cassie qui se chargeait de ça, mais depuis sa dernière hospitalisation, il ménageait sa sœur, mais avait toujours un mal fou à gérer le club, le trafique d'arme et les tâches ménagères. Il secoua son visage, un sourire caché sur le bord de ses lèvres et en tenant son cuir entre ses doigts, le biker sortis de la pièce.

La maison était devenue une véritable auberge de jeunesse ces derniers mois, entre les bikers qui se retrouvaient mis à la porte par leurs bourgeoises, la petite Cam' et Cassie, Gil' envisageait de plus en plus d'acheter une maison plus grande. Toutefois les finances du Sons of Anarchy ne lui laissaient pas réellement le choix. Gilliam jeta sa veste sur son lit et il attrapa un caleçon propre ainsi qu'un débardeur blanc et un jean Levis troué au niveau des genoux. Il ébouriffa ses cheveux et attrapa une clope qui traînait sur sa table de chevet, clope qu'il coinça entre ses lèvres. Cassie se tenait d'une épaule contre l'entrebâillement de la porte, elle semblait anxieuse et Gil' termina vivement de boutonner son jean avant de s'avancer jusqu'à elle et de poser sa large main contre la nuque fragile de la petite princesse. Il lui déposa un doux baiser sur le front et ensuite plongea ses prunelles azurs dans celles de sa sœur. «-Tu vas bien princesse ? » Il la connaissait par cœur, pour ne pas dire comme s'il l'avait fait. Cassie lui offrit une large grimace qui se voulait être un sourire et Gil' savait que quelque chose clochait. Pendant de longues secondes, le biker se faisait tout un tas de scénarios. Il ôta la clope coincé entre ses lèvres et la posa derrière son oreille. Tant pis, elle serait humide. Il colla son dos contre le mur, croisant ses bras contre sa poitrine. «-Je sais pas comment t'annoncer ça ? » Gil' haussa l'un de ses sourcils le regard interpellé par les mots de sa petite sœur. «-Quoi t'es enceinte ? » Lâchait-il à demi sérieux. La gamine s'était mise à rougir tout en secouant son visage de droit à gauche, signe négatif d'une potentielle grossesse et c'était tant mieux. Manquerait plus qu'un mioche à la maison avec une ex droguée. Cassie lui tendit un petit sachet transparent dans lequel une poudre blanche se balançait au rythme des gestes de la petite princesse des Bikers.

Le sang de Gilliam ne fit qu'un tour et les battements de son cœur se mirent à devenir plus forts, plus rapides. Il attrapa le sachet dans un geste un peu trop brutale, pendant de longues secondes il observait la poudre sans dire un mot, il se mordait seulement la langue pour ne pas traiter la gamine de la rue de tous les noms d'oiseaux qui lui passaient par la tête. Il n'aimait pas se montrer comme ça devant sa sœur. Ce fut d'ailleurs elle qui mit fin au silence. «-Je l'ai trouvé en faisant le ménage dans sa chambre, écoute, je suis certaine qu'il y a une explication, soit pas trop violent avec elle ok ? » Cassie et sa naïveté légendaire, parfois Gil' se demandait s'ils avaient réellement le même ADN tous les deux. Il prit une grande inspiration et lâcha un long soupire nerveux, puis de nouveau il embrassa le front de sa sœur. Promesse silencieuse qu'il n'étriperait pas Cam'. «-Tu devrais sortir ce soir, va voir ce que fou Rickon, en ce moment il se fait rare, assures toi qu'il s'est pas laissé mourir de faim va voir un film avec lui bref. J'me charge de cette petite garce de junkie. Le nouveau va t'accompagner ok ? » Cassie lui offrit un large sourire puis elle tourna les talons. Gil quant à lui s'était laissé tomber sur son lit, son regard planté sur le plafond qui commençait à avoir une sale gueule. Il fit danser le petit sachet entre ses doigts et attendit d'entendre la porte d'entrée claquer pour enfin sortir de ses pensées.

Gilliam alla se faire un café, un sucre et bien noir et corsé comme il l'aimait. Il s'était ensuite affalé sur le sofa, passant quelques coups de téléphones au club pour savoir comment ça se passait et il se promit intérieurement de ne pas étriper Camryn. Il enchaînait les clopes les unes après les autres, se servant d'une fin pour allumer l'autre tube à cancer. Le cendrier se remplissait au fil des heures et lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir, sa mâchoire se serra, son cœur s'emballa et sa jambe droite gigotait dans une danse endiablé. Signe que ses nerfs en plus du manque de sommeil le mettaient à vif. Il entendit les petits talons de la brune qui claquaient sur le sol et pendant une seconde il s'était imaginé lui faire avaler ses chaussures. Il pouvait sentir le regard de la brune sur lui et ne pipa pas un seul mot. Tirant une longue et dernière taff sur sa clope qu'il écrasa avant de coller son dos au sofa. « T'as une bien drôle de tête, Gil'» Elle était face à lui et Gilliam ne prit pas la peine de lui répondre, il ancra ses yeux azurs ravageurs dans ceux de la droguée. Et il lui mit le sachet de drogue sous le nez, le secouant comme on secourait un jouet pour un chien. Parce que pour Gil' les drogués étaient vraiment tous des chiens prêts à vendre leur mère pour une dose. « C'est pas c'que tu crois...» Elle mâchouillait l'un de ses doigts, et à cet instant, elle lui semblait tellement faible, rongé par cette envie de drogue, pour une seconde de plane. Il ne la quittait pas du regard, le biker la fusillait même, le sachet toujours pendu entre ses doigts, de sa main libre et dans un calme presque incontrôlé il attrapa le cendrier vide qu'il jeta dans une violence animale contre le mur. À quelques centimètres de la jeune femme. L'objet en verre explosa sur le sol, inondant le tapis à poils blancs d'une odeur de tabac froid. «-La prochaine fois c'est ta tête que je vise, alors t'as intérêt à avoir une putain de bonne explication sinon je te jure que je vais t'arracher la tête et t'enfoncer ta putain de came au fond de ton joli petit cul de junkie. » Gilliam ne mâchait pas ses mots, il y avait une seule limite à ne pas dépasser dans cette maison et elle venait de le faire. Il jeta le sachet sur la table basse tout en étendant son bras contre le dossier du sofa. «-Tu sais ce qu'on fait aux types qui trahissent les membres du club, ceux qui mentent ? On les exécute, remercie dieu de t'avoir donné un vagin gamine et magnes toi de me donner une explication pendant que mes nerfs sont encore contrôlables. » Son pied cognait contre le sol et il savait que Cam' n'était pas une idiote, si elle mentait il n'en ferait qu'une bouchée et elle pouvait dire adieu à toute cette petite vie qu'elle commençait à peine à connaître. Gil' attrapa une autre clope qu'il glissa entre ses lèvres, ses doigts couverts de bagues se placèrent face à son visage, un zippo Sons alluma son tube blanc et il attrapa ensuite le sachet et commença à cendrer sa clope à l'intérieur. Un mélange d'odeurs infects imprégnaient la pièce, entre les produits chimiques et la nicotine quant à Gil' il continuait à toiser la petite avec mépris, droit dans les yeux.
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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Ven 27 Juin - 4:24



No good deed goes unpunished
ft. Gilliam & Camryn


Je connaissais les règles de la maison. Je n’étais quand même pas idiote à ce point. J’avais su à quel genre de type j’avais affaire dès le moment où j’avais croisé la route de Gilliam.  Il était l’archétype du motard que l’on voit dans les films qu’on passe à la télé le dimanche soir. Ou alors, j’avais passé trop de temps avant ces chaînes stupides qui vous passe et repasse des documentaires ridicules sur la vie des gangs de motards, comme si ces gens laissaient les caméras les suivre partout pendant des jours. M’ouais. J’voyais pas vraiment le blondinet devant les caméras à casser la gueule de ses rivaux et à revendre des armes à feu comme s’il s’agissait d’un truc banal. Des plans pour finir en taule. Il était plus rusé qu’ça. Enfin. J’espérais. Jusqu’à maintenant, il avait bien réussi, en fait, puisqu’il était là, devant moi à agiter le petit sachet de drogue devant moi comme si j’étais un chien bavant devant une gâterie qui sans mauvais le cuir. Sauf que moi, je ne bougeai pas. Tétanisée. Parce que ouais, Gilliam était le stéréotype même du Biker à qui on ne faisait pas de passe droite. Malgré ces mauvais côtés –et il y en avait un tas – je savais que c’était un mec au grand cœur. Un peu bourru, c’était certain, mais quand même. Il m’avait offert un toit, il m’avait sortie de la rue. À ses conditions. Des conditions que je m’efforçais de respecter, même si, quand même, c’était pas facile. Mais ça, il semblait s’en foutre carrément.

