#PRAYFORPARIS

Partagez | 
 

 #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
----------------------------------------
Invité


MessageSujet: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   Sam 12 Juil - 21:03



C'est nous qui définissons notre passé, on peut s'acharner à vouloir s'en écarter ou à effacer les mauvais souvenirs, mais on ne peut échapper à son passé quand tentant de l'améliorer. .▶ play


Son chignon pincé en arrière ne faisait qu'ajouter de la sévérité sur son visage marqué par le temps, des petites ridules tombaient légèrement de chaque extrémité de ses petits yeux gris jusqu'aux pommettes creuses. Ses lèvres peintes d'un rouge vif et vulgaire faisaient ressortir des dents légèrement jaunît par le tabac ou toute autre substance chimique susceptible d'avoir cet effet néfaste. Elle abordait une allure qui se voulait froide, toisant la jeune maman avec un certain mépris, assise derrière son large bureau sur lequel était disposé plusieurs photographies qui étaient hors de champs de vision de la jolie Genesis. Elle ne la connaissait pas, mais déjà, cette femme âgé qui pensait tout savoir, tout connaître, l'agaçait profondément. Accroupis derrière elle, Priam jouait calmement avec des petites motos en plastiques sur un tapis de sol qui était d'un gris profondément triste, Genesis jetait quelques regards en coin vers lui. Elle avait toujours eu cette angoisse de tourner son visage une fraction de seconde trop tôt ou trop tard et de ne plus jamais le voir. Cette angoisse avait vu le jour en même temps que la prunelle de ses yeux. Elle se souvenait que chaque nuit, elle restait jusqu'à l'épuisement dans la nursery de l'hôpital, ça la rassurait. Jack prenait souvent la relève. À dire vrai c'était le seul qui le faisait, car le seul en qui elle avait confiance. Ses bras se croisèrent contre sa poitrine, tandis qu'à contrecœur, elle détachait son regard maternel de la petite chose qu'était son fils.

Le petit bruit agaçant de l'horloge brisait ce silence pesant et Genesis s'imaginait les pires scénarios, après tout, même si cette vieille dame avait l'air de ne rien être d'autre qu'une frustrée ayant ratée sa vie, elle restait néanmoins la directrice de son fils et elle doutait fortement que cette convocation surprise dans ce bureau était pour lui offrir le prix de la meilleure maman de l'année. Intérieurement, elle priait pour que ça ne soit pas lié au père de Priam ou pire, à cet être tordu qui rodait autour de son fils. Un frisson la parcourait de part en part à cette idée, puis, mordillant sa lèvre inférieure, elle se lança. «-Pourquoi suis-je ici ? » Le tact n'avait jamais fait partie de la personnalité de Genesis, la patience encore moins et toute cette dose de mystère ne faisait que nourrir le serpent qui enroulait son âme. La vieille dame se balançait doucement en arrière en soupirant. Elle cherchait ses mots, du moins Genesis le pensait.  «-C'est au sujet de l'homme qui vient prendre votre fils à l'école. » Presque instinctivement, comme une alarme à incendie se déclencherait en cas de fumé, le visage de la profiler s'était fermé comme une huître et ses sourcils blonds s'étaient froncés si fort qu'elle en aurait eu mal au crâne. Elle serrait chaque extrémité de ses bras, étouffant un rire sarcastique. «-Mon oncle ? Jack, il y a un souci avec lui. » L'instinct de protection de Genesis s'était déclenché plus vite qu'elle ne l'aurait imaginé et elle le voyait à la façon dont cette femme jouait avec ses doigts, que ça risquait certainement de dégénérer. «-C'est à dire que..ce n'est pas très bon pour l'image de notre établissement...vous comprenez. » Cette fois-ci, c'était la goutte de trop, le teint pâle de la belle Genesis avait pris une couleur rougeâtre. Elle leva sa main en l'air, afin d'interrompre la vieille dame, tournant son visage en direction de son fils, elle lui lança un sourire chaleureux. «-Priam, mon poussin, vas chercher ta veste, on va rentrer. » L'enfant la toisait avec cet air curieux qu'il tenait d'elle puis il sortit de la pièce. Le claquement de la porte retentissait en même temps que les yeux azurs de la jeune maman fusillaient ceux gris de la vieille dame. Elle se leva, posant la paume de sa main droite sur le bureau, l'autre sur sa hanche. «-J'espère que vous allez enregistrer ce que je vais vous dire mot pour mot. Jack a autant le droit que n'importe quel avocat, médecin ou je ne sais quel petit merdeux tout droit sortit des testicules de son papa riche, de venir chercher mon fils ici, que cela vous plaise ou non et si vous tentez quoi que ce soit pour empêcher mon fils d'être en compagnie avec le seul petit bout de famille qui lui reste, je le jure devant dieu, je vais faire de votre vie un enfer et je vous détruirais psychologiquement. » La vieille dame avait ouvert ses lèvres de façon à ce que ces dernières ne puissent former qu'un ''o'' indigné par les propos de la jeune profiler. Genesis lui offrit un large sourire carnassier, tandis qu'elle se redressait sans pour autant la quitter du regard. Elle s'élança jusqu'à la porte du bureau et lui jeta un dernier regard. «-Passez une bonne journée, je compatis à votre peine, ça doit être si difficile de passer sa vie caché derrière un bureau. À demain madame. » Et elle avait disparu, collant son dos contre la porte, elle tombait nez-à-nez sur son fils, assis sagement sur le petit banc en bois du couloir, il balançait ses jambes en souriant et dans un élan d'amour, elle le serra si fort contre elle, qu'elle croyait l'étouffer, l'enfant, lui, riait en passant ses doigts dans les cheveux de sa maman.

Priam aimait marcher et le moment qu'il préférait lorsqu'une journée d'école se terminait, c'était de courir jusqu'à l'épuisement jusqu'à l'appartement dans lequel il vivait avec sa mère. Toutefois, cette situation était complexe, l'enfant étant fragile, Genesis s'angoissait dès qu'il courait un peu trop vite ou un peu trop longtemps. Aujourd'hui, n'échappait pas à la règle, elle le voyait de dos, vêtu d'une petite veste en jean, de son jean troué, d'une paire de converse grise et de son bonnet Sons of Anarchy noir qui abordait l'insigne du club de son oncle et de son père. Il courait faiblement, tandis que Genesis feintait de ne plus le suivre, à son bras un sac de course qu'elle avait acheté en chemin. De quoi faire le plat favoris de son fils, des lasagnes. Si le temps plutôt ensoleillé était propice à la détente, la blonde n'arrivait pas à oublier les mots de la directrice, elle savait que ce serait un problème. Que ça le serait toujours, même lorsqu'elle dirait la vérité à Rickon, même lorsqu'elle aurait le courage d'affronter son regard, elle devrait faire subir à son fils les dangers qui rodaient autour du club en plus de ceux qui étaient déjà sur elle-même. Et, elle en avait mal au ventre. «-Priam, tiens-moi la main. » Lui avait-elle lancé, tandis que l'enfant glissait sa petite main dans celle de sa maman. Elle vivait dans un appartement plus que correct, en rez-de-chaussé, avec un large jardin. Genesis sortit les clefs de l'habitation de la poche arrière de son jean, mais se stoppa nettement lorsque son regard croisa celui d'une femme qu'elle ne pensait pas revoir. En tout cas pas aujourd'hui. Elle serra la main de son fils, ce dernier toisait les deux femmes avec une curiosité enfantine et s'exclama de sa petite voix aigu. «-C'est tata Rebecca maman ! » Oui. Elle lui avait parlé d'elle. Toutefois Genesis n'avait pas réellement le temps de se réjouir, tant la surprise la transperçait de part en part. Néanmoins elle s'approcha de la jeune femme, esquissant un faible sourire, sans dire un mot, elle lui indiquait la porte d'entrée de l'immeuble dans laquelle elle enfouissait sa clef péniblement. Genesis qui était d'un naturel si calme, était à présent à court de contrôle, ses batteries, comme ses protections venaient de sombrer loin d'elle. Elle longea le couloir marbré et de nouveau entreprenait le même rituel de sécurité que quelques secondes plus tôt. Elle poussa la porte d'entrée de son appartement et la main de son fils s'envolait loin d'elle. Ce dernier se jeta dans le jardin à tout allure, sautant sur le petit chien de Genesis. Un soupire glissait lentement, au même rythme que la porte se fermait derrière la brune qui était sa meilleure amie. Genesis se glissa vivement derrière sa cuisine américaine, déposant le sachet de courses sur le plan de travail noir. Elle secouait son visage avant de planter ses prunelles dans celles visiblement sous le choque de sa meilleure amie. «-Tu devrais t'asseoir, je te sers un truc. » Fit-elle tout en désignant les grands tabourets qui se trouvaient face à elle. Tout en prenant les verres et en prenant surtout soin de ne pas croiser les yeux fusilleurs de Rebecca, elle ajoutait. «- je pensais que tu devais passer demain.... » Oui. Ou qu'elle devait passer directement après son arrivée, mais elle ne l'avait pas fait et Genesis se doutait bien du pourquoi de son absence. «-J'ai que du jus de fruit ça te va? » Histoire d'éviter les nombreux sujets épineux.




Dernière édition par Genesis H. Winston le Mar 2 Sep - 15:20, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
----------------------------------------
Invité


MessageSujet: Re: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   Dim 13 Juil - 2:13




There is no refuge from memory and remorse in this world

I'm dying to catch my breath. Oh why don't I ever learn? I've lost all my trust, though I've surely tried to turn it around. Don't tear me down for all I need, make my heart a better place. Give me something I can believe. Don't tear me down. You've opened the door now, don't let it close


La maison était comme dans mes souvenirs. Identique en tout point.  La seule pièce qui avait été retouchée était la cuisine. Le parquet avait été refait,  les murs repeints, les plans de travail changés. Mon père n’avait jamais voulu vendre la propriété après le meurtre de ma mère, bien qu’il n’ait jamais voulu y vivre non plus. Il avait donc payé quelqu’un pour l’entretenir, l’avait parfois louée à des gens pour arrondir ses fins de mois, mais la baraque était toujours sa propriété. Il me l’avait cédée sans rechigner lorsque j’avais atteint mes vingt-et-un ans, disant que c’était le moins qu’il puisse faire pour moi, que je pouvais en faire ce que je voulais. Il n’avait jamais été présent pour moi après la mort de ma mère, il n’avait jamais passé me voir chez ma grand-mère, ne faisant que m’envoyer des cartes et des présents insignifiants pour Noël ou pour mon anniversaire. Je le voyais une fois ou deux ou trois ans, quand il revenait aux États-Unis, bien qu’il qualifie maintenant le Canada comme étant son pays. Malgré que la propriété m’appartienne depuis des années maintenant, je n’avais jamais consenti à y habiter. Comme si je n’étais pas capable de me voir évoluée dans ce monde qui me rappelait les quelques années de légèreté que j’avais vécues avant que tout s’effrite. J’y étais revenue cependant. Je me souviens d’avoir tergiversé pendant de longues minutes avant d’ouvrir la porte d’entrée quelques jours plutôt, ma valise à la main. Je ne savais pas trop si je devais pousser la porte ou plutôt aller passer la nuit chez Genesis pour me trouver un appartement au petit matin. J’avais fait mon choix. Et j’étais maintenant assise sur le sofa d’un blanc immaculé dans l’immense salon de la maison où j’avais grandi. Dakar, le chien que j’avais adopté trois ans plus tôt était à mes pieds, son pelage blanc se confondant avec la moquette à poil long. La maison était plongée dans un silence angoissant, rien de bien inhabituel. Je n’aimais pas les télévisions, la chaîne stéréo n’était toujours pas arrivée de San Francisco et je n’avais aucune envie de laisser mes doigts courir sur les touches blanches et noires du piano à queue qui trônait comme un roi dans le fond de la pièce.

