#PRAYFORPARIS

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 ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.

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AFFAIRES CLASSEES ↦ : 655
ADRESSE ↦ : hôtel, Watergate Complex, chambre #312

MessageSujet: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 16:37


Robin "Robb" Renfield
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Maybe who we are isn't so much about what we do, but rather what we're capable of when we least expect it ▪️ crédits : jodi picoult @mysisterskeeper (quote) - jmma-simmons.tumblr (gif)


Now is always temporary

NOM(S) ↦ Il y a quinze ans de cela, le couple ô combien renommé Renfield a fait la une des journaux dans la rubrique des faits divers. Ils n’avaient pas l’habitude de se retrouver ainsi, face à des caméras auxquelles ils n’avaient pas envie de faire face, et à des journalistes bien trop intrusifs. Car cette fois, ce n’était pas pour être associés à la signature d’un nouveau contrat avec un partenaire richissime pour promouvoir la chaîne d’hôtels des plus luxueux dont ils sont propriétaires , ou pour l’ouverture d’une nouvelle galerie d’art. Non, cette fois, c’était pour une toute autre nouvelle. Leur fils aîné, leur descendant direct, leur premier né, le seul garçon de la famille a péri au combat, alors qu’il se battait pour sa patrie –ou du moins faisait comme si. Celui qui devait faire perdurer le patronyme Renfield aurait rendu l’âme et malgré tous les conflits que le couple avait eu avec leur fils, ils furent anéantis d’apprendre sa disparition. N’est-on pas censé partir avant ses enfants ? S’ils savaient … S’ils savaient que le garçon, qui avait alors à cette époque qu’une vingtaine d’années, venait de simuler sa propre mort pour leur faire un adieu ultime et rejoindre cette partie sombre de lui-même qui l’avait finalement toujours guidé. Aujourd’hui, malgré tout le dégoût qu’il a pu avoir pour sa famille, il n’a jamais cessé de se faire appelé par ce nom dont il est fier. Renfield. Quand bien même il lui arrive très fréquemment de devoir endosser une nouvelle identité pour les besoins de son job. PRENOM(S) ↦ Le prénom qui lui a été attribué à sa naissance est Robin. Oui, comme le compère de Batman, cette blague a été faite et refaite à de multiples reprises, si bien que l’homme n’a plus la moindre réaction lorsqu’il l’entend. Parce qu’il n’a rien d’un justicier –bien au contraire- et parce que les blagues les plus courtes sont les meilleures, et celle-ci perdure un peu trop dans le temps. Enfin ceci dit, peu de personne l’appelle encore ainsi. Et pour cause, depuis sa plus tendre enfance et malgré le fait que ses parents aient pourtant tout fait pour faire perdurer son véritable prénom, la quasi totalité de son entourage l’appelle par son surnom, Robb. C’est plus court, bien plus efficace et surtout plus viril, car oui Robb est le genre d’homme qui prend très au sérieux sa virilité. Non pas qu’il ait quelque chose à prouver mais il en ressent toujours le besoin. Sur la plaque qui orne sa tombe, c’est même son surnom qui est inscrit après l’insistance de sa petite sœur lors de la gravure de la pierre. Ces parents, alors très à cheval sur les traditions, ont d'autre part, insisté pour accoler deux autres prénoms au sien, lourds de signification, Douglas, qui était le prénom de son grand père paternel, et Walter, qui est le prénom de son père. DATE DE NAISSANCE ↦ C’est au beau milieu de l’été, le six Août 1980 plus exactement, que Robb a ouvert pour la première fois les yeux et poussé son premier cri. Il représentait, pour le couple Renfield un véritable don du ciel et ce, même s’il ne cessait de les réveiller à n’importe quelles heures du jour et de la nuit pendant un très long moment, simplement pour les agacer. Mais ils l’aimaient quand même et toujours. Cependant, il est évident qu’ils ont changé d’avis sur le compte de leur fils lorsqu’il grandit et qu’il fit vivre à ses parents un véritable enfer. Et si les choses se sont améliorées quand il s’est engagé dans l’armée, ce ne fut que pour une courte durée. L’officialisation de sa disparition fut prononcée et à cet instant, ils se rendirent compte que cet enfant qu’ils avaient presque détesté durant des années, représentait finalement ce don du ciel qu’ils avaient cru apercevoir lors de ses premières secondes de vie. Si vous lui demandez son avis, Robb vous dira que ce ne sont que des hypocrites sans nom, mais au fond, il a été touché de voir que finalement, il comptait pour eux. Mais bien sûre, sa retenue, sa virilité et sa froideur naturelle fait qu’il ne le dira jamais à voix haute et le niera en toute circonstance. Il ne fait pas dans les sentiments, voilà tout.  LIEU DE NAISSANCE ↦ Robb est né à Sydney en Australie, alors que ses parents étaient partis pour quelques semaines de vacances au soleil, allant clairement à l’encontre des indications du médecin quant au risque de prendre l’avion dans cet état ci. Il est bien sûr arrivé avant le terme, simplement pour ennuyer un peu plus ses parents, mais aussi pour contredire les indications faites par les médecins. Car c’est bien connu, Robb a toujours aimé faire tout le contraire de ce qu’on lui demande. S’il n’est absolument pas attaché à l’Australie, optant pour un patriotisme américain à l’excès, ce pays n’en reste pas moins son lieu de naissance et il aime y retourner de temps à autre, que ce soit pour son business ou pour de simples vacances. Mais n’étant pas un grand fan des chaleurs étouffantes, il a bien du mal à y rester plus d’une semaine sans devenir fou.   STATUT CIVIL ↦ L’amour, ça n’existe pas. Pas le moins du monde, et tous ceux qui essaient de faire croire le contraire sont de purs imbéciles terriblement crédules et naïfs. Voilà le discours que Robb a longtemps tenu sur l’amour. Aucune attache, aucune once de sentiment, pas la moindre faiblesse. C’est ce à quoi Robb a longtemps aspiré. Ce n’est pas pour rien s’il a abandonné père et mère, ainsi que sa tendre petite sœur pour vivre sa vie. Ce n’est pas pour rien qu’il a fait croire à tout le monde qu’il avait perdu la vie, mort au combat. Et il n’a pas ressenti une once de remords lorsqu’il a assisté de loin à ses funérailles –enfin c’est ce qu’il veut faire croire. Robb se fiche de tout et de tout le monde. Il n’est pas romantique et sentimental. Non, il est froid, distant, parfois cruel et un brin rigide. Il se fiche de la faim dans le monde, de ces personnes qui meurent de la maladie ou suite à des affrontements guerriers. Non, ce qui l’importe est sa propre situation, c’est tout. Ceci étant dit, cette facette de lui-même est pour ainsi dire, une façade. Une énorme façade qui le protège des faiblesses qui pourraient le ronger, et surtout de cette culpabilité qu’il pourrait ressentir. Oui, malgré tout ce qu’il souhaite faire croire, Robb est humain. Et il arrive à l’Homme, de manière générale, de flancher. Et Robb a flanché. Il l’a laissé entrer dans sa vie, s’installer confortablement pendant toutes ces semaines, tous ces mois qui lui parurent avoir duré une fraction de seconde. Elle s’est immiscée dans sa vie, dans ses pensées, et encore plus malheureux, dans son cœur. Car oui, Robb a apparemment un cœur. Son nom, June Harper. Du moins, c’est ainsi qu’elle s’est présentée à lui. Et s’il a dans un première temps souhaité la tester en jouant de son charme et en tentant d’en savoir plus sur cette femme qui semblait très intéressée par son business ; son propre jeu a fini par se retourner contre lui. En effet, dans un accès de faiblesse, il lui a ouvert son cœur. Il est tombé amoureux, comme il n’aurait jamais cru pouvoir l’être un jour. Et pourtant, ça ne lui ressemble pas, ce n’est pas lui. Il n’est pas fait ainsi, il n’est pas fait pour l’amour, pour les relations sérieuses, et tout ce que cela comporte. Non, lui il couche avec la moindre femme qu’il trouve à son goût, simplement pour satisfaire ses besoins, il traite les femmes avec si peu de respect qu’il doit probablement avoir des poupées vaudous à son effigie un peu partout dans le monde. Mais pourtant, avec elle, tout semblait différent. Il était différent. Il avait envie de plus. Il avait envie de l’avoir à ses côtés constamment, elle hantait ses pensées et s’immisçait peu à peu dans son cœur, s’accrochant si fort qu’il se savait perdu. Et un jour, après près de huit mois de relation, il décida d’être honnête. Il décida de s’ouvrir à elle comme il ne s’était ouvert à personne, il décida de lui faire confiance et d’espérer que cela ne la ferait pas fuir et surtout, ne lui porterait pas préjudice. Il lui avoua toute la vérité, sur son travail, sur le trafic d’armes dont il était à la tête, sur la vie dangereuse et décadente qu’il menait. Mais ce qu’il ignorait à cet instant, était qu’il venait de confesser tous ses péchés à la personne même qui recherchait à démanteler son réseau depuis plus d’un an. Aujourd’hui, il ne sait toujours pas qu’il vient là de creuser sa propre tombe. C’est pourquoi, il s’est mis en tête de retrouver June qui s’est échappé à l’instant même où il s’est confessé. Parce qu’il ne parvient pas à la laisser partir, parce qu’elle représente beaucoup trop pour lui. Parce qu’il l’aime tout simplement. Ceci étant, il est tout de même officiellement un homme célibataire, et l’absence de June ne l’empêche pas de subvenir à ses besoins en couchant avec la première venue. ETUDES/METIER ↦ L’école, les révisions, les études longues n’ont jamais intéressées Robb. Et pour cause, c’est ce que souhaitaient ses parents et il a toujours mis un point d’honneur à aller à l’encontre de leurs désirs, malgré tout le ridicule que cela puisse supposer. C’est pourquoi le garçon arrêta les études à l’âge de seize ans, sans avoir eu le temps d’obtenir son diplôme du secondaire. Il n’a pas le moindre diplôme en poche, mais il ne s’en est jamais inquiété. Très débrouillard, il a rapidement mis les voiles du domaine familial pour faire ses propres choix. Il était tout bonnement hors de question pour lui de suivre la lignée préalablement tracée par son géniteur et de se terrer dans un hôtel, certes luxueux, mais sans le moindre charme. Non, lui ce qu’il voulait, c’est vivre de ses propres moyens et balancer en plein visage à son père qu’il n’avait aucunement besoin de son aide pour réussir. Mais il est évident que sans le moindre diplôme, les choses ne furent pas aisées. Une chose en entrainant une autre, des mauvaises idées, l’envie absolue de démontrer qu’il pouvait réussir seul, de mauvaises fréquentations et le goût du risque firent qu’il bascula rapidement dans des activités illégales. Mais, peu lui importait, du moment qu’il ramassait de l’argent. Cambriolages, braquage à main armée et trafics en tout genre, tout y est passé. Jusqu’au jour où  il décida sur un coup de tête de s’engager dans l’armée. Sa passion pour les armes n’y était d’ailleurs pas étrangère. Cependant, il n’y resta pas bien longtemps. Quelques mois, tout au plus, avant de faire la connaissance de Matthew Westmore. Ou autrement dit, l’homme qui lui a permis de devenir riche, qui lui a permis de s’éloigner de sa famille, avec qui il a mis en scène la simulation de sa propre mort et qui lui a permis d’en venir quelques années plus tard à se retrouver à la tête d’un immense trafic d’armes. Car oui, aujourd’hui, malgré qu’il soit officiellement, aux yeux de tous, mort au combat pour sa patrie, il n’en est rien et le métier, dangereux soit-il de Robb Renfield est bien la direction de ce trafic des plus impressionnants, qui lui permet de faire circuler beaucoup d’armes certes, mais surtout beaucoup d’argent. TRAITS DE CARACTÈRE ↦ Robb a toujours eu un caractère bien trempé, au grand dam de ses parents qui ne pouvaient à l’évidence lui dicter sa conduite et le manipuler à leur guise. Il a toujours eu un vrai problème avec l’autorité, ce qui fait qu’il prenait souvent un malin plaisir à la déjouer ou bien à faire exactement son opposé, pas parce que cela l’arrangeait, mais simplement pour ne pas faire ce qu’on lui demande. Si aujourd’hui Robb n’a plus aucune pression de la part de sa famille, il ne supporte toujours pas qu’on lui dise ce qu’il doit faire, penser ou dire. Il est très indépendant, un brin autoritaire et refuse de se laisser une seule seconde marcher sur les pieds. Il aime le fait d’être en charge, d’être le patron, d’être celui qui dirige car au fond, il a toujours rêvé d’avoir le pouvoir, d’être le dominant. Alors oui, souvent le grand brun se sent supérieur aux autres, et le fait comprendre sans le moindre scrupule à coup de regards remplis de dédain, un comportement des plus hautains et des plus glacials. De manière générale, Robb n’est absolument pas quelqu’un de chaleureux. Bien au contraire, il est souvent froid et distant. Il déteste les démonstrations d’affection en public et il ne supporte pas se montrer faible devant qui que ce soit. Constamment, il a besoin de prouver qu’il est un homme, un vrai, le genre qui ne pleure jamais et qui ne ressent absolument rien. Un homme sans faille en somme, alors que tout le monde sait que ce genre d’être humain n’existe pas. Cela lui a à plusieurs reprises valu d’être qualifié de sans cœur. Ce n’est bien entendu, pas tout à fait faux, malgré le fait qu’il a tout de même des sentiments, qu’il enfouit et refoule certes, mais des sentiments tout de même, qui persistent malgré tout. Mais cela est surtout une manière pour lui de se protéger. Il joue les mecs mystérieux, intouchables, égoïstes, qui ne ressent rien, pour la simple et bonne raison qu’il ne supporte pas perdre pied. D’autre part, Robb est quelqu’un de perspicace, courageux et ambitieux. Il n’hésite pas à donner de sa personne pour ce qu’il entreprend et à prendre des risques. Car la fin justifie les moyens. S’il a tendance a considérer les femmes comme de simples objets de désir, pour lesquelles il n’associe aucune notion de fidélité –sauf avec une seule, il faut l’avouer- Robb est pourtant un grand séducteur. Il aime les femmes et n’a pas honte de le dire ou de le faire savoir. Une femme différente orne son lit à peu près tous les soirs, surtout depuis le départ de June, mais il n’est cependant pas le genre à les baratiner pour les mettre dans son lit. Il ne cache absolument pas le fait qu’il ne recherche que des relations charnelles sans lendemain, et personne ne lui a jamais demandé plus. Parce qu’il est obligé par son métier, mais aussi parce qu’il l’a finalement toujours été, Robb est très réfléchi, très observateur et finalement plutôt malin pour élaborer des plans ou se sortir de situations douteuses. 20 CHOSES A SAVOIR SUR VOUS01. A l’âge de vingt ans, Robb a été déclaré mort au combat, malgré l’absence de corps, et ce, suite à une mise en scène orchestrée par son mentor Matthew Westmore à qui il doit tout. Si le fait de voir sa petite sœur triste lui a fait mal au cœur, il ne regrette absolument pas ses choix. Il aime sa vie telle qu’elle est aujourd’hui, à un détail près. 02. Robb a un tempérament tel, qui fait qu’il ne se met que très rarement en colère. Il reste la plupart du temps impassible et intériorise beaucoup. Mais lorsqu’il explose, les choses peuvent aller très mal et surtout très loin. Il n’hésitera pas à utiliser ses poings et ses armes pour infliger une bonne correction. 03. Il est aujourd’hui et depuis de nombreuses années à la tête, en partenariat avec Nina Westmore, d’un véritable cartel de ventes illégales d’armes, qui lui apporte une adrénaline folle et surtout une condition financière très très confortable. 04. Dès lors qu’il est agacé par quelque chose ou en colère contre quelqu’un, Robb ne va pas être le genre à dialoguer pour régler les problèmes. Soit il frappe, soit il se rend à son stand de tirs de fortune pour laisser libre cours à son imagination en tirant sur la cible. 05. S’il n’a pas fait d’études, il a appris sur le terrain, notamment certaines langues étrangères. Du fait de son activité, il parle couramment plusieurs langues en plus de sa langue maternelle : l’italien, du fait de ses origines, le russe et l’espagnol. 06. Il possède en tout trois téléphones. Un pour son travail, un pour ses couvertures –notamment celle avec June- et un personnel. Il en change fréquemment, si bien qu’il est très souvent intraçable et injoignable. 07. Robb est quelqu’un de très sportif. Il court tous les jours, à n’importe quelle moment de la journée, dès que l’envie lui prend ou le temps lui permet. Il fait aussi de nombreux sports de combat, comme la boxe. Son côté loup solitaire fait qu’il a toujours détesté les sports collectifs. 08. Robb a déjà tué. Et a plusieurs reprises, mais cela ne lui pose aucun problème de conscience. Car oui, il est très fort pour refouler et camoufler ce qu’il pourrait ressentir. 09. Il déteste par dessus tout, les personnes qui parlent pour ne rien dire. De manière générale, il parle peu, que lorsque cela est nécessaire. C’est pourquoi il ne supporte pas ces personnes qui ont toujours un tas d’histoires inintéressantes à raconter et qui lui tiennent la grappe en pensant que cela l’intéresse. C’est un fait qu’il faut assimiler, Robb n’est intéressé par aucune histoire, à moins qu’il soit de près ou de loin de concerné ou que cela peut tourner à son avantage. 10. Il n’est absolument pas du matin. Tant qu’il n’a pas bu son café, il n’ouvrira pas la bouche et vous affublera d’un regard assassin terriblement noir si vous en venez à lui poser des questions ou à trop ouvrir la bouche à son goût. 11. Il fume beaucoup trop. Il en est conscient mais encore une fois, il s’en fiche. Il n’a pas forcément une grande volonté de préserver sa propre santé et par conséquent sa vie. C’est du Robb tout craché, il se fiche de tout et de tout le monde. 12. Il est connu et reconnu comme n’ayant le moindre sentiment, et toujours rester parfaitement impassible. Pourtant, il est évident et plutôt clair que toutes ces facultés se sont envolées à l’instant même où il a posé les yeux sur June Harper. Lui qui pensait ne jamais avoir de sentiments pour quelqu’un, a été pris à son propre jeu. Car oui, June est devenue au fil du temps sa véritable faiblesse. Il est même allé jusqu’à risquer sa propre liberté pour être parfaitement honnête avec elle. Ce qui en soit, ne lui ressemble pas du tout. Il est clair qu’elle lui fait complètement perdre toute notion de raison. 13. S’il ne boit pas énormément d’alcool fort, il est cependant un grand consommateur de vin. Qu’il soit rouge ou blanc, même rosé. Malgré le fait qu’il ne résiste jamais à un bon vin rouge de grand cru. 14. Il n’est pas le moins du monde pudique, bien au contraire. Il ne sera donc pas rare de le voir se balader en caleçon ou même complètement nu dans son appartement. Et il se fiche bien qu’on puisse le voir. 15. Malgré le fait qu’il soit parfaitement conscient qu’il ait fait souffrir sa sœur en simulant sa disparition, il n’a pas complètement coupé les ponts avec elle. En effet, si elle croit qu’il est mort depuis près de quinze ans, lui, a très fréquemment de ses nouvelles par le biais de l’un de ses hommes de main, qu’il a embauché pour garder un œil et surtout protéger Serena depuis près d’une dizaine d’années. 16. D’un naturel solitaire, Robb compte ses amis sur les doigts d’une seule main. S’il est très envié et parfois craint par ses pairs, il n’a auprès de lui que peu de personne sur qui il peut véritablement compter. En réalité, la seule personne en qui il voue une confiance aveugle est Nina. Pour la simple et bonne raison qu’elle vit la même situation que lui, qu’ils n’ont pas besoin de parler pour se comprendre et qu’ils ont à peu près tout vécu ensemble, sans jamais s’être tourné le dos une seule seconde. 17. Il a le sommeil très lourd. Une fois qu’il dort, rien ne pourrait le réveiller, pas même un ouragan. D’ailleurs, il ne supporte pas qu’on le réveille. Donc avis à ceux qui tiennent un temps soit peu à leur vie, ne le réveillez jamais, surtout de manière brusque. La seule personne qu’il tolérait dans ce genre de situation, était June, pour la simple et bonne raison qu’elle a toujours su y faire avec lui. Elle est d’ailleurs l’une des rares personnes qui ait réussi à totalement le dompter. Du moins pour un temps. 18. Il aime les grosses voitures et surtout la vitesse. Il est le genre à dépasser presque à chaque fois qu’il prend le volant, la vitesse réglementaire sans que cela ne lui pose de soucis. Il n’a eu qu’un seul accident dans sa vie. Certes plutôt grave, mais cela ne l’a pas arrêté pour autant. En effet, il y a plusieurs années de cela, son excès de vitesse l’a fait percuter une autre voiture de plein fouet. Il a immédiatement quitté les lieux malgré la blessure qu’il avait sur le torse pour sauvegarder sa couverture. Ceci lui vaut cependant, aujourd’hui, une belle cicatrice, du fait qu’il ne soit pas passé par la case hôpital pour se soigner et qu’il ait décidé de tout faire seul –et avec l’aide de Nina, qui, il faut l’avouer, n’y connaît absolument rien en médecine. 19. Il a une tâche de naissance au creux de son cou qu’il essaie toujours de dissimuler, de peur qu’on le reconnaisse par ce biais-ci. Son père a d’ailleurs la même que lui, au même endroit, d’où ses craintes. 20. Il est toujours très élégant. Malgré le fait que son travail n’impose pas forcément cela, il met un point d’honneur à toujours être sur son trente-et-un. Sa penderie est remplie costards en tout genre. Et il déteste lorsqu’un détail va de travers. Oui il est un tantinet maniaque et psychorigide.  GROUPE ↦ Break your plans.