Honnêtement, je savais même pas pourquoi il avait eu pitié de moi. Parce que j’étais la gosse qui avait eu assez d’humanité pour venir annoncer le décès d’un fils à un de ses potes mal léché? Parce que j’étais rien d’autre qu’une idiote qui foutait sa vie en l’air et qu’il voulait me prouver qu’il en savait plus long que moi sur la vie? Ou alors, il voulait une baby-sitter pour sa « petite princesse ». Comme si cette fille avait besoin de plus d’attention qu’elle en avait déjà.  Non que je n’aimais pas Cassie. Elle pouvait être sympa. Elle était adorable, à sa manière. Et ça me soulevait le cœur. Elle me rappelait ces gamins qui débarquent à l’orphelinat en espérant avoir de nouveaux parents. Encore et encore. Comme s’ils n’avaient pas appris que personne ne voulait d’eux. Comme un chien qui retourne toujours voir son maître même si ce dernier ne cesse de lui donner des coups de journaux sur le museau. Cassie, c’était un peu ça. Elle continuait à se relever alors qu’elle savait trop bien qu’elle finirait de nouveau dans un lit d’hôpital. Et quelque part, elle faisait pitié. Elle attirait la sympathie. D’un autre côté, j’avais seulement envie de la secouer pour qu’elle réalise que c’était pas une vie, que c’était juste une routine désagréable pour tout le moment. Elle ne vivait pas. Elle survivait. Si Gilliam devait avoir pitié de quelqu’un dans cette maison, il ferait mieux d’avoir pitié pour sa pauvresse de sœur plutôt que pour la junkie que j’étais. Et au final, je ne savais toujours pas pourquoi j’étais là.

Ses yeux glacés étaient toujours rivés sur moi. S’il avait des couteaux à la place des yeux à ce moment précis, je serais sans doute morte à l’heure qu’il est. C’était sans doute qu’une question de temps en fait. Je finirais probablement démembrée et enveloppée dans des sacs de plastique d’ici les prochaines minutes. Et à la tête qu’il tirait, je n’exagérais même pas. Je sursautai violemment lorsque le cendrier éclata en mille morceaux dans mon dos. Tout près de mon visage. Un peu plus, je l’aurais reçu direct dans les dents. «-La prochaine fois c'est ta tête que je vise, alors t'as intérêt à avoir une putain de bonne explication sinon je te jure que je vais t'arracher la tête et t'enfoncer ta putain de came au fond de ton joli petit cul de junkie. » Ç’avait le mérite d’être clair. Comme si j’pouvais m’attendre à autre chose de lui.  Retirant lentement mon pouce de ma bouche, cessant enfin de martyriser ma cuticule qui s’était mise à saigner sans que je m’en rende compte, j’enfonçai mes mains dans mes poches dans la parfaite attitude d’adolescente rebelle. Je n’avais jamais aimé qu’on me dise quoi faire. Qu’on me dicte ma conduite. Néanmoins, j’étais sur mes gardes. Sur le qui-vive. J’avais reçu suffisamment de coups dans ma vie pour les voir venir de loin. Et si, jusqu’à aujourd’hui, le blond n’avait montré aucun signe de violence envers moi, mon instinct reprenait le dessus. Après tout, il avait passé à deux doigts de m’éclater un cendrier sur la gueule en guise de bonjour.

Muscles tendus, dents serrées, je l’observais avec méfiance, comme si je m’attendais à ce qu’il devienne soudainement un monstre et qu’il m’arrache la jugulaire avec ses dents. J’devais avoir l’air d’une putain de gamine effrayée par le Bonhomme Sept Heures. Merveilleux, le contrôle de soi, Cam!«-Tu sais ce qu'on fait aux types qui trahissent les membres du club, ceux qui mentent ? On les exécute, remercie dieu de t'avoir donné un vagin gamine et magnes toi de me donner une explication pendant que mes nerfs sont encore contrôlables.  » Sans un mouvement, je l’observais allumé une autre cigarette, sans doute sa quatre-vingt-dixième de la soirée. Moi, j’avais pas l’droit au moindre faux pas, mais lui, il se gênait pas pour se noircir les poumons de goudron et à empesté la maison de fumé nauséabonde.  Sa cendre alla noircir sans remords la poudre blanche dans le sachet de plastique, empoisonnant l’air d’une odeur dégueulasse. Je plissai le nez malgré moi. «Une explication? En v’la une, champion.   »  Je désignais le sachet qui lui servait de cendrier du menton, d’un air désinvolte. « C’est l’seul truc que je connais. Ç’a été ma vie pendant des années. Et toi, tu t’pointes avec ton air de durs et j’dois faire comme si je m’y étais pas accrocher pour survivre. » Je m’approchai de lui, lui arrachant sa cigarette du bec pour l’écraser avec force dans la poudre blanche, laissant celle-ci fondre sous mes doigts. « Et si j’te demandais d’arrêter ton cancer en tube, là, tout de suite?»  Je savais que je jouais avec le feu. Je savais que je ne faisais qu’attiser sa rage. Il allait m’en coller une, j’en étais certaine maintenant.

En deux mouvements, je fus hors de porté. Adossée au mur, les pieds dans les éclats de verre, je tapotais de façon compulsive l’intérieur de mon coude. Geste qui trahissait ma nervosité. L’état pitoyable dans lequel je me trouvais. Je n’avais pas besoin de préciser que je n’y avais pas touché. Ça ce voyait. J’étais dans un état lamentable. Les mains tremblantes, la peau moite, les tics, la migraine atroce qui me dévorait le crâne. Fallait pas être Sherlock Holmes pour comprendre que j’étais en manque. Et la seule dose que j’avais sous la main était brûlé par la cendre. Je laissai le silence planée. Longtemps. Les yeux rivés sur lui. Un silence que je fini par brisé d’un ton beaucoup plus juvénile, comme la gamine qui cherche à énervé son père. « Qu’est-ce que ça peut te faire? Pourquoi est-ce que t’en fait tout un plat. J’suis pas ta sœur. Juste une fille que t’a ramasser dans la rue, ça te fait quoi que je sois une junkie, Gilliam? Qu’est-ce que tu en a foutre que je finisse dopé à mort dans une ruelle.» C’était des questions dont j’aimerais bien avoir les réponses. Quand je les avais posés à Cassie, la blonde s’était empressée d’aller faire des courses à l’autre bout de la ville. Elle aurait été cherché son lait à San Diego si ça lui avait été possible, juste pour évité mes questions. Et encore là, j’étais pas certaine que dans l’état de rage dans lequel se trouvait le Biker que j’allais les avoir, mes réponses.
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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Sam 28 Juin - 22:32



No good deed goes unpunished
ft. Gilliam & Camryn




Gilliam ne faisait pas dans la demi-mesure et ne l'avait jamais fait. Il faisait partie de ce genre de personne, qui, lorsqu'elles s'investissent dans quelque chose elles le font à fond, corps et âme. Alors, une règle était une règle pour le Biker et la règle qui stipulait l'absence de drogue à l'intérieur de sa maison était celle qu'il ne fallait pas briser. Or, c'était bien ce que venait de faire la jeune fille aux yeux apeurés. Par ailleurs, malgré la colère qui dévorait le blond de l'intérieur il avait remarqué que le regard de Cam' avait subi une certaine transition. Après l'effet de surprise, la peur, elle le défiait presque comme une petite adolescente rebelle le ferait devant son père, les mains fourrées dans les poches de son gilet, son nez qui s'était plissé lentement, presque instinctivement. Tout était presque prévisible chez elle, un peu comme Hanna l'était. À cette pensée, il tira une longue taffe afin de concentrer toute son attention sur la vivante et non pas la morte. «Une explication? En v'la une, champion. » Gilliam observait le petit sachet de poudre, sachet qu'il avait intentionnellement ''salie'' quelques secondes auparavant, histoire de lui montrer qui commandait ici. Il tentait de garder son calme, de ne pas casser le nez de la gamine. À dire vrai à cet instant, il se sentait salement impuissant, il n'avait pas eu la chance d'être père et Cassie n'avait jamais réellement posé de problème. Alors, il ne connaissait que sa propre violence pour se faire respecter, ici, dans sa propre maison. Un léger sourire et un haussement de sourcil curieux ponctuait les mots qu'il lâchait plus vite qu'il n'aurait pu le croire. «-éclaires moi de ta science de junkie ma grande. » Sa voix s'était stabilisé, elle était moins forte, plus calme et il s'en étonnait lui-même intérieurement. « C'est l'seul truc que je connais. Ç'a été ma vie pendant des années. Et toi, tu t'pointes avec ton air de durs et j'dois faire comme si je m'y étais pas accrocher pour survivre. » Gil' allait répliquer, dire quelque chose, peut-être lui hurler dessus, mais la petite brune lui arracha la cigarette d'entre ses lèvres. Les battements de son coeur s'accélèrent, il serrait les dents, la laissant écraser sa douce clope dans le sachet. Honnêtement, il avait eu envie de l'étrangler, de lui attraper le visage et de lui exploser le nez contre la table basse. Mais, le Biker n'en fit rien. Il se contenta de hausser les épaules, souriant vaguement lorsqu'il vit qu'elle s'était empressée de reculer de quelques pas, hors de porter. Elle perdait ses ovaires la gamine, du cran mais pas trop. Fallait dire, qu'elle avait un instinct de survie propre à elle et ça, il ne pouvait que l'admirer. Mais, là, ça ne marchait pas avec lui. Un simple soupire qui représentait son agacement franchissait lentement le seuil de ses lèvres.