C’était la première journée que je passais à la maison. Depuis mon arrivée à Washington, je m’étais jetée corps et âme dans mon boulot, passant des heures à travailler sur une histoire macabre. Un corps retrouvé carbonisé en marge de la ville. Il n’en restait que les os. Pas de visage, pas de dents, pas d’identité. Les flics pensaient que c’était un règlement de compte entre motards. Je n’en étais pas aussi convaincue. Comme si mon cerveau refusait de songer que Gilliam pourrait être l’investigateur d’un tel crime. Mais voilà. Mon article était dû pour dans deux jours et je n’avais toujours pas de réponses. Et il était hors de question que je me pointe de nouveau au garage des Sons of Anarchy  pour poser des questions au grand blond. Il était hors de question que je remette les pieds là-bas avant au moins dix ans. Si ce n’était pas quinze. J’avais compris que moins je voyais le prince des Bikers, mieux je me porterais. Je ne l’avais définitivement pas oublié en cinq and d’exilé. J’avais pourtant espéré. J’avais donc prétendu travailler de la maison ce jour-là, préférant éviter les faux semblants avec des collègues qui faisaient comme si nous nous connaissions depuis toujours. J’étais la petite nouvelle débarquée du San Francisco Chronicles, une gamine qui plus est, tout juste sortie de l’école, avais-je entendu dire entre les branches. Jaloux, sans doute. Mais je n’y prêtais pas attention. Je n’en avais que faire des ragots et je n’étais surement pas là pour me faire des amis. Au contraire, j’avais eu envie de rire devant leur rancœur inexpliquée, me demandant ce qu’ils pensaient vraiment. Que j’étais trop jeune pour écrire sur de telles horreurs? Que je ne savais pas de quoi je parlais peut-être? Encore une fois, ils parlaient sans savoir le fond des choses, comme grands nombres de journalistes.  La pire restait sans doute cette rouquine au visage marqué par des traces d’une acné sévère qui n’avait pas trouvé meilleur Job que de l’astrologie du dimanche.  

Un soupire m’échappa, brisant le silence, alors que je me levai de la place que j’occupais depuis un bon moment pour aller déposer un cadre sur le manteau de la cheminée. Une photo aux allures joyeuses prise deux ans avant mon départ, un réveillon de Noël.  Une photo de couple des plus banales, une photo que j’avais toujours affectionnée, où l’on pouvait voir Gilliam, le menton au creux de mon cou, ses bras passés autour de ma taille. Nous sourions comme des idiots tous les deux. Je savais que ça ne serait plus jamais comme cela. J’en avais eu la confirmation quand j’étais passée au garage deux jours plutôt, quand j’avais vu la douleur dans ses yeux, les remords que j’attribuais à la mort de cette Hanna. Quand j’avais compris que nous n’étions plus rien que deux étrangers avec un passé commun. Le lendemain, j’avais dû user de tout le fond de teint à ma disposition pour cacher les traits tirés par la fatigue et mes yeux rougis. Et si aujourd’hui j’avais à nouveau un visage humain, il n’en restait pas moins que je devais faire des miracles ne serait-ce que pour m’arracher un sourire et je me doutais que rester enfermée dans cette maison m’aiderait. Je filai donc sous la douche, me débarrassant des vêtements de sport que je portais depuis ce matin, le chien sur mes talons. Cet animal me suivait partout, comme s’il avait peu que je disparais soudainement pour ne plus jamais revenir. Il était sagement assis devant la porte de la douche lorsque je sortis de la cabine, enroulée dans une serviette de bain couleur sable. Quinze minutes plus tard, j’étais vêtue d’un jeans sombre et d’un chemisier turquoise, mes cheveux tombant souplement sur mes épaules frêles et mes yeux soulignés d’un trait de khôl. Enfilant des petits bottillons à talon de cuir noir, j’attrapai mes clés. Après un au revoir à Dakar qui me regardait d’un œil piteux comme si j’étais le pire maître du monde. Je me promis de lui offrir une gâterie en rentrant à la maison.

Je ne mis pas bien longtemps à trouver l’appartement de Genesis. Après tout, je connaissais cette ville comme le fond de ma poche. Je me demandais si mon amie m’en voudrait de ne pas avoir sonné à sa porte le jour de mon arrivée. Nous devions déjeuner ensemble demain, et j’espérais ne pas troubler ses plans en cognant à sa porte plus tôt. Je n’eus cependant pas le loisir d’appuyer sur la sonnette que des bruits de pas se firent entendre sur ma gauche. «-C'est tata Rebecca maman ! » J’arquai un sourcil, manquant de m’étouffer à l’exclamation du petit garçon qui venait en ma direction, sa main dans celle d’une jolie blonde que je connaissais particulièrement bien.  Que je considérais comme une sœur. Et même si le gamin n’avait eu aucun ne contacte physique avec Genesis, j’aurais aisément deviné le lien tant leurs traits étaient semblables. Tata Rebecca? Mes prunelles remontèrent vers le visage d’ange de ma meilleure amie, qui me souriait doucement, bien que le cœur ne semble pas y être. Je l’avais prise au dépourvu. Quand même, sa surprise ne pouvait pas être plus grande que la mienne à ce moment précis. Elle avait un fils. Un fils dont elle ne m’avait jamais parlé, un gamin dont elle n’avait jamais prononcé le nom lors de nos appels téléphoniques. Et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi. Sans un mot, je suivis la mère et le fils dans l’immeuble, en me disant que j’aurais sans doute mieux faire de rester à San Francisco finalement.  C’était injuste comme pensée, je le savais, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. J’étais ici que depuis quelques jours et déjà j’avais l’impression que les choses allaient de mal en pis.

En quelques jours, j’avais fait plus de crises d’asthme que j’en avais fait en cinq ans. Et j’exagérais à peine. Je refermai la porte dans mon dos, regardant le gamin courir jusqu’au jardin avec une énergie folle, entraînant le chiot avec lui. «-Tu devrais t'asseoir, je te sers un truc. » Mes doigts se serrèrent contre la sangle de mon sac à dos jusqu’à ce que mes jointures deviennent blanches. Mon teint devait avoir pâli de quelques teintes également au regard que me lançait la blonde. Machinalement, je grimpai sur le tabouret, laissant mes pieds pendre dans le vide. «- je pensais que tu devais passer demain.... » J’observais mes mains un moment, avant de dévier le regard vers le jardin où jouait le gamin. « «Je croyais que nous avions passé le cap des cachoteries. Surtout quand celles-ci respirent et m’appellent Tata» Lançais-je tact au tact sans osée croiser son regard. J’ignorais si j’étais en colère ou simplement triste qu’elle ne m’ait rien dit. Je n’arrivais pas à suivre le fil de mes émotions depuis ma dernière rencontre avec Gilliam. «-J'ai que du jus de fruit ça te va? » Je tournai finalement le visage vers elle pour observer ses traits, haussant simplement les épaules en guise de réponse. Qu’importait, de toute façon, je me doutais que mon estomac supporte quoi que ce soit. Si Genesis voulait éviter le sujet qui fâche, moi, je voulais des réponses à son comportement, à ses cachoteries. «C’est parce que tu m’en veux d’avoir quitté Washington ou parce qu’il est de Rickon que tu ne m’as rien dit? » Mon ton était parfaitement plat, parfaitement contrôlé. Un vrai miracle en soi. Je n’avais jamais eu un parfait contrôle sur mes émotions. Mais j’avais toujours été perspicace. Puis, ce n’était pas bien difficile à comprendre.



love.disaster
Revenir en haut Aller en bas

Invité
----------------------------------------
Invité


MessageSujet: Re: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   Mer 16 Juil - 0:59



C'est nous qui définissons notre passé, on peut s'acharner à vouloir s'en écarter ou à effacer les mauvais souvenirs, mais on ne peut échapper à son passé quand tentant de l'améliorer. .▶ play


Rebecca n'avait pas changé d'un pouce, assise ici, dans le petit appartement, néanmoins moderne pour ne pas dire carrément luxueux de la belle Genesis, elle lui paraissait inchangé, c'était un peu comme-ci le temps s'était arrêté il y avait cinq ans, lorsqu'elle avait passé la nuit à la border pendant qu'une traînée de larme lui mangeait le visage, la cause, ce putain de chagrin d'amour. Un phénomène contre lequel Genesis s'était jurée de lutter, elle se devait de faire passer le bonheur de son fils avant le sien, hélas, elle était paradoxalement incapable d'annoncer au père de son enfant qu'il était le géniteur d'un petit être de trois ans, complètement accroc aux motos et admiratif devant les Sons of Anarchy. Au fil des mois, puis des années, Genesis avait fini par enfermer toute cette histoire dans une boite qu'elle cachait sous son lit, hélas, cette semaine n'avait fait qu'ouvrir les plais à vifs, sa confrontation hasardeuse avec le père de son enfant l'avait fait suffoquer sous le poids des remords et du chagrin. Rebecca, avait toujours été son pilier face à cela, hélas elle n'avait pas eu le coeur de lui annoncer la naissance de son fils, de peur que ses propres erreurs n'empêche la petite brune qui était sa meilleure amie de vivre sa vie loin de toute cette violence dans laquelle elle-même était ancré jusqu'à l'os. Le moment de vérité sonnait doucement, poussant la grande blonde à assumer ses actes malgré la peur de perdre celle qui était sa sœur et certainement son âme-sœur, les rires de son fils qui jouait avec le petit chien lui donnait la force, le courage comme il l'avait toujours fait depuis qu'il avait poussé ses premiers cris. «Je croyais que nous avions passé le cap des cachoteries. Surtout quand celles-ci respirent et m'appellent Tata» Elle la connaissait, et elle la comprenait, elle aurait certainement eu la même réaction face à un secret si gros que la naissance d'un enfant. Pourtant, Genesis n'avait pas encore le cœur de lui faire face, de plonger ses prunelles dans celles trahis de la brune. Elle restait dos à elle, les deux mains accrochées aux placards blancs de sa cuisine, comme-ci ces derniers représentaient un radeau de sauvetage au milieu d'un océan d'horreur. «-Priam, il se nomme Priam » Murmurait-elle tandis que la pression que ses mains exerçaient sur le bois se relâchait doucement, elle attrapait deux verres à l'effigie de l'équipe de foot favorite de son fils et les déposait sur le large plan de travail face à Rebecca. Lui demandant par la même occasion si cela ne la dérangeait pas de ne boire que du jus de fruit. Les rares fois où Genesis s'autorisait un peu d'alcool chez elle, étaient les moments où Jack passait la nuit ici, elle prenait soin d'acheter sa bière favorite et souvent ils passaient la nuit à parler de choses et d'autres, parler de tout et de rien avait le pouvoir fragile de rassurer Genesis sur la bonté de l'âme humaine. Jack était loin d'être aussi pessimiste qu'elle et pour ça, elle l'admirait, au fond elle s'était souvent dit qu'il aurait fait un père admirable.