VOTRE AVIS SUR LA VILLE DE WASHINGTON ↦ C’est simple, Robb déteste cette ville. Malgré le fait qu’elle soit la ville où il a grandi et évolué, et surtout fait de lui ce qu’il est aujourd’hui, il n’apprécie guère pour autant DC. Parce que cette ville est tout simplement le terrain de ses souffrances. Celles qu’il n’assume clairement pas, qui sont enfouies en lui, mais qui parviennent parfois à refaire surface et à le faire presque culpabiliser. C’est dans cette ville où il a embrassé une dernière fois le front de sa petite sœur avant qu’elle ne s’endorme, la dernière fois où il l’a vu, ruisselante de larmes par la nouvelle de sa mort, et c’est aussi ici qu’il a grandi et déjoué tous les stratagèmes de ses parents. Il n’est pas attaché à eux et ne regrette pas le moins du monde ce qu’il a fait. Le seul point qui le fait détester cette ville est Serena. Car finalement, elle a toujours été qu’une innocente dans cette histoire, mais c’est pourtant elle qui subit le plus de ses frasques. Alors oui, aujourd’hui il est de retour à Washington, mais simplement pour retrouver June. Il ne compte pas rester ici bien longtemps pour des raisons évidentes. Il déteste perdre le contrôle de ses émotions. Et, il le sait, cette ville est clairement le lieu qui le verra flancher. VOTRE MEILLEUR ET VOTRE PIRE SOUVENIR ↦ La joie, le bonheur, ne sont pas des notions familières pour Robb. C’est pourquoi il sera difficile pour lui de citer son meilleur souvenir. Il n’en a pas réellement. Cependant, il lui est arrivé de ressentir ce picotement dans sa poitrine qui serait anodin pour des personnes normales mais qui voulait finalement en dire beaucoup pour lui. C’est ce qu’il a ressenti lorsqu’il a appris qu’il prendrait la relève de Matthew Westmore, à chaque fois qu’il tient entre ses mains une arme et qu’il se concentre pour ne pas rater sa cible, mais aussi et surtout, à chaque fois que June pose son regard sur lui. C’est ridicule mais c’est toujours comme ça que cela se passe et c’est de près ou de loin ce qui ressemble le plus à une quelconque once de joie en lui. Au titre des pires souvenirs, Robb ne l’avouera jamais mais c’est incontestablement tous ces moments où il voit Serena fondre en larmes sur sa tombe. Il déteste cette sensation que cela provoque en lui, comme s’il n’était qu’une horrible personne sans le moindre cœur pour avoir fait une telle chose à sa propre sœur. JUSQU'OU SERIEZ VOUS PRÊT A ALLER POUR SAUVER UNE VIE ↦ Tout dépend de la vie à sauver. Il est clair que s’il s’agit d’une personne qui lui est chère, c’est à dire sa petite sœur, Serena, Nina ou encore June, il sera prêt à absolument tout, quitte à se sacrifier lui-même. Il n’est de toute manière pas réellement attaché à sa propre vie. Mais s’il s’agit d’une toute autre personne, même d’une personne innocente, Robb ne sera pas prêt à risquer sa vie pour celle des autres. Il n’a pas l’âme d’un héro et ne l’aura jamais. Il est même de ceux qui tuent sans le moindre scrupule, dans l’hypothèse où cela est mérité, tout de même, il n’est pas totalement un monstre.  AVEZ VOUS DÉJÀ ÉTÉ IMPLIQUE DANS UNE HISTOIRE AVEC LA POLICE ↦ Il est clair que la position actuelle de Robb fait qu’il est activement recherché par les forces de l’ordre et notamment par le FBI qui cherche à démanteler son réseau depuis des années. Bien entendu, il n’est pas traqué en tant que Robb Renfield car il est aux yeux de tous mort au combat, mais comme leadeur de cet imposant trafic d’armes. L’une des activités préférées de l’homme a toujours été de déjouer les plans des flics et de les faire tourner en bourrique. Cependant, à l’heure d’aujourd’hui, il est clair qu’il a été pris à son propre jeu …  LA PIRE CHOSE QUE POURRAIT FAIRE OU ETRE VOTRE VOISIN ↦ Un flic un peu trop suspicieux. Malgré le fait que Robb n’a jamais été un voisin très dérangeant, n’étant que très peu chez lui et ne faisant le moindre bruit, il sait tout de même qu’habiter juste à côté d’un flic ne serait pas bon pour sa couverture. Malgré le fait qu’il soit la discrétion incarnée, il est persuadé que l’on n’est jamais trop prudent. Alors à chaque fois qu’il doit emménager quelque part, il fait une recherche sur chacun de ses voisins. COMMENT AVEZ VOUS VÉCUE LA TRAGÉDIE QUI A TOUCHE WASHINGTON IL Y A 5 MOIS?  ↦ C’est simple, il y a cinq mois de cela, Robb n’était pas encore à Washington, si bien qu’il n’est pas même au courant de ce qu’il s’y est passé et pour le coup, cela lui passe complètement au dessus.

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Partners in crimes

PRENOM/PSEUDO ↦ benzorris / anouchka COMMENT TU ES ARRIVE(E) ICI? ↦  j'ai vu de la lumière, je suis entrée. CONNEXION ↦ every day, every night. pour les rps, un voir deux par semaine en moyenne.TON DERNIER MOT ↦ love juny d'amour ! I love you   

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    The truth doesn't always set you free; people prefer to believe prettier, neatley wrapped lies ≡ jodi picoult.


Dernière édition par Robb Renfield le Sam 8 Aoû - 14:47, édité 14 fois
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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 16:37



I’ve reinvented myself before. I can do it again.
I’ll change my name. I’ll write crime fiction.



A l'abri des regards, la respiration qui se veut détendue mais qui ne l'est en réalité pas le moins du monde, Robb Renfield a les yeux rivés vers cet enfant, qui s'accroche de toutes ses forces à la jambe élancée de sa mère. La ressemblance entre la mère et sa petite fille est flagrante. Toutes deux arborent la même chevelure méditerranéenne propre à cette famille originaire d'Italie. Et si d'ordinaire, un ravissant sourire orne le visage angélique de cette petite poupée de seulement onze ans, aujourd'hui ce n'est pas le cas. Non, ses yeux sont gonflés, ses traits tirés et son regard terriblement triste. Sa peine et son déchirement sont palpables. C'est d'ailleurs bien la seule. Le regard de Robb valse de visage en visage. Personne ne semble aussi touché que ne l'est Serena. Sa mère joue les femmes dévastées mais Robb sait pertinemment qu'elle a sorti là son plus beau jeu d'actrice et qu'elle est finalement soulagée par la tournure des évènements. Son père, quant à lui reste de marbre, presque stoïque devant cette foule de gens qui s'est déplacée pour les funérailles de son premier né. Là, il reconnait bien son père, car finalement, il lui ressemble plus qu'il n'aimerait le croire. Toujours rester impassible, froid et distant. Ne jamais montrer d'émotion, car cela pourrait ternir son image, mais aussi parce qu'il devait montrer l'exemple au reste de sa famille, faire figure de force, de virilité et de résistance. Cela pouvait sembler complètement idiot mais c'était ainsi qu'étaient fais les hommes de la famille Renfield. Aussi moyenâgeux que cela puisse paraitre. Derrière ses lunettes noires, et la vitre teintée de la voiture de luxe dans laquelle il est installé à l'arrière, le jeune homme, alors âgé que de seulement vingt ans, lâche un long et profond soupire. Il ne supporte pas la vue de ce spectacle. Mais il ne le montre pas. Il reste impassible comme on lui a appris à être. La seule chose qu'il s'autorise est ce soupire, aussi bref fut-il. Après tout, ces funérailles sont le reflet parfait de la famille dont il provient. L'hypocrisie totale. Et pour cause, juste en face de lui, sont en train de se dérouler ses propres funérailles et il ne connait pas la moitié des personnes présentes. Ridicule. Certaines d'entre elles, sont même en train de pleurer à chaudes larmes alors qu'il ne les a jamais rencontré, qu’il ne les connaît ni d’Eve, ni d’Adam ; mais elles pleurent, comme si elles venaient de perdre quelqu’un qui leur était cher alors qu’en réalité, elles cherchaient simplement à se faire remarquer, et pire encore à se faire plaindre. Ce que la vie de riche pouvait être difficile. Ridicule à souhait. Complètement ahurissant et insupportable. Robb secoue nerveusement la tête. Il aimerait pouvoir se lever, sortir de cette voiture qui le protège à cet instant et leur dire leurs quatre vérités, mais il ne peut pas. Il est censé être mort. Il est censé se faire enterrer aujourd’hui devant cette foule de personnes, qui il en est persuadé, avaient probablement décrié l’enfant terrible des Renfield depuis des années.  Voilà pourquoi Robb ne culpabilisait pas pour ses choix. Sa seule et unique souffrance, actuellement, était le regard de sa petite sœur. Le regard de Serena qui semblait inconsolable, meurtrie. Robb n’était pas d’une nature affective, il était d’ailleurs à peu près tout le contraire. Il ne disait jamais je t’aime, ne supportait que très peu les démonstrations d’affection, et ne prenait que très rarement quelqu’un dans ses bras. Serena était l’exception, la seule exception. Et à cet instant, il avait cette envie incontrôlable de la serrer contre lui, de lui caresser paternellement les cheveux et de lui dire que tout irait bien, qu’elle n’avait pas à être triste parce qu’il ne serait jamais très loin d’elle, et qu’il veillerait toujours sur elle. Mais il ne pouvait pas faire cela. Il devait rester dans cette voiture et supporter ce spectacle, auquel il avait pourtant lui-même insisté pour y assister. Il devrait se détester pour faire subir cela à sa propre famille, mais étrangement, à l’instant même où il repose son regard sur sa mère, puis sur son père, tous ses remords s’envolent. Il les déteste et les a tant détesté. Cela ne s’envole pas d’un claquement de doigts. « C'était ce qu'il fallait faire Robb. » Juste à côté de lui, à l’arrière de cette voiture, conduite par les soins d’un chauffeur personnel, Matthew Westmore hoche la tête. Robb ne tourne pas la sienne vers son précepteur mais il sait qu’il a le regard rivé sur lui. Et ce, même à travers les grosses lunettes noires qu’arbore l’homme d’une quarantaine d’années. Il doit tout à cet homme, il en est parfaitement conscient. Et il sait pertinemment que ce qui est en train de se dérouler là est un passage obligatoire, un passage qu’il a accepté et pour lequel il doit se faire une raison. Sa mort arrangeait bien des choses pour leur business commun. Ils ne pouvaient plus faire marche arrière maintenant. C’était chose faite. Il venait d’être enterré. Il était, aux yeux de tous, mort au combat, mort en héros. Alors qu’en réalité, il n’avait rien d’un héros. Il était probablement d’ailleurs l’anti-héros. Celui qu’on déteste dans les films, celui qui fait du mal autour de lui, et qui n’en ressent pas la moindre culpabilité. Celui qui n’a pas d’émotions et qui agit seulement pour son compte personnel. Voilà ce qu’était devenu Robb et ce qu’il allait encore plus devenir dans le futur. « Je sais. » Robb le savait, et il l’acceptait. Ce n’était juste pas facile de voir sa propre petite sœur aussi malheureuse pour quelque chose qui n’était finalement pas réel. Robb jette un dernier regard vers l’enfant, gardant une expression neutre. Il ne veut pas montrer à Westmore qu’elle peut représenter une faiblesse pour lui. Car, même si cet homme est celui qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui, même s’il l’a sauvé des griffes et de l’ennui de l’armée, même s’il lui a tout appris, tout transmis, comme on pourrait le faire envers sa propre chair, Robb n’est pas absolument certain de cet homme. Après tout, il est à la tête d’un gigantesque réseau d’armes qu’il trafique dans le monde entier quant à leurs achats et leurs reventes depuis des années. Ce n’est pas un homme bien, il doit probablement avoir du sang sur les mains et pas qu’un peu. Il fréquente quotidiennement des hommes plus dangereux les uns que les autres. Alors la méfiance est de rigueur. Robb n’a pas forcément envie d’être réduit à néant avant d’avoir pu faire ses preuves. Si le jeune homme a une infime partie de lui qui a peur de cet homme, il ne le montre pas, pour la simple et bonne raison que son père lui a toujours appris à cacher ses émotions, pour mieux se fondre dans la masse, pour mieux tromper son interlocuteur et surtout, pour se protéger du monde qui l’entoure. Il reste alors parfaitement stoïque et prend cet air glacial qui fait aujourd’hui parti de lui. Il refuse de jeter un regard de plus vers Serena. C’est terminé. Il vient de sortir de sa vie, et il n’y retournera plus. Il est mort. Mort au combat. La musique de l’armée américaine retentit, et Robb ferme immédiatement les yeux. Il déteste cette musique. Il détestait l’armée, l’autorité qu’on pouvait exercer sur lui et ce manque cruel de liberté. Jusqu’au jour où il avait fait la connaissance de Matthew Westmore, un sergent qui l’avait immédiatement compris, qui avait lu en lui et su déceler ce potentiel que l’homme ne cessait de revendiquer. Puis il l’avait initié à tout autre chose. Ses talents de tireur ne devaient probablement pas y être étrangers. Ou peut-être que c’était dû à cette personnalité un brin volcanique et révolutionnaire. Robb n’en savait rien. Et à cet instant, son jeune âge faisait qu’il ne s’était guère poser de question. L’insouciance à l’état pur. Il s’était laissé embarquer par cet homme qu’il admirait. Cet homme qui aurait pu être son père, mais qui ne l’était malheureusement pas. Cet homme qui, allait changer son quotidien, changer sa vie, sa vision des choses et surtout faire de lui un grand homme, un homme riche et influant. Et c’était finalement ce qu’il avait presque toujours voulu. Robb inspire et expire bruyamment avant de rouvrir les yeux. Son regard avait changé. Il était fin prêt. Prêt pour travailler pour Westmore, pour sortir de ce quotidien qu’il n’aimait guère, pour tremper certes dans des affaires douteuses, mais pour vivre à fond, pour vivre tout simplement et réellement comme il l’entendait. « Partons. » Robb s’adresse au chauffeur qui acquiesce, après un bref regard vers Westmore pour confirmation. Car malgré le destin qui est promis au jeune homme, c’est toujours Matthew Westmore qui est en charge et qui le sera encore un moment. Lorsque la voiture démarre et qu’ils commencent à quitter doucement les lieux, Robb fait son possible pour ne pas regarder une dernière fois Serena. C’est dur, mais il ne quitte pas des yeux le paysage qui se trouve en face de lui, visiblement déterminé, et surtout, pris d’une froideur qu’on ne lui connaissait pas aussi présente. « Il n’y a plus rien qui me retient ici. » Et sans un mot de plus, Robb jette par la fenêtre cette photo de Serena et lui, un jour de noël, qu’il tenait dans ses mains depuis plusieurs minutes. Sa vie à Washington DC était définitivement terminée. Et pour sa couverture, pour feindre sa mort, il ne reviendrait plus jamais ici. Du moins c’était ce sur quoi il s’était engagé. (…) Près de trois années se sont écoulées depuis qu’il a quitté Washington, depuis qu’il a quitté sa ville natale, sa famille, ses amis, son ancienne et calamiteuse vie. Et il avait avancé. Grandement avancé. Pour ainsi dire, il n’était plus le même homme. La, si infime soit-elle, partie de lui qui ressentait encore de quelconques sentiments, s’était envolée. Aujourd’hui, il ressemblait à tous ces hommes qui travaillaient pour le compte de Westmore : déterminé, froid, distant, sans cœur et surtout, sans le moindre scrupule. A la différence qu’il semblait bien plus réfléchi, bien plus malin que les autres. Il savait qu’il devait se fondre dans la masse, tout en s’élevant parfois des autres par ses exploits et son bon travail. Il savait pertinemment où le vent allait le mener et il était évident qu’il était pleinement conscient de comment mener à bien sa quête, sa barque pour que cela tourne à son avantage. Il n’était pas un soldat ordinaire. Et c’était peut-être pour cela que Westmore l’avait choisi. Lui et pas un autre. Il lui en était d’ailleurs reconnaissant, car ce job, très peu conventionnel soit-il, le comblait comme il ne l’avait jamais été auparavant. Ce jour-là, dans le plus grand silence, Robb entre dans le bureau de son supérieur, une valise métallique à la main. Il hoche la tête, puis serre la main de Matthew de manière très solennelle. Il a changé. Il semble plus âgé alors que finalement, il n’a que vingt-trois ans. Il est censé être jeune, insouciant et imprévisible. Mais il ne l’est pas. C’est peut-être la meilleure des recrues de Westmore. Une recrue à laquelle le quarantenaire semble étrangement s’identifier et surtout s’attacher. « La transaction s’est bien effectuée. 