« Et si j'te demandais d'arrêter ton cancer en tube, là, tout de suite?» Gilliam ne pu s'empêcher de s'esclaffer de rire, jetant le sachet sur la table basse il se leva d'un bon. Dominant la gamine de toute sa carrure imposante, il passa une main dans ses cheveux et fit un pas en avant. Les yeux foudroyant la gamine qui s'était adossé au mur, les pieds dans les morceaux de verre. Et sa voix se fit incontrôlable, bruyante, imposante. «-MA MAISON MES REGLES POINT BARRE ! » Gilliam se pencha et attrapa violemment son paquet de clope, il en glissa une entre ses lèvres et l'alluma. Tirant longuement sur le tube cancérigène. Crachant la fumée en direction du visage de la jeune femme. Gilliam n'avait jamais levé la main sur une femme, ça ne faisait pas partie des principes du club, les femmes il les protégeait. Hélas, Cam' lui donnait beaucoup trop de fil à retordre et autant dire qu'elle lui rappelait bien trop Hanna. Le silence s'était installé entre eux, tandis que le blond était toujours planté face à elle, assez loin pour ne pas se laisser emporter par une impulsion, assez proche pour remarquer les signes du manque. Ces mêmes signes horribles qui avaient suivit sa copine pendant des années jusqu'à ce que la mort ne vienne la prendre, elle, et son fils. Gilliam n'avait jamais réellement aimé Hanna, il l'appréciait, elle lui faisait pitié, mais son fils, ce petit truc qui poussait dans le ventre de la junkie. Il l'avait aimé avant même de le voir. Cam' brisa ce silence. « Qu'est-ce que ça peut te faire? Pourquoi est-ce que t'en fait tout un plat. J'suis pas ta soeur. Juste une fille que t'a ramasser dans la rue, ça te fait quoi que je sois une junkie, Gilliam? Qu'est-ce que tu en a foutre que je finisse dopé à mort dans une ruelle.» Gilliam l'observait du coin de l'oeil avec cet air de dégoût qu'il avait lorsqu'il voyait un pauvre drogué vendre son slip pour une dose, cette fille paumé qui vendait son cul pour cinq seconde de piqûre. Et il cracha violemment. «-Quand tu t'es pointé ici, je t'ai donné des règles, tu les as accepté c'est le principe même d'essayer de m'entuber dans ma propre maison qui me plaît pas. J'en aurait rien eu à foutre que tu crèves d'une overdose dans la rue si tu t'étais retourné et que tu serais partie. Mais voilà Cam', quand t'as un deal, tu le tiens, t'essaye pas de baiser celui avec qui tu fais le deal.»

Il s'approcha d'elle, clope toujours entre ses lèvres, posant la paume de sa main contre le mur juste derrière l'épaule de la brune. Ancrant ses prunelles dans celles de la jeune femme. Il lui souffla lentement, prenant soin d'articuler chaque mot. «-J'en ai rien à foutre de savoir combien c'est difficile, tu veux que je t'envoie en cure de désintoxication, bien je le ferais s'il faut, mais si tu penses que tu peux tranquillement te pavaner chez moi l'air de rien, alors que tu emmènes de la drogue dans MA maison, tu te trompes petit cœur.» Il savait qu'avec ce genre de personne, il fallait insister, elle n'avait eu aucune éducation de ce qu'il savait, elle n'avait rien, ni personne d'ailleurs, elle n'avait certainement pas peur de finir dans la rue. Mais s'il le fallait Gilliam l'enfermerait pendant de longues semaines pour la sevrer. Il s'éloignait lentement, attrapant le sachet de poudre qu'il s'empressa de vider à l'intérieur de l'évier en inox de la grande cuisine rouge et noir ultra moderne de sa vaste maison. Puis, il fit couler l'eau pendant quelques secondes et colla le bas de ses reins contre l'évier. Toisant la gamine. «-Et me refais pas le coup de l'adolescente qui défit le peu d'autorité qui lui fait face. Parce quecrois-moi, je risque de perdre patience, je suis pas ton géniteur, mais je te loge je vais pas me répéter mille fois. Maintenant si tu veux te barrer, la porte est ouverte. » Il se détourna d'elle, coupant l'eau qui coulait dans l'évier.

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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Lun 30 Juin - 7:12



No good deed goes unpunished
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Gilliam était le loup alpha. C’était le mâle absolu. On lui obéissait. On l’écoutait. Il régnait sur son petit groupe avec puissance. Il était fort. Avait prouvé qu’il savait géré les situations de crises. Oui. C’était l’Alpha. Il le prouvait à ce moment précis. Et pourtant… pourtant, il était aussi paumé que moi, malgré les apparences. Il ignorait comment réagir face aux crises d’adolescence, comment adoucir le manque qui me brûlait les veines. Ça se voyait dans la manie dont il répondit. Trop rapidement. Comme pris en faute. Le mâle alpha qui gémissait devant la détresse de son clan. Et je n’en éprouvais aucune satisfaction. Au contraire. La culpabilité avait pris place dans ma poitrine, faisant battre mon cœur plus rapidement. J’eus envie de tourner les talons et de retourner là d’où je venais. J’avais envie de retourner dans mon monde à moi. Celui où personne ne se souciait de moi. Où on oubliait que j’étais là, que j’existais moi aussi. Contrairement à Gilliam, qui savait trop bien que j’étais là. Et pendant plusieurs secondes, j’eus l’impression d’être la brebis entre les griffes du loup. Coincée, sans moyen de m’échapper. Instinctivement, je ramenai mes bras contre moi, les serrant contre ma poitrine, lorsqu’il bondit sur ses pieds, me surplombant de toute sa hauteur. Il me semblait menaçant et je me tassai un peu plus contre le mur, attendant le coup qui ne vint pas. « MA MAISON MES REGLES POINT BARRE !»Malgré moi, je sursautai à son éclat de colère, regrettant mon geste. J’aurais dû savoir que Gilliam n’était pas de ceux que l’on cherche sans éveiller la colère.

Je l’observais, tétanisée, allumée une nouvelle clope pour me souffler la fumée au visage. Je ne réagis pas. Ne bronchai pas. Comme si j’avais peur que chaque mouvement m’attire la gifle que je savais mériter. Pour la première fois de ma vie, je savais que c’était quelque chose que je méritais à ce moment précis, quelque chose qui m’était dû. S’il se décidait à lever la main sur moi, je ne pourrais pas lui en vouloir comme j’en voulais à tous ceux qui l’avaient précédé. Je lui avais désobéi, je lui avais menti, j’avais trahi sa confiance. Oui, pour une fois, je méritais que l’on me frappe. Mais il ne le fit pas. Comme s’il savait que c’était tout ce que je désirais. Et le regard qu’il me lançait était encore pire que tous les coups qu’il pourrait me faire subir. Je venais de trahir la première personne qui me faisait confiance depuis aussi loin que je me souvenais. Je l’avais blessée par mon acte, par le fait d’avoir foutu ce petit sachet de drogue dans ma chambre. Je baissai lamentablement la tête, observant mes pieds un long moment. «-Quand tu t'es pointé ici, je t'ai donné des règles, tu les as acceptés, c'est le principe même d'essayer de m'entuber dans ma propre maison qui me plaît pas. Je n’en aurait rien eu à foutre que tu crèves d'une overdose dans la rue si tu t'étais retourné et que tu serais partie. Mais voilà Cam', quand t'as un deal, tu le tiens, t'essaye pas de baiser celui avec qui tu fais le deal.» Je pinçai les lèvres en relevant la tête vers lui. Il avait raison. D’une certaine façon. J’avais accepté son entente. J’avais voulu essayer. J’avais prit la main qu’il me tendait. La chance qu’il me donnait de me tirer de la vie que je menais depuis des années. Une vie qui n’en était pas une. Je n’avais fait que survivre. Et c’était toujours le cas.