«C'est parce que tu m'en veux d'avoir quitté Washington ou parce qu'il est de Rickon que tu ne m'as rien dit? » Genesis lui tournait le dos de nouveau, plongeant son visage à l'intérieur de son réfrigérateur, elle lâchait toutefois une petite pique dont elle seule avait le secret. «-Ou peut-être qu'il est de Gilliam. » c'était bas, petit, mesquin, elle le savait, mais au fond c'était aussi une façon pour elle de lui faire comprendre qu'elle aurait beau lui reprocher l'attachement qu'elle éprouvait pour Rickon, elle-même n'arrivait pas à oublier le beau blond qui avait jadis fait chavirer son cœur. Genesis fit ressortir son visage du compartiment froid, une bouteille de jus à la main, et à en juger par le regard livide de sa meilleure amie, elle avait raison. «-Détends toi, je plaisante. » Murmurait-elle, tandis qu'elle deversait le liquide orange à l'intérieur des verres, poussant l'un d'eux en direction de son amie. Priam, lui, courrait, il essayait d'attraper la queue du petit Husky âgé d'à peine quelques mois. Puis, enfin, elle plongea son regard dans celui de Rebecca, entourant son verre de ses deux mains. Elle faisait face à ce mépris dont elle avait tant de fois imaginée lors des scénarios qu'elle s'était imaginée lors de ses nuits d'insomnies. «-Ce n'est pas parce qu'il est de Rickon que je t'ai rien dit Becca. C'est simplement pour deux bonnes raisons, l'une c'est que je ne me voyais pas t'annoncer ça au téléphone, j'ai en premier lieu pensé à la sécurité de mon fils, Rickon lui-même n'est pas au courant, il n'y a que Jack et ne lui en veut pas de ne t'avoir rien dit, je l'ai forcé à ne rien dire. » Elle prit une grande inspiration, portant son regard sur la petite tête blonde qui courait à présent dans leur direction. L'enfant observait sa maman de ses grands yeux azurs, tandis que plusieurs mèches blondes lui coupaient le visage en deux. Il ressemblait à Genesis, mais elle remarquait dans le fond des yeux de son fils, cette force sombre qui caractérisait son père, sur le crâne du gamin ce bonnet Sons of Anarchy que Jack lui avait offert. Ce dernier ne le quittait plus. «-Maman, j'ai mal ici .... »

Lui lançait-il en pointant du doigt sa poitrine d'enfant. Genesis relâchait le verre de jus et elle prit son fils dans ses bras, attrapant l'inhalateur de ce dernier qui se trouvait dans son sac-à-main posé face à la petite brune, elle enfouissait avec douceur l'appareil entre les lèvres de son fils. «-Je t'ai déjà dit de ne pas t'épuiser comme ça Priam, tu sais que tu es fragile. » Puis, elle serra l'enfant contre elle, tandis que ce dernier soufflait à un rythme régulier dans le petit truc sur lequel reposait sa vie en quelque sorte. La main libre de la jeune femme caressait le dos de l'enfant. «-Je n'ai pas eu envie de t'imposer mes erreurs, tu es partie d'ici parce que c'était trop difficile, je voulais pas te voir revenir à cause de nous. Je te jure que je voulais te le dire, j'en ai pas eu la force c'est tout...je n'ai pas envie de te blesser, je voulais simplement que tu fasses ta vie loin d'ici et que tu sois heureuse. Si tu n'avais jamais eu l'attention de revenir, j'aurais fini par venir avec lui, mais Jack m'a dit que tu ne te sentais pas si bien que ça là-bas. » Genesis plongeait ses prunelles dans celles pétillantes du petit, le faisant redescendre au sol, elle lui replaçait le bonnet sur son crâne et déposa l'inhalateur sur le plan de travail. Son corps s'affalait sur le tabouret tandis que l'enfant s'était assis sur le tapis de sol, jouant avec ses petites motos. «-Et toi, tu comptais me dire quand, que tu étais passé au garage ? Les nouvelles vont vite ici tu sais... » Elle portait à présent son verre entre ses lèvres, ne sachant pas si sa meilleure amie acceptait ses explications ou allait simplement prendre la porte en la claquant derrière elle. Et la seconde option lui tordait le cœur à tel point qu'elle-même aurait eu besoin d'un inhalateur.




Dernière édition par Genesis H. Winston le Mar 2 Sep - 15:21, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
----------------------------------------
Invité


MessageSujet: Re: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   Ven 18 Juil - 13:23




There is no refuge from memory and remorse in this world

I'm dying to catch my breath. Oh why don't I ever learn? I've lost all my trust, though I've surely tried to turn it around. Don't tear me down for all I need, make my heart a better place. Give me something I can believe. Don't tear me down. You've opened the door now, don't let it close


Ma tête bourdonnait de façon déplaisante. Je sentais mon sang cogner contre mes tempes à chaque battement de cœur. J’avais l’impression que mon crâne allait exploser sous le coup d’un mouvement trop rapide ou trop brusque. D’un bruit trop fort. De façon naïve, j’avais cru que retrouver mon amie serait quelque chose de familier et de rassurant. Sans surprise, sans émotion forte, sans pertes de contrôle. C’était sans compter la nature de la belle blonde qui avait tendance à garder tout pour elle, comme si les autres n’étaient que des figurants dans sa vie. Comme si elle avait peur qu’en nous ouvrant la porte de son cœur et qu’elle nous montrait un peu ce qu’elle ressentait, nous nous évaporions tous et chacun, prenant la fuite subitement. Bien entendu, je n’avais pas à me plaindre. De l’entourage de Genesis, j’étais sans doute celle à qui elle s’ouvrait le plus, si on ne comptait pas Jack. Et encore. Elle ne m’avait rien dit à propos de sa grossesse, elle ne m’avait rien dit à propos de sa nuit avec Rickon. Je fermai les yeux, un moment, passant mes doigts sur ma tempe, dans l’espoir de calmer la douleur qui reprenait de plus belle devant mes pensées, comme pour me punir d’être partie. Parce qu’il était évident que si je n’avais pas quitté Washington, si j’avais été plus solide, nous n’en serions pas là aujourd’hui. Si j’avais été capable de surmonter cette peine d’amour, si j’avais été capable d’oublier Gilliam… mais on ne refait pas le monde avec des « Si ». Ouvrant de nouveau mes paupières, je posai les yeux sur le dos de la blonde, sachant qu’elle évitait fortement de me faire face. Je pouvais comprendre pourquoi. Quelque part. Je ferais sans doute la même chose à sa place.  « — Priam, il se nomme Priam » Bien qu’elle ne pouvait pas me voir, j’hochai néanmoins la tête, avant de tourner le visage vers l’enfant – Priam— testant son prénom silencieusement, le répétant un ou deux fois sans qu’un son ne sorte de ma bouche, comme pour me forcer à accepter les faits.

Il n’en reste pas moins qu’il aurait pu s’appeler Roméo ou Spartacus  que ça n’aurait pas changé les faits. Je lui en voulais toujours autant. J’avais naïvement cru que si un jour l’une de nous se ramassait avec un enfant sur les bras, l’autre serait la première à la savoir. J’avais toujours cru que je serais présente pour soutenir Genesis dans une situation comme celle-là. Si j’étais honnête avec moi-même, je n’avais jamais vu les rôles s’inverser dans mes songes idylliques. Si j’avais la main avec les enfants, jamais je n’avais cru pouvoir être mère de famille. Pour une raison qui m’échappait encore.   « — Ou peut-être qu'il est de Gilliam. »   Si mon visage avait encore quelques couleurs jusque-là, elles furent rapidement drainées à ces mots. Je sentis mon cœur couler au fond de ma poitrine alors que sa remarque me toucha de plein fouet. Mes doigts se resserrèrent sur l’étoffe qui recouvrait ma cuisse, alors que la blonde sortait sa tête du frigo, me lançant un regard en biais. « — Détends toi, je plaisante. » Ce ne fut pas pour autant que je me détendis cependant. Genesis venait de tourner le couteau dans une plaie encore béante, me rappelant l’homme que je m’efforçais d’oublier avec une énergie nouvelle depuis quelques jours. Sans succès. D’un geste compulsif, je passai ma main dans mes boucles brunes, les ébouriffants davantage. L’agent du FBI me fit finalement face, me tendant un verre que j’observais sans toucher, croisant simplement les mains sur mes genoux.  « — Ce n'est pas parce qu'il est de Rickon que je t'ai rien dit Becca. C'est simplement pour deux bonnes raisons, l'une c'est que je ne me voyais pas t'annoncer ça au téléphone, j'ai en premier lieu pensé à la sécurité de mon fils, Rickon lui-même n'est pas au courant, il n'y a que Jack et ne lui en veut pas de ne t'avoir rien dit, je l'ai forcé à ne rien dire. »   Bien sûr que Jack était au courant. Bien évidemment que Rickon n’en savait rien. Comment cela aurait pu en être autrement? Je comprenais trop bien ses raisons, j’aurais pu faire les mêmes choix si les rôles avaient été inversés. Il n’en restait pas moins que j’étais vexée.