53 000 dollars. » Robb dépose la valise devant les yeux de son interlocuteur et l’ouvre avant de lui montrer les billets soigneusement rangés qui lui ont été remis il y a une heure de cela par l’un de leur client récurant. Westmore plisse les yeux, le regard rivé vers le contenu de la valise, puis hoche la tête. « Bien. » L’homme lui fait signe de s’installer sur cette même table où il s’assoit à chaque fin de mission effectuée. Il doit recompter, afin de s’assurer que la totalité de la somme se trouve bien là. Bien sûre, ceci a déjà été fait lors de la transaction, mais Westmore a ce principe selon lequel il veut voir de ses propres yeux le comptage des billets. Robb s’exécute sans un mot. C’est devenu une habitude. Il dépose son arme sur la table et s’installe afin de commencer. « Vous donnerez 35 000 dollars à Sergei. » Sergei était l’homme de main le plus ancien du réseau et il était aussi celui envers lequel la confiance de Westmore était sans faille. S’il avait été assigné au poste de gardien des coffres, ce n’était à l’évidence pas pour rien. Robb acquiesce de nouveau et se met au travail. « Vous laisserez sur mon bureau 8 000 dollars. » Le jeune homme commence à trier les billets dans le plus grand silence, alors qu’il reçoit les ordres de son supérieur. Etrangement, ici, il n’a aucun problème avec l’autorité. Pour la simple et bonne raison qu’il aime ce qu’il fait. Le danger, le risque, le fait de travailler pour un homme qu’il admire et avec quelque chose qui le passionne et l’a toujours passionné : les armes. Une fois sa mission remplie, il dépose sur le bureau de Westmore les huit milles dollars et fait passer à Sergio les trente-cinq milles qu’il s’empresse d’emmener dans les coffres forts du cartel, soigneusement gardés par une vingtaine d’hommes lourdement armés. Puis il dépose le reste dans un sac en papier comme il le fait toujours. « Le reste vous revient, comme d’habitude. » C’est toujours ainsi que cela se passe, mais la confirmation du dirigeant est tout de même primordiale. Il remercie son aîné et fourre l’enveloppe en papier de couleur marron dans la poche intérieure de sa veste avant de récupérer son arme sur la table et de la ranger à l’arrière de son pantalon. Il s’apprête à quitter la pièce, pour voguer à ses autres devoirs, mais Westmore l’en empêche. « Renfield. » Robb stoppe son départ et tourne les talons pour pouvoir faire face au visage de son interlocuteur. Ce dernier arbore une expression différente de toutes ces fois où il l’a fait venir dans son bureau, que ce soit pour lui parler business ou bien pour lui prodiguer quelques conseils avisés. Il ignorait pourquoi, mais Matthew était bien plus prévenant et proche avec lui, qu’il ne l’était avec ses autres hommes. Le hasard, s’était-il dit sans pour autant se poser davantage de question. A aucun moment il s’était dit que cette affection que le quarantenaire avait à son égard était bel et bien dû au fait qu’il se revoyait dans ses yeux et qu’il avait prévu pour lui un chemin déjà tracé, un chemin qui ressemblait étrangement au sien, lorsqu’il avait débuté. Robb l’interroge du regard en fronçant légèrement les sourcils. L’expression un peu plus grave et concernée qu’à l’ordinaire que Matthew arbore à cet instant intrigue Robb. « Je veux que vous vous occupiez de Nina. » Nina Westmore, n’était autre que la fille de Matthew, son unique fille. Elle était son portrait craché, la prunelle de ses yeux et son irrémédiable faiblesse. Robb l’avait compris à l’instant même où il l’avait entendu parler d’elle pour la première fois. Il avait d’ailleurs actuellement le même regard. Il semblait préoccupé par quelque chose. Malgré l’incompréhension, Robb hoche la tête en guise de réponse. Il ne refusait rien à son supérieur. Parce qu’il était justement son supérieur, mais aussi et surtout parce qu’il l’appréciait. Ces trois années de collaboration l’avaient rapproché de cet homme. Cet homme pourtant infréquentable, mais qui était constamment là pour lui, qui le comprenait et qui lui transmettait son savoir. Comme d’un père à son fils. Alors oui, protéger la progéniture de cet homme qu’il respectait tant, était une évidence. « Protégez la. Coûte que coûte. Même si vous devez donner votre propre vie pour elle. » Les ordres étaient donnés et Robb acquiesce une fois de plus. S’il était prêt à donner sa propre vie pour Matthew, alors il l’était par prolongement aussi pour Nina. Elle n’était qu’une adolescente. Elle n’avait que dix-sept ans, mais elle semblait bien plus mûre et bien plus femme que toutes celles qu’il avait pu fréquenter par le passé. Toute sa vie, elle avait vécu dans cet univers clandestin, dans le danger, et finalement dans un monde où la mort planait constamment au dessus de leur tête. La vie ne lui avait pas fait de cadeau et cela l’avait endurci. C’est ce que Robb avait pu lire dans les grands yeux bleus de la blonde lorsqu’il l’avait croisé à ces si nombreuses reprises. Elle était par ailleurs d’une beauté naturelle rare. Le genre qui ferait fondre n’importe quel homme. Et elle était belle et bien consciente de cet atout, qu’elle utilisait parfois pour faire flancher certains gros clients de son père. Elle n’avait que dix-sept ans, mais tous les hommes ici présents n’avaient d’yeux que pour elle. Ils étaient tous prêts à donner leur vie pour elle et Robb avait fini par être comme eux. Elle représentait certes, la fille du patron, mais aussi un objet de désir qui grandissait à mesure qu’elle évoluait. Oui, tous les hommes du cartel ne rêvaient que d’une chose, la mettre dans leur lit. Mais elle était la fille du patron, et Robb n’aurait pas été étonné qu’un jour, celui-ci lui demande d’abattre un de leurs agents pour avoir couché avec sa fille. Robb, quant à lui, n’avait pas ce même regard lubrique sur cette jeune femme intouchable. Non. Il était littéralement dévoué à son travail et n’avait pas le moins du monde besoin de distraction. Enfin, c’était son discours actuel, mais il était clair que ce dernier allait évoluer, à mesure qu’il se rapprocherait de la jeune femme… Pour l’heure, Robb croise les bras dans son dos et fait un signe de tête approbateur. « Ce sera fait Sergent. » Un silence s’empare de la pièce. Silence qui laisse entendre à Robb qu’il est temps pour lui de sortir. Mais à peine a-t-il fait un pas en arrière que Matthew reprend la parole, plus sérieux que jamais. « Quand je ne serais plus là, c’est vous qui prendrez les rennes. » Agréablement surpris, Robb a un moment d’égarement où il a envie de laisser sa joie prendre le dessus. Il a envie de sourire et de crier qu’il va enfin avoir ce qu’il a toujours voulu : être aux commandes, être important, être respecté, être craint… Mais une fois encore, il fait preuve d’un sang-froid légendaire et ne laisse rien paraître. « Je veux que vous travailliez ensemble, vous et Nina. » Il acquiesce de nouveau. Il n’est pas complètement ravi de devoir travailler avec quelqu’un, qui plus est une femme, mais il est conscient que puisqu’elle est sa fille, Robb va devoir s’y plier. Après tout, ce trafic a aussi un jour été une histoire de famille. « Mais s’il y a un quelconque danger, écartez-là. » Il voit dans les yeux de Matthew à cet instant, une once d’inquiétude. Le ton de sa voix est un brin fébrile, comme s’il savait quelque chose qui échappait totalement à Robb. Le jeune homme fait alors un pas vers le bureau de son boss et fronce les sourcils. Qu’était-il en train de se passer ? Pourquoi était-il en train de prévoir autant la suite, faisant comme si ses jours étaient finalement comptés. « Pourquoi est-ce que … » Robb n’a pas le temps de terminer sa phrase. En effet, Westmore a levé la main, histoire de lui faire comprendre de se taire. C’est évident, l’homme déteste les questions, surtout les questions auxquelles il n’a pas envie de répondre. Mais Robb déteste encore plus qu’on le laisse dans l’ignorance. Si bien qu’en une fraction de seconde, s’établit un duel de regard des plus noirs entre les deux hommes. Le genre qui pourrait faire froid dans le dos à n’importe qui. Sauf peut-être aux deux concernés. Aucun ne semble lâcher l’affaire, soutenant le regard de l’autre. Si Robb est terriblement déterminé, il sait au fond de lui qu’il ne pourra remporter ce duel, pour la simple et bonne raison qu’il n’a pas encore la carrure pour. D’où son étonnement certain lorsque Matthew Westmore baisse le regard et lâche un long soupire. Même Robb ne s’y attendait pas. Si bien qu’il fronce encore davantage les sourcils, et s’avance vers le bureau, jusqu’à se retrouver presque coller à celui-ci. « Nacho a mis un contrat sur ma tête. » Matthew fouille dans ses dossiers pour en ressortir une série de photos accablantes. Sans crier gare, Robb les attrape et les regarde les unes après les autres. Toutes sont de Matthew et toutes ont une cible pointée sur sa tête. Des menaces. C’est clair comme de l’eau de roche. Et bien sûre, l’auteur de ces photos ne fait aucun doute. Le plan utilisé, la manière de placer ces cibles, le filtre, c’est clairement la signature de Nacho. Il était jusqu’à il y a quelques mois de cela, leur plus gros client, mais les choses avaient mal tournées et il était devenu en une fraction de seconde, leur plus gros rival. Et puis, c’était un fait, toute personne qui se trouvait dans la ligne de mir de Nacho, finissait par mourir. Qu’il s’agisse de jours, de mois ou d’années, aucun n’avait survécu à cet homme. Matthew semblait en être pleinement conscient. Et c’était probablement ce qu’il y avait de plus troublant. Robb n’avait jamais vu l’homme ainsi. Lui qui débordait toujours de confiance en lui, lui qui osait prendre tous les risques, tout en ne s’avouant jamais vaincu … Il semblait aujourd’hui être un tout autre homme. Il rendait clairement les armes. Robb lève alors les yeux vers Westmore, puis les repose sur les photos, effectuant ce même mouvement à plusieurs reprises. « Je vous protégerais, je … » Robb était dévoué, terriblement dévoué pour son travail et surtout pour cet homme. S’il était devenu au fil du temps l’un des hommes de main les plus performants, il se sentait aisément capable d’abattre ce Nacho, si la vie de Matthew était en jeu. Il n’avait encore jamais tué. Il avait déjà tiré sur plusieurs personnes, leur infligeant des blessures par balles sanguinaires, s’était battu à de nombreuses reprises lors de négociations musclées, et avait même une fois torturé un client pour obtenir des informations capitales. Et ceci ne lui avait posé le moindre problème. Au contraire, cela lui avait permis de s’endurcir ces trois dernières années et de devenir l’homme qu’il voulait être. Cependant, il n’avait encore jamais pris la vie d’une autre personne. Il n’avait jamais faire rendre à un autre homme son dernier souffle ni même vu quelqu’un s’éteindre dû à l’actionnement de son arme qui ne le quittait jamais. Mais il s’était toujours dit que si sa vie, celle de l’un de ses hommes, ou pire encore, celle de Matthew Westmore était en jeu, il n’hésiterait pas. Alors oui, lorsqu’il avait lancé qu’il protégerait Matthew contre Nacho, coûte que coûte, toute la fidélité, le dévouement et la sincérité qui étaient renfermées en lui, s’étaient exposées aux yeux du quarantenaire, qui ne pu s’empêcher de sourire, presque attendri par le courage de celui qu’il avait entraîné pour prendre sa relève. « Vous êtes une excellente recrue Robb. C’est pour ça que je vous aie choisi. Vous êtes courageux, et vous n’avez plus rien à perdre. » Matthew avait totalement raison. Robb avait tout quitté pour faire ce qu’il faisait aujourd’hui et il n’avait plus la moindre attache à son ancienne vie. Tout avait été réduit à néant, et plus rien ne pouvait représenter une faiblesse pour lui. Il ne restait plus que lui, et sa détermination. Rien ne pouvait l’atteindre. Il était devenu une sorte de roc impénétrable sur lequel on pouvait compter et dont il était presque impossible d’abattre. « Personne ne compte plus pour vous. Et c’est exactement dans cet état d’esprit que doit être le leadeur du cartel. » Un signe de tête suffit à remercier Westmore pour ces compliments qui ravissent certes le jeune homme, mais dont il se fiche éperdument à cet instant. Pour lui, le seul point à retenir est la sécurité garantie de son leadeur actuel. Mais Westmore semble avoir un tout autre intérêt. « Nina a bien trop de morale. Elle aura besoin de vous. Et vous d’elle. Vous ferez du bon travail ensemble, j’en suis persuadé. » Robb secoue la tête frénétiquement en fronçant les sourcils. S’il était ravi d’apprendre qu’il avait été choisi pour prendre la relève, il détestait entendre parler Matthew ainsi. Comme s’il était finalement condamné et déjà abattu. Ce n’était pas ainsi qu’il voyait les choses. Pour Robb, il y avait toujours de l’espoir. Le dicton ‘Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir’ ne lui avait jamais autant parlé qu’aujourd’hui. « Vous n’allez pas mourir Matthew, je… » Robb hausse un peu le ton, tout en gardant cette même courtoisie qu’il avait toujours à l’égard de son supérieur. Il refusait de s’avouer vaincu aussi rapidement. Il refusait que Matthew baisse les bras ainsi. Mais encore une fois, l’homme ne le laissa pas finir. « Peut-être pas aujourd’hui, mais ça va arriver un jour. Et ce jour-là, je veux que Nina et vous soyez prêt à prendre la relève. » Robb entrouvre la bouche, histoire de s’insurger de nouveau, pour la simple et bonne raison qu’il n’avait, pour l’heure pas la moindre envie de songer à la mort de son modèle. Mais Matthew, visiblement déterminé ne lui laisse pas le temps de dire quoi que ce soit. « J’ai confiance en vous. » Le regard que Westmore lance à cet instant à Robb veut en dire long. Et ceci, le jeune homme le comprend immédiatement. Si bien qu’il décide de ne plus aller à l’encontre de ses propos. Matthew Westmore n’accordait que rarement sa confiance, il ne confiait pour ainsi dire jamais son business ou pire encore, sa fille à quelqu’un d’autre que lui. Si bien que Robb ne pouvait dire quoi que ce soit face à de tels mots. Le garçon laisse planer un silence de quelques secondes, durant lesquelles il pose son regard dans celui de son interlocuteur. Un simple regard qui voulait tout dire. Alors sa réponse lui semble à cet instant évidente. « Vous pourrez compter sur moi. » Comme il l’avait toujours pu et comme il le pourrait toujours. Si c’était ce que Matthew Westmore voulait, alors il le ferait. Il garantirait la poursuite et le bon déroulement du cartel, il protégerait coûte que coûte Nina et donnerait sa vie pour le trafic. Car c’était ce qu’il attendait de lui mais aussi et surtout parce qu’il semblait né pour ça.