Je me raidis de façon plus que visible lorsqu’il s’approcha de moi, posant sa main sur le mur, tout près de ma joue. Il était si près que lorsqu’il prit la parole, son souffle caressa ma peau, me faisant frissonner. J’eus un mouvement de recul avorté par le mur dans mon dos, mon corps ne faisant que se faire un peu plus menue contre la surface dure. «-J'en ai rien à foutre de savoir combien c'est difficile, tu veux que je t'envoie en cure de désintoxication, bien je le ferais s'il faut, mais si tu penses que tu peux tranquillement te pavaner chez moi l'air de rien, alors que tu emmènes de la drogue dans MA maison, tu te trompes petit cœur.» Je recommençai à respirer au moment où il s’éloigna de moi pour rejoindre la cuisine, reprenant le sachet entre ses doigts en passant. Je l’observais vider le contenue dans l’évier sans un mot, sachant que le contenu était maintenant dans les égouts. Je savais qu’il n’hésiterait pas à faire ce qu’il venait de dire. Il savait que je n’avais pas peur de retourner à la rue, que c’était le fait de ne pas avoir de choix qui m’effrayait. Et c’était dont il me menaçait, en parlant de m’enferme dans un centre pour suivre une cure. Je fermai les yeux un moment, essayant de trouver la force pour prononcer mes prochains mots sans que ma voix ne craque, essayant de garder les larmes à baie. « Une sécurité, voilà ce que c’était. » J’ouvris lentement les yeux pour les plongées dans ceux de mon protecteur. « J’ne comptais pas l’utiliser. C’est comme pour les phobies, tu vois? C’est plus facile de les surmontés quand tu vois c’qui te fait peur. Je me disais que peut-être… » Je secouais la tête, me remettant à ronger mon ongle d’une façon machinale. Je finis pas bougée de mon coin, m’approchant de lui d’un pas hésitant.

«-Et me refais pas le coup de l'adolescente qui défit le peu d'autorité qui lui fait face. Parce quecrois-moi, je risque de perdre patience, je suis pas ton géniteur, mais je te loge je vais pas me répéter mille fois. Maintenant si tu veux te barrer, la porte est ouverte. » Il me tourna finalement le dos et j’en profitai pour prendre appuie sur la plan de travail pour me stabiliser. J’avais toujours été douée pour faire bonne figure, pour cacher ce qui n’allait pas, bien que depuis quelques jours, c’était de plus en plus difficile. Mon corps me trahissait un peu plus à chaque jour qui passait sans que mon sang ne soit empoisonné, sans qu’une aiguille se plonge dans ma peau. La fièvre, les mains qui tremblent, les troubles de sommeil. Paresseusement, je me glissai sur le tabouret de l’ilot, passant mes mains sur mon visage avant de les faire glisser dans mes cheveux jusqu’à ma nuque. « T’aime pas que quelqu’un te tienne un peu tête pour une fois? Une nana, une demi-portion, qui plus est? Je ne suis pas un de tes hommes, Gil, ni ta gamine. » La véhémence que je voulais mettre dans ma voix n’était pas là. C’était d’une voix presque vulnérable que je m’adressai à lui. J’inspirai profondément, essayant de calmer le sentiment de nausée qui me gagnait, la migraine qui me rongeait. Finalement, je relevai le visage vers lui, fixant son dos. « Tu veux bien rester avec moi ce soir? » Ce n’était pas une question, c’était une supplique et je m’en mordis rapidement la langue. Me flagellant psychologiquement pour être aussi pitoyable. Je secouai la tête de gauche à droite, comme pour reprendre pied. « Oublie. Tu as sans doute mieux à faire que de passer du temps avec la junkie de service.»

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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Ven 4 Juil - 10:20



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La tension était suspendue au même rythme que le nuage de fumée présent dans le vaste salon de la maison pavillonnaire de Gilliam. Il sentait encore la colère qui traversait ses veines avec une lenteur indécente, les souvenirs douloureux de la perte de son enfant qui surgissait d'une zone oubliée de sa cervelle. Cam' avait le don dérangeant de lui rappeler cette histoire, de pointer du doigt la façon dont il avait merdé avec Hanna, c'était son fardeau, sa croix et c'était à la fois apaisant et déplaisant. Gilliam entreprit d'ouvrir la petite fenêtre qui se trouvait juste au-dessus de l'évier de la cuisine. Laissant l'air frais d'une nuit d'été pénétrer dans la maison, l'odeur de cocaïne et de tabac lui donnait la gerbe. Bien sûr, il l'entendait, cette gamine qui voulait justifier son geste et la justice aurait voulue qu'il comprenne son acte, après tout, il n'était pas parfait, loin de là. Gilliam était un être ambigu, tordu de part en part, un être qui ne pouvait pas s'empêcher de laisser apparaître ses instincts de protection comme un chef de meute, un loup alpha, il ne permettait aucun écart de conduite, prêt à arracher la gorge au premier traître qui lui ferait face. Toutefois, il savait se contrôler, certainement parce qu'il avait déjà trop de sang sur ses mains, trop de violence dès qu'il posait un pied sur le sol chaque matin. Il soupira, secouant son visage lentement, laissant la petite brune s'expliquer, malgré le fait qu'elle se voulait confiante, forte, il pouvait ressentir les vibrations incertaines au fond de sa voix. Elle était mal, très mal. Et, il n'était pas fier de lui, non, il n'aimait pas le règne par la terreur dans sa propre maison, mais avait-il le choix, lui laissait-elle le choix ? Certainement pas.

Il avait parlé, il avait dit qu'il ne voulait plus entendre quoi que ce soit qui pourrait la faire passer pour cette adolescente défiant le peu d'autorité qu'il y avait face à elle. Et, elle s'était rapprochée de lui. L'air peureux d'un lapin qui allait se faire bouffer sur son visage. Il s'était retourné lentement, le bas de ses reins collés contre l'évier et les bras croisés contre son torse imposant. Dans un geste nerveux, presque compulsif, l'air d'une folle, la gamine avait passé sa main dans ses longs cheveux bruns. Et Gilliam, lui ne bougeait pas d'un pouce, l'observant du coin de l'oeil, tandis qu'elle se glissait paresseusement sur le tabouret. « T'aime pas que quelqu'un te tienne un peu tête pour une fois? Une nana, une demi-portion, qui plus est? Je ne suis pas un de tes hommes, Gil, ni ta gamine. » Un sourire en coin s'affichait sur le visage du jeune Biker. Les paumes de ses mains se posèrent à plat contre les jointures de l'évier, tandis qu'il étouffait un râle hautain. Passant sa langue sur ses lèvres inférieures, toujours un léger sourire sur le bout des lèvres qui ne voulait pas le quitter. «-Là, n'est pas la question, mes hommes ont plus d'honneur que toi...» Il s'était stoppé, ancrant ses prunelles dans celles de la droguée, l'air le plus sérieux, le plus torturé et triste au monde. «-Ton ami aurait peut-être aimé qu'on lui dise ce genre de choses avant qu'il ne s'injecte la dernière dose. Je suis pas ton père et j'aurais jamais la prétention de l'être, mais c'est comme-ça c'est tout.» Cette fois-ci, aucune violence, aucune colère dans le son de sa voix, juste le calme triste d'un deuil qu'elle portait elle-même depuis des années. Un deuil qu'il portait depuis un peu plus de deux ans. Son fils, il serait certainement en train de courir dans ce même salon si à l'époque il avait été comme cela avec Hanna. Parce qu'au fond, s'il hébergeait Cam', c'était bien plus pour lui que pour elle, même si au fil du temps, il l'aimait cette môme.

Le blond se pinça la lèvre du bout des doigts et s'était retourné, les dents serrées, le dos crispé sous son t-shirt qui laissait entrevoir une musculature parfaitement entretenue. L'inspiration de la gamine allait de paire avec le large et bruyant soupire du briguant à la belle gueule. « Tu veux bien rester avec moi ce soir? » Gilliam arquait un sourcil, visiblement perplexe quant à la demande de la demoiselle. Non pas qu'il la haïssait ou méprisait trop pour rester avec elle, mais plutôt parce qu'il était aussi à l'aise qu'un chat le serait dans une piscine lorsqu'il s'agissait de relations humaines. Toutefois Camryn ne lui laissa nullement le temps de rétorquer quoi que ce soit que déjà, elle semblait regretter ses propos. « Oublie. Tu as sans doute mieux à faire que de passer du temps avec la junkie de service.» Gilliam secouait son visage de droit à gauche, dans un geste presque las, fatigué. Il pivota sur lui-même. Lentement, il s'approcha de la gamine, le regard tendre, loin d'avoir pitié, juste un peu d'amour fraternel comme il en donnait à son club, à sa soeur, à ses hommes. Sa large main entourait le poignet de la brunette, il était mince et lui paraissait si fragile. Il la tira doucement, poussant la jeune femme à descendre de ce fichu tabouret et dans un geste vif il l'attira contre son torse. Posant l'une de ses mains contre sa nuque et l'autre dans le creux de ses reins. Et il la serra contre lui, silencieux pendant de longue seconde. Il avait besoin de ça, elle en avait certainement besoin aussi, en plus d'avoir besoin d'être surveillé et aidé, elle avait certainement besoin de se sentir à sa place. Et Gil n'était pas naïf au point de croire qu'une simple étreinte suffirait, mais c'était un début.