J’allais ouvrir la bouche quand la petite tête blonde entra dans la pièce, s’adressant à sa mère. La façon dont ses petites épaules bougeaient avait quelque chose de trop familier et je pouvais sans aucun mal imaginer la douleur qui brûlait dans ma poitrine. Le gamin souffrait du même trouble respiration que moi. J’en eus la confirmation lorsque ma meilleure amie attrapa l’inhalateur pour le faufiler entre les lèvres de son fils. « — Je t'ai déjà dit de ne pas t'épuiser comme ça Priam, tu sais que tu es fragile. »  Je me crispai davantage, jusqu’à ce que mes muscles deviennent douloureux, mes doigts se crispant les uns sur les autres jusqu’à laisser de petits croissants sur ma peau, ma mâchoire se serrant jusqu’à ce que mes dents me fassent mal. Fragile. J’en aurais ri. J’avais cru que d’entre tous, Genesis aurait été la dernière à faire une tellement remarque. « — Je n'ai pas eu envie de t'imposer mes erreurs, tu es partie d'ici parce que c'était trop difficile, je voulais pas te voir revenir à cause de nous. Je te jure que je voulais te le dire, j'en ai pas eu la force c'est tout... je n'ai pas envie de te blesser, je voulais simplement que tu fasses ta vie loin d'ici et que tu sois heureuse. Si tu n'avais jamais eu l'attention de revenir, j'aurais fini par venir avec lui, mais Jack m'a dit que tu ne te sentais pas si bien que ça là-bas. »  Je plantai mes prunelles dans les siennes, alors qu’elle relâchait l’enfant qui s’empressait d’aller s’amuser avec de petites motos en plastique sur la moquette derrière moi. Comme si je n’étais pas là. C’était mieux ainsi. J’étais trop sonnée pour avoir l’attention d’un enfant sur moi à ce moment précis. Puis j’étais qu’une étrangère, non? « Ou alors, je suis trop fragile pour apprendre de tels trucs de bout en blanc. » Lançais-je avec un sourire ironique, faisant référence aux paroles qu’elle venait de prononcer à  l’intention de son fils.

Faire ma vie loin de Washington. J’avais essayé. J’y avais mis tellement d’effort. J’avais tâché d’avoir une vie normale. J’avais voulu recommencer à zéro, sans jamais y arriver. Je n’avais pas été capable d’oublier Gilliam, chaque homme que je rencontrais me rappelant le blond, jusqu’à ce que je réalise que je le cherchais dans chacune de mes conquêtes. J’avais voulu avoir une famille à moi, une maison, un chien avec un jardin… je m’étais retrouvée coincée dans un minuscule appartement au huitième étage d’un immeuble, avec un chien, certes, mais il avait été ma seule compagnie. Le seul truc que j’avais réussi dans ma vie, c’était ma carrière. Étais-je malheureuse? Non. Mais je n’étais pas heureuse non plus. Je baissai les yeux sur mes doigts qui venaient d’attraper le verre, le serrant si fort que mes jointures en devinrent blanches. « Et tu avais peur de quoi? De briser mon bonheur là-bas? J’étais à San Francisco, Gen, pas à Disneyland »  Elle ne pouvait pas vraiment croire que j’avais été heureuse là-bas, pas dans l’état où je l’avais quitté. Certes, j’avais fait des efforts. J’avais manipulé ma voix pour paraître en forme pendant nos coups de fil, je m’étais concentrée sur mon boulot, oubliant parfois de manger, juste pour empêcher mon cerveau de fonctionner, de dévié, mais elle ne pouvait pas être dupe, pas elle. Je soupirai, haussant les épaules en me mettant à jouer avec le verre. « Jack avait raison. Je n’étais pas bien là-bas, mais c’était plus facile qu’ici. Il n’y avait aucun fantôme là-bas, aucune raison d’avoir peur de tomber sur quelque chose de douloureux. »  C’était vrai. Je n’avais eu aucune chance de tomber sur un membre de Sons of Anarchy, je n’avais aucune chance de croiser Gilliam dans un Starbucks, je n’avais pas à vivre dans la maison où j’avais vu ma mère se vider de son sang. Mais je n’y avais pas été à ma place non plus. La triste réalité était que je ne m’étais sentie à ma place nulle part depuis cette nuit qui avais signé mon déménagement.

Chassant tout cela de mes pensées, je tournai la tête vers Priam qui jouait toujours sagement avec ses motos, insouciant des discussions des grands. « Tu comptes lui dire quand? » Je parlais de Rickon, évidemment, je n’avais pas osé le préciser, ignorant si l’enfant connaissait le nom de son géniteur. Inutile de causer plus de soucis à Genesis que cela, elle n’avait pas besoin des questions incessantes d’un enfant de trois ans sur un homme qui lui faisait encore si mal. Il était évident qu’elle aimait encore Rickon, sinon, pourquoi diable lui cacher qu’elle avait porté son enfant? Si j’évitais de ramener Rickon sur la table, Genesis, elle, hésita bien moins longtemps que je ne le fis.  «-Et toi, tu comptais me dire quand, que tu étais passé au garage ? Les nouvelles vont vite ici tu sais... »   De nouveau, je fixai mes mains, évitant soigneusement le regard de la belle. Jack avait dû être celui qui lui avait parlé de ma petite visible au garage, il avait dû le déduire par l’état dans lequel s’était trouvé Gilliam. Lentement, j’haussai les épaules, l’air de rien, comme si tout ça n’importait peu. «À quoi bon? Ce n’est pas s’il s’était passé quelque chose qui vaille la peine qu’on en parle. »  Ou rien dont j’avais envie de parler. Je n’avais pas envie de lui dire comment je m’étais sentie lorsque ses lèvres avaient touché les miennes, lorsqu’il avait caressé ma peau.  Elle n’avait pas besoin de savoir comment il m’avait plaquée au mur, m’encerclant de ses bras. Comme elle n’avait pas besoin de savoir non plus que ce soir-là, je m’étais endormie, bercée par mes larmes. Je préférais qu’elle croie que j’étais suffisamment solide aujourd’hui pour faire face à Gilliam, bien que je me doutais qu’elle ne soit pas dupe, j’espérais que Jack avait laissé entendre que je m’étais reconstruit, que j’avais finalement tourné le dos à toute cette histoire.  Ce n’était pas le cas. J’en avais eu la preuve dans ce garage deux nuits plutôt et quelque part, c’était effrayant de savoir à quel point je l’aimais encore.



love.disaster

Revenir en haut Aller en bas

Invité
----------------------------------------
Invité


MessageSujet: Re: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   Mar 22 Juil - 17:34



C'est nous qui définissons notre passé, on peut s'acharner à vouloir s'en écarter ou à effacer les mauvais souvenirs, mais on ne peut échapper à son passé quand tentant de l'améliorer. .▶ play


Genesis faisait partie de ces personnes qui observent de loin, les bras croisés sur sa poitrine, sans dire un mot. Après tout, elle ne s'était jamais réellement mêlé de la vie de Rebecca, que ce soit son choix de carrière qui aurait certainement pu faire des deux jeunes femmes des ennemies, l'époque voulait que la police quelle qu'elle soit, méprisait les journalistes, Genesis, elle, s'en fichait comme de la dernière pluie. C'était d'ailleurs tout le contraire qui s'était produit, la blonde veillait toujours à ce que la petite brune soit au milieu de la lumière, si jeune et déjà connue comme étant une journaliste épineuse et talentueuse, la profiler, elle, préférait resté dans l'ombre, elle arrêtait, elle chassait et traquait mais évitait que son nom n'apparaisse quelque part c'était une priorité d'autant plus forte depuis qu'elle était maman. Elle ne s'était jamais mêlée non plus de la relation amoureuse que la brune entretenait avec le petit roi des Bikers, elle surveillait de loin, était là tout simplement si sa meilleure amie en avait besoin. Elle savait se faire ombre puis lumière, elle savait écouter en silence , car seul le silence était son ami, n'étant toujours pas doué avec les mots. Hélas, Genesis ne laissait de place à personne pour éponger sa douleur, jamais elle n'avait pris la peine de s'asseoir, de vider son sac auprès de la brune, car elle n'en ressentait pas le besoin. Pas pour le moment. Elle s'était toujours dit que si jamais elle laissait tomber son masque, elle finirait par les perdre les uns après les autres. Pourtant, elle pleurait la nuit, seule, entourant ses bras autour d'un vieil oreiller usé par le temps et jaunis par ses propres larmes, elle savait aussi être mélancolique en écoutant la chanson favorite de son père, elle savait éclater de rire aux blagues de son oncle, elle savait aimer son fils, cette brune et ce fichu Rickon. Oui. Elle était humaine. Elle était faible parfois, mais son travail faisait d'elle une femme froide, qui pouvait paraître inhumaine dans le fond. Mais c'était ça, sa limite à elle, celle qu'elle ne devait pas franchir pour ne pas sombrer dans les abysses.

Alors, elle préférait écarter les autres de sa vie lorsqu'ils marchaient sur sa ligne rouge. Même si cela avait voulu dire : éloigner le père de son fils. Avec Jack, c'était différent, c'était son père d'une certaine façon, c'était celui qui ne lui reprochait pas ses choix quels qu'ils puissent être. Alors, elle ne se sentait pas épiée, ni même jugée comme à l'instant où elle avait croisé le regard glacialement bleu de sa meilleure amie. Elle ne lui en voulait pas pour autant. C'était une réaction normal. « Ou alors, je suis trop fragile pour apprendre de tels trucs de bout en blanc. » Genesis l'observait un instant, elle avait toujours évité le sujet de l'asthme de sa meilleure amie, elle qui avait si peu de tact, avait toujours pris soin de ne pas froisser la petite brune. Puis, son regard se portait sur l'enfant assis sur le sol et Genesis soupira longuement, secouant son visage de droite à gauche lassé par cette situation.  «-Je préfère que mon fils soit au courant de ses faiblesses, physiques, mentales ou qu'importe, pour qu'il puisse mieux les combattre. Je n'ai plus le temps de choisir mes mots pour ne pas te froisser Rebecca. Il passe avant tes états d'âmes.» Elle avait dit ça avec douceur, néanmoins le regard de la blonde se faisait foudroyant. Après tout, sa meilleure amie connaissait bien l'avis de Genesis sur le sujet, le fait même que cette dernière se refusait à reprendre son traitement l'avait fait sortir de ses gonds, toutefois, elle l'avait laissé faire, mais Rebecca était Rebecca et Priam n'était qu'un enfant. Lui faire croire qu'il était comme les autres aurait été quelque chose de cruel. Enfin elle s'excusait platement de son mensonge. Elle s'en voulait un peu, mais avait eu ses raisons. Elle n'avait pas besoin d'aide, elle s'était jurée de toujours être forte au cas où son monde s'écroulerait et que son entourage venait à disparaître aussi soudainement que l'avait fait sa famille.