thank god i don’t have a gun or i’d shoot her myself


Sa respiration est haletante, elle lui manquerait presque. Les cinq premiers boutons de sa chemise ont sauté, alors qu’elle était pourtant méticuleusement fermée, laissant seulement les deux premiers boutons ouverts, histoire de pouvoir respirer et de dégager le long de son cou. Robb, qui est d’ordinaire tiré à quatre épingles, est loin de l’image parfaite qu’il véhicule à l’accoutumer. Sa veste est déchirée et tachée ici et là de traces de lutte. Du sang, qu’il s’agisse du sien ou bien de l’homme qui se trouve à cet instant à terre, a ruiné sa chemise blanche hors de prix. Il reprend peu à peu son souffle, ne déviant pas une seule seconde son arme de sa cible. Rapidement, il crache à côté de sa victime, un crachat mêlé de sang, son sang, celui qui coule actuellement le long de sa lèvre littéralement fendue. De sa manche, il s’essuie cette dernière, se fichant pas mal de l’état de ses vêtements. De toute évidence, ils sont foutus depuis bien longtemps. Il repose alors son regard sur l’homme, criblé de coups, à terre, qui semble au bord de la rupture. Robb l’affuble d’un regard terriblement noir, le genre qui ferait froid dans le dos à quiconque se trouverait sur son chemin. Et ceci car il était clair que la colère et la froideur avaient définitivement pris possession de ce jeune homme. Dans son regard, plus aucune once d’humanité. Simplement de la noirceur et un désir de vengeance. « C’est pour avoir cru que tu pouvais te mesurer à nous sans représailles. » Il plisse légèrement les yeux avant de faire un pas vers sa victime. S’il s’était bien défendu, il était clair que Robb avait eu le dessus. Pour la simple et bonne raison que la rage, la colère, la frustration et la violence avait pris tout contrôle, parvenant à mettre à terre un homme pourtant craint de tous, un homme qu’on pensait invincible, intouchable. Ce n’était pas le cas, du moins ça ne l’était plus. Robb rapproche son arme du latino, jusqu’à toucher le sommet de son front. Son visage est méconnaissable, enflé par les coups et coloré par le sang. Il pousse quelques grognements de douleur, mais il a à l’évidence décidé de rester digne. « Et ça, c’est pour Westmore. » Robb positionne deux doigts sur la gâchette alors qu’il ne quitte pas Nacho du regard. Ce même Nacho qui avait mis un contrat sur la tête de Matthew Westmore, et qui était malheureusement parvenu au résultat escompté. Il avait piégé Westmore et l’avait abattu de sans froid, comme un vulgaire animal. Robb n’était pas prêt pour cela. Il n’avait que vingt-cinq ans, et il n’était pas prêt à perdre l’homme qui lui avait tout appris, à perdre son modèle, celui qui l’inspirait chaque jour. Et surtout, il n’était pas encore prêt à prendre la relève du cartel, il n’était pas prêt à diriger tout, tout seul, il n’était pas prêt à garder un œil sur Nina comme il l’avait promis à Matthew. Et pourtant, il avait dû faire face à tout cela. A cause de cet homme. A cause de celui qui se trouvait juste derrière son pistolet, prêt à tirer, prêt à lui prendre sa vie, comme il lui avait pris Matthew. Mais au moment où il s’apprête à tirer et à tuer pour la première fois, Nacho se décide enfin à ouvrir la bouche. Difficilement certes, mais il parvient à murmurer quelques mots que Robb comprend parfaitement. « Pitié. Je t’en supplie … pitié. » Robb marque une pause, fixant sa proie. Mais il ne tressaillit pas. Il reste figé et si l’espace d’un instant, Nacho pense qu’il va flancher, qu’il va baisser son arme et avoir pitié, ce n’est hélas pas le cas. Une fraction de seconde plus tard, il appuie sur la gâchette, laissant le corps de Nacho tomber lourdement sur le sol. Sans vie. Il vient de le tuer. Il vient de lui prendre la vie. Cette fois, il a véritablement du sang sur les mains et peut être qualifié de meurtrier. Mais étrangement, il s’en fiche éperdument. Pour lui, ce n’était que justice. Nacho méritait la mort. Pour tous les innocents qu’il avait condamné, et surtout pour avoir tué Westmore. Si le mexicain pensait avoir abattu le pire de ses ennemies en la personne de Matthew Westmore, il n’avait pas assez parié sur Robb. Personne ne pariait sur lui. Et c’est aujourd’hui que les choses allaient enfin changer. Qu’il allait, aux yeux de tous, réellement prendre la tête du trafic, qu’il allait être craint et respecté. Il finit par abaisser son arme après quelques secondes où il semble complètement ailleurs. Il fixe le corps inerte de sa victime un instant puis il fourre son arme à l’arrière de son pantalon. Sur son visage, aucune expression ne peut se lire, comme si tuer de sang froid une personne, néfaste soit-elle, ne lui posait aucun problème, comme s’il faisait cela tous les jours depuis des années. C’était comme si on avait retiré en lui la si mince part d’humanité qu’il lui restait. C’est donc dans une froideur extrême et dans un silence religieux que Robb fourre le corps de sa victime dans le coffre de sa voiture, l’asperge d’essence et y met le feu avant de plier bagage, laissant les flammes faire leur job. « Putain Robb qu’est-ce que tu as foutu ? » sont les premiers mots de Nina Westmore lorsqu’elle découvre l’état dans lequel Robb débarque à ce qui est devenu au fur et à mesure des années, leur QG. Elle se précipite vers lui, alors qu’il grimace aussitôt qu’elle pose ses doigts sur sa lèvre ensanglantée. Il ne dit pas un mot, alors qu’elle commence à s’insurger et à se précipiter vers le nécessaire pour soigner les plaies de celui avec lequel elle partageait la direction du cartel depuis près d’une année. « Dans quoi tu t’es fourré ? » demande-t-elle en déposant une compresse sur sa lèvre. Robb prend place sur un siège et la laisse faire dans le plus grand silence. Seul un léger frisson le parcourt lorsque le désinfectant vient toucher sa blessure. Il soupire et ferme les yeux, ne prenant pas la moindre seconde pour répondre à Nina. C’est comme s’il était complètement ailleurs. Son regard fixé dans le vide, il laisse Nina s’occuper de ses plaies sans broncher. Mais cette dernière semble perdre patience. « Tu vas me dire ce qu’il se passe ou on va rester là sans se parler comme si tout était normal ? » Derechef, Robb reste silencieux, ne lui accordant pas même un regard. Si on pourrait croire que dans sa tête, il se passe des milliers de choses, ce n’est pas le cas. Bien au contraire, rien ne se passe. Sa seule impression est qu’il est complètement vide. Il ne pense à rien, il n’a envie de rien et même ses côtes dans lesquelles il a reçu des coups ne lui font plus mal. C’est comme si plus rien de se passait, dans son corps et dans son esprit. Nina soupire et secoue frénétiquement la tête. Elle l’inspecte de toute part, à la recherche d’autres dégâts à soigner, abandonnant d’obtenir une réponse pour l’instant. Et c’est ainsi qu’ils restent pendant une bonne vingtaine de minutes. Jusqu’à ce que Robb se décide enfin à tourner la tête et à poser son regard sur la jolie blonde, celle qui est toujours là et qui le sera toujours, quand bien même les choses n’étaient pas tous les jours simples entre eux. Et ce n’était rien de le dire. Ils se disputaient sans cesse pour la gestion du trafic, sur les risques à prendre ou à ne pas prendre et surtout sur la personne qui avait réellement le pouvoir. Mais si les désaccords étaient fréquents, il y avait une chose sur laquelle ils étaient incontestablement sur la même longueur d’onde : Matthew Westmore. « Je l’ai tué. » lâche-t-il dans un léger soupire. Nina, la tête baissée, occupée à inspecter les côtes de Robb, relève la tête, visiblement choquée de la révélation de ce dernier. « Quoi ? Qui ça ? » Elle le connaît, elle sait comment Robb est, elle sait que ce n’est pas l’homme le plus expressif du monde, ni même le plus chaleureux et encore moins quelqu’un de foncièrement fréquentable, mais après tout, elle ne l’était pas non plus. Un instant, Robb voit dans le regard de Nina de l’incompréhension et de l’interrogation certes, mais aussi et surtout une lueur d’espoir. Car elle sait qu’il ne dit pas cela au hasard. Que malgré le fait qu’il n’avait jusqu’alors jamais tué, cette fois-ci il l’avait, bel et bien fait. Il hoche la tête. « Nacho. » A peine a-t-il prononcé ces mots qu’il voit le visage de Nina se transformer. Elle passe de la colère et de l’incompréhension à une tristesse, due au souvenir de plein fouet qui vient de lui être balancé au visage de la mort de son père, puis à un soulagement certain. Elle est sous le choc. Tant qu’elle entrouvre la bouche mais ne parvient à dire quoi que ce soit. « Il est mort. Nina, j’ai vengé la mort de ton père. » Ce qu’il fait à cet instant étonne, à la fois lui-même et Nina. En effet, Robb, malgré la douleur qui vient tout à coup le lancer au niveau des côtes, vient poser sa main sur celle de Nina et il la serre doucement. Histoire de lui faire comprendre qu’ils ont enfin réussi, qu’ils ont enfin obtenu ce sur quoi ils travaillent depuis près d’un an. Nacho n’est plus et justice est enfin faite. Nina avale avec difficulté alors qu’elle vient poser son regard sur leurs deux mains liées, puis sur le visage de Robb. Il peut lire à cet instant dans le regard de la blonde toute la reconnaissance qu’elle a à son égard. Un mince sourire s’affiche. « Merci. » fut le seul et unique mot qu’elle parvint à laisser échapper d’entres ses lèvres tellement l’émotion est forte, et ceci, malgré le fait que Robb sait parfaitement ce qu’elle pense actuellement. Ils n’ont pas besoin de plus pour se comprendre et pour savoir à quel point ils sont l’un et l’autre soulagés et heureux d’en avoir enfin terminé. Elle entremêle ses doigts dans les siens et vient retrouvé la chaleur de ses bras pour la première fois. Et si Robb n’est pas connu pour ce genre de gestes tendres, aujourd’hui, sa distance n’est plus et il vient à son tour entourer ses bras autour des épaules de la jeune femme pour la serrer contre lui, luttant contre la douleur, qui finit par disparaître dans leur étreinte. Car la seule chose qui compte aujourd’hui est qu’ils ont enfin pris leur revanche, rien d’autre.  (...) Robb retient sa respiration et avance doucement, sur le qui-vive. Il fait attention à ne faire le moindre bruit et écoute attentivement chacun des sons qui lui parviennent aux oreilles, tentant de savoir d’où proviennent les voix et de trouver ce qu’il cherche. Il fait terriblement sombre dans cet espèce de dépôt laissé à l’abandon, mais il a l’habitude. Il connaît cet endroit par cœur, pour la simple et bonne raison que ce n’est pas la première fois qu’il s’y rend. En effet, cet endroit délaissé depuis des années sert fréquemment de lieu de rencontre pour les transactions avec ses clients ou fournisseurs. Son arme devant lui, les bras tendus, il fait attention à tout, jette des coups d’œil derrière lui à de multiples reprises et ne faiblit pas. Dans sa tête, à cet instant, il n’a qu’un but. Il ne pense à absolument rien d’autre, malgré toute la colère qu’il peut ressentir. Car oui, il est en colère, son sang n’a fait qu’un tour lorsque l’un de ses hommes lui a affirmé que Nina avait pris la décision de rencontrer seule un nouveau client. Un client qui semblait réglo selon elle, mais qui paraissait, aux yeux de Robb terriblement douteux et dangereux. C’était d’ailleurs pour cela qu’il avait clairement stipulé à Nina qu’il s’occuperait de tous les échanges et contacts avec cet homme. Mais bien évidemment, il avait fallu qu’elle n’en fasse qu’à sa tête et qu’elle décide de se lancer dans quelque chose qui la dépassait complètement. S’il y avait bien une chose que Robb détestait par dessus tout, c’était ça, ce comportement inconscient qu’avait la plupart du temps Nina. Elle se croyait forte et intouchable. Elle ne l’était pas. Elle n’était ni forte, ni intouchable. Tout le monde pouvait être touché, son propre père en était la preuve vivante. Mais elle avait un tel caractère qu’elle se sentait toujours obligée de défier les ordres de Robb, pour la simple et bonne raison qu’elle souhaitait asseoir son autorité et prouver qu’elle était le leadeur du trafic. Mais elle ne l’était pas. Elle n’était qu’une sombre idiote qui allait se faire tuer, ou pire encore. Plus il s’enfonce dans la noirceur de l’entrepôt plus les voix s’éclaircissent. Il croit d’ailleurs reconnaître celle de Nina. « Vas-y tire ! » Cette phrase le met littéralement hors de lui. S’il sait qu’elle provient de Nina Westmore, il sait surtout que ceci ne signifie absolument rien de bon. Il se précipite vers l’endroit d’où provient la voix et défonce d’un coup d’épaule la porte. Elle est là. Vivante. Si un soulagement s’empare de lui pendant une fraction de seconde, l’agacement ne parvint à le quitter. Le client en question, Travis Brown, a son arme braquée sur la tempe de Nina, mais celle-ci, malgré la peur qui se ressent dans son regard, fait comme si tout ceci n’importait pas. Comme si avoir un flingue sur la tempe ne lui faisait absolument rien, comme si sa vie n’importait que peu. Elle jouait avec le feu, ou bien était-elle devenue complètement folle. Robb opta pour un mixte des deux.  Ni une, ni deux, à peine Travis et Nina ont-il tourné les yeux vers lui qu’il tire. Il tire droit dans le genou de l’homme qui s’effondre immédiatement sur le sol, se tordant de douleur. Il braque ensuite son arme vers Nina. « Nina, sors de là ! » Il ne plaisantait pas. Il n’était pas d’humeur pour cela et ça se sentait clairement dans le ton terriblement autoritaire qu’il arborait. Mais bien sûre, il fallait toujours qu’elle n’en fasse qu’à sa tête. Et pour cause, elle se jette sur l’arme de Travis, tombée sur le sol, pour s’en emparer. Elle le sait, jamais Robb ne tirera sur elle, donc elle ne prend pas une seule seconde à ses ordres. Et ce, malgré le fait qu’il vient probablement là, de lui sauver la vie. Evidemment, son comportement agace Robb qui bouillonne littéralement de l’intérieur. « DEGAGE ! » Il crie si fort que Nina sursaute et pose son regard sur lui. Le regard qui lui lance doit la raisonner un temps soit peu, car elle décide de prendre le chemin de la sortie. Une fois qu’elle a quitté les lieux, Robb s’avance doucement vers Travis, allant jusqu’à déposer son arme sur le haut du front de l’homme à terre, grimaçant de douleur, les mains serrant avec puissance son genou ensanglanté. Il dépose son pied sur la blessure de sa victime et appuie doucement, histoire de le maintenir à terre et de lui infliger cette souffrance qu’il mérite. S’il y avait bien une chose qu’il ne pouvait supporter, c’était bien que quelqu’un mette en danger la vie de Nina. Parce qu’il avait fait une promesse à Matthew Westmore, mais aussi et surtout, parce que mine de rien, il s’était attaché à elle au fil des années. « La prochaine fois que tu braques un flingue sur elle, que tu la touches, ou même que tu oses poser tes yeux sur elle, c’est pas dans le genou que je tirerais. Et tu sais que je n’aurais pas le moindre scrupule à le faire ! » Travis secoue frénétiquement la tête, l’implorant de retirer son pied de son genoux. Robb ne faisait pas de menace en l’air. Il y a bientôt six mois de cela, il avait abattu de sang froid le bourreau de son mentor, et depuis, tout avait changé. Il avait pris la relève, dirigeait le trafic avec Nina, et avait à son actif, plusieurs cadavres derrière lui. Chacun d’eux avait une raison particulière, car oui, malgré ce qu’on pouvait croire, Robb ne tuait pas au hasard et c’était peut-être cela qui faisait le plus peur. Toute personne qui le défiait, en arrivait tous au même stade, alors beaucoup avait pris le parti de passer par Nina. Et c’est là qu’il commettait la pire des erreurs. Car s’en prendre à Nina le mettait dans une colère bien plus noire. Comme celle qui s’était définitivement emparée de lui à cet instant. Pourtant, Robb décide de l’épargner. Il ne faisait pas cela lorsqu’il y avait quelqu’un d’autre que lui, et il était prêt à parier que Nina n’avait pas rejoint la voiture et se trouvait qu’à quelques pas, observant le moindre de ses faits et gestes. Il finit par lâcher un soupire et par laisser l’homme se débrouiller seul. Il prend le chemin de la sortie, et sans la moindre surprise, il retrouve Nina, sur le chemin, se cachant derrière une porte blindée. Dans un premier temps, il ne la regarde pas, arborant son habituelle expression renfrognée et se dirige d’un pas frénétique vers la sortie. « J’imagine que Parrish m’a vendu ! » Cette phrase, qui sort tout droit de la bouche de Nina, qui suivait Robb de près, a un véritable effet déclencheur. En effet, le brun stoppe immédiatement sa marche et serre la mâchoire. Le faisait-elle exprès ou prenait-elle un malin plaisir à l’énerver. S’il avait décidé de prendre sur lui et ne pas s’énerver, cette phrase eut l’effet contraire. Il plonge son arme dans son pantalon et fait précipitamment volte face vers Nina. Il se dirige vers elle d’un pas si menaçant qu’elle fait quelques pas en arrière, mais un mur la retient prisonnière. Elle ne peut plus reculer. « Tu es complètement inconsciente ou définitivement stupide ? » lui lance-t-il de la manière la plus cruelle qu’il soit, insistant lourdement sur le mot stupide. Il n’est qu’à quelques centimètres de son visage, mais il n’y a absolument rien de plaisant dans son attitude. Il est terriblement froid et accusateur. « Je n’avais pas besoin de ton aide, je gérais la situation ! » Robb croit rêver. Il écarquille les yeux et secoue frénétiquement la tête. Elle était définitivement qu’une sombre idiote. Il fait un pas en arrière et se pince l’arrête du nez, luttant contre sa colère qui s’immisce en lui comme un véritable cancer, à une vitesse folle. « Il avait un flingue braqué sur toi Westmore ! » Le ton monte. Si haut que la jeune blonde en sursaute. Mais elle arbore ce même regard qu’elle a lorsqu’il la réprimande. Elle le fusille du regard et croise les bras, comme si ce qu’il pouvait lui dire n’avait pas la moindre importance. Qu’il n’avait finalement pas de leçon à lui donner, parce qu’il n’était tout simplement pas son père. Mais là n’était pas la question. Car il avait bel et bien fait une promesse à Matthew Westmore et il n’était pas question une seule seconde qu’il faillisse à son devoir. Il soupire bruyamment avant de retourner vers elle. « Quand je te dis de ne pas te rendre aux rendez-vous avec nos fournisseurs, j’aimerais que tu m’écoutes ! » S’il cherchait simplement à la protéger, le ton qu’il emploie à cet instant énerve immédiatement Nina. Parce qu’il n’a pas envie qu’elle croit qu’il s’inquiète pour elle, qu’il ne souhaite pas qu’il lui arrive quoi que ce soit. Non, il joue toujours ce même personnage. Le genre qui n’a pas la moindre émotion et qui s’énerve dès qu’il perd un minimum de contrôle ; le genre qui veut tout gérer et qui ne supporte pas d’être doublé ; le genre qui prend les femmes pour des moins que rien et qui souhaite avoir l’avantage sur absolument tout le monde. Quand bien même ce n’était pas très loin de la vérité, il y avait à l’évidence bien plus que cela. « Je fais ce que je veux, c’est moi qui commande ici ! » Et voilà qu’elle recommençait. Il détestait lorsqu’elle jouait les cheftaines ainsi. Il détestait qu’elle se croit supérieure alors qu’elle enchaînait les situations dangereuses sans penser une seule seconde aux répercutions. Il vint alors frapper violemment sa main contre le mur, juste à côté du visage de Nina, qui crut un instant que la main du jeune homme allait se diriger vers son visage. Bien sûre, jamais il ne ferait une chose pareille, mais le fait qu’elle puisse le croire lui permettait de faire glisser une once de frayeur qui n’était pas mauvaise pour tenter de la cadrer. Il s’approche alors dangereusement de son visage, fronçant les sourcils et arborant son air menaçant. « Quand tu seras capable de réfléchir correctement et ne pas prendre des risques inconsidérés, tu commanderas. » Autant dire qu’elle ne serait jamais aux commandes. « En attendant, c’est moi qui tient les rennes ici, alors tu m’écoutes et tu sors de là. » Un silence s’installe où Robb et Nina se défient du regard. Mais c’est la jeune blonde qui flanche en premier. Elle lève les yeux au ciel, soupire bruyamment, pousse Robb afin de passer et de sortir du hangar. Finalement, elle lui obéissait enfin. Et ce n’était pas trop tôt. Il la suit d’un pas décidé, et lorsqu’ils sortent enfin, la brise fraiche de la nuit vint immédiatement frapper son visage. Le jeune homme se dirige alors vers sa voiture qu’il a laissé là il y a quelques minutes, mais s’il croit que Nina va le suivre et lui faciliter la tâche, il se trompe, et lourdement. En effet, lorsqu’il ouvre la porte côté conducteur, et s’apprête à monter dans sa belle Jaguar flambant neuve, il voit Nina contourner la voiture et s’en aller dans un tout autre sens. S’il reste pantois, visiblement étonné pendant quelques secondes, il reprend vite ses esprits. « Montes dans la voiture ! » lui ordonne-t-il alors qu’elle a déjà fait quelques pas dans le sens contraire de lui. Il n’est pas question une seule seconde de la laisser partir au beau milieu de la nuit seule, surtout après ce qu’il vient de se passer. La grande blonde s’arrête et tourne les talons vers Robb qui fait quelques pas vers elle. « Pas question. » Il soupire. Pourquoi faut-il toujours qu’elle ait cet esprit permanent de contradiction. Il plisse les yeux, sentant la colère qui s’était peu à peu atténuée, revenir au galop. « Montes ! » dit-il de manière très catégorique. Et si ce genre d’attitude marche avec tous les hommes qui travaillent pour lui, il est malheureusement évident que ce n’est pas le même résultat qui se constate avec Nina. Elle le défie à nouveau du regard, lui faisant comprendre qu’elle ne lui obéira pas. Ce qui le met bien entendu, hors de lui. Il s’avance alors vers elle, plus glacial que jamais et saisit le bras de la blonde, sans la moindre délicatesse. « Ne me touches pas ! » crie-t-elle immédiatement en dégageant son bras. Cependant, il ne lui faut qu’une fraction de seconde pour s’emparer à nouveau de son bras avec force et de la trainer jusqu’à la voiture, sans lui laisser la moindre chance de partir. Elle hurle presque mais il est évident que personne ne se trouve autour pour accourir à son secours, et elle se retrouve en quelques secondes dans la voiture. « Tu me fais mal ! » Mais il ne l’écoute pas. Il claque la portière et rejoint l’autre côté de la voiture, alors que Nina ronchonne, croisant les bras comme une enfant capricieuse. « Ca t’apprendra à être une parfaite idiote ! » finit-il par lâcher avant de prendre le volant et de mettre enfin les voiles de cet endroit dont il se serait bien passé d’aller. Mais le fait est, qu’il accourait toujours lorsqu’il s’agissait de la sécurité de Nina, et malgré tout, elle le savait très bien. Une trentaine de minutes plus tard, Robb arrête la voiture juste devant la porte de l’immeuble dans lequel Nina vit. Ils ne se sont pas adressés le moindre mot durant le voyage, tous deux visiblement très en colère contre l’autre. « Rentre chez toi Nina, et évite de me faire perdre mon temps à l’avenir. » lâche-t-il sans la regarder, tenant toujours fermement le volant entre ses mains. Il ne peut pas la voir, mais il sait, à cet instant qu’elle est agacée par les mots qu’elle entend et par cette attitude toujours hyper-protective qu’il a à son égard. « T’es vraiment qu’un crétin Renfield, personne ne t’a demandé de venir ! » Nina s’empresse de ranger ses affaires, à l’évidence pressée de quitter cette voiture, mais aussi et surtout Robb. Celui-ci secoue la tête, avant de poser enfin son regard sur celle qu’il a ignoré tout le long du chemin. « Tu ne comprends vraiment rien. » Robb soupire. C’est fou à quel point elle peut l’énerver. La blonde lève les yeux au ciel avant d’ouvrir la portière de la voiture. Mais au moment où elle s’apprête à sortir, pour ainsi rejoindre son appartement, il lui saisit à nouveau le poignet, la retenant malgré elle de force dans la voiture. « Si je fais ça, c’est uniquement pour toi. » Il plonge son regard dans le sien, chose qu’il n’a jamais fait auparavant. Mais sans réellement savoir pourquoi, il a envie qu’elle comprenne. Parce que courir constamment à son secours lui demande bien trop d’énergie et de temps, mais aussi et surtout pour qu’elle sache qu’il ne veut finalement que son bien, que la garder en vie, voilà tout.  « Et j’arrêterais pas, alors il va falloir que tu t’y habitues. » S’il agissait certes différemment, il n’était pas pour autant prêt à abandonner ce ton autoritaire et froid qu’il arborait à chaque fois qu’il ouvrait la bouche. « Je n’ai pas besoin de toi. » C’est ce qu’elle voulait croire. Mais il était évident que s’il n’avait pas été là à de si nombreuses reprises, elle ne serait probablement plus là pour en parler. Robb plisse les lèvres et se les humidifie, visiblement agacé. Quand allait-elle enfin entendre raison. « Tu as besoin de moi. Tu n'as que moi. » C’était une évidence. Mais bien évidemment, Nina ne voyait pas les choses de cette manière. Elle reprend son bras, se dégageant avec virulente de la main de Robb et s’approche de lui. « Je ne suis pas une petite chose qu’il faut constamment protéger. Je ne suis pas aussi innocente que tu le crois. » Leurs deux visages sont à la fois si proches et si loin de l’autre. Robb peut sentir le souffle de la jeune femme se heurter contre sa peau, mais il a pourtant l’impression qu’elle lui échappe, comme à chaque fois. Parce qu’elle tient à sa liberté, parce qu’elle tient à être celle qui dirige, à faire ses propres choix et à les imposer autant que lui impose les siens. « Prouve le. » souffle-t-il doucement, la mettant, à demi mots au défit. Il n’en faut pas plus à Nina pour agir. Elle fait glisser ses doigts le long de la cuisse du jeune homme et s’approche dangereusement de ses lèvres. Mais elle s’arrête juste au moment où elle les frôle, laissant Robb sur sa faim. « Ne commence pas Westmore. » Ce n’est pas la première fois qu’ils dérapent et encore moins qu’ils jouent à ce jeu de séduction dangereux. Bien sûre, il n’y aura personne pour le punir de profiter allégrement du plaisir de la chair avec cette jeune femme, puisque son père n’est plus, mais il a toujours l’impression que de s’envoyer en l’air avec elle est péché et qu’il ne devrait pas. Mais pourtant, comme à chaque fois, Nina joue. Elle utilise sans ménagement son charme dévastateur pour le faire flancher et elle y parvient à chaque fois. Elle se mordille la lèvre inférieure, visiblement fière de prendre l’avantage sur lui et n’hésite pas à aller plus loin dans son jeu de séduction. Il résiste. Une dizaine de secondes, puis il craque, comme à chaque fois pour venir retrouver ses lèvres. La suite est évidente et finalement pas le moins du monde extraordinaire. Ils se ruent dans l’appartement de la jeune femme, il la plaque avec une virulence assez impressionnante contre le mur et leurs vêtements s’éparpillent peu à peu sur le sol. C’est physique, terriblement bestial et outrageusement excitant, pour l’un comme pour l’autre. Car étrangement, toute l’énervement qu’ils ont l’un envers l’autre se traduit à la perfection dans leurs rapprochements. Il n’y a absolument rien de romantique, de doux ni même une once d’amour entre eux, mais ils recommencent à chaque fois. Parce qu’ils ne peuvent, malgré tout ce qu’ils peuvent affirmer, pas se passer l’un de l’autre.  

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    The truth doesn't always set you free; people prefer to believe prettier, neatley wrapped lies ≡ jodi picoult.