Tout en caressant la nuque humide de la brune, il ferma ses paupières, serrant de nouveau les dents, sous le poids de remords passés. Et il murmurait d'une voix rauque. «-Idiote. Files prendre une douche je vais commander un truc à bouffer. » Moyen détourné pour lui faire comprendre qu'il serait avec elle ce soir, qu'il ne comptait pas partir et la laisser seule, elle et ses démons. Il posa ses lèvres sur le front de Cam tout en se détachant lentement d'elle et lui désigna le petit couloir qui menait à la salle de bain d'un geste du menton. «-Allez file, je vais ranger le bordel. » Et il se détournait lentement d'elle, allant jusqu'au salon où elle se pencha afin de ramasser les multiples morceaux de verres qu'il déposait dans le creux de sa main puis les jeta dans la petite poubelle. Il sortit un vieux vinyle de The White Buffalo qu'il fit tourner. The House of The Rising Sun était l'une de ses chansons favorites et tandis que les paroles le percutaient en plein coeur, le blond allait s'affaler sur le sofa, les multiples cartes de restaurants étaient disposés sur la table basse. Il attrapa une clope qu'il glissa entre ses lèvres et les yeux clos, il ouvrit son porte feuille, dans lequel se trouvait la dernière échographie de son fils décédé avant naissance. Il soupira, allumant la clope, refermant le dit porte-feuille, tirant une longue taff, il se sentait vide de force. .

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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Mar 8 Juil - 16:17



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À ce moment précis, j’avais l’impression d’être la personne la plus ingrate qui soit. Cet homme m’avait donné un toit et une seconde chance alors que le reste du monde ne faisait que passer ne me regarder m’écrouler dans les rues sales de cette ville qui avait été le plus près de ce que j’aurais rêvé avoir d’une maison. Aujourd’hui, j’avais une vie que je n’aurais jamais osé avoir et je ne me conformais même pas aux règles établies, trop aveuglées par cette addiction pour quelque chose d’aussi nocif que la drogue. Quelque part, je comprenais la colère que ressentait Gilliam à mon égard, je savais que j’étais fautive, mais je n’arrivais pas à comprendre la violence de sa réaction. C’était souvent le cas avec lui d’ailleurs. Cette violence latente qui surgissait au moindre faux pas, comme le loup alpha mordant pour asseoir son autorité sur les membres inférieurs de son groupe. Mais voilà. Je ne faisais pas partie de son groupe, je n’avais rien de ses bickers aux gros bras, je n’avais rien d’un motard, je ne savais même pas conduire une moto! Malgré tout, bien que je savais que j’étais dans le tort, j’essayais de me justifier, essayant de contrôler le timbre de ma voix, essayant de paraître forte alors que je ne l’étais pas.

Je ne l’avais jamais été. J’ai toujours prétendu l’être, comme un enfant de cinq ans prétendrait ne pas avoir peur du Noir. Je n’étais pas vraiment différente de l’enfant que j’avais été des années plutôt. «-Là, n'est pas la question, mes hommes ont plus d'honneur que toi...»   J’eus un léger rire nerveux, relevant la tête vers lui. Il semblait sérieux. Bien sûr qu’il l’était. Comprenait-il que je n’avais rien en commun avec ses hommes, que je n’avais rien partagé avec eux, que nous n’avions pas le même passé. « Je ne suis pas tes hommes, Gil. Tu vas devoir t’y faire. » Jamais je n’avais parlé à Gilliam ou à Cassie de ce qui m’était arrivé dans le passé. Ils ignoraient une grande partie de ma vie et je préférais cela comme ça. Bien entendu, il y avait des passages qu’ils connaissaient, qu’ils avaient deviné d’eux-mêmes. La façon dont je me recroquevillais sur moi-même lors des disputes, comme si j’avais peur de recevoir un coup, prête à encaisser. Ma manie de ne jamais réagir lorsque je me coupais en faisant la cuisine où en me blessant d’une façon quelconque, comme si j’avais peur de montrer que j’avais mal quelque part.  Pire, la façon dont j’avais simplement quitté la pièce lors d’une scène de viol dans un film, claquant la porte de ma chambre derrière moi et refusant d’en sortir après que Cassie soit venu y toquer. J’imagine que sans en parler, ils avaient deviné. Ils savaient.

«-Ton ami aurait peut-être aimé qu'on lui dise ce genre de choses avant qu'il ne s'injecte la dernière dose. Je suis pas ton père et j'aurais jamais la prétention de l'être, mais c'est comme-ça c'est tout.»  Je baissai les yeux sur mes mains, jouant avec mes doigts de façon nerveuse. Il avait raison, encore une fois. Noah aurait sans doute aimé avoir la chance que m’offrait Gilliam présentement. Il aurait sans doute aimé avoir quelqu’un pour le soutenir, pour le tirer de cette merde dans lequel il s’était mis les pieds.  N’osant pas croiser son regard, essayant de chasser l’image de mon ami décédé, je me massai délicatement les tempes, essayant de chasser le début de migraine qui me prenait. Pendant plusieurs minutes, j’observais son dos large et musculeux, sans vraiment le voir. Il n’y avait rien à répondre à cela, il n’y avait rien à ajouter. Et l’air dans la pièce semblait s’alourdir avec la tristesse. Ma vie n’avait été rien d’autre qu’une suite de pertes, qu’un vide sans nom et sans fond. J’avais toujours été seule. J’avais toujours vécu par moi-même, j’avais su me débrouiller en ne comptait que sur ma propre personne. Ce temps-là était révolu cependant. Et malgré cette habitude bien ancrée en moi, je savais que ce n’était plus le cas. Que les choses ne pouvaient plus continuer comme ça.

Je fus celle qui brisa le silence, lui demandant de rester avec moi ce soir. À peine les paroles m’eurent échappé, je les regrettais. Je n’étais pas une enfant, je n’avais rien des petites filles terrifiées et pourtant c’était ainsi que je sonnais à ce moment précis. Je m’attendais à le voir rire de ma demande, mais il ne le fit pas. Ses doigts épais enroulèrent mon poignet avant de me tirer vers lui, me serrant dans ses bras forts alors que je m’échouais contre sa poitrine, passant mes propres bras autour de son torse, posant mes paumes dans son dos. J’eus l’impression que l’étreinte dura des heures, mais je ne bougeai pas d’un muscle. C’était la première fois depuis des années que l’on m’étreignait ainsi sans avoir d’arrière-pensée, sans vouloir me faire mal. Je fermai les yeux, écoutant les battements de son cœur, le laissant desserrer son étreinte avant de bouger finalement. «-Idiote. Files prendre une douche je vais commander un truc à bouffer. »  Je l’observais un moment, me mordillant la lèvre inférieure avant qu’il ne répète son ordre. Lentement, je me glissai doucement du banc sur lequel j’étais toujours installée et me dirigeai vers la salle de bain.   Une fois débarrassé de mes vêtements, je me faufilai sous l’eau chaude, la laissant délier mes muscles, chasser l’odeur d’alcool qui me collait à la peau, laissant mes cheveux s’imbiber d’eau jusqu’à devenir lourd.

Lorsque je sortir de la douche, je passai par ma chambre, enroulée dans une serviette de bain, pour enfiler un pyjama à l’effigie de Tinker Bell. Je pris le temps de démêler mes boucles brunes à l’aide d’une brosse avant de rejoindre Gilliam au salon. Les traces de verre n’étaient plus et l’air frais chassait peu à peu l’odeur de nicotine et de cocaïne. Une vieille chanson se faisait entendre. Je me laissai tomber sur le sofa, mes jambes repliées sous moi, mes bras serrés autour de ma taille. « J’ai… Cassie, au téléphone, elle a dit que je lui ressemblais. » Je me remis à jouer avec mes doigts, observant la moquette comme si c’était le truc le plus palpitant du monde. «De qui parlait-elle, Gil?» si je savais que je n’étais pas ici pour le plaisir, parce qu’il avait pitié de moi, j’ignorais exactement la raison de ma présence ici. Je savais que ça avait un truc à voir avec une deuxième chance, ça se voyait dans ses yeux, dans sa manière de réagir avec moi, dans la tristesse qui se lisait sur ses traits quand il se perdait dans ses pensées.