Plus jamais, elle ne voulait ressentir ce sentiment de faiblesse et si cela voulait dire éloigner les autres, tant pis. « Et tu avais peur de quoi? De briser mon bonheur là-bas? J'étais à San Francisco, Gen, pas à Disneyland » La grande blonde haussait simplement ses épaules. Rebecca aurait très bien pu être en Afrique que cela n'aurait rien changé, elle aurait fait la même chose. Peut-être était-ce un choix foutrement égoïste, mais ça avait été le sien, son choix à elle, comme Rebecca avait décidé de partir loin d'elle. « Jack avait raison. Je n'étais pas bien là-bas, mais c'était plus facile qu'ici. Il n'y avait aucun fantôme là-bas, aucune raison d'avoir peur de tomber sur quelque chose de douloureux. » Genesis ancrait ses prunelles dans celles de la journaliste. Elle savait très bien qu'elle parlait de Gilliam, elle ne connaissait que trop bien cette peur de voir un visage qui vous comble autant qu'il vous lacère le cœur. Elle l'avait vécue il n'y avait pas si longtemps que cela, elle se souvenait encore des mots de Rickon. Du désespoir qui avait résonné dans le son de sa voix. Et elle se souvenait surtout de la culpabilité qui la rongeait depuis, cette chance qu'elle avait froissé comme on froisserait un papier avant de le jeter. Elle était coupable, ni plus ni moins. Une fichue coupable qui avait martelé le cœur de plusieurs personnes à cause d'une fichue incapacité sociale qui la poursuivait depuis son enfance.  « Parfois, on ne peut tout simplement pas fuir...indéfiniment je crois. » Elle le savait elle-même que trop bien. Un jour elle finirait par croiser Rickon et il découvrirait qu'elle n'était qu'un monstre d'égoïsme, il lui prendrait certainement son fils....il la blâmerait, il la toiserait sans désir elle s'en dégouttait elle-même. Et avala difficilement sa salive tout en serrant le verre en face d'elle, noyant ses pupilles azurs dans le liquide orange comme si ce dernier était un refuge à sa douleur. « Tu comptes lui dire quand? » Genesis avait entendue, elle avait entendue son cœur cogner contre sa poitrine. Et elle se souvenait de sa dernière confrontation avec l'homme qui la hantait. Elle sentait sa gorge se nouer sous l'émotion, sous le regret de ne pas avoir cédé cette fois-ci, de n'avoir fait que fuir le problème encore une fois. Au fond, elles se ressemblaient, à la différence que Genesis ne fuyait pas la ville, elle se fuyait elle même. Alors, elle posa la question qui fâchait, agacé par la brune qui semblait encore une fois vouloir lui donner une leçon de vie. «À quoi bon? Ce n'est pas s'il s'était passé quelque chose qui vaille la peine qu'on en parle. » Elle en avait vaguement entendue parler de cette histoire. Et Genesis releva son regard du verre de jus de fruit et toisa froidement la brune.  «-Tu peux parler de moi, mais à peine arrivé ici et la première chose que tu fais c'est de te jeter dans la gueule du loup et tu oses me faire des reproches alors que tu me mens ici même... » Cette fois-ci les joues de Genesis s'étaient teintes d'un rouge vif et sa voix était tremblante.

Cela faisait des semaines qu'elle jonglait entre les enquêtes morbides, les regards d'un médecin légiste étrange et dérangeant, qu'elle subissait la pression de l'école de son fils. Qu'elle avait fait face à l'homme qu'elle aimait en portant ce masque lourd, qu'elle accumulait les erreurs en boucle. Et maintenant c'était au tour de Rebecca. Elle soupira, tournant le dos à la jeune femme, vidant son verre de jus de fruit dans l'évier, ne sachant même pas pourquoi elle faisait cela, certainement pour éviter de craquer, de se laisser aller. Elle se pencha en avant, ses mains serrant l'évier si fort qu'elle en tremblait, son fils s'était arrêté de jouer, toisant sa mère avec une curiosité presque triste. Parce que l'enfant connaissait ce visage, celui de la douleur d'une mère impuissante.  «-Que voulais-tu que je fasse ? Que je débarque avec mon ventre rond, que je pleurs de désespoir dans tes bras ? Que je me laisse tenter à l'idée de vivre avec toi là-bas loin de tout ça ? Si c'est ça que tu voulais alors oui, j'y ai pensé ! Plus d'une fois ! Mais, j'y arrive pas, je ne suis pas toi, même si ça fait mal, je reste. » Parce que sa vie était ici, parce que même si elle n'avait encore rien dit à Rickon, elle avait toujours nourris l'espoir de le voir rire avec son fils. Son corps s'était retourné vivement, faisant face de nouveau à la brune, tandis que pour la première fois depuis longtemps une avalanche de larmes s'étaient glissés lentement sur ses joues. Perlant lentement sur le visage de la blonde.  «-Tu veux que je te dise quoi ? Que j'ai fait une erreur et pas une petite ? Bah oui, j'en suis consciente Rebecca, j'aurais dû te le dire, j'aurais aussi dû lui dire à lui, parce qu'il le mérite, parce qu'il m'a dit lui-même qu'il aurait aimé ce gamin, alors oui ça me ronge l'âme, t'es satisfaite ? » L'enfant s'était jeté sur l'une des jambes de sa maman, tendant ses petites mains en l'air. Et Genesis essuya ses larmes d'un revers de main, comme si elle cherchait à faire disparaître la douleur aussi simplement. Elle attrapa le petit garçon qui avait posé son petit visage dans le cou de sa maman. Et ce simple contact apaisé la jeune femme. Le visage déformé de douleur de la profiler observait celui pâle de la brune. «-Je suis désolé Rebecca, je peux rien te dire d'autre...je te trouve injuste pour le coup. » Et la main de la maman caressait le dos de l'enfant qui murmurait une petite berceuse que Genesis lui chantait après un cauchemars. Le regard si froid de la blonde s'était fragilisé lentement, au fil des secondes, des minutes qui s'étaient écoulés.




Dernière édition par Genesis H. Winston le Mar 2 Sep - 15:24, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
----------------------------------------
Invité


MessageSujet: Re: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   Ven 25 Juil - 3:22




There is no refuge from memory and remorse in this world

I'm dying to catch my breath. Oh why don't I ever learn? I've lost all my trust, though I've surely tried to turn it around. Don't tear me down for all I need, make my heart a better place. Give me something I can believe. Don't tear me down. You've opened the door now, don't let it close


Je considérais Genesis comme une sœur. Elle était de ces gens qui ont une place particulière dans notre cœur, qui prenne tellement de place dans notre vie que l’on ne peut simplement plus imaginer cette dernière sans eux. Je n’avais jamais pu imaginer ma vie sans elle, sans sa présence autour de moi. Même à des milliers de Kilomètres j’avais eu besoin d’entendre sa voix, d’avoir de ses nouvelles. Je ne dis pas qu’entre nous ça a toujours été facile. Nous avons eux nos hauts et nos bas. Des disputes sur certains points, des désaccords. Ça ne pouvait pas être autrement après tout. Bien que semblables en bien des points, nous n’en restions pas pour le moins différentes. Autant physiquement que psychologiquement. Sur le premier point, nous n’avions aucun trait commun, c’était le jour et la nuit. Je me souviens sans mal de la petite pointe de jalousie que j’avais eu à son égard pendant l’adolescence. Quelle gamine de quinze ans ne rêvait pas d’avoir l’allure de Genesis après tout? Jolie, blonde, grande et svelte. Puis, j’avais vieilli, j’avais appris à apprécier mon reflet dans le miroir et cette jalousie s’était évaporée comme elle était venue. Mais pas mon incompréhension face à sa détermination à garder tout le monde hors de portée. Je n’avais jamais compris son masque de froideur, pourquoi elle essayait de paraître tellement détachée de tout ce qui l’entourait. Elle ne m’avait jamais donné son avis sur quoi que ce soit, n’avait jamais commenté aucun de mes choix. Comme si elle se contentait de regarder ma vie comme s’il s’agissait d’un film. Alors qu’au final, elle en faisait partie, de ma vie. Elle y était même importante.

Amèrement, je songeais au fait que je n’étais peut-être pas si importante que ça à ses yeux si elle me cachait des choses aussi vitales que la naissance d’un enfant. Et non pendant quelques jours, mais pendant des années. Comme si j’étais une menace pour l’enfant, comme si j’étais bien placée pour lui donner des leçons de morale. Quelque part, je comprenais ses motivations sans pour autant les accepter. Elle avait fait ces choix pour me permettre de continuer ma vie à l’autre bout du pays, pour me permettre de me donner une seconde chance. Aurais-je fait de même si je m’étais retrouvée enceinte de Gilliam? Je n’en avais aucune idée, mais je savais que c’était une possibilité qui m’aurait effleuré l’esprit à maintes reprises. Je ne l’aurais sans doute pas fait. Non que je doute de ses convictions, mais je savais que je n’étais pas suffisamment solide ou forte ou je ne sais quoi pour passer à travers quelque chose comme cela tout seule.  Mais voilà. Genesis n’avait pas été seule. Même si j’avais été  de l’autre côté du pays, dans une ville qui n’est jolie que sur les cartes postales, elle n’avait pas été seule. Elle avait eu Jack. Elle l’avait entraîné avec elle dans ses cachoteries. Si je comprenais ses motivations, il n’en restait pas moins que je me sentais trahie, blessée. Fatiguée et drainée également. J’en avais assez d’essayer d’avoir bonne figure, j’avais simplement envie de mettre mon cœur sur la glace quelques heures et oublier. Malheureusement, je savais que j’avais poussé mon exaspération un peu trop loin. Il était trop tard pour reculer maintenant. C’est drôle comme l’on regrette toujours après, comme on regrette toujours pour rien, quand on y pense…

La voix de mon amie me parvint, douce et mielleuse malgré le regard glacial qu’elle m’envoyait et pendant quelques secondes, j’appréhendais les paroles qu’elle allait prononcer à mon égard. «-Je préfère que mon fils soit au courant de ses faiblesses, physiques, mentales ou qu'importe, pour qu'il puisse mieux les combattre. Je n'ai plus le temps de choisir mes mots pour ne pas te froisser Rebecca. Il passe avant tes états d'âmes.» Silencieuse, immobile, j’encaissais le coup sans rechigner. Je savais l’avis de Genesis sur mon problème respiration, je savais qu’elle n’était pas d’accord avec le fait que je ne sois pas plus méticuleuse, que je rechigne à utiliser les inhalateurs qui m’aidaient à mieux respirer. Tout ça ressemblait à un caprice. Un entêtement stupide et irrationnel qui allait inévitablement me conduire dans un lit d’hôpital. Pour moi, c’était plus que ça. C’était une certaine force de punition pour avoir regardé ma famille tomber en lambeau sans que je ne lève le petit doigt, c’était une punition pour être aussi faible là où j’aurais pu être forte. Cette difficulté à respirer, cette douleur constante dans ma poitrine, ce n’était que pour me rappeler qu’au final, si je n’apprenais pas à me battre, j’allais y passer à mon tour. Ce n’était pas logique, j’en avais conscience. Comme il n’était pas logique que j’aille cogner à la porte de Gilliam quelques jours plutôt. La logique, c’était le domaine de Genesis. Je me contentais d’agir par instinct, sur le coup de l’émotion. Il n’en reste pas moins qu’à ce moment précis, j’aurais réellement apprécié avoir mon inhalateur avec moi tant que mes poumons brûlaient, tant que l’air semblait se raréfier. Je me contentais simplement de pousser un soupir cependant, réalisant que la relation que j’entretenais avec la blonde venait de changer, quelque part, sans qu’aucune de nous ne l’ait vu venir.