Dernière édition par Robb Renfield le Ven 3 Juil - 20:44, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 16:38



Prayers are for the weak, I’ll stick to beating your ass

Ruisselant de sueur, Robb enfile sagement son pantalon dans un silence olympien. Il ne jette pas le moindre regard à Donna, cette magnifique blonde avec qui il vient tout juste de conclure. Il n’est même pas sûr qu’elle s’appelle Donna. C’est un détail qui ne l’intéresse que très peu en vérité. C’est toujours ainsi que ça se passe. Et pour cause, il se fiche bien de cette fille, et encore plus des sentiments et émotions qu’elle pourrait avoir. Non, la seule chose qui l’intéresse, est de se la faire. Si bien qu’une fois rhabillé, il sort des sanitaires sans un mot et quitte ce bar un brin glaude dans lequel il avait rencontré sa nouvelle et énième proie. Alors oui, c’est un tantinet impoli et brute de décoffrage, mais c’est du Robb tout craché. Pour lui, le sexe n’a rien à voir avec l’amour. Et puis, de toute évidence, l’amour n’existe pas. Il laisse volontiers ce sentiment pour les naïfs et les abrutis. Son côté maniaque fait qu’il ne peut s’empêcher de réajuster sa veste, son col, ainsi que ses cheveux, avant de prendre le chemin du QG. Il doit être aux alentours de minuit et ce bar ne lui a apporté aucune des réponses qu’il souhaitait. Certes, cette excursion n’aura pas été vaine, puisqu’il n’aura pas tout perdu mais le fait est qu’il n’avait absolument pas avancé sur cette histoire. Et pour cause, il devait conclure un contrat avec un gros client, qui ne cessait d’envoyer ses hommes sans vouloir négocier en personne. Si Robb utilisait aussi cette stratégie, il détestait qu’on le fasse avec lui. C’est pourquoi il avait tenté de prendre en filature l’homme qui avait l’air inexistant, et ce même si ses informateurs lui avaient affirmé qu’il était un habitué de ce bar terriblement glauque. Il soupire, alors qu’il passe une main dans son dos, histoire de sentir la fraicheur de son Beretta flanqué à l’arrière de son pantalon. Avoir son arme en permanence sur lui, lui permettait de se sentir bien, sans savoir réellement pourquoi. Elle était devenue le prolongement de lui-même. Il n’avait aucunement peur de ce qui pouvait l’attendre au coin d’une rue, mais il aimait simplement le fait de savoir qu’il avait toujours le contrôle sur tout le monde. Car c’est un fait, malgré le fait que Robb Renfield se battait plutôt bien, une arme à feu représentait un gain de temps pour tout affrontement. Et puis, de toute manière, il ne quittait jamais son arme. Arme que lui avait donné Matthew Westmore et qu’il n’avait jamais troqué pour une autre, malgré le fait qu’il existait des modèles bien plus performants. Lorsqu’il pénètre dans ces locaux abandonnés, réutilisés pour les besoins du cartel, Robb ne jette de regard à personne. Oui, la courtoisie et la politesse ne sont absolument pas dans ses manières de faire. Il se dirige directement vers son bureau, où il s’effondre sur un siège après avoir déposé son arme sur le rebord de la table, afin d’y avoir toujours accès en cas de besoin. « Quelque chose de nouveau ? » Nina entre dans la pièce sans ménagement et s’installe à côté du grand brun. Elle a pris de mauvaises habitudes. Mais Robb est si agacé par son manque de résultat qu’il n’a pas la force de lui dire que ce soit. Et puis, il a fini par s’habituer à son manque cruel de gène. Il soupire et prend le dossier de l’homme mystère qu’il lui tend. « Rien. Je te refile le dossier, peut-être qu’il préfère les blondes. » Robb avait beau vouloir tout contrôler, il savait que dans certains cas, le physique et le charme légendaire de Nina Westmore permettait de bien meilleurs résultats que son air glacial et ses dix ordres à la seconde. Il n’était pas vraiment le genre à négocier de manière pacifique alors, autant dire que les choses dérapaient très fréquemment. Nina sourit et s’empresse d’attraper le dossier qu’elle fouille, tout en trépignant d’impatience à l’idée de pouvoir enfin être au cœur de l’action, enfin dans l’hypothèse où elle parvenait à mettre la main sur cet homme. « C’est sûr qu’entre toi et moi, le choix est vite fait. » le taquine-t-elle en levant les sourcils d’une manière entendue. Bien entendu, ça ne fait absolument pas rire Robb qui n’esquisse pas même un sourire. Il lève les yeux au ciel, préférant ignorer sa remarque et garde tout son sérieux. « Tu fais attention ok ? » Il ne pouvait pas l’écarter du trafic, c’était un fait, alors il la laissait de plus en plus prendre en charge des dossiers et transactions un brin dangereuses, mais il ne supportait toujours pas qu’elle soit seule face à un tas d’hommes mal intentionnés. Oui, il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter en permanence pour elle, malgré tout ce qu’il pouvait dire. Et c’était bien la personne pour laquelle il s’inquiétait, la seule personne qui suscitait un temps soit peu d’intérêt pour lui… « Oui chef. » Bien sûre, elle plaisante, car elle a la fâcheuse habitude de croire que c’est elle qui détient le pouvoir. Mais l’occasion est trop belle pour Robb. « Enfin tu avoues que c’est moi le chef ici ! » C’est rare, mais un léger sourire s’affiche sur les lèvres du brun qui s’adresse à Nina, pas peu fier de la tournure de cette conversation. Et comble de cela, la blonde n’a même pas le temps de rétorquer quoi que ce soit, puisqu’un homme, travaillant pour eux, entre dans la pièce. « Monsieur, Mademoiselle Westmore. » Robb déteste la façon dont cet homme regarde Nina, mais il décide de ne pas relever, malgré le fait que cela le fasse bouillir de l’intérieur. Il se contente de lever les yeux vers celui qui s’est avancé vers lui et t’attendre qu’il dise ce qu’il a à l’évidence envie de lui dire. « June Harper, 29 ans, serveuse. Elle semble s’intéresser à notre marchandise. C’est la colocataire d’Amy, mais impossible de mettre la main sur plus d’information. C’est le néant. » Robb fronce immédiatement les sourcils et se redresse sur le dossier de son fauteuil. Davis a réussi à attirer son attention. Les personnes qui s’intéressaient à leur trafic, que ce soit de près ou de loin étaient nombreuses, mais de manière générale, ils parvenaient toujours à glaner des informations, quelles qu’elles soient, sur leurs potentiels futurs clients. Car ils avaient beaucoup de personnel sur le coup, et qu’il était presque impossible de leur résister. Pourtant, cette fois semblait différente, assez pour que Davis vienne immédiatement en parler à Robb. L’homme lui tend des photos de la jeune femme, qui ont probablement étaient prises dernièrement. Photos dont s’empare immédiatement Robb. Il est définitivement intrigué. Par le fait qu’aucune information supplémentaire n’ait réussi à être filtrée, mais aussi par la beauté de cette femme. C’est son regard qui attire en premier l’attention du jeune homme, chose bien extraordinaire si l’on connaît un peu les habitudes de Robb. Il ne saurait dire pourquoi mais il y a quelque chose dans ses yeux qui l’attirent. Ils sont aussi bleus que l’océan certes, mais un tas d’émotions passent par ce simple regard. Une blessure béante, une certaine tristesse, mais surtout une force que n’ont que très peu de femmes. Du moins, une force qu’il n’a jamais eu la chance de rencontrer par le passé, et dieu sait qu’il a eu à faire à des femmes dans sa vie. Robb reste un certain temps devant ces photos qu’il passe les unes après les autres, puis recommence, cogitant sur ce qu’il allait en devenir. « Soit elle a quelque chose à cacher, soit c’est une flic. » En d’autres termes, soit il s’agissait d’une personne avec un casier judiciaire bien rempli, ou en passe de l’être, ou bien elle agissait pour le compte de flics. Ce n’était pas rare que des flics tentent d’approcher ses hommes, afin de mettre la main sur le magot ou pire encore, afin de démanteler le plus gros réseau de la région. S’ils étaient toujours parvenus à déjouer les plans de ces enquêteurs, qui agissaient bien trop souvent sous couverture, ils restaient toujours sur leur garde quand il s’agissait d’intégrer une nouvelle recrue dans leur équipe ou bien de faire affaire avec de nouveaux clients. Rien n’était laissé au hasard et aucun risque n’était pris. Tout d’abord, personne ne passait, avant d’avoir obtenu une confiance parfaite, par Robb ; ce qui faisait que certains de leur client depuis plusieurs années n’avaient la moindre idée de qui tenaient réellement les rennes ici. D’autre part, bon nombre de rituels et d’interrogatoires se déroulaient avant toute chose, couplés par une surveillance paramétrée au millimètre près et de nombreuses recherches sur le passé de ces personnes. Tout était définitivement calculé et la méfiance était toujours de rigueur. Robb dépose alors les photos sur son bureau, attrape le dossier, maigre soit-il que Davis a commencé à constituer et se lève, afin de rejoindre son bureau d’un pas décidé. « Je m’en charge. » D’ordinaire, Robb ne s’attardait pas sur ce genre de cas. Non, il laissait faire ses hommes, leur faisant confiance. Mais étrangement, il y avait quelque chose qu’il l’intriguait dans cette histoire. Cette femme. Il mourrait d’envie d’en savoir plus. Alors oui, il volait littéralement l’affaire pour laquelle Davis semblait déjà se passionner, mais il s’en fichait. Après tout, il était le boss ici, non pas Davis. Il avait donc tous les droits. Et ce malgré le fait que son interlocuteur semblait outré de s’être fait avoir de la sorte. « Mais c’est moi qui … » commence-t-il à dire, s’insurgeant face à la décision de son supérieur. Robb lève alors la main, histoire de faire comprendre à Davis de se taire, et sans un regard, il prend son ton le plus autoritaire qu’il soit. « J’ai dis que je m’en chargeais Davis, vous pouvez disposer. » L’homme bougonne quelques mots que Robb n’a même pas envie de relever, bien trop intrigué par ce dossier qui venait de lui être remis. Il fixe à nouveau les photos, les yeux plissés, s’adonnant à une réflexion qui ne débouchait pour l’heure qu’à une série de questions sans réponses. Qui pouvait bien être cette June Harper, que cachait-elle et surtout, que voulait-elle ? (...) Robb ouvre furtivement les yeux. Il n’a pas dormi une seule seconde, bien trop intrigué et pris par sa mission première, et ce malgré l’effort qu’il vient de fournir, malgré la fatigue qui devrait en temps normal le toucher. Il jette un regard à la jolie blonde qui se trouve à ses côtés, afin de s’assurer qu’elle dort bien à poings fermés. Il retire avec la plus grande minutie son bras qui entourait la taille de la jeune femme, et recule doucement avec une souplesse qu’on ne lui connaît pas, son corps nu de contre le sien. Il retient sous souffle pour faire le moins de bruit possible afin de pouvoir prendre une position assise sur ce lit qu’il découvre pour la première fois –et sachez le, pas pour la dernière. Il cherche des yeux ses vêtements, éparpillés dans la chambre de la demoiselle, qu’il trouve bien entendu de l’autre côté du lit. Il lève les yeux au ciel. S’il était très à cheval sur sa mission, il commettait toujours des erreurs lorsque les choses devenaient plus intimes. Et dieu sait qu’elles l’étaient devenues. Sur la pointe des pieds, il contourne le lit complètement nu, afin de récupérer ses fringues jetées ici et là. Il enfile rapidement de quoi se vêtir, et jette un œil à June, qui semble être plongée dans un sommeil profond. Cela ne faisait que quelques jours que Davis lui avait transmis le dossier de cette jeune femme un peu trop curieuse, et Robb n’avait pas perdu de temps. Il l’avait observé quelques jours, de loin. Mais à part voir qu’elle travaillait dans un diner miteux et qu’elle fréquentait des filles toutes plus idiotes les unes que les autres, il n’avait rien noté de réellement intéressant. Puis il était passé à la seconde lorsqu’il avait entendu qu’Amy comptait lui présenter l’un de ses hommes. Il en était bien entendu hors de question avant qu’il ne l’ait décidé et qu’il se soit fait un avis sur la jeune femme. Il avait donc clairement stipulé à l’homme en question de ne lâcher aucune information. Ce qu’il avait très docilement fait. Et c’est à ce moment-ci que Robb entrait en scène. Il l’avait suivi jusqu’à cette boîte de nuit qu’elle devait souvent fréquenter et avait joué son rôle de séducteur à la perfection. Ce n’était pas vraiment son genre, il n’était pas vraiment le type d’homme qui draguait les femmes dans les bars, mais le fait est que pour les besoins de ses missions, il était prêt à tout. Et puis, pour celle-ci, il s’était créé un nouveau personnage d’infiltration. Il avait joué le jeu de la boîte de nuit, quand bien même il détestait ça. Il détestait l’idée de se retrouver avec des adolescents ou jeune adultes immatures complètement saouls, dansant sur de la musique commerciale avec un verre de vodka redbull à la main. Pour ainsi dire, il les trouvait d’un ridicule, et ce même s’il avait finalement été comme eux à une certaine époque. Une lointaine époque qu’il avait cependant pris soin d’effacer complètement de sa mémoire, pour éviter de se rappeler à quel point elle pouvait lui manquer. Serena. De plus, il détestait cette proximité avec les autres, cette chaleur étouffante et cette musique assourdissante. Oui, Robb n’était pas le moins du monde un fêtard, ne supportait pas de se donner en spectacle, ni même d’assister à des scènes gênantes de tentative de rapprochement entre deux êtres trop saouls pour comprendre qu’ils regretteront amèrement le lendemain. Il détestait ce genre d’endroit, mais encore une fois, il était obnubilé par sa mission et il se devait de la réussir, de jouer le jeu et de se fondre dans ce nouveau personnage qu’il devait être. Plus motivé que jamais, il était bien entendu, parvenu à ses fins. Il l’avait séduite après quelques verres, l’avait embrassé plus que langoureusement sur le parking de la boîte de nuit et elle lui avait logiquement proposé de finir la soirée chez elle. Et s’il était parvenu à l’exact résultat escompté, il avait complètement laissé de côté son objectif premier lorsqu’il avait passé la porte de chez June. Parce que malgré tout, elle était terriblement sexy, et qu’il était bel et bien question pour lui d’en profiter. Comme avec les autres femmes, Robb manquait cruellement de tendresse, laissant cette part presque animale de lui prendre le dessus, mais sans réellement savoir pourquoi leur rapprochement avait eu une saveur différente. Sur le coup, il avait mis cela sur le compte de l’adrénaline due à la mission, quand il savait au fond de lui que quelque chose clochait. Ceci étant, il devait être aux alentours de six heures du matin et les rayons du soleil matinal commençaient à pénétrer doucement dans la chambre de June. Si bien qu’il avait une vision parfaite pour effectuer ce qu’il souhaitait. Il jette un dernier regard vers June alors qu’il commence à fouiller dans les placards, dans les tiroirs, dans ces piles de feuilles qui trainaient ici et là. Il les regarde les unes après les autres avec un énervement certain. Rien d’intéressant. Des factures, des publicités, son contrat de travail pour le diner dans lequel elle bossait... Il soupire et passe à un autre meuble. Il ne trouve rien, absolument rien. Son appartement est rempli de choses qu’une fille tout à fait normale pourrait avoir. Il ne perd pas espoir et quitte la chambre pour fouiller la salle de bain, pour n’obtenir pas plus de résultat. Puis il se met au salon, à la cuisine, même aux toilettes. Rien. Toujours rien. Que des conneries sans la moindre utilité. Il perd patience. Dans l’entrée il ouvre chaque tiroir du petit meuble, farfouillant sans relâche. Rien, toujours rien. La seule chose qui retient son attention est une photo. Une photo d’elle, avec les cheveux bruns, à côté d’un jeune homme. Ils sont sur le porche d’une maison typiquement américaine. Il fronce les sourcils alors qu’il tente de percer chacun des détails de cette photographie qui semble dater de plusieurs années. Il la retourne et découvre qu’une date a été ajoutée. 2003. Entendant du bruit venant de la chambre, il décide précipitamment de fourrer la photo dans sa poche et de tout remettre en ordre. Il retourne vers la chambre et la découvre toujours étendue sur le lit, dormant sagement. Fausse alerte. Il l’observe un instant. L’espace d’une seconde, il se perd totalement dans la contemplation de la jeune femme. Cela ne lui ressemble pas. Lui qui, au petit matin, ou même au beau milieu de la nuit, prend toujours la poudre d’escampette sans laisser le moindre mot, et surtout sans accorder la moindre attention à sa conquête d’un soir, était pourtant là, à la regarder dormir. Elle semble si paisible et surtout si normale. Il ne pouvait pas croire qu’elle souhaitait tremper délibérément dans leur trafic d’armes. Elle ne semblait pas être le genre de femme à manipuler les armes. Et puis, il fallait l’avouer, il était prêt à mettre sa main à couper qu’elle n’était pas flic. Quarante-cinq kilos toute mouillée, elle ne semblait pas le moins du monde avoir la carrure pour, ni même l’attitude. Alors oui, il était conscient que de nombreux flics jouaient sur une personnalité totalement contradictoire, mais il n’avait pas envie d’y croire. Non, elle ne pouvait pas être flic, il en était convaincu. Elle restait donc pour lui un véritable mystère. Le genre qui vous travaille toute la journée, le genre qui ne parvient à sortir de votre tête. C’est le bruit du vibreur d’un téléphone portable qui vient le sortir de sa rêverie passagère. Il reprend alors en quelque sorte ses esprits avant de poser son regard sur le mobile de la jeune femme. Il l’attrape alors qu’il fouille rapidement, se mettant dos à June, histoire de se protéger au cas où elle se réveillerait. Il parcourt la liste de ses appels et ses messages. Que des histoires de filles sans la moindre importance. S’il ne l’a trouvait pas aussi intrigante, il l’aurait trouvé terriblement inintéressante et un brin trop superficielle pour lui. Il ne pouvait savoir à quel point il pouvait se tromper sur elle. Il soupire, perdant patience alors qu’il envoie rapidement la totalité des données de son téléphone sur le sien, afin d’éplucher son répertoire et messages plus en profondeur une fois de retour au QG. Il patiente que le chargement s’effectue, tout en jetant quelques regards furtifs vers June. Une fois le transfert effectué il repose le téléphone et attrape sa veste, ses chaussures qu’il enfile rapidement et s’empresse de se diriger vers la sortie. Mais lorsqu’il attrape la poignée de la porte, il se ravise. Il ne peut pas partir comme ça, surtout en ayant obtenu aussi peu de résultat. Il doit continuer son investigation, et surtout son jeu de séduction. Et ce n’était pas en partant comme un voleur au petit matin sans lui laisser de mot qu’il allait y parvenir. Il attrape alors un morceau de papier où il griffonne quelques mots mielleux, affirmant avoir passé une excellente soirée, espérant qu’elle ne serait pas la dernière. Puis il laisse son numéro de téléphone à la fin du mot, avant de mettre les voiles. Lorsqu’il retrouve les locaux du cartel, il ne peut s’empêcher de fermer les yeux quelques secondes, se sentant à nouveau lui-même. Jouer un personnage ne lui posait d’ordinaire pas le moindre problème, mais il avait ce pressentiment étrange que cette mission allait lui réserver bon nombre de surprises. Comme à son habitude, il n’adresse pas la moindre attention à ses hommes et se dirige directement vers son bureau. Il prend place sur sa chaise alors qu’il dépose son arme sur le côté droit et sort la fameuse photo qu’il contemple pendant un instant. Il s’étonne à trouver qu’elle est tout aussi belle avec les cheveux bruns, alors qu’il devrait surtout se demander si ce changement de couleur n’est pas dû à un désir de changer d’identité. Car finalement, c’était son travail de toujours penser au pire. Cependant, il n’a pas le temps d’y penser, puisque Nina vient l’interrompre en pénétrant dans la pièce, venant s’installer directement sur le coin de son bureau. « Alors, comment c’était ? Tu as des infos ? » Demande-t-elle visiblement pressée d’en savoir plus. Fidèle à lui-même, Robb se contente de lever les yeux vers elle et de secouer la tête. La vérité était que pour une première approche, les choses s’étaient plutôt très bien passées, mais le fait est qu’il n’était parvenu à glaner aucune information. S’il avait aisément profité de sa soirée, sa mission était restée au point mort. Nina, qui s’amuse à faire glisser ses doigts le long de l’arme de Robb lève les yeux vers lui. Elle l’observe un instant. Car elle le connaît, elle sait quand il lui cache quelque chose, ou bien quand il ne va pas au bout des choses. Il ne lui faut d’ailleurs que quelques secondes pour remarquer quelque chose qui ne semble pas lui plaire. Elle le fusille du regard, si bien que Robb baisse immédiatement les yeux, il n’est pas d’humeur pour ses leçons de morale. Hélas, c’est déjà trop tard. « Non mais attend, tu portes les mêmes fringues qu’hier ? » Définitivement, il ne pouvait rien cacher à Nina. Robb soupire et hausse les épaules avec une nonchalance folle. Et s’il croyait qu’elle allait le lâcher, voyant qu’il n’avait pas envie de débattre là-dessus, il se trompait, et lourdement. En effet, Nina, écarquille les yeux et se lève immédiatement du bureau, amenant sa main devant sa bouche. Pas le moins du monde le genre à exagérer bien sûre. « Tu as couché avec elle ! » Robb relève la tête et croise les bras, cependant il reste parfaitement silencieux, n’ayant à l’évidence pas envie de s’étendre sur sa vie sexuelle et encore moins sur cette mission. Du Robb au sommet de son art en somme. Evidemment, cette attitude ne plait pas le moins du monde à Nina qui redouble de reproches. « Mon dieu tu n’es pas croyable, tu ne peux pas t’en empêcher ! Et si c’était une flic ! Tu nous fous dans une de ces merdes Renfield ! » S’il y avait bien une chose que Robb ne supportait pas, c’était les reproches et les leçons de morale. S’il tenait les rennes du cartel ce n’était pas pour avoir à rendre des comptes à qui que ce soit. Bien au contraire, il prenait, selon lui, assez de risques dans sa vie pour qu’on puisse lui ficher la paix et le laisser gérer comme il l’entendait. Mais évidemment, c’était sans compter sur Nina et son insupportable manie de toujours tout vouloir juger et contrôler. Robb lève les yeux au ciel. La vérité était qu’elle ne supportait pas qu’il prenne du bon temps avec une autre qu’elle, tout comme lui voyait d’un très mauvais œil les hommes qu’elle pouvait fréquenter. Mais après tout, ils ne s’étaient jamais rien promis, ni fidélité qui exclusivité alors ils n’avaient absolument rien à se dire. Et puis, il était clair que Robb n’était pas d’humeur pour. Enfin, il n’était jamais d’humeur de toute évidence. « Ne me donne aucune leçon de morale Westmore, toi et moi on sait très bien que s’il y a une personne qui fait n’importe quoi et nous fout dans la merde continuellement ici, c’est toi. » Robb avait retrouvé toute sa froideur et son autorité habituelle ainsi que sa manie de constamment être désagréable. Le séducteur mystérieux et sympathique qu’il avait joué la veille au soir pour les beaux yeux de June Harper n’était bel et bien plus de ce monde. Il jette la photo sur son bureau et contourne celui-ci, décidé à ne pas rester une seule seconde de plus ici. Il ne savait même pas pourquoi il n’était pas directement rentré chez lui au lieu de vouloir passer au QG. Il attrape les clés de sa voiture ainsi que son arme et passe à côté de Nina, lui infligeant son regard le moins chaleureux du monde. « Alors fiche moi la paix. Et puis, ce n’est pas une flic. » Lâche-t-il définitivement sûr de lui, alors qu’en réalité, il n’est pas à l’abris de se tromper. Mais étrangement, sans réellement savoir pourquoi, il n’a pas envie de se tromper. Il y croit, plus qu’il ne devrait. Peut-être parce qu’il a cette impression particulière qu’elle lui ressemble plus qu’elle n’aimerait le montrer. Nina le suit du regard, croisant les bras, tout en secouant frénétiquement la tête. « J’espère que tu sais ce que tu fais Robb. » Bien sûre, il était convaincu qu’il le savait, alors qu’en réalité, cette situation allait complètement le dépasser, et il n’était qu’au début d’un long processus vers sa propre perte …




you couldn’t possibly love me as much as I love you.
I love you. So much, my heart hurts.