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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Ven 11 Juil - 19:59



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Le cuir du portefeuille lui semblait vieillit et usé et pourtant cela ne faisait pas si longtemps qu'il l'avait, à l'intérieur de ce dernier, l'échographie de son fils, une petite chose en blanc au milieu d'un trou noir, derrière, une vieille photographie jaunît par le temps et quelques brûlures de cigarettes à chaques extrémités de la photographie sur laquelle Gilliam entourait de ses larges bras la jolie Rebecca souriante, naïve, fragile. Au fond de son coeur, Gilliam ne se souvenait plus pourquoi il gardait cette photo, de nombreuses fois il avait essayé de la brûler croyant naïvement que la détruire effacerait de sa mémoire les souvenirs douloureusement bon qu'il avait avec elle. Elle n'était plus là, c'était un fait et au fond il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même, comme il était autant responsable que le dealer de la mort de Hanna. Serrant le poing, il toisait le plafond blanc de sa maison, retenant quelques larmes en se mordant la joue. Il refermait le portefeuille d'un geste violent avant de le jeter sur la table basse. Il se leva digne d'un lion en cage, le téléphone entre ses mains, il s'était mis en tête de commander deux pizzas bien qu'il ne connaissait pas réellement les goûts de Camryn, il décidait d'y aller un peu au hasard. Puis une fois que la commande fut passé, il s'affalait de nouveau dans le sofa.

Passant quelques coups de fils à ses collègues de travail, il vérifiait que tout se passait bien pour ce qui était de la transaction. Il le savait, tous le ménageaient depuis la perte de son enfant. Tous cherchaient à savoir s'il avait encore toute sa tête et les épaules pour tenir le club debout, ce n'était pas des doutes, juste la peur de voir ce qui tenait depuis des années s'écrouler d'un coup et il ne pouvait que les comprendre. Après tout, les Sons of Anarchy étaient établis depuis aussi longtemps que la statue de la liberté était à New York. L'anarchie était une mentalité plus qu'une excuse et Gilliam ne voulait pas voir tout cela s'effondrer. Il jeta son portable aux côtés du portefeuille en cuir puis se mit à regarder la télévision sans réellement le faire. Ses pensées se dispersaient un peu partout, voguant dans le vide, assommé par une vague de souvenirs qu'il essayait de retenir chaque matin au réveil. Et, enfin, elle s'était assise à ses côtés, les jambes repliées sur elle-même comme une enfant apeuré, les cheveux encore humides. Gil' jeta un regard dans sa direction et lui lança de façon nonchalante. «-Tu devrais te sécher les cheveux, tu vas attraper la crève. » colère dans le son de sa voix, juste une fatigue assourdissante. Il n'avait qu'une hâte, s'enfoncer le visage dans un oreiller et dormir, tout au plus essayer de le faire. Mais, comme-ci Cam' voulait frapper contre la boite à souvenir, elle murmura. « J'ai... Cassie, au téléphone, elle a dit que je lui ressemblais. » Gil' ne pu s'empêcher de la toiser, sans méchanceté, juste l'étonnement et dans un geste las, il laissa tomber son visage face à ses genoux, ses doigts plongèrent dans sa toison d'or tandis qu'il passait sa langue sur ses lèvres. Son pied cognait relativement rapidement contre la moquette. Oui. Elle lui ressemblait. Et comme Hanna, Cam avait cette tendance à toujours appuyer là où ça faisait mal, sans s'en rendre compte. Toutefois, même s'il essayait d'articuler quelque chose en cachant son visage entre ses bras musclé. Rien ne voulait sortir pour le moment. «De qui parlait-elle, Gil?» Les paupières du Biker se fermèrent instinctivement. La vague de souvenir remontait doucement, ravageant cette barrière de sécurité qu'il s'était imposé avec le temps. Un soupire bruyant parcourait le silence, le tranchant à vif comme la gamine le faisait avec ses questions. Il se sentait mal. Atrocement mal. Il se souvenait des nombreuses disputes entre lui et Hanna, le sujet était toujours le même; Rebecca. Dans la finalité, il avait tellement merdé qu'il avait perdu les deux et se retrouvait à présent rongé par la culpabilité. Son visage balança brusquement en arrière, il ancra ses prunelles azurs dans celle de Cam. «-Tu peux regarder dans mon portefeuille. » Il lui désignait le petit étuis en cuir d'un signe du menton, puis enchaîna. «-Quand j'étais jeune et pas encore président, il y a eu une fusillade au garage, on a perdu plusieurs membres. J'étais avec une fille à l'époque. Rebecca. Elle était pas de notre monde, mais avait souffert à sa façon. J'étais foutrement amoureux d'elle. Assez pour lui briser le coeur parce que j'avais peur qu'un jour sa tête me soit envoyé dans une boite. Alors j'ai rompu et je me suis mis en couple avec une certaine Hanna. » Sa voix tremblait. Et pourtant, il ne pouvait pas s'arrêter, parce qu'au fond ça le soulageait autant que ça lui brûlait les tripes. Il attrapa le portefeuille, en sortit les deux photographies qu'il déposa dans la main de Cam. «-Je l'aimais pas vraiment, elle se droguait, mais au début elle avait arrêté et quand elle a vu que dans le fond, je l'aimerais jamais comme elle le voulait, elle a fait en sorte de tomber enceinte. Et... » Gilliam serrait les poings aussi fort qu'il le pouvait. «-Elle s'est droguée quand elle était enceinte, elle en est morte et mon fils aussi par la même occasion...Cassie parlait de Hanna, car, physiquement tu lui ressembles, mais aussi dans tes faiblesses. Je t'ai pas prise en pitié Cam', juste parce que je voulais que cette culpabilité fiche le camp, parce que je pouvais pas supporter l'idée de te laisser dans la rue à crever comme elle. C'est tout. » Cette fois-ci, le silence qui s'installait entre-eux lui faisait du bien, tandis que de nouveau son visage s'était enfoui dans le creux de ses mains. Le désespoir avec lequel il vivait depuis des années grandissait chaque jour un peu plus et il n'en voudrait pas à cette gamine de fuir, à dire vrai il n'essayerait pas de la rattraper, car il n'en avait pas la force..

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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Mar 15 Juil - 16:00



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«-Tu devrais te sécher les cheveux, tu vas attraper la crève. » Je levai les yeux vers lui, toujours installée sur le sofa, à la façon d’une enfant attendant une histoire, les genoux repliés contre ma poitrine. Malgré moi, mon visage se contorsionna en une grimace qui ce voulait sourire. « T’en fait pas avec ça. Il n’y en avait pas, des sèche-cheveux, là où je viens.» C’était plus que vrai. J’avais l’habitude de passer des heures les cheveux détrempés sous la pluie battante à des températures bien inférieures à celle qu’il faisait dans la pièce où nous étions. Et jusque-là, j’avais survécu. Avec brio même. M’enfin, je n’avais pas été retrouvée dans un caniveau raide mort de froid, ni crevant d’une pneumonie, donc malgré les mauvais côtés de ma vie de jadis, je ne pouvais pas vraiment m’en plaindre. Y’en avait des biens pire qui moi. Je n’étais pas aussi fragile que Cassie non plus. D’ailleurs, la gamine, j’avais toujours peur qu’elle tombe en petits morceaux à chacun de ses pas. Et malgré ma relation parfois houleuse avec la blonde, il n’en restait pas moins que je m’inquiétais à son sujet. Je me demandais comment Gilliam faisait pour vivre avec un tel stress sur les épaules sans craquer. Mais avec le temps, j’avais compris qu’il était un peu comme une roche immuable au milieu de la tempête. Du moins en apparence.

Je voyais bien cependant que ma question le blessait, que je venais d’ouvrir une porte qu’il tâchait de garder fermée depuis longtemps, que je toquais contre ses murs avec une force nouvelle et que cette fois-ci, il ne pouvait pas simplement m’éviter. J’avais le droit d’avoir une réponse, j’avais le droit de savoir la raison de ma présence chez lui, pourquoi il m’avait accueillie ainsi alors que je n’étais rien d’autre qu’une étrangère, une petite junkie qui n’avait rien à lui offrir sinon de la misère, un sang d’encre, quelques colères supplémentaires. Gilliam avait suffisamment de choses à gérer sans compter ma petite personne, mon addiction à la drogue. Et pourtant, il l’avait fait, sans vraiment se poser la question. Il n’en restait pas moins que si j’avais le droit de poser des questions sur les raisons de ses agissements à mon égard, je me sentais soudainement mal d’avoir posé la question. Je sentais une pointe de culpabilité naître au fond de ma poitrine alors que je le regardais enfouir son visage dans ses mains, comme si j’étais une gamine qui demandait à son père comment on fait les bébés.  Je me mis à me mâchouiller la lèvre inférieure, essayant de trouver les mots pour reculer, pour qu’il oublie tout cela, mais avant même que je ne prononce un mot, il me désigna son portefeuille qui traînait sur la table.