Je me contentais de la toiser. Ça ne valait pas la peine d’ouvrir les hostilités sur un sujet que je savais ne pas gagner. Je n’avais pas suffisamment d’énergie pour mener cette bataille contre elle. La réalité était que je n’avais sans doute pas suffisamment d’énergie pour gagner aucune bataille contre elle aujourd’hui. J’avais l’impression d’avoir un marteau-piqueur dans le crâne et plus les secondes passaient, plus je me disais que j’aurais mieux faire de rester à la maison aujourd’hui. Mon visage se releva de nouveau vers la blonde lorsqu’elle ouvrit de nouveau la bouche après qu’elle est ouverte le sujet épineux, faisant comme si je ne lui avais jamais posé de question, mais je n’eus pas le temps de m’en formaliser. Ces mots firent mal. Très mal. Je plantai à mon tour mes yeux dans les siens, légèrement sur la défensive malgré moi.   «-Tu peux parler de moi, mais à peine arriver ici et la première chose que tu fais c'est de te jeter dans la gueule du loup et tu oses me faire des reproches alors que tu me mens ici même... » Des mensonges? Je voyais mal où était le mensonge dans tout cela. Après tout, c’était vrai, il y avait très peu de choses à dire sur le sujet. Et pourtant, Genesis venait de le prendre comme si je lui avais caché que j’étais mariée et que j’avais quatre enfants. « Tu veux que l’on en discute, vraiment? Et tu veux savoir quoi? Comment ça a fait mal de le revoir? Comment j’ai été stupide et naïve de croire que je l’avais oublié? Que j’étais été idiot de croire qu’il n’y aurait personne dans ce satané garage au milieu de la nuit? C’est ce que tu veux entendre? » Ma voix craqua sur le dernier mot. Mes doigts se crispèrent fortement sur le denim de mon jeans alors que je tâchais de garder mes larmes à baie, me concentrant longuement sur ma respiration laborieuse.

J’observais le dos de la jeune maman sans vraiment m’en rendre compte. Jeune maman. Je n’arrivais pas à associer ces mots avec le visage de Genesis. Je revoyais son visage juvénile lorsque j’avais commencé à avoir des sentiments pour Gilliam, je me souvenais de ces premiers jours que nous avions passé passer au garage sous la surveillance de Jack. J’avais du mal à comprendre comment les choses avaient pu autant changer pendant mon absence alors que moi, je semblais figée dans le temps. Je n’avais pas vraiment changé depuis mon départ de Washington, du moins pas autant que l’avait fait Genesis ou Gilliam. Je n’étais pas devenue maman d’un enfant qui ignorait qui était son père et dont ce dernier ignorait l’existence. Je n’avais pas non plus perdu la femme que j’aimais et mon bébé à naître dans une overdose. Je ne m’étais pas mariée, je n’avais aucun enfant à mon actif. Vraiment, j’avais l’impression que j’avais vécu dans une bulle pendant des années alors que tout le monde continuait d’évoluer. Je fermais les yeux un moment, essayant de chasser la sensation désagréablement qui prenait de plus en plus de place dans ma poitrine. «-Que voulais-tu que je fasse ? Que je débarque avec mon ventre rond, que je pleure de désespoir dans tes bras ? Que je me laisse tenter à l'idée de vivre avec toi là-bas loin de tout ça ? Si c'est ça que tu voulais alors oui, j'y ai pensé ! Plus d'une fois ! Mais, j'y arrive pas, je ne suis pas toi, même si ça fait mal, je reste. »   Mes yeux tombèrent sur mes mains avant de se fermer. Bien sûr que non ce n’était pas ce que j’avais voulu, bien sûr que je savais que je ne pouvais pas attendre une telle chose de Genesis. Elle ne fuyait pas comme je le faisais. Elle était plus forte que je ne l’étais. Elle supportait mieux la douleur que je ne le faisais, j’imagine.

Un coup de fil. C’était tout ce que je lui demandais. Quelques mots placés dans une conversation. Qu’elle m’envoie une carte postale, un signal quelconque, je m’en fichais. Je voulais simplement qu’elle m’avise de ce petit être qu’elle allait mettre au monde. Mais il était trop tard maintenant. Elle avait fait son choix et elle devait en assumer les conséquences. Elle ne pouvait pas simplement me demander d’accepter tout ça sans rechigner, comme si ce n’était pas si grave que ça.   «-Tu veux que je te dise quoi ? Que j'ai fait une erreur et pas une petite ? Bah oui, j'en suis consciente Rebecca, j'aurais dû te le dire, j'aurais aussi dû lui dire à lui, parce qu'il le mérite, parce qu'il m'a dit lui-même qu'il aurait aimé ce gamin, alors oui ça me ronge l'âme, t'es satisfaite ? » Je la toisai tristement, pendant de longues minutes alors que les larmes roulaient sur ses joues et qu’elle se penchait vers l’enfant qui demandait à être soulevé. Le petit nicha son visage dans le cou de sa mère, comme il a sans doute dû le faire des millions de fois dans les trois dernières années.  « Le mérite? Ce n’est pas une question de mérite, Genesis. C’est son droit de le savoir. Et c’est le droit de Priam de connaître son père. » C’était la première fois que je prenais la défense de Rickon et cela me fit bizarre. Lui et moi entretenions une relation des plus houleuses depuis des années, ne pouvant pas être l’un en face de l’autre sans que les insultes fusent. Puis en vieillissant, j’avais commencé à considérer cela comme un jeu. Quelque part, bien que je ne l’avoue jamais, j’estimais le grand brun, je lui faisais confiance. Suffisamment pour laisser la vie de ma meilleure amie et celle de l’homme que j’aimais entre ses mains.

Je finis par m’extirper maladroitement du banc sur lequel j’étais installée depuis le début de la conversation, ma main droite restant sur le plan de travail dans le but de me stabiliser. L’équilibre n’avait jamais été mon fort, il fallait l’avouer. «-Je suis désolé Rebecca, je peux rien te dire d'autre...je te trouve injuste pour le coup. »  Injuste. Certes, peut-être un peu, mais c’était elle qui m’avait gardé hors de la vie de son fils comme si j’étais une quelconque menace pour lui. C’était elle qui se qualifiait de ma meilleure amie, mais qui me repoussait chaque fois que quelque chose d’important se produisait dans sa vie. « Injuste? C’est toi qui m’as caché pendant trois ans que tu avais un fils! C’est toi qui m’as tenue à l’écart de ta vie comme si j’étais une quelconque menace pour lui. Tu as pris des décisions que tu n’avais pas le droit de prendre à ma place, Genesis. Et tu me reproche de te cacher un baiser qui a eu lieu y’a trois jours?» Je pris une grande inspiration, enfouissant mon visage dans mes mains, comme dans l’espoir de clarifier mes idées, de chasser mes démons. Ce n’avait pas été qu’un baiser, ça avait été l’éveille de tout les sentiments que j’avais cru oublier. Ça avait été une agonie lente et douloureuse.  Lorsque je relevai les yeux vers elle, ce fut d’une voix douce et posée que je prononçai les prochains mots.  «Je suis désolée. Je réagis sans doute de manière excessive, mais mets-toi à ma place deux secondes. C’est un peu dur à avaler.» Je fis un pas maladroit, m’arrêtant net, bien que j’aie envie de la serrer contre moi et de la consoler, lui murmurant des mots réconfortants à l’oreille pour tarir ses larmes. Mais la présence du petit blond me figea sur place.



love.disaster

Revenir en haut Aller en bas

Invité
----------------------------------------
Invité


MessageSujet: Re: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   Lun 8 Sep - 23:29



C'est nous qui définissons notre passé, on peut s'acharner à vouloir s'en écarter ou à effacer les mauvais souvenirs, mais on ne peut échapper à son passé quand tentant de l'améliorer. .▶ play



Des remords, elle en avait certainement plus que quiconque sur cette planète, elle se reprochait souvent d'être cette maman trop absorbée par son travail, cette meilleure amie distante, cette amante qui avait pris la fuite loin du bonheur, qui avait osé prendre la dernière partie d'humanité de l'homme qu'elle aurait aimé chérir plus que tout son être. Oui. Des remords, la grande, la distante, la froide Genesis en avait tant qu'elle avait l'impression désagréable de se mouvoir lentement au milieu des sables mouvants qui finiraient par l'engloutir et ne fait d'elle qu'un amas de chaire et d'os. Elle ne s'était jamais réellement fait d'illusions...elle savait qu'elle devait tout à son fils, que l'enfant qui était à ce moment même en train d'enrouler les boucles blondes de la profiler autour de ses petits doigts de poupons était devenu sa raison de vivre. Sa bouffée d'oxygène elle la prenait chaque fois qu'elle noyait son regard brisé dans les yeux azurs et vivant de son fils, même si de part son visage mutin, malicieux et parfois mystérieux l'enfant ne faisait que raviver en elle une douleur déchirante, des moments où elle serrait sa poitrine en voyant l'image du père de l'enfant qui apparaissait soudainement aux côtés de l'enfant souriant. Et elle réprimait chaque fois une vague de sanglot. Aujourd'hui, sa meilleure amie n'avait rien fait de mal, elle n'avait fait que toucher du doigt la réalité à laquelle la blonde avait fuit pendant des années, comme elle avait fuit cette chambre miteuse où elle s'était livré à l'homme qu'elle aimait. La cause de ces fuites à répétition n'étaient autres que la peur. Ce monstre qui entourait son cœur depuis sa plus tendre enfance.