Un bourdonnement incessant vient peu à peu déranger le sommeil, pourtant profond de Robb. Quoi que ces derniers temps, son sommeil soit bien plus agité. Il dort peu et lorsqu’il dort, il ne cesse de se réveiller, suspicieux de tout ce qui pourrait se passer autour de lui. Il ne l’avouera surement jamais mais il a peur. Il est angoissé, à chaque instant qu’il lui soit fait du mal. Car il le sait pertinemment, elle représente l’une des personnes parfaites à qui on pourrait s’y prendre pour atteindre le digne représentant du cartel. Elle est devenue en l’espace de quelque mois, et malgré tout ce qu’il pourrait dire, sa faiblesse. Son irrémédiable et grandissante faiblesse. Pourtant, Robb Renfield est connu pour n’en avoir aucune. Après tout, il a abandonné toute sa vie, il a tiré un trait sur sa famille et mis tout ceci derrière lui, pour entrer pleinement dans le business, pour n’avoir aucun moyen d’être atteint. Et pourtant, il s’est laissé avoir comme un novice. Il s’était attaché à elle. Si elle n’était au préalable qu’un jeu, qu’une mission, qu’un moyen d’en savoir plus sur ses intentions, elle était peu à peu devenue bien plus que cela. Il ne parvenait plus à se passer d’elle, il se sentait terriblement vivant lorsqu’elle venait à son contact, lorsqu’il frôlait ses lèvres, lorsqu’elle posait son regard bleu océan sur lui et qu’elle lui faisait comprendre en un seul regard qu’elle l’aimait. Bien sûre, ce n’était pas des mots qu’ils s’étaient dits. Pour la simple et bonne raison que l’un comme l’autre, ils étaient bien trop sur la réserve en ce qui concerne l’amour, à la limite d’être pudique, à la limite d’être insensible. Du moins, c’était ainsi que Robb Renfield était souvent qualifié par ses pairs. Comme un être insensible, sans aucune once de compassion et de sentiment, un homme cruel et rigide. Mais cette partie de lui disparaissait lorsqu’il se trouvait avec elle. Elle faisait naître en lui un tout autre homme, un homme capable d’aimer quelqu’un, un homme ordinaire en somme. Et même si cette situation lui échappait totalement, Robb ne pouvait s’empêcher d’apprécier cet effet qu’elle provoquait en lui. Ce matin-là, il mit un temps conséquent pour ouvrir les yeux. Ces derniers jours avaient été mouvementés. Il s’était blessé à l’épaule, lors d’un échange musclé et celle-ci lui lançait terriblement. Si bien que ce n’est pas vraiment le bourdonnement incessant du téléphone portable de June, posé sur la table de chevet qui le réveilla, mais davantage la douleur de son épaule. Une grimace se lit sur son visage, tiraillé par la douleur lorsqu’il se tourne de l’autre côté du lit, afin de pouvoir rejoindre la chaleur de son corps. Mais ce n’est malheureusement que le vide qui l’attend à sa droite. Déçu, il ouvre les yeux et fronce les sourcils. Elle n’est plus là. L’espace d’un instant, il ne peut s’empêcher d’imaginer le pire. Mais le son de sa voix fredonnant une chanson passée en boucle à la radio le rassure immédiatement. Il soupire, ferme les yeux un instant, juste après s’être laissé à nouveau tomber sur le lit, soulagé. Il grimace immédiatement. La fraction de seconde de panique qui s’était emparée de lui, lui avait fait oublié sa blessure. Il serre la mâchoire, il déteste cela. Il déteste cela parce qu’il sait qu’il va devoir aller voir Nina pour qu’elle regarde sa blessure, qu’il tente pourtant de cacher par tous les moyens, en vain. D’autre part, il déteste aussi le fait de devoir faire face à la grande blonde qu’il évite au maximum ces derniers temps. Il avait bien du mal à assumer le fait d’être irrémédiablement et honteusement sous le charme de celle dont il aurait dû se tenir éloigné au maximum. De plus, il n’avait après près de cinq mois, toujours aucune information réellement concluante. La vérité était qu’il avait tout bonnement arrêté toute investigation, sans réellement savoir pourquoi, il lui avait accordé le bénéfice du doute ; et pire encore, sa confiance. Cela ne ressemblait pas au jeune homme. Bien au contraire, il n’accordait sa confiance qu’à très peu de personne. Et pourtant. Elle était différente. Et il était totalement différent lorsqu’il était question d’elle. Il perdait littéralement la tête, c’était un fait. Un fait qu’il ne voulait pas avouer, mais qui était bel et bien la triste réalité. Se contorsionnant pour parvenir au pied du lit, Robb attrape son caleçon qu’il enfile rapidement avant de se lever. Un sourire s’installe immédiatement lorsqu’il l’aperçoit. C’est rare de voir Robb sourire, et pourtant, June a ce privilège presque quotidiennement. Enfin, sourire qui reste tout de même fidèle au brun, il n’est pas franchement le genre à sourire de toutes ses dents. Elle se trouve dos à lui et prépare le petit déjeuné, tout en balançant sa tête de gauche à droite sur l’air de la musique. Il ne peut s’empêcher de la trouver adorable. Il esquisse un léger rire avant de s’avancer vers elle. Toujours dos à lui, elle ne sent sa présence que lorsqu’il vient faire glisser ses mains le long de ses bras pour venir s’accrocher à ses hanches, venant coller son corps au sien. Bien qu’elle soit dans un premier temps surprise, il la sent se détendre du fait de ses gestes tendres. C’est fou à quel point elle fait naitre en lui des émotions et des comportements qui lui étaient jusqu’alors inconnus. Robb n’est pas quelqu’un de tendre. Jamais. Bien au contraire, il est bien trop souvent brutal et autoritaire, à la limite de la violence. Mais avec June, c’est encore une fois différent. Et malgré le fait que ses gestes sont parfois gauches, il prend plaisir à agir ainsi avec elle et ceci lui semble étrangement naturel. Un instant il ferme les yeux, lorsqu’il vient poser ses lèvres au creux du cou de la jeune femme, profitant simplement de ce moment. Il remonte doucement vers sa joue avant de la forcer à se tourner –parce qu’il lui est définitivement impossible de totalement abandonner son côté directif et autoritaire. « Bonjour. » murmure-t-il de manière presque inaudible, un mince sourire aux lèvres. Le fait est qu’il n’a qu’une idée en tête à cet instant, et il lui fait rapidement savoir en s’attelant à sa propre chemise qu’elle a revêtue ce matin même, histoire d’aller plus vite. Il jette la chemise vers l’arrière et attire de nouveau June vers lui, venant attraper ses lèvres de plein fouet, sans lui demander une seule seconde son avis. Mais il semble évident qu’elle n’est pas réticente à ses initiatives puisqu’elle vient entourer son cou de ses bras. Ce n’est que lorsqu’il descend à nouveau dans son cou qu’elle peut reprendre son souffle et surtout, observer l’heure qui avance. « Robb, tu dois aller travailler. » Pour garantir sa couverture et justifier les multiples blessures qui ornaient l’ensemble de son corps, Robb avait dû logiquement mentir sur son activité. Il lui avait lancé qu’il travaillait dans l’armée américaine. S’il y avait déjà travaillé, cela faisait bien longtemps que ceci était derrière lui, mais cela, elle n’était pas censée le savoir. Elle l’avait simplement cru, ne remettant pas une seule seconde ses dires en questions. Et c’était peut-être cela qui était le plus douloureux. Elle lui faisait confiance, ou du moins elle semblait lui faire confiance. Alors qu’il lui mentait sur bien des choses. Ceci étant, il ne lui mentait pas sur ce qu’il pouvait ressentir pour elle, bien au contraire. Il était d’ailleurs bien trop à découvert sur ce sujet, et il était presque certain que ceci allait un jour lui jouer des tours. Et pourtant, il continuait, il s’enfonçait, perdurait dans cette relation qui allait un jour voler en éclats, c’était une certitude. « Il me reste du temps. » En réalité, il était déjà en retard, mais son retard ne se comptait plus en minute ou en heure mais bel et bien en jour. Cela faisait quelques jours qu’il avait déserté le QG pour se consacrer pleinement à June. Certes, il avait dit aux autres qu’il partait pour une mission en totale immersion, mais, la réalité allait bien au delà de cela. Il affiche un sourire alors qu’il passe ses mains dans la chevelure blonde de celle qui occupait ses pensées et une bonne partie de son temps libre ces derniers temps. « C’est moi qui suis aux commandes, rappelle toi. Alors si j’ai envie de te faire passer avant je le fais. » C’est idiot et complètement irréfléchi de dire une chose pareille. Mais c’était du Robb tout craché, il avait ce besoin de faire savoir à la terre entière qu’il gérait, qu’il était le chef et que personne n’avait absolument rien à lui dire. Mais le fait est que même s’il lui avait dit être plutôt haut placé dans l’armée, l’heure restait tout de même importante. Il dispersait clairement des indices insignifiants chaque jour qui se révèleraient être de véritables bombes à retardement par la suite. Et le pire dans tout cela était qu’il ne s’en rendait même pas compte. De son côté, June semble tout autant aveuglée par leur histoire. Elle pose une main sur son torse et le repousse doucement. « C’est moi qui vais commander aujourd’hui. » Elle affiche un sourire qui veut en dire long alors qu’elle le pousse jusqu’à ce qu’il ne puisse plus reculer, butant contre le rebord du divan. Elle incline sa main, l’incitant à s’asseoir. Elle s’installe sur lui, à califourchon, alors qu’il ne peut ôter ce sourire de son visage. S’il déteste lorsqu’il ne dirige pas, lorsqu’il n’a pas le dessus, encore une fois, tout est différent avec June. Et il trouve même cette façon de prendre les choses en main terriblement attractive. « Mon dieu June si tu savais à quel point je … » Alors qu’il avançait son visage du sien, il s’arrête juste avant d’heurter ses lèvres, sentant que tout ceci allait trop loin, qu’il en disait trop et qu’il était au bord de faire une bêtise. Une de plus. Et pourtant, il en mourrait d’envie. Il avait envie de lui dire ces mots, si lourds de sens, qu’il n’avait pourtant jamais prononcé, que ce soit pour elle ou pour qui que ce soit. Il marque une pause et fuit un instant son regard, car il le sait, elle fronce les sourcils et attend qu’il termine sa phrase. Il ne pouvait pas lui dire qu’il l’aimait et ce, même si c’était irrémédiablement ce qu’il était en train de penser. Il avale difficilement sa salive et cherche quelque chose qu’il pourrait lui servir de bouée de sauvetage. « A quel point j’ai envie de toi. » Simple, efficace et terriblement vrai ; quand bien même c’était loin de ses propos initiaux. June plisse les lèvres. Elle avait cru un instant qu’il lui dirait autre chose, mais elle connaissait assez Robb pour savoir qu’il ne pourrait pas le faire aussi facilement. Elle décide donc de ne pas relever davantage et de venir trouver ses lèvres. Dans leur rapprochement qui se fait de plus en plus chaleureux, elle appuie sa main sur l’épaule blessée de Robb qui ne parvient à cacher sa douleur. La surprise et l’horrible sensation que cela lui provoque fait qu’il lâche un petit gémissement de douleur et une grimace qui veut tout dire. « Qu’est-ce qu’il y a ? » June se redresse immédiatement, définitivement suspicieuse. « Quoi ? » Malgré tous les signes qu’il venait de montrer intentionnellement, il continuait de faire l’innocent, pensant peut-être qu’elle déciderait de ne pas poser de question supplémentaire. Il se trompait. Elle croise les bras sur sa poitrine et l’interroge du regard. « Ton épaule ! » Il ne pouvait pas lui dire la vérité. Non, impossible. Il ne pouvait pas lui dire que le dernier échange d’une nouvelle gamme de fusils d’assaut contre un bon paquet d’argent s’était terminé en un véritable bain de sang et qu’à la finalité, il ne s’en était plutôt pas trop mal tiré avec une simple épaule déboitée. Non, bien sûre qu’il ne pouvait lui dire une chose pareille. Après tout, il n’était qu’un sergent de l’armée américaine, et les affrontements étaient finalement rares lorsqu’il n’était pas envoyé à des milliers de kilomètres dans des pays en guerre. Il hausse alors légèrement les épaules – très légèrement, ayant assez souffert jusque là. « C’est rien, juste un entraînement un peu plus difficile que les autres. » L’excuse qu’il lui servait à chaque fois. Il commençait sincèrement à être terriblement nul en matière de mensonge lorsqu’il se trouvait en face d’elle. En plus de le rendre tendre, chaleureux et doté de sentiment, elle lui faisait perdre pied sur l’un de ses atouts principaux : l’art de la dissimulation et du mensonge. Après tout, sa vie entière était un énorme mensonge, alors on pouvait aisément dire qu’il s’y connaissait en la matière. Mais là encore, elle venait chambouler bien des choses. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Pourquoi posait-elle toujours autant de question. Il lève les yeux au ciel, définitivement pas enclin à s’expliquer. Et c’était ainsi que débutait chacune de leur dispute. « Ca n’a pas d’importance. Embrasse moi ! » Et voilà qu’il lui redonnait des directives, comme il pouvait le faire avec Nina lorsqu’elle venait le contrarier et qu’il n’avait pas la motivation pour batailler, ou qu’il manquait clairement d’arguments. C’était aujourd’hui un mélange des deux. Si la jolie blonde semble vouloir en savoir davantage, il ne la laisse pas faire puisqu’il vient s’accrocher à ses lèvres. Malheureusement leur baiser ne dure qu’un temps, puisque son téléphone portable –ou tout du moins l’un de ses téléphones- se met à vibrer avec insistance. Si dans un premier temps, il décide de l’ignorer, il finit par y jeter un coup d’œil entre deux baisers. Le numéro qui s’affiche sur son écran l’interpelle immédiatement. Et pour cause, il s’agit du numéro du téléphone de son bureau. Il fronce les sourcils et abandonne totalement June. « Je dois y aller. » Son ton est étrangement redevenu froid et sec. Il sait qui appelle, ou pour le compte de qui. Il ne peut s’agir que d’une seule personne, car il n’y a qu’une seule et unique personne qui a un double des clés de son bureau. Nina. Et même s’il l’évitait depuis quelques jours, le fait qu’elle tente de le joindre par le biais de ce téléphone l’interloque. Il avait pris l’habitude de recevoir des nouvelles tragiques, mais il n’était pas prêt pour cela. Pas aujourd’hui. Pendant un instant, il pense même qu’il serait possible qu’il soit arrivé quelque chose à Nina. Ni une, ni deux, Robb soulève sans la moindre difficulté June afin de se libérer de son étreinte et se dirige vers la chambre où ses affaires étaient encore éparpillées. Il enfile rapidement ses vêtements, prend un t-shirt propre dans son sac, y fourre son téléphone et saute littéralement dans ses chaussures, sous l’œil ébahi de June.  « Qu’est-ce qu’il se passe ? » C’était évident. Robb laissait clairement libre chemin à l’imagination de June. S’il était persuadé qu’elle n’était qu’une jeune femme un peu rebelle qui s’intéressait de loin aux armes, et qu’elle n’était en aucun cas une flic, il multipliait les erreurs, se pensant clairement intouchable. Il ne lui jette pourtant pas un seul regard alors qu’il rassemble ses affaires. Tout rentre dans son sac de sport qu’il a l’habitude de prendre lorsqu’il rejoint June. « Rien. Je serais sur le terrain quelques jours, ne m’attend pas, je te tiendrais au courant. » Se contente-t-il de dire en déposant un baiser furtif sur les lèvres de la jeune femme avant de sortir de l’appartement en trombe, car il sait qu’elle pourrait le retenir, ou pire encore, le suivre. A peine sorti, qu’il fouille dans son sac, déchire la couture du double fond du bagage pour en sortir son arme dont il ne se sépare jamais. Il la place dans son dos, à l’arrière de son pantalon et prend directement le chemin du QG. Il ignore s’il s’agit d’une urgence ou non, mais il sait que la provenance de cet appel signifie clairement que quelque chose ne s’est pas déroulée dans les règles édictées au préalable. Et il déteste ça. Arrivé sur place, il retrouve immédiatement cette expression qui fait pleinement partie de lui. Le genre dure et constamment sur la défensive. De plus la paranoïa due à ce coup de fil le rend encore plus suspicieux. Il tient fermement son arme entre ses mains, prêt à tirer à tout moment. Mais ce qu’il découvre au QG le laisse perplexe. Tout le monde est à son poste et rien ne semble avoir dérogé aux habituelles règles, et ce, même si cela fait quelques semaines qu’il ne s’est pas pointé ici. Il fronce les sourcils, ne prenant même pas la peine de s’adresser à ses hommes. La politesse n’a jamais fait parti de ses habitudes. Restant tout de même aux aguets, il pénètre dans les locaux et pousse doucement la porte de son bureau. Il sursaute immédiatement, ne s’attendant pas à trouver Nina derrière la porte, les bras croisés et le regard foudroyant. Il laisse échapper un soupire de soulagement, presque décontracté par le fait que finalement le problème semblait bien moins important que ce qu’il s’était imaginé. Il avait cette tendance à toujours s’imaginer le pire. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » demande-t-il en abaissant son arme et en refermant la porte derrière lui. Au vu du regard de Nina, il savait pertinemment la tournure qu’allait prendre la conversation et il n’était pas question que ses hommes les entendent. Nina lève les yeux au ciel et fait quelques pas vers lui, ne cessant d’arborer cette expression accusatrice. « Rien Robb, on se demandait juste ce que tu devenais. Ta mission est tellement en infiltration que tu ne donnes plus aucune nouvelle. On a un business à faire tourner je te rappelle. » Et voilà, il aurait pu parier sur ce qu’allait dire Nina. Elle n’avait certes pas tout à fait tort, il s’était clairement laissé embarquer par sa mission-qui n’en n’était plus vraiment une à l’heure d’aujourd’hui- et avait délaissé honteusement le business. Mais s’il savait qu’elle avait raison sur toute la ligne, il ne supportait tout de même pas ses remarques. Car il détestait qu’on lui fasse la moindre réprimande, mais aussi et surtout parce qu’il avait cette tendance à toujours être sur la défensive lorsqu’il s’agissait de cette histoire de mission, de June en somme. Il soupire et se dirige vers son bureau où il s’installe sans jeter le moindre regard à Nina. « Et bien quoi, tu ne peux pas le gérer seule maintenant ? » L’attaque était toujours la meilleure des défenses pour Robb qui n’hésitait pas à rappeler des paroles qu’avait auparavant prononcées Nina en les sortant totalement de leur contexte. Car oui, Nina insistait en permanence sur le fait qu’elle était parfaitement capable de gérer le business sans lui et qu’elle était finalement à la tête du cartel, non lui. Calomnies selon Robb, mais cela ne l’empêchait pas d’utiliser ces mots pour rétorquer à ses accusations, qui commençaient déjà à l’agacer. En face, Nina semble elle aussi bouillonner de l’intérieur. Elle s’approche du bureau et dépose ses deux mains sur celui-ci, se baissant légèrement, afin de capter le regard de son interlocuteur. « Arrête Robb ! » Ces deux-là détestaient se disputer, et pourtant, ils passaient la plupart de leur temps à cela. Ils n’arrivaient absolument pas à communiquer autrement. « Qu’est-ce que tu es en train de faire ? » Voilà que les questions sur sa mission arrivaient. Robb lève les yeux vers Nina et la fusille du regard. Il ne supportait pas qu’on l’interroge sur ce qu’il était en train de faire, de comment il le faisait et du pourquoi ; et plus encore lorsqu’il s’agissait de cette mission en particulier. Il était donc hors de question qu’il lui réponde. « Ca ne te regarde pas. » Il était évident que la tournure qu’avait pris sa mission ne la regardait pas, pour la simple et bonne raison qu’il s’était totalement détourné de son objectif. Au fond, ce qu’il était en train de vivre avec June allait bien au delà de la simple mission, cela ne faisait l’ombre d’un doute. « Justement si, je te rappelle qu’on gère tous les deux ce business, je suis autant à la tête que toi ! » Robb lève immédiatement les yeux au ciel. Ce qu’il entendait l’agaçait au plus haut point. Si bien qu’il décide de se lever, de contourner son bureau et de s’afférer à tout autre chose, histoire de se calmer. « Oh ne me fais pas croire que tu gères plus que moi ! » C’était un fait, Robb était à la tête du trafic et ce depuis bien longtemps déjà. Le seul point qui permettait parfois à Nina d’être au dessus de lui, était simplement et uniquement son nom de famille. Il ne lui accorde aucun regard et se dirige vers son coffre-fort, incrusté dans le mur, derrière un vieux tableau où il compose ce même numéro qu’il a depuis toujours –la date de naissance de Serena. Il prend à l’intérieur une liasse de billets verts qu’il fourre dans sa poche et des munitions pour son Beretta qu’il ne quitte jamais. Tout ceci dans un silence olympien, alors que derrière lui, Nina devient littéralement folle. « Ces derniers temps, c’est moi qui me charge de tout je te rappelle ! » Elle marquait un point. Robb se tourne vers elle après avoir refermé le coffre et hausse les épaules. « C’est bon, je suis là maintenant, je vais prendre le relai ! » Et alors qu’il se dirige vers son sac pour y mettre ses munitions, Nina lui barre la route, l’empêchant de passer. « Tu es bizarre ces temps-ci. » Elle plisse les yeux et tente d’une manière qui échappe totalement au garçon, de lire quelque chose dans son regard. C’est d’ailleurs assez effrayant d’observer à quel point elle parvient à déceler en lui des choses que lui-même ignore. Elle le connaît trop, et il déteste cela. Si bien qu’il tente de ne pas croiser son regard. « Dis pas n’importe quoi. » souffle-t-il tout en sachant pertinemment qu’elle avait raison. Il fait un pas en avant, mais derechef, elle lui bloque le passage et lui saisit le bras. « Tu es tout le temps étrange, mais cette fois-ci je sais que tu me caches quelque chose ! » Elle cherche à nouveau son regard que Robb tente par tous les moyens de fuir, mais leur proximité si réduite fait qu’il a bien du mal. Il n’a donc pas le choix. Il doit l’affronter. « Si tu savais tout ce que je ne dis pas Neens. » lâche-t-il froidement, jouant à nouveau l’insolence, plutôt que d’opter pour le dialogue. Chose qui déplait bien entendu à Nina, dont l’énervement semble être à son comble. « Sur quelle affaire tu es ? » demande-t-elle aussi froidement que lui, comme elle pourrait le faire lorsqu’elle interrogeait une personne lambda qui en savait bien trop sur le cartel. L’insistance de Nina finit par avoir raison de Robb dont la colère lui est immédiatement montée. D’un geste brusque, il attrape le poignet de Nina, dont la main était resserrée autour de son bras et la force à le lâcher, lui serrant si fort le poignet qu’il put voir une grimace apparaître sur le visage de la blonde. Mais il n’en teint pas compte, bien décidé à lui faire comprendre qu’elle le poussait un peu trop loin dans ses retranchements. Il s’approche alors de son visage, arborant un air des plus menaçants. « Je t’ai dit de me ficher la paix Westmore, est-ce que c’est si dur à comprendre ? » Un silence s’installe où les deux jeunes adultes se fusillent l’un et l’autre du regard. Ils ne sont qu’à quelques centimètres l’un de l’autre, si bien qu’ils peuvent sentir leurs souffles se heurter contre leur peau. Habituellement, ce genre de dispute amenait toujours à la même chose. C’était d’ailleurs surement l’une des raisons qui faisaient qu’ils se disputaient si souvent, outre le fait qu’ils ne parvenaient jamais à se mettre d’accord. Ce bureau en avait d’ailleurs bien trop souvent été le témoin. En effet, les cris, les haussements de tons, les bousculades et parfois même une certaine violence qui n’allait jamais bien loin pour autant, donnaient toujours le même résultat. Résultat qui semblait à deux doigts d’être atteint aujourd’hui. Il ne fallut qu’un léger desserrement des doigts de Robb autour du poignet de la blonde pour marquer la rupture et les pousser l’un vers l’autre. Sans plus attendre, les lèvres de Nina vinrent heurter celles de Robb, laissant leurs souffles et leurs langues s’entremêler à une vitesse folle. Il la plaque contre le mur, alors qu’il commence à s’attaquer à son chemiser. C’était toujours ainsi que cela se passait. La violence, les disputes, amenaient toujours au sexe, et ce même lorsque leurs disputes étaient des plus sérieuses. Comme elle pouvait l’être aujourd’hui. Cependant, lorsqu’elle passe ses mains sous sa chemise, un électrochoc parcourt chaque parcelle de son corps, si bien qu’il saisit immédiatement les mains de Nina avec une force qu’il ne mesure pas et la repousse. « Arrête. » Il ne sait pas vraiment pourquoi, mais il ne peut pas faire ça. Il ne peut pas s’envoyer en l’air avec Nina, comme si de rien était. Il ne pouvait pas faire cela tout en pensant à June. Tout en sachant qu’elle l’attendait sagement chez elle –enfin du moins c’est ce qu’il pensait à cet instant. Il avale difficilement sa salive et s’éloigne le plus possible de Nina, presque troublé par son propre comportement. Il reboutonne les quelques boutons de sa chemise qui ont eu le temps d’être défaits avant de retourner vers son sac, laissant Nina sur sa faim, totalement perplexe par l’attitude invraisemblable de Robb. « Quoi ? Mais qu’est-ce qu’il t’arrive à la fin ? » Robb n’avait jamais repoussé Nina, ni même qui que ce soit. Il était le genre à s’envoyer en l’air dès qu’il le pouvait et avec absolument n’importe qui, seulement pour contenter sa libido. Le sexe n’avait pas réellement d’importance pour lui, n’étant qu’un moyen comme un autre de prendre du plaisir. C’est pourquoi il n’accordait à ses partenaires aucune importance. Cependant, Nina avait toujours suscité en lui quelque chose de particulier, qu’il ne ressentait pas pour les autres. Il l’appréciait et s’était juré de tout faire pour la garder en vie le plus vite possible. Il avait ce besoin constant de la protéger, d’être proche d’elle. Mais aujourd’hui, tout semblait différent. Nina comptait pour lui d’une toute autre manière. Et pas de la manière dans laquelle ils s’étaient aventurés aujourd’hui. « Robb, depuis quand tu me repousses ? » Elle l’interroge du regard mais il ne la regarde pas, si bien qu’il décide de ne pas lui répondre. De toute évidence, il n’a pas envie de le faire. C’était la première fois qu’il repoussait Nina, et au fond de lui, il savait très bien pourquoi il venait de faire ça. Mais il n’était pas pour autant prêt à l’avouer. Et encore moins à Nina, car cet aveu était clairement synonyme de faiblesse pour lui. C’était bien connu, Robb Renfield n’avait aucune faiblesse. « C’est à cause d’elle n’est-ce pas ? » soupire Nina alors qu’elle tente de lui faire avouer l’inavouable. Son sang se glace quand elle prononce ces mots. Il n’arrive pas à comprendre comme elle peut en l’espace de quelque secondes savoir ce qu’il ressent qu’il tente pourtant de cacher. « Non. » ment-il immédiatement mais il est évident que Nina ne le croit pas une seule seconde et l’a percé à jour. Elle secoue nerveusement la tête, sentant que la situation leur échappe totalement. « Elle te rend fou Robb, et ce n’est vraiment pas bon signe. » Et voilà qu’elle recommence ce que Robb déteste le plus. Il déteste qu’elle sache lire en lui comme dans un livre ouvert, qu’elle sache avant qu’il n’ait agit, comment il va procéder et ce qu’il peut se passer dans sa tête. « Tais toi Nina. » C’est la seule chose qu’il parvient à dire, car il ne peut rien dire contre ses propos, pour la simple et bonne raison que c’est elle qui a raison, et ce depuis le début. Il est pris au piège dans quelque chose qu’il ne maîtrise plus, il n’arrive pas à s’en sortir, parce qu’au fond, il n’a pas envie d’en sortir. « Tu t’es attaché à elle ou quoi ? Je ne vois pas d’autre raison à ce que tu souhaites lui être fidèle ! Depuis quand Robb Renfield est fidèle ? Depuis quand a-t-il des sentiments en fait ? » Nina savait parfaitement comment faire pour pousser Robb dans ses retranchements, comment le faire avouer quelque chose d’inavouable, et comment mettre le doigt où ça faisait mal. Et c’était exactement ce qu’elle était en train de faire. « Ne me pousse pas à bout Nina. » prévient Robb, sans pour autant être capable de contredire ce qu’elle disait. Elle avait raison. Sur toute la ligne. Il s’était attaché à June, plus qu’il n’aurait dû, c’est certain, mais aujourd’hui, il était bien trop tard pour faire marche arrière, il n’y parvenait pas à n’avait pas le moindre envie de le faire. Face à tant de mutisme de la part de Robb, Nina semble se rendre à l’évidence. Elle a bien du mal à cacher son étonnement. Elle n’a pour ainsi dire jamais vu son partenaire comme ça. « Mon dieu c’est encore pire que ce que je pensais… Tu es amoureux d’elle. » Robb n’était pas amoureux, Robb ne faisait pas dans les sentiments, il n’était pas né pour cela et n’y connaissait absolument rien. Et pourtant, il n’en restait pas moins un Homme. Un homme qui s’était fait prendre au piège par ses propres émotions, émotions qu’il pensait pourtant ne pas être présentes chez lui mais qui l’étaient belle et bien…