D’une main tremblante, je pris l’objet de cuir usé entre mes mains, l’ouvrant sur une photographie aux rebords brûlés alors que j’écoutais son récit. L’histoire d’un amour révolu depuis des années, celui d’une histoire à la Roméo et Juliette, avec ces deux parties qui ne venaient pas du même monde. Mon regard observait le visage de la brunette alors que les mots de Gilliam emplissaient mes oreilles. Un visage doux aux courbes harmonieuses, un sourire aux dents parfaitement blanches, des yeux pétillants d’un bleu teinté de doré. Elle me rappelait sans mal ces filles de bonne famille, ces femmes d’affaires dans des rues de New York, celles qui ont tout pour réussir parce qu’elles sont nées avec une cuillère d’argent dans la bouche. Bien que celle-ci avait quelque chose de plus. Une ombre dans ses yeux, quelques choses de cassée derrière son sourire. Cette Rebecca avait dû voir des horreurs dans sa vie, des choses qui brisent une personne, sans que je ne sache ce que c’était. Il n’en restait pas moins qu’elle s’en était mieux sortie que je ne m’en sortirais jamais. Mais ce qui me frappait le plus sur cette photo était le visage de Gilliam. Je ne l’avais jamais vu aussi lumineux, aussi heureux.  D’une certaine façon, je pouvais comprendre les agissements de Gilliam, je comprenais pourquoi il l’avait éloigné de lui, bien que cela semble lui faire toujours aussi mal, comme s’il le voyait encore et encore comme une erreur malgré l’eau qui avait passé sous les ponts.

L’homme aux boucles blondes me montra deux autres photographies. L’une n’était nulle autre qu’une échographie, un point blanc sur un fond noir, quelque chose je ne comprenais pas vraiment. L’autre montrait un visage qui ressemblait au mien. Elle aurait pu être ma sœur ou une cousine. Ses boucles brunes encadrant un visage au teint olivâtre, des yeux bleus, des joues rondes… Oui, je lui ressemblais. Un peu trop à mon goût. J’eu l’impression qu’une boule de plomb tomba dans mon estomac en entendant l’annonce de sa mort, une surdose visiblement. Cette fille n’avait pas vraiment essayé, elle ne s’était pas suffisamment battue contre la drogue. Elle n’avait même pas essayé pour le bien de son enfant à naître et le résultat était catastrophique. Gilliam avait perdu la femme qu’il avait aimée, celle qui avait réussi à lui donner une raison de vivre par choix. Puis celle qu’il avait choisie de sauvé par fatalité et elle avait apporté son fils avec elle dans sa tombe, sans se soucier du mal qu’elle pouvait le faire. Hésitante, ma main se posa sur son bras, se voulant rassurante, bien que je n’aie jamais été douée pour ce genre de chose. Je n’avais jamais su comment calmer la douleur des autres. Quand bien même j’essayerais. «Et cette fille, Rebecca, tu l’as revue?» J’observais son profil un moment, hésitante encore une fois, essayant de trouver les mots justes, de trouver ce qu’il fallait dire sans vraiment en avoir la moindre idée. « Tu… tu l’aimes toujours?» Je serrai un peu plus mes doigts autour de son poignet épais, tâchant de le réconforter alors que je savais que je ne faisais qu’ouvrir un peu plus ses plaies. C’était une question idiote, je savais qu’il l’aimait toujours. J’avais beau avoir l’esprit embrumé par le manque de drogue dans mon sang, il n’en restait pas moins que j’étais suffisamment observatrice pour le voir. Un fin sourire se dessina sur mon visage pendant quelques secondes alors que j’ajoutais d’une voix fluette; «Merci, Gil’ , de m’avoir donné cette chance, celle de m’en sortir. Je sais que je ne suis pas la nana la plus facile à vivre, mais… merci.  »



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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Mer 30 Juil - 8:36



No good deed goes unpunished
ft. Gilliam & Camryn


Les mots s'étaient envolés hors de porter de l'homme qui avait pour habitude de tout contrôler, de tout passer au crible, de chercher des solutions, d'inventer des ruses, mais il le savait mieux que personne que la souffrance qu'il s'infligeait chaque jour était quelque chose qui lui échappait, que ce soit la raison de son masochisme ou bien encore la façon qu'il avait de chercher la rédemption en Camryn. Elle n'avait rien à voir avec cette histoire sordide de drogue, de mensonges, rien si ce n'étaient les traits physiques d'une femme que Gilliam avait maltraité sentimentalement parlant. La faute n'était ni la sienne, ni celle de Rebecca, encore moins celle du club, juste la sienne. Et s'il avait espéré un soulagement, même minime, après avoir vidé son sac il n'en était rien. Gilliam, ce beau blond à la carrure de lion, ne ressentait rien d'autre qu'encore plus de culpabilité, c'était comme si en prononçant les mots, les prénoms, les faits et les actes, tout cela devenait encore plus réel qu'avant. Gil' ce gamin qui s'était toujours démerdé seul, celui-là même qui n'oubliait pas d'où il venait, ce traîne misère devenu roi, n'était aujourd'hui qu'un amas de chaire et de sang qui se laissait submerger par une ambiguïté naissante, cette dernière se masquait vicieusement sous les traits de la culpabilité et pourtant, jamais il ne pourrait avouer que tout va mal. Jamais il n'avouerait qu'il a peur à en crever de perdre sa sœur, qu'il désirait juste nicher son visage dans les bras d'un amour lointain, qu'il désirait des pouvoirs magiques pour voir naître son fils.

Camryn n'était qu'une excuse pour se sentir mieux, au début, il avait eu la naïveté de croire qu'il ne se sentirait pas concerner par sa vie et très vite, les traits bourrins de l'homme, du chef de meute s'étaient transformés en traits inquiets, chaque fois qu'elle dépassait l'heure où elle devait rentrer, chaque fois qu'elle laissait sous-entendre qu'elle replongeait, chaque fois qu'il l'entendait gémir en silence dans sa chambre sous l'effet du manque. Gilliam se comportait comme un père, sans même réellement s'en rendre compte. Petit à petit cette jeune femme avait gagné sa place ici et si cette place voulait dire qu'il passerait sa vie à lui mettre des coups de pieds aux fesses, qu'à cela ne tienne. Et comme une fille désolée pour son père blessé par une femme, comme une enfant fragile qui ne voulait pas perdre le fil qui la reliait à la stabilité, la brune avait déposé sa main sur le bras du Bikers. Dans un geste maladroit, mais néanmoins rassurant pour l'homme. La chaleur humaine de la brune lui réchauffait le cœur et à cet instant il pensait qu'il ne l'avait jamais mal jugée qu'au fond de ce tableau autodestructeur dormait une gamine maladroite et quelque peu chaleureuse. Une gamine capable de comprendre l'essence des choses. Camryn n'était pas l'idiote droguée qu'on croise aux coins de la rue, elle avait ce potentiel, cette envie de vivre. Il l'avait vu. «Et cette fille, Rebecca, tu l'as revue?» Gilliam s'en étrangla presque, sa main imposante était à présent posé autour de son propre cou. Ses longues mèches blondes inondaient son visage de caresses dérangeantes. «-Non. Enfin, je veille sur elle...de loin on va dire. » Oui. Jack lui rapportait chaque fois qu'elle allait bien, qu'elle travaillait comme une acharnée. Que finalement la vie n'était pas si mal là-bas pour elle et à chaque fois Gilliam se sentait égoïste de penser qu'elle n'avait pas le droit d'être heureuse sans lui, parce que lui-même ne l'avait jamais réellement été. « Tu... tu l'aimes toujours?» Gilliam sentait son cœur s'ouvrir en deux et dans son imagination, il voyait Camryn le lui arracher en prenant soin de planter ses ongles parfaitement entretenus à l'intérieur de sa chaire. Il savait que ce n'était que des divagations, car premièrement, son coeur tambourinait trop vite et trop fort dans sa poitrine et deuxièmement, Camryn n'avait pas d'ongle ou tout au plus un semblant d'ongles ruinés par ses dents. Tout cela n'était qu'une image de sa douleur lacérante. Son visage s'était tourné en direction de la gamine, son corps imposant s'était recourbé de façon à ce qu'il puisse ancrer ses pupilles chaleureuses dans celles de la droguée. «-Bien sûr. Et je l'aimerais toujours quoi qu'elle puisse faire ou devenir, même si elle devient mère, même si elle épouse l'un de ces ploucs capitalistes. Je l'aimerais elle et ses gosses. » Gilliam avait toujours dit que si un jour Rebecca était mal, si elle revenait vers lui en pleurant, il serait là. Toujours. Comme il l'était avec Camryn. Il n'avait jamais nié aimer Rebecca, il ne l'avait jamais réellement dit non plus, tout simplement parce que son entourage savait qu'il s'agissait là d'un sujet tabou et puis, depuis la mort de son enfant, tous prenaient le prince avec des pincettes.