Gen' fit glisser ses doigts avec tendresse dans le dos de son enfant qui, lui, mettait toute une dose d'amour dans des caresses rassurantes. . « Le mérite? Ce n’est pas une question de mérite, Genesis. C’est son droit de le savoir. Et c’est le droit de Priam de connaître son père. » C'était comme recevoir un coup de poing en plein visage. Elle avait mal, atrocement mal à cet instant, consciente de ses erreurs, elle l'était. Si tout avait été aussi simple entre elle et Rickon, peut-être qu'elle n'aurait pas fait tout cela. Mais Rebecca avait raison et Genesis était las de se battre contre la seule femme qu'elle considérait comme étant une sœur. Alors, ce ne fut que quelques mots faibles qui avaient franchis le seuil de ses lèvres. Rien qui ne pouvait excuser le comportement égoïste de la blonde, mais très certainement les mots les plus fragiles et à fleur de peau que Rebecca ait pu entendre venant de la part de sa meilleure amie. Et la joute verbale sans pitié de la brune s'abattait de nouveau amèrement sur la jeune maman. Menteuse aurait très certainement pu s'afficher en lettre de sang sur son front, tant elle plaidait coupable du regard. L'enfant, lui, était à l’abri, le visage niché dans le cou de sa mère. Toutefois, Genesis savait, qu'aussi jeune était-il, il n'empêchait que le petit blond arrivait à saisir l'essence et la violence de cette discussion. « Injuste? C’est toi qui m’as caché pendant trois ans que tu avais un fils! C’est toi qui m’as tenue à l’écart de ta vie comme si j’étais une quelconque menace pour lui. Tu as pris des décisions que tu n’avais pas le droit de prendre à ma place, Genesis. Et tu me reproche de te cacher un baiser qui a eu lieu y’a trois jours?» Presque instinctivement, la main droite de Genesis s'était posé sur le crâne du petit Priam, ses prunelles voilés par un fil de larme toisaient celles de la journalistes. Et d'une voix étranglé, ayant un savant mélange de regret, de souffrance et de colère, Genesis murmura «-Désolé, combien de fois devrais-je te le dire Rebecca ?» Genesis se mordillait les lèvres d'une façon presque névrosé tant elle n'en pouvait plus, tant elle ressentait ce besoin de lâcher prise, de faire tomber les masques de plaquer son cœur brisé sous le nez de Rebecca. Et ce fut pourtant cette sœur de cœur qui s'exprimait de nouveau, parfois on aurait même du mal à croire qu'elle avait la respiration courte tant son débit de parole était réellement plus élevé que celui de sa meilleure amie. «Je suis désolée. Je réagis sans doute de manière excessive, mais mets-toi à ma place deux secondes. C’est un peu dur à avaler.» Genesis réprimait quelques larmes, hochant simplement son visage de haut en bas. Digne d'elle-même, elle tentait de garder son calme.

Elle murmura quelques mots au petit bout qui l'avait toisé inquiet, ses prunelles innocentes s'étaient perdus entre le corps protecteur de sa maman et celui encore étranger de celle qu'il nommait ''tata''. Gen', lui fit un petit clin d’œil, puis d'un signe de tête, elle lui indiquait sa chambre. Et la maman attendit pendant de longues et interminables secondes que la silhouette miniature ait disparue. Genesis surplombait la brune d'une tête voir de deux. Elle s'approcha de sa meilleure amie dans un calme presque sournois, tirant un tabouret sur lequel elle laissa tomber sa carcasse vide et épuisée. Tenir le coup. Elle se l'était promis. Alors après une grande inspiration, elle lâcha. «-C'est le droit de Rickon de connaître son fils, tu me prends vraiment pour une mégère pour ne pas savoir ça ? Seulement, chaque fois que j'ai voulu lui dire, chaque fois une nouvelle femme était autour de son bras et hormis le fait que ça me broyait le cœur en mille morceau au point d'avoir envie de me jeter sous un bus tant je haïs être si faible pour lui autant en tant que mère j'ai peur que Priam soit perturbé de voir son père aux bras d'une putain. » Sa voix tout comme son corps entier tremblait de part en part, si bien, qu'elle avait l'impression qu'elle était en hypothermie. Pourtant, elle continuait, laissant ce masque froid voir même dur comme l'acier se briser sur le sol. «-Je ne te reproche pas le baiser, je me fiche bien de ça, seulement tu n'es même pas honnête envers moi lorsque tu me dis que Gilliam n'est plus le sujet de tes pensés, ni même qu'il ne soit en partit la raison de ton retour ici. Et c'est ton droit. » Genesis laissa sa main agripper une énorme poignée de ses cheveux blonds, les serrant de toutes ses forces inspirant profondément pour ne pas laisser sa gorge se consumer par la douleur lacérante de ses propres mots. «-Je sais que ça va être long Rebecca pour que tu me pardonnes, mais cet enfant c'est tout ce que j'ai...j'essaye simplement de le préserver de toute cette violence qui entour les Sons' et même moi-même autant que j'essayais de me protéger moi-même en gardant ce secret qui fini par me tuer à petit feu. J'ai simplement été morte de trouille lorsque j'ai appris que je portais son enfant...Je ne suis pas aussi parfaite que tu te l'imagines. » Les mains de Genesis s'étaient posés lentement devant ses yeux, étouffant les larmes de détresses de la blonde tout autant que son souffle saccadé et irrégulier. Et au milieu de cette souffrance, un murmure. « Je vais tout perdre...»


Revenir en haut Aller en bas

Invité
----------------------------------------
Invité


MessageSujet: Re: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   Mar 30 Sep - 0:05




There is no refuge from memory and remorse in this world

I'm dying to catch my breath. Oh why don't I ever learn? I've lost all my trust, though I've surely tried to turn it around. Don't tear me down for all I need, make my heart a better place. Give me something I can believe. Don't tear me down. You've opened the door now, don't let it close


J’avais beau lui reprocher plein de trucs, je n’étais pas blanche comme neige non plus. J’avais mes torts également, bien que j’avais eu la brillante idée de ne pas cacher une grossesse à ma meilleure amie. Non qu’il y avait eu une quelconque grossesse d’ailleurs. J’ignore comment j’aurais réagi si les rôles avaient été inversés. Serais-je quand même partie à San Francisco sans rien dire à Gilliam? Aurais-je fait la même erreur que la blonde qui me faisait face? lui aurais-je dit à elle? Sans doute. Parce que je n’étais pas aussi forte que Genesis, passe que j’avais besoin d’avoir des gens autour de moi, parce que la solitude n’avait que des mauvaises répercussions sur ma personne. Je n’étais pas faite pour être seule, pour avancer dans la vie sans personne à mes côtés. C’était qui me différenciait le plus de la grande blonde qui me faisait face. Malgré que je lui en veuille présentement, je me sentais également coupable. Si je n’étais pas partie pour la Californie, m’aurait-elle caché son fils, qu’elle avait eu une nuit torride avec l’homme qu’elle aimait depuis des années maintenant? Cela lui aurait été plus difficile en tout cas. Elle n’aurait pas pu le faire aussi aisément sans ruiner pour de bon notre relation. Quelque part, je me sentais mal de réagir aussi fortement, alors que je lui avais moi-même caché le fait que je m’étais rendu au garage des Sons le soir de mon arrivée à Washington. Ce n’était pas le geste le plus réfléchi que j’avais fait, certes, mais un jour ou l’autre, j’aurais croisé la route de ce grand blond et je préférais ce que ce soit par choix plutôt que par accident. Dans un état d’esprit préparé au minimum. Car si j’avais cru être seule au garage à ce moment-là, il y avait toujours eu une chance pour que je tombe sur Gilliam ou Rickon.

J’inspirai, passant ma langue sur ma lèvre inférieure tout en tâchant de trouver la force de tout lui pardonner. Bien entendu que j’allais finir par passer par-dessus ce sentiment de trahison. Pour Gen’ , il n’y avait rien de trop beau, elle était ma famille et c’était tout ce qui importait. J’avais simplement besoin d’un peu de temps pour me faire à l’idée. Le pire étant que l’enfant connaissait mon nom, comme si j’avais été présente dans ses quelques années de vie. Pendant un long moment, j’observais mes mains posées sur le plan de travail devant moi. «-désolé, combien de fois devrais-je te le dire Rebecca ?» Se fut à mon tour de ressentir cette pointe de culpabilité devant l’air lasse de mon amie, comme si tout d’un coup, elle portait le poids du monde sur ses épaules frêles. Malgré mon envie de la prendre dans mes bras, je ne fis que l’observer, immobile, jouant nerveusement avec mes mains. Puis Genesis réagit en premier comme toujours, prenant le contrôle de la situation en parlant à son fils dans le creux de l’oreille. Le petit descendit des bras de sa mère pour se diriger vers ce qui devait être sa chambre. Je l’observais, attentive, essayant de voir ce qu’il avait hérité de Rickon et de sa mère, mais l’enfant restait un parfait mélange de ses deux parents. Ce n’est que lorsque la petite silhouette disparut pour de bon que mon amie se mouva, s’approchant de moi avec un calme terrifiant. Un calme que je ne connaissais trop bien et que j’étais incapable de mimer.

Elle se laissa tomber dans un tabouret avec une lourdeur étonnante pour quelqu’un de sa physionomie. Ainsi assise, elle avait la même taille que moi ou presque. Je me trouvai ridiculement petite à cet instant précis, comme si j’avais oublié à quel point mon amie était grande pendant ces années loin d’elle. «-C'est le droit de Rickon de connaître son fils, tu me prends vraiment pour une mégère pour ne pas savoir ça ? Seulement, chaque fois que j'ai voulu lui dire, chaque fois une nouvelle femme était autour de son bras et hormis le fait que ça me broyait le cœur en mille morceaux au point d'avoir envie de me jeter sous un bus tant je haïs être si faible pour lui autant en tant que mère j'ai peur que Priam soit perturbé de voir son père au bras d'une putain. » Pour la première fois, elle semblait lasse et fatiguée. Comme si elle n’avait plus la force d’entendre mes représailles, de s’expliquer. Incertaine, je posai une main apaisante sur son épaule tâchant de la réconforté du mieux que je le pouvais. «Je ne suis pas fan de Rickon, ce n’est un secret pour personne, mais peut-être que s’il savait qu’il a un fils, il n’agirait pas ainsi. Si tu lui laisses, ne chance…» J’avais du mal à y croire. C’était moi qui prenais la défense du motard. Alors que nous passions le plus claires de notre temps à nous hurler dessus comme deux gamins depuis toujours. « Je sais que c’est difficile pour toi, Gen, mais un jour, tu devras lui dire, pour Priam. Parce que malgré tout, Rickon n’est pas si mauvais que ça. » Je lui fis un sourire triste, tout en éloignant une de ses mèches blondes de son visage d’un geste maternel et doux.