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Dernière édition par Robb Renfield le Mer 22 Juil - 12:31, édité 15 fois
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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 16:38



If I let myself care, all I feel is pain

[...] « Renfield ? » Il y a du sang, beaucoup trop de sang. Ce n'est pas son sang mais c'est bientôt pire que si ça l’avait été. Ses gestes sont rapides, un brin brusques mais il sait ce qu'il fait. Il arrache la bouteille d'alcool des mains de celui qui vient, en une fraction de seconde, de bousiller sa couverture. Il lui lance un regard entendu, qui veut en dire long. Dimitri, l'un de ses hommes, qu'il avait spécifiquement assigné à la surveillance et à l'entrée progressive de June dans le business, venait de l'appeler par son nom. Devant June, totalement à découvert. Il venait de prononcer son nom alors que Robb avait toujours pris soin de le cacher à la jolie blonde qui partageait, certes aujourd'hui sa vie, mais qui faisait toujours l'objet d'une surveillance rapprochée, et qui, surtout, ignorait tout de sa véritable identité, de sa véritable vie et plus encore, de son job et de son implication au sein de l'un des plus grands réseaux d'armes du pays. Dimitri comprend au regard de son boss qu'il a fait une connerie et qu'il peut commencer à s'inquiéter des répercussions à venir. « Vas me chercher des ciseaux ! » ordonne Robb à Dimitri alors que ses deux mains pressent la blessure de June. La blonde semble à bout, le front ruisselant. Si son teint a clairement changé de couleur, ce n'est pas ce qui est le plus saisissant. Non. Ce sont ses yeux qui traduisent le plus de choses à cet instant. Elle fait valser son regard entre la fébrilité de Dimitri et l'intransigeance de Robb. S'il ne fait pas preuve d'une gentillesse à toute épreuve en temps normal, elle ne le connait pour autant pas ainsi. Elle ne le connait pas sous le nom de Renfield, elle ne le connait pas comme quelqu'un qui peu gérer et qui a l'habitude de ce genre de situation, comme quelqu'un qui porte une arme en permanence, qui en vend illégalement, et comme quelqu'un qui donne des ordres aussi secs et avec un naturel et un charisme qui pourraient faire froid dans le dos à n'importe qui. A cet instant, Robb fait tout pour éviter le regard de June, se concentrant sur la blessure de cette dernière. Il s'agace de la lenteur de Dimitri, si bien qu'il décide de zapper l'utilisation des ciseaux et déchire d'un geste franc le t-shirt de la jeune femme, afin de pouvoir y voir plus clair quant à la blessure se trouvant au niveau de ses côtes. Il se maudissait. Pas de s'être rendu ici et d'avoir pris les choses en main, mais plutôt de l'avoir laissé partir avec Dimitri dans ce traquenard. Son erreur avait été d'avoir laissé Dimitri gérer les choses, de lui avoir fait confiance et en soit, d'avoir laissé la vie de June entre ses mains. Accroupi au dessus de la blonde dont il a imposé de s'étendre sur le sol, il jette un nouveau regard noir vers Dimitri lorsque celui-ci revient avec la paire de ciseaux. C'est fou ce qu'il pouvait être inutile. « Rend toi enfin utile et fais venir Westmore et Kovac, on reparlera de ton cas plus tard ! » Il se fiche bien que June entende de nouvelles informations compromettantes, bien trop préoccupé par son état. De toute évidence, c’est déjà bien trop tard. Dimitri s'empresse de s'exécuter et sort immédiatement de la pièce afin de joindre Nina et l’un des hommes de main favori du boss, laissant June et Robb seuls dans un silence presque religieux. « Tiens, mords ça, ça va brûler. » Robb tend à June un torchon qu'il a attrapé sur l'évier et déverse une quantité d'alcool sur la plaie sans plus ample indication. S'il a déjà soigné bon nombre de plaies, souvent les siennes d'ailleurs, il n'a jamais été très bon à cela. Il prônait d'ailleurs davantage les réparations rapides plutôt que celles qui prenaient du temps mais qui évitaient les infections et les vilaines cicatrices par la suite. Son corps en était la preuve vivante. Mais il faisait aujourd’hui des efforts sur ce terrain ci en laissant faire quelqu’un qui avait de bien meilleures connaissances et surtout une patience bien plus développée que lui pour. Ce n'était pas lui qui excellait dans ce domaine, mais bel et bien Nina, Nina Westmore, sa partenaire dans le crime. Il ne comptait plus les fois ou elle avait soigné ses blessures dues à ses divers affrontements bien trop souvent baignés d’une violence folle. Il ne comptait plus ces fois où elle l’avait réprimandé pour ne pas l’avoir appelé et avoir laissé sa blessure s’infecter. Aujourd’hui, il était hors de question qu’il agisse de la même façon. Pour la simple et bonne raison qu’il ne s’agissait pas de lui, mais de June, et qu’il ne souhaitait pas le moins du monde qu’elle court un quelconque danger, due aux mauvais soins qu’il aurait pu lui infliger. « Robb. » La faiblesse de la voix de June laisse clairement apparaître l’état déplorable dans lequel elle se trouve. Robb, qui tentait jusqu’alors par tous les moyens d’éviter de la regarder, finit par baisser les yeux vers elle. Elle lui tient le poignet d’une manière qu’elle aurait probablement voulue ferme, mais qui ne l’est, du fait de son état, pas du tout. « Ne parle pas June, économise tes forces, j’ai appelé du renfort. Tout va rentrer dans l’ordre. » Il était rare d’entendre de tels mots sortir de la bouche de Robb. Il n’était pas le genre optimiste et réconfortant. Non il était plutôt tout le contraire en réalité, mais le fait qu’il s’agisse de June faisait sortir en lui, de nouvelles facettes de sa personnalité. Les yeux de June luttent pour ne pas se fermer alors que Robb continue de s’impatienter, lui procurant les premiers soins nécessaires dans l’attente inespérée de sa relève. « Est-ce que tu … » commence-t-elle faiblement alors que Robb pose ses yeux sur elle, l’interrogeant du regard. Il sait ce qu’elle veut lui demander. Il sait qu’elle est en train de lui demander de dire à voix haute ce qu’elle a déjà compris. Elle vient de comprendre, de tout comprendre. Comprendre qu’il lui ment depuis le début, qu’il n’est pas l’homme qu’il affirme être et qu’elle se retrouve finalement devant un total inconnu. Un instant, il la regarde et se sent tout à coup dévoré par une étrange sensation. Le regard que lui lance June est mêlé d’incompréhension, de stupéfaction mais aussi et surtout d’une déception à en tordre le cœur. Elle le rendrait presque fébrile. Si bien qu’un silence quasiment gênant s’installe où il a envie de lui dire que tout est de sa faute et qu’il regrette de l’avoir entraîné là-dedans, et surtout menti sur bien des choses. Mais fort heureusement, il n’en a pas l’occasion, puisque c’est à l’instant même où il s’approche de la rupture que Nina fait son entrée en trombe dans l’appartement, suivit de près par Kovac et Dimitri. Il lâche immédiatement le regard de la blonde pour se ruer vers Nina. « Nina, enfin tu es là ! » Il s’écarte de June pour s’entretenir de manière plus discrète avec sa compère. Celle-ci semble folle de rage. « Tu te fous de moi Robb j’espère ? » Elle croise les bras sur sa poitrine, puis les décroise pour les recroiser nerveusement, tout en jetant des regards furtifs vers June. Jamais ô grand jamais Robb ne l’avait entraîné dans un plan aussi douteux. Jamais il lui demandait de l’aide sur quoi que ce soit d’aussi dangereux et jamais il ne l’attirait dans quelque chose que lui-même ne maîtrisait pas. C’était fou, totalement insensé et totalement aux antipodes des actions habituelles de Robb. Après un bref regard vers June, Robb se rapproche de Nina et baisse d’un ton, afin de garantir une certaine discrétion. « Nina s’il te plait, ne fait pas d’histoire, c’est pas le moment. Occupe toi d’elle. » Il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir dans son regard une certaine inquiétude. Inquiétude qui était loin d’être celle qu’aurait pu avoir Nina à l’heure actuelle, concernant leur trafic et surtout la garantie de sa préservation. Non, Robb avait la tête bien loin de tout cela. Pour lui, une seule chose semblait compter à présent : l’état de June. En face, Nina, elle est beaucoup plus réfléchie. Fait assez paradoxale, car c’est souvent la situation inverse qui pouvait s’illustrer à l’ordinaire. Robb est toujours celui qui réfléchit, qui règle les situations compliquées, dans un calme à en faire froid dans le dos. Mais aujourd’hui, la situation semble s’être complètement inversée. Elle secoue la tête, visiblement interloquée, stupéfaite par ce qu’il est en train de se passer, et surtout par le comportement de Robb. « Tu as complètement pété les plombs Robb. Je ne vais pas m’occuper d’elle. Elle en sait trop, elle serait bien mieux morte si tu veux mon avis ! » Et elle avait tout à fait raison. Robb avait éliminé des hommes pour bien moins que cela. C’était une évidence, June en savait beaucoup trop pour une implication terriblement infime dans le business. Mais il était bien entendu, hors de question d’en arriver là. Robb plisse les yeux et serre la mâchoire, agacé par les mots de Nina. Elle ne semblait pas vouloir comprendre. Il ne la tuerait pas, et personne ne le ferait, à moins de le tuer avant. Il était prêt à beaucoup trop pour la garder en vie, même à risquer son propre business, sa propre liberté, sa propre vie. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’il ne supportait que très peu l’idée de pouvoir faire du mal à la blonde, blessée au beau milieu de la cuisine. Il était tout bonnement inenvisageable que qui que ce soit ne touche à un seul des cheveux de June. Il fait un pas de plus vers Nina, réduisant le dernier espace qu’il y avait entre eux et la fusille du regard. « Soigne là Westmore ! » lui ordonne-t-il de la manière la plus désagréable qu’il soit, comme il pouvait parfois finalement parler à ses hommes, comme à des moins que rien en réalité. Et s’il pensait que son autoritarisme aurait un quelconque effet sur Nina, il se trompait, comme presque à chaque fois qu’il en usait ces derniers temps. Il faut dire que les conflits se faisaient de plus en plus nombreux entre eux et qu’ils avaient de plus en plus de mal à y mettre un terme. Sans le sexe, les choses avaient de toute évidence bien plus de mal à se régler pour ces deux-là, c’était une évidence. Nina lui lance un regard noir et le pousse, ne supportant pas cette proximité menaçante qui les sépare. « Tu n’as pas d’ordre à me donner Renfield ! » Robb soupire de colère et ne peut s’empêcher de se mordre nerveusement la lèvre inférieure histoire de calmer ses nerfs. S’il ne s’agissait pas de Nina, il aurait déjà pointé son arme sur sa tempe pour la faire faire ce qu’il souhaitait qu’elle fasse. Mais il s’agissait de Nina, et il refusait de devoir faire quelque chose comme ça, même pour June. Il cherche alors quelques instants une solution, qui pourrait lui permettre de trouver un compromis et surtout de sauver la vie de June, vie qui lui est rappelé dès qu’il entend ses gémissements de douleur derrière lui. Il ferme les yeux à l’entente de ces derniers, tellement ceux-ci sont insupportables. « J’arrêterais de faire suivre ton nouveau mec. » Depuis quelque temps, en plus de l’omniprésence de June dans la vie de l’homme, un autre sujet venait faire débat entre Nina et Robb, et celui-ci portait le doux prénom de Tommy. Sans la moindre surprise, Robb ne le supportait pas et détestait le savoir trop proche de Nina. Si bien qu’il avait mis plusieurs hommes sur le coup pour surveiller chacun de ses faits et gestes et surtout pour lui infliger quelques frayeurs en temps voulu. Et si Nina avait exigé qu’il arrête ceci, Robb ne s’était pas stoppé une seule seconde. Mais il était prêt à le faire si cela pouvait lui permettre de sauver la vie de June. Aucune réponse ne sortit d’entre les lèvres de la blonde qui semblait prise dans une contemplation étrange de son interlocuteur. Robb ne savait plus quoi faire. Il perdait totalement les pédales, il perdait littéralement ses moyens et devenait fou. Sa patience infime soit-elle s’était définitivement envolée. Il jeta un regard vers June et son état lui brisa une fois de plus le cœur –car visiblement il en avait définitivement un. « S’il te plait Nina. » l’implore-t-il au moment où il se retourne vers elle. Le regard qu’il a à cet instant veut en dire long et il attendrirait probablement n’importe qui. Nina semble dans un premier temps perplexe. Elle n’a jamais vu Robb ainsi. Elle n’a jamais vu dans ses yeux de l’inquiétude, du désespoir, de la peur, et surtout, de l’amour. Et c’est surement ce regard qui la fait flancher. Elle soupire et finit par s’exécuter, se dirigeant vers June pour lui procurer les premiers soins. Robb soupire de soulagement, fermant un instant les yeux. Il la regarde faire quelques secondes, avant de croiser le regard de Dimitri, qui est resté planté là à côté de la porte. Kovac est à ses côtés, au cas où il tenterait de s’enfuir, car sans que son supérieur ne lui ait explicitement dit, il sait quel va être son rôle futur. Robb fait un signe de tête à Kovac, pour lui faire comprendre de se rapprocher. Maintenant que June était entre de bonnes mains, il devait se ressaisir et faire son job. Et surtout, infliger à Dimitri la correction qui méritait pour son manque cruel de discernement, et sa stupidité évidente. « Tue-le. » Toute sa froideur et cette absence totale de sentiment étaient revenues au galop, alors qu’il passe à côté de Kovac sans un mot de plus. Celui-ci hoche la tête, visiblement habitué à effectuer ce genre de tâche pour le compte de son boss et attrape le bras de Dimitri avec une force folle pour l’emmener dans une autre pièce, l’obligeant à se mettre à genoux devant lui. La détonation du révolver de Kovac ne tarde pas à faire vibrer l’entièreté de l’appartement, alors que Robb assiste à la scène de la manière la plus stoïque qu’il soit, les bras croisés et le regard vide ; ceci malgré les cris de douleur et les complaintes de Dimitri pour être épargné. Dans la pièce d’à côté, June doit probablement se douter de ce qu’il vient de se passer, et sa réaction ne se fait pas attendre. « Robb, Robb qu’est-ce que tu as fait ? » crie-t-elle sans que le jeune homme décide d’en tenir rigueur. Il a retrouvé son masque glacial qu’il a d’ordinaire, mais qu’elle ne connaît hélas pas. Il décide donc, sans la moindre émotion de ne pas répondre à ses appels incessants et attrape le corps, après accord avec Kovac, pour le déplacer vers leur voiture afin de s’en débarrasser. Il passe devant la cuisine, sans pour autant y pénétrer ni même jeter un regard vers June qu’il a confié à Nina et quitte l’appartement sous les cris de June. « Robb tu ne peux pas partir sans m’expliquer ! Reviens ! Robb ! » C’est pourtant ce qu’il décide de faire, sans pour autant en avoir terminé avec la jeune femme. Il aurait tout le temps de lui expliquer plus tard. Car pour l’heure, il avait mieux à faire, il devait