Camryn lui offrit, alors, une sorte de cadeau. Un sourire. Et Gilliam n'en revenait pas de voir cette fille si sombre, si brisée sourire de cette façon. Il y avait un peu d'amour dans ses yeux, de la reconnaissance et cette fragilité qu'il pouvait caresser du bout des doigts. Jamais Gilliam ne l'avait vu si belle qu'à cet instant et intérieurement il en était fier. «Merci, Gil' , de m'avoir donné cette chance, celle de m'en sortir. Je sais que je ne suis pas la nana la plus facile à vivre, mais... merci. » Une esquisse de sourire en coin naissait lentement sur les lèvres du blond. Il ne put s'empêcher de glisser son bras derrière Camryn attirant la jeune femme contre lui. Il lui caressait l'épaule, certainement comme il l'aurait fait si sa fille avait fait une bêtise et aurait fini par s'excuser. «-De rien. Mais j'approuve le fait que tu n'es pas facile à vivre. » Gilliam porta son regard sur le téléviseur sur lequel défilaient des images de jeunes femmes toutes plus refaites les unes que les autres et instinctivement son étreinte se resserra sur Camryn. «-Je veux juste que tu saches que je ne veux pas te changer Cam'. Je ne veux pas faire de toi un chat domestique, mais tu sais comme moi que la drogue ce n'est pas toi. » Ses pupilles s'ancrèrent tendrement, de façon paternel dans celles de la jeune fille. Et dans un murmure. «-J'ai confiance en toi Camryn. » Ses lèvres se posèrent sur le front de la brune, tandis que la sonnette hystérique s'excitait sous les doigts du livreur de pizza. «Pizza ! » Avait lancé le jeune prince tout en glissant les photographies à l'intérieur de son portefeuille.

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MessageSujet: Re: #22 • No good deed goes unpunished • Gilliam   Sam 4 Oct - 3:46



No good deed goes unpunished
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Je n’avais jamais vu Gilliam comme un de ces types qui pouvaient éperdument aimer une nana. Encore moins une gosse des beaux quartiers. Pourtant, il parlait de cette fille, de cette Rebecca comme si elle était sa lumière au bout du tunnel. Un tunnel sans fin à mon avis. C’était un sentiment que je ne connaissais pas. Quelque chose de totalement inconnu pour moi, une perte qui restait intangible. Ce genre de truc, d’amour ou d’âme sœur, c’était fait pour les films de Disney. Et encore, j’en avais vu aucun de ceux-là. Y’avait pas de télé, d’où je venais. Il n’y avait pas d’amour non plus remarque. Les couples que j’avais connu dans la rue ou à l’orphelinat n’avaient été ensemble que par protection, parce que ça fait un bien fou d’avoir quelqu’un sur qui compter dans un monde aussi cruel. Moi, j’avais eu Noah. Noah qui avait fini stone au point d’en crevé dans une usine dégueulasse, coucher dans sa propre urine. Il reste, quand même, ce que j’avais eu de plus près d’une famille à mes yeux. Car si je vivais avec Cassie et Gilliam depuis plusieurs semaines, je ne me sentais toujours pas chez moi, toujours de trop. Pour une raison obscure. Peut-être parce que j’avais l’impression de m’imposer dans leur intimité, dans une dynamique qu’ils avaient depuis toujours. Certes, j’y avais été invité, on m’avait accueilli et Cassie faisait comme si j’avais toujours été là malgré nos différences, mais quand même. C’était leur famille et non la mienne.

Je retirai ma main du bras du prince des Bikers, un autre univers que je ne connaissais pas réellement, un univers qui m’était inconnu et flou, mais ça m’importait bien peu pour le moment. Si j’affectionnais Gilliam et Rickon, je ne m’étais pas davantage approcher du garage de Sons et je comptais pas trop le faire. Après, j’avais d’autres trucs a réglé. Ce truc avec la drogue par exemple. Ma question fusa, sans vraiment attendre une réponse. Pourquoi répondrait-il à une gamine qu’il connaissait à peine sur l’amour de sa vie? Surtout à une gamine qui ne connaissait que l’indifférence et la solitude. Même si j’étais une oreille attentive, je n’étais pas vraiment callé dans les relations humaines. Au contraire. Je n’avais aucun conseil à lui donner, je n’avais aucune solution miracle ou moyen d’atténuer sa douleur. La réalité étant que je n’arrivais même pas à atténuer la mienne. «-Non. Enfin, je veille sur elle...de loin on va dire. » Je fronçai les sourcils, incertaine de ce que cela voulait dire exactement. Il avait un type placé près d’elle qui la surveillait? Des lettres, des téléphones? Un contact quelconque à travers une tierce personne? Je n’osais pas poser la question en réalité. Ce n’était pas vraiment de mes affaires non plus. . «-Bien sûr. Et je l'aimerais toujours quoi qu'elle puisse faire ou devenir, même si elle devient mère, même si elle épouse l'un de ces ploucs capitalistes. Je l'aimerais elle et ses gosses. » J’observais mes mains un moment, essayant de comprendre tout ça, faisant circuler les informations dans mon cerveau embrumé par le manque de toxine.

Il l’aimait encore. Il avait voulu la protéger. Comme il essayait de me protéger du sort qui me serait réservé dans la rue, comme il protégeait Cassie ou Rickon. Mais avec elle, cette brunette, c’était différent. Comme s’il désirait la protéger de lui-même. Hésitante, je levai mes prunelles vers lui pour lui. « Et elle l’est? Mariée et mère, je veux dire.» Parce que si ce n’était pas le cas, peut-être y’avait-il encore un espoir pour ces deux-là. J’ignore quand j’ai commencé à être romantique, mais quand même. Gilliam méritait d’être heureux après tout ça. Après tout ce qu’il faisait pour les autres. « C’est triste comme histoire… Non que je m’attendais à quelque chose de joyeux, mais… Tu sais…» Je plissai le nez dans une mimique de dégoût. « Cassie déteint vraiment sur moi » C’était sûrement ça. Pourquoi serais-je si fleur bleue si ce n’était pas le cas? Je n’avais jamais cru en l’amour, pas depuis ma dernière famille d’accueil, depuis que cet homme avait mis ses sales pattes sur moi. Ce n’était qu’une invention pour rendre les choses plus facile à mes yeux. Il ne suffisait qu’à se convaincre d’aimer quelqu’un, c’était plus facile de se laisser posséder par cette personne ainsi. Mais l’histoire de Gilliam était touchante, triste dans son manque de fin heureuse.

Le grand blond passa son bras autour de ma frêle silhouette caressant mon bras d’un geste tendre et paternel qui me fit mal à l’âme. Sans savoir pourquoi, je sentis ma gorge se nouer alors qui reportait son attention sur la télévision. «-De rien. Mais j'approuve le fait que tu n'es pas facile à vivre. » Je lui balançai un coup de coude amusé dans les côtes en guise de protestation faiblarde. Je ne m’étais pas attendu à ce qu’il dise le contraire. Je savais que je jouais avec ses nerfs plus souvent qu’à mon tour. L’imitant, je tournai la tête vers la télévision, jouant compulsivement avec mes mains de nouveau, mal à l’aise. J’observais le corps de ces jeunes femmes, sans stigmates, sans cicatrices, sans défauts tout en repensant aux traces d’aiguilles sur mes bras, aux cicatrices faites par des cigares sur ma peau, à ces stigmates d’une vie difficile et amère. Une vie qui semblait interminable. Gilliam resserra son étreinte sur moi et je lui en fus reconnaissante, bien que je demeure muette. «-Je veux juste que tu saches que je ne veux pas te changer Cam'. Je ne veux pas faire de toi un chat domestique, mais tu sais comme moi que la drogue ce n'est pas toi. » Je lui fis un petit sourire suite à ses paroles, touchée par la suite de ses mots bien que trop fière pour l’avouer ou le montrer. Ce moment tendre fut néanmoins interrompu par la sonnette et pendant que Gilliam courrait chercher la pizza, je m’occupai des couverts. Ce n’est que fois installés, les parts dans nos assiettes que je repris la parole, repoussant les bouts de pepperoni loin de ma pizza. « Je songeais peut-être retourner à l’école, enfin, quand… quand j’irai mieux…» je me mordillai la lèvre inférieure, trouvant l’idée soudainement idiote.



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