Je me hissai sur le tabouret près d’elle, attrapant sa main dans la mienne. Je ne savais pas trop quoi dire pour effacer sa douleur, pour la soulager un peu plus, mais au moins, elle savait que j’étais là. «-Je ne te reproche pas le baiser, je me fiche bien de ça, seulement tu n'es même pas honnête envers moi lorsque tu me dis que Gilliam n'est plus le sujet de tes pensés, ni même qu'il n’est en partit la raison de ton retour ici. Et c'est ton droit. » Et mon cœur plongea dans ma poitrine alors que le sujet revenait sur la table. Mes yeux tombèrent sur nos mains entrelacées sur le plan de travail. Tout sauf la regarder dans les yeux. Je serais franchement incapable. Je déglutis, tâchant de garder une voix plate lorsque je prendrai la parole. « Je ne suis même pas honnête avec moi-même sur le sujet. J’ai tellement voulu l’oublier, passer à autre chose. J’ai cru que j’avais réussis, que c’était bel et bien du passé. Jusqu’à ce que Jack me fasse réaliser que chacune de mes fréquentations avait quelque chose qui rappelait Gilliam. » Je lâchai sa main, comme si elle brûlait ma peau, passant mes propres mains sur mon visage, comme pour y chasser la honte, la fatigue. Je soupirai avant de poursuivre, mes doigts allant gratter le tatouage si symbolique placé au creux de ma clavicule. « Ce n’était pas contre toi, tu sais. Éventuellement, je t’en aurais parlé. J’avais- j’ai- juste besoin de temps pour comprendre exactement ce que je ressens pour lui.» Ou plutôt, pour m’avouer que je l’aimais encore à en mourir. Je m’en voulais d’avoir blessé mon amie avec mon bordel émotionnel.

Mon regard se posa de nouveau sur Genesis qui me paraissait beaucoup moins imposante et forte que jadis. Comme si la vie s’était acharnée un peu plus sur elle pendant mon absence. Et je n’avais pas été là pour la protéger de ce monde cruel qui lui avait tout arraché. «-Je sais que ça va être long Rebecca pour que tu me pardonnes, mais cet enfant c'est tout ce que j'ai...j'essaye simplement de le préserver de toute cette violence qui entour les Sons' et même moi-même autant que j'essayais de me protéger moi-même en gardant ce secret qui fini par me tuer à petit feu. J'ai simplement été morte de trouille lorsque j'ai appris que je portais son enfant...Je ne suis pas aussi parfaite que tu te l'imagines. » Je commençais à le comprendre. J’avais toujours vu Genesis comme quelqu’un d’intouchable et de fort, quelqu’un qui méritait mieux que Rickon et que les Sons dans sa vie. Pourtant, c’était des choix qu’elle avait faits sans que je ne comprenne. Je l’avais toujours idolâtré. Elle que je voyais depuis toute petite comme la grande sœur que je n’avais jamais eue. Nous étions aussi abîmées l’une que l’autre, bien que nous gérons les choses de deux façons bien différentes. Et c’était cette blessure saignante qui faisait de Genesis qui elle était encore aujourd’hui. «-Je vais tout perdre.» chuchota-t-elle le visage entre ses mains. Sans vraiment réfléchir, je remis les pieds sur le sol, allant la serrer contre moi, mon menton contre son épaule, caressant doucement les cheveux. . «Tu ne me perdras pas. Il en faut plus que ça pour que ça arrive. Je suis là. Et je ne te laisserai plus seule, maintenant.»

love.disaster

Revenir en haut Aller en bas

Invité
----------------------------------------
Invité


MessageSujet: Re: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   Ven 10 Oct - 14:37



C'est nous qui définissons notre passé, on peut s'acharner à vouloir s'en écarter ou à effacer les mauvais souvenirs, mais on ne peut échapper à son passé quand tentant de l'améliorer. .▶ play



Rebecca lui avait toujours apparue comme était le genre de fille qu'on ne salie pas, qu'on ne brûle pas de haine, impossible de la détester, de lui en vouloir encore moins de se disputer avec elle. En réalité les deux jeunes femmes se trompaient sur toute la ligne, elles étaient toutes les deux aussi fragiles l'une que l'autre seul le mode opératoire de leur vie différait réellement et faisait la différence entre la brune et la blonde. Mais, la souffrance d'un passé trop houleux, elle, elle était semblable autant pour l'une que pour l'autre et Genesis n'avait jamais fait l'effort de le voir. Elle avait jadis mis corps et âme dans la quête de vengeance de sa meilleure amie, allant d'insomnie en insomnie, bravant ses supérieurs d'une main de fer afin d'obtenir justice pour la mort de la mère de sa meilleure amie et comme à son habitude elle avait réussie. Réussie à mettre ce monstre derrière les barreaux, toutefois, elle se souvenait que la réaction de sa meilleure amie l'avait marqué au fer rouge. Qu'avait-il après la vengeance ? Qu'avait-il d'autre hormis le vide ? Alors, elle était restée silencieuse dans un coin à attendre que Rebecca ne redevienne cette petite brune curieuse et pétillante qu'elle aimait tant. Et elle avait vu ce que pouvait faire Gilliam qu'elle ne pouvait pas faire pour elle, maladroitement égoïste, elle avait été jalouse de leur amour, jalouse qu'un homme puisse combler sa petite sœur de cœur bien mieux qu'elle ne l'aurait jamais fait. Jalouse aussi de ne pas réussir à elle-même se livrer à un homme comme le faisait Rebecca. Pourtant, lorsque tout avait été terminé entre le petit prince et la fille de bonne famille, Genesis avait été peiné à tel point qu'elle en avait perdu l'appétit pour eux. Perdre espoir en l'amour, foi en l'avenir, tout cela d'un seul coup et puis un jour elle avait eu Priam, le petit ange qui venait la réveiller chaque matin avec un large sourire, qui lui murmurait je t'aime. Il la couvrait de tout l'amour qu'elle ne méritait pas. « Je ne suis même pas honnête avec moi-même sur le sujet. J'ai tellement voulu l'oublier, passer à autre chose. J'ai cru que j'avais réussis, que c'était bel et bien du passé. Jusqu'à ce que Jack me fasse réaliser que chacune de mes fréquentations avait quelque chose qui rappelait Gilliam. » Oh, Genesis eu envie de la prendre dans ses bras, de lui dire qu'elle comprenait, qu'elle-même ne savait même plus où elle en était avec Rickon. Qu'elle le haïssait de ne pas s'être accroché à elle comme à une bouée, autant qu'elle se haïssait de ne pas réussir à franchir la zone limite qui les séparait tous les deux. Au lieu de ça, elle ne fit qu'exprimer sa peine par une grimace qui déformait son joli visage de porcelaine. « Ce n'était pas contre toi, tu sais. Éventuellement, je t'en aurais parlé. J'avais- j'ai- juste besoin de temps pour comprendre exactement ce que je ressens pour lui.» Genesis ne fit que baisser son visage en haussant les épaules, incapable de prononcer ne serait-ce qu'une phrase correct. Oui, elles étaient semblables, toutes les deux se blessaient dans l'ultime but de préserver l'autre et c'était d'un ridicule presque pitoyable et pourtant, jamais Genesis ne pourrait envisager de se livrer à elle au moindre problème. Ce n'était pas ''elle'', elle préférait balayer d'un revers de main l'aide et cracher ses poumons plutôt que d'implorer et voilà où ça l'avait mené toute cette solitude.

Alors, la barrière tomba sous le flot de paroles de la blonde tout autant que les larmes qu'elle gardait en elle depuis longtemps. Trois ans. Trois longues années sans avoir la présence de sa meilleure amie lui avait manqué bien plus qu'elle ne se l'était avouée à elle-même et parler de Rebecca à son fils avait été une façon de garder l'image, le souvenir et la présence de la journaliste dans sa vie. Son cerveau ne régulait plus le flot de parole que Genesis lâchait sans même se rendre compte qu'elle avait l'âme à vif. Elle se laissa entourer des bras rassurant de sa meilleure amie, entourant ses bras autour de la silhouette envieuse de la brune. «Tu ne me perdras pas. Il en faut plus que ça pour que ça arrive. Je suis là. Et je ne te laisserai plus seule, maintenant.» Genesis hocha son visage étouffé dans le chemisier de sa soeur de coeur et murmura. «-Si tu savais comme tu m'as manqué Rebecca, plus que tout tu m'as manquée. » Elle se détachait avec tendresse de sa meilleure amie en essuyant d'un revers de main ses larmes, inspirant ses sanglots elle souriait d'un sourire presque triste et presque heureux. «-Je t'en ai voulus d'être partie à cause de lui...je sais que c'est puérile parce que je t'ai jamais dit que j'avais besoin de toi. » Elle posa sa main sur celle de la brune et ajouta. « J'ai besoin de toi Rebecca, je ne veux plus que Rickon ou Gilliam ne soit l'objet de notre distance...parce que je ne veux pas te perdre et toi comme moi on sait que je vais perdre Rickon lorsqu'il le saura. » Oui, elle le savait et cette peur de le perdre, de lire le mépris qu'il aurait pour elle serait l'une des douleurs qu'elle aurait du mal à surmonter seule. «-Je vais lui dire je te le promets. À dire vrai j'ai essayé il y a peu de temps, mais disons que la conversation est bloquée au stade de la rancune. Il m'a dit qu'il m'aurait aimé si je n'étais pas partie, mais oh...Becca tu sais comme ils sont si distants, si intouchables ces hommes ça me fiche la frousse à moi la grande Genesis qui n'a même pas peur d'affronter des malades ! C'est d'un ridicule...» Elle s'était mise à rire, cette fois-ci avec cynisme, non plus avec tristesse, mais juste la bonne dose d'auto dérision et de bon coeur. C'était l'effet Rebecca, elle attendrissait Genesis tout autant que Priam le faisait. Elle serra la main de la jeune femme. «-J'attendrais que tu me pardonnes. En attendant, plus de mensonge Becca. Je te le promets. » La blonde se leva, surplombant la petite brune d'une tête, elle l'enlaça de toutes ses forces, elles allaient se retrouver, il le fallait. Sans Becca Genesis ne serait plus Genesis c'était une histoire presque aussi vieille que celle d'Ariel et de Polochon.


Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé
----------------------------------------


MessageSujet: Re: #777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca   

Revenir en haut Aller en bas
 
#777 There is no refuge from memory and remorse in this world. + Rebecca
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
UNTIL WE BLEED  :: 1ère version :: archives rps-
www. bazzart
www. topsite obsession
www. topsite prg
www. topsite bazzart
CONTEXTE
REGLEMENT
BOTTIN DES AVATARS
SCENARIOS
PRESENTATION
INVITES
les membres du mois