se débarrasser du corps de Dimitri, et surtout, aller régler le compte à ces fameux russes qui avaient blessé June et précipité la mort de l’un de ses hommes. (…) La nuit fut mouvementée. Robb est épuisé et cela se voit clairement sur son visage. Pourtant il n’est pas question d’aller succomber une seule seconde aux bras de Morphée. Non, il a bien mieux à faire que cela. Il jette un œil à son reflet dans le rétroviseur et passe sa manche sur son visage amoché. Le sang qui n’a pas encore séché juste au dessous de ses lèvres vient s’infiltrer dans le coton de sa veste. Il soupire et avale difficilement sa salive. Sa gorge lui fait un mal de chien. Et pour cause, l’affrontement avec les russes s’était révélé bien plus compliqué qu’il n’avait voulu le croire. Ils étaient plus nombreux, un brin plus sauvages et terriblement déterminés. Des traces dans son cou montraient qu’on avait tenté de l’étrangler, le sang séché sur le haut de son œil illustrait à la perfection les coups qu’il avait pu recevoir et ses poings encore ensanglantés supposaient qu’il avait riposté, et plutôt bien. A sa droite, Kovac est dans un état un peu moins laborieux. Car il était évident que Robb était toujours l’homme à abattre en premier, de part son statut au sein du cartel. A l’arrière, un homme bien mal en point a posé sa tête contre la vitre et semble dans un état second, alors qu’il ne parvient à détourner les yeux de celui qui se tient à ses côtés sur la banquette. Gordon Patterson. Les yeux encore ouverts, le visage méconnaissable, recouvert de sang et un trou béant au sommet du crâne. Il avait été abattu par les russes lors de leur affrontement. Les trois autres hommes n’avaient pu se résoudre à abandonner le corps. Si bien que lorsqu’ils eurent tué le dernier des russes présents, ils emmenèrent Gordon avec eux. Ils n’avaient plus de famille, ceux-ci avaient été tué lors d’un règlement de compte il y a des années de cela, mais le fait est qu’il y avait une certaine solidarité entre les hommes du cartel qui faisait qu’ils ne pouvaient résolument abandonner l’un des leurs, qu’il soit mort ou vivant. Sa main droite encore sur le volant, Robb coupe le compteur lorsqu’ils sont enfin arrivés à bon port, juste devant le logement de June, là où il l’avait laissé il y a quelques heures de cela, entre les mains expertes de Nina. Un silence quasi religieux s’est emparé du véhicule, alors que chacun tente comme il le peut de reprendre ses esprits. Ils sont entraînés et ont l’habitude de se battre, de jouer avec la mort, de lutter contre des armées d’hommes bien plus nombreux, mais le fait est qu’ils avaient sous-estimé les russes et que la perte d’un homme les avait tous plus ou moins perturbé. Même Robb semblait mis à mal. Quand bien même, il était le plus solide d’entre eux, émotionnellement parlant et qu’il ne montrait que très peu de choses. Il avait de toute évidence, malgré tout ce qu’il venait de se passer, la tête ailleurs. Il ne se posait actuellement qu’une seule et unique question : comment allait June. Il ne tarde pas à descendre du véhicule et à rejoindre la demeure. Nina est seule dans le salon, en train de discuter avec Parrish sur un sujet dont Robb n’a absolument pas envie de participer. De toute évidence, ce sujet parait bien futile à Nina lorsqu’elle découvre l’état dans lequel Robb se trouve, ainsi que celui des deux hommes qui le suivent de près. « Mon dieu, mais qu’est-ce qu’il s’est passé ? » C’était une question idiote, car finalement, elle le savait très bien. Elle avait l’habitude de retrouver Robb dans des états comme celui-ci, mais aujourd’hui, après autant d’évènements, cela semblait bien plus graves que les autres fois. Elle s’approche immédiatement de Robb, alors que celui-ci reste silencieux, et sans la moindre expression. Il est épuisé. Elle dépose sa main sur sa joue, effleurant sa lèvre encore ruisselante de sang. Il grimace de douleur. Puis elle attrape sa main, pour voir l’état de ses phalanges. Il ne les sent même plus. Mais pour le coup, c’est le cadet de ses soucis. « Elle est où ? » Car oui, à cet instant, il se fiche bien qu’il vient d’abattre de sang froid un nombre incalculable d’hommes, qu’il a failli perdre la vie à plusieurs reprises, ou qu’il a vu l’un de ses hommes mourir devant ses yeux. Non, il ne pense qu’à elle. « Dans sa chambre, elle se repose. Ca fait plusieurs heures qu’elle dort, je vais vérifier de temps à autre. » Nina est très solennelle, comme si elle énumérait l’état d’un patient, comme si elle venait là de faire le job d’un véritable chirurgien urgentiste. C’était en réalité le cas. Elle était réellement douée dans ce domaine et elle ne s’en rendait même pas compte. Robb ouvrit la bouche, alors que la jeune blonde s’était emparée d’une serviette éponge pour nettoyer ses blessures et commençait déjà à se mettre au travail, mais il n’eut pas le temps de dire quoi que ce soit. Elle ne lui en laissa pas le temps. Elle savait ce qu’il voulait lui demander. « Elle va bien. » C’était tout ce qu’il souhaitait finalement savoir. Rassuré, il abandonne rapidement Nina, qui malgré sa surprise, se doit de s’occuper des autres hommes, et le laisse partir sans plus de question. Tant mieux, il n’est pas d’humeur pour y répondre. Il se dirige vers la chambre de June. Il la connaît si bien, pour y avoir passé un temps fou ces derniers mois, mais aujourd’hui, il a presque peur de la retrouver. Il aimerait que tout ceci soit derrière eux. Il aimerait pouvoir dans la plus grande simplicité venir se glisser sous les draps et  la prendre dans ses bras. Mais tout était différent maintenant. Parce qu’elle savait, elle savait tout, ou presque. Et elle ne le voyait plus de la même façon. Robb pose la paume de sa main sur la porte et la pousse, la faisant légèrement grincer. Mais à peine a-t-il vue sur la chambre qu’il fronce les sourcils. June est au beau milieu de la pièce, sur ses deux pieds, en train de fourrer tout ce qu’elle peut dans un gigantesque sac de voyage. Elle se tient les côtes, probablement encore douloureuses mais semble tout de même déterminée à fuir le plus loin possible de ce qu’il vient de se passer et par conséquent de lui. Robb se plante juste devant la porte et affiche ce regard dur qu’il n’avait autrefois jamais en sa présence. « Où est-ce que tu crois aller comme ça ? » Elle sursaute. Bien trop occupée par son évasion, elle ne l’avait même pas entendu entrer. Un instant, lorsqu’elle pose son regard sur lui, elle semble s’inquiéter de l’état dans lequel il se trouve, mais ceci ne dure pas longtemps. Elle ne le regarde plus de la même façon. Et d’une certaine façon, cela lui déchire le cœur, malgré le fait qu’il n’extériorise absolument rien. « Je m’en vais, je ne reste pas une seconde de plus ici avec vous ! Vous êtes complètement dégénérés ! » Elle n’avait pas tout à fait tort. Ils n’étaient pas des personnes fréquentables, ils avaient tous du sang sur les mains et géraient un business illégal d’armes pour la plupart dérobées. Mais après tout, ne voulait-elle pas y participer jusqu’à l’heure d’aujourd’hui ? Elle avait tout fait pour y entrer et maintenant qu’elle en avait l’occasion, elle fuyait. Elle se rendait compte que tout ceci était bien plus dangereux qu’il n’y paraissait. Ou peut-être était-ce dû au fait qu’elle avait compris quelle était la véritable identité de Robb… Le grand brun fait quelques pas vers elle et lui saisit le bras fermement, afin qu’elle arrête ce qu’elle est en train de faire et qu’elle l’écoute. « Tu voulais rentrer dans le business n’est-ce pas ?! » S’il n’était pas prêt à lui faire courir les mêmes dangers qui le menaçaient quotidiennement, il n’avait plus vraiment le choix. Elle en savait trop. Alors en soit, elle se devait soit d’entrer dans les rangs, ou bien elle devait mourir. Ils ne pouvaient décemment risquer de la laisser partir alors qu’elle avait en sa possession bien plus d’informations que la police elle-même qui les traquait pourtant depuis des années. Elle pose son regard sur son poignet dont s’est saisi Robb, puis relève les yeux vers ce dernier. Le regard qu’elle lui lance lui fait l’effet d’une véritable claque en plein visage. Dans ses yeux, il ne peut plus lire cette foule de sentiments qu’il avait l’habitude d’observer à chacun de leur regard auparavant. Non. Aujourd’hui c’est tout autre chose, un mélange de peur et de dégoût qui le brise totalement. Tant qu’il lui lâche le poignet, il n’a pas envie qu’elle voit en lui ce monstre autoritaire qu’elle semble voir à cet instant. Mais c’est déjà trop tard. Les yeux de la blonde brillent alors qu’elle ne peut se résoudre à regarder ailleurs. « Qui est-ce que tu es ? » Robb Renfield, un homme mort aux yeux de tous en héros pour sa patrie qui n’est en réalité qu’un escroc et leadeur d’un gigantesque cartel illégal d’armes en tout genre. Un homme bien loin de celui qu’elle pensait être. Elle avait été baignée depuis le début dans un mensonge tel qu’elle semblait presque le regarder comme un véritable étranger et il détestait ça. Il sentait tout à coup tous ses membres le tirer, lui rappelant chacune de ses blessures infligées par les russes. Mais étrangement, ce n’est pas ce qui lui faisait le plus de mal. C’était bel et bien cette déception, ce dégoût qu’elle avait à son égard. « Est-ce que tout ça n’était qu’un mensonge alors ? » Si tout ce que Robb lui avait jusqu’alors dit sur sa vie était truffé de calomnies et dissimulations en tout genre, il y a une chose sur laquelle il n’avait pu lui mentir, une chose dans laquelle il n’avait pu faire semblant, une chose qui l’avait plus d’une fois fait prendre des décisions stupides et l’avait rendu faible : son attachement pour elle. Il avait beau être l’un des hommes les plus recherchés de la région, il avait été touché par June et par les sentiments qui s’étaient peu à peu installés à son égard sans qu’il ne parvienne à les maîtriser. « Est-ce qu’à à un moment tu m’as vraiment aimé ou bien est-ce que tu cherchais juste à tester la potentielle nouvelle recrue, profitant par la même occasion pour te la faire ? » Il avait envie de lui dire. Il avait envie de lui dire qu’il n’avait jamais joué avec elle. Qu’il s’était pris à son propre jeu et qu’il était finalement tombé littéralement sous son charme, mais étrangement, il ne parvenait pas à faire une chose pareille. Il ne savait pas faire ces choses là. Il ne parvenait à s’ouvrir à quelqu’un et à exposer les sentiments qu’il mettait tant d’énergie à combattre et à dissimuler depuis des années. Si bien qu’il reste parfaitement silencieux, luttant contre un mal-être intérieur qui le ronge. « C’est quoi ton rôle dans tout ça ? » demande-t-elle en le défiant du regard. Elle le sait déjà, c’est évident. Mais, elle semble vouloir l’entendre de sa propre bouche. Robb baisse un instant les yeux. Il ne sait pas quoi lui dire. Il ignore s’il doit noyer le poisson, lui sortir un énième mensonge qui pourrait peut-être la calmer ou bien jouer la carte de la sincérité. Mais lorsqu’il relève les yeux vers elle, son choix devient évident. « Je suis le leadeur June. » lâche-t-il à demi mots avec difficulté. Il avait opté pour l’honnêteté tout en sachant pertinemment que c’était une erreur. Mais il ne pouvait se résoudre à faire autrement. Elle le mettait dans un état lamentable qu’il ne maîtrisait absolument pas. « Je ne pouvais pas faire autrement. J’étais obligé d’agir ainsi. » Personne ne l’avait forcé à faire parti du trafic, et encore moins à en être à la tête, mais il tentait comme il le peut d’expliquer ses actions. Le problème étant qu’elles étaient tout bonnement injustifiables. Et c’était exactement ce que June semblait penser. Elle le regardait comme s’il n’était qu’un vulgaire monstre. Toute once d’amour semblait bien loin. Il baisse les yeux et effleure doucement la peau de son bras. Il ne veut pas se montrer brusque avec elle, comme il vient de le faire en s’emparant de son poignet, car il le sait, cela ne ferait qu’aggraver les choses. Alors il lutte contre ses propres pulsions violentes. « J’ai jamais voulu te faire du tort. C’est le boulot, c’est comme ça. » Elle secoue la tête nerveusement, luttant contre l’envie de lui mettre une gifle et l’envie irrémédiable de fondre en larmes. Il ne la connaît que depuis quelques mois, et pourtant, il est capable de dire exactement ce qu’elle ressent à cet instant. Et c’est la pire des souffrances, car il le sait, elle le déteste, il la déçoit, et la dégoute. Quelques secondes passent sans que l’un et l’autre ne disent quoi que ce soit, baignés dans une atmosphère pesante et douloureuse qui les prend tous deux aux tripes. « Laisse-moi partir ! » finit-elle par ordonner alors qu’elle hisse son sac sur son épaule et s’apprête à contourner Robb. Mais celui-ci lui emboite le pas, l’empêchant de faire un pas de plus vers la sortie. Il ne pouvait pas la laisser partir. C’était tout bonnement impossible. « Je ne peux pas June, tu en sais trop. » C’était là, la raison officielle. L’officieuse était qu’il ne voulait pas être séparé d’elle. Jamais. Hélas, ce sentiment semblait n’être qu’à sens unique. « Et bien alors tue moi ! » Robb fronce immédiatement les sourcils, l’interrogeant du regard. Elle fait preuve d’une fermeté et d’une force de caractère qu’il n’a encore jamais vu. Elle est prête à donner sa vie plutôt que de rester à ses côtés dans le business. C’est à cet instant qu’il comprend qu’il a tout gâché et que jamais ô grand jamais elle ne l’aimera à nouveau. Le problème étant que la tuer n’a jamais fait parti du plan. « Après tout c’est ce que ta blondasse de copine meurt d’envie de faire ! » Elle avait raison, mais il n’était pas question une seule seconde qu’il laisse Nina faire une chose pareille. Et ce, même après ce qu’il venait de comprendre. Il avait tué tant d’hommes, de la manière la plus cruelle et impassible qu’il soit ; mais il lui était inconcevable de s’en prendre à June. Ni aujourd’hui, ni jamais. Elle s’approche alors de lui, et sans qu’il ne se défende une seule seconde, elle passe sa main dans son dos. S’il ne comprend pas ce rapprochement qui provoque en lui des frissons inexplicables, il la laisse pourtant faire, ne s’attendant pas le moins du monde à ce qu’elle s’apprête à faire. En effet, elle passe une main sous sa veste et se saisit de son arme qu’il a toujours flanqué à l’arrière de son pantalon. Un instant, il pense qu’elle va le descendre, ou même simplement le menacer. Mais il n’a pas peur. Il n’a pas peur de June, et encore moins de mourir. Si bien qu’il ne riposte absolument pas, laissant June prendre sa propre décision. Mais étrangement, elle lui tend son arme. Il regarde alors son Beretta, puis June, sans comprendre. « Tu n’as qu’à appuyer sur la détente Robb puisque j’en sais trop. » Elle est froide et déterminée alors qu’elle fourre l’arme dans la main du garçon. S’il n’a pas peur de mourir, il semblerait qu’il en soit autant pour June. Il est interloqué. Il ne connaissait pas cette partie de la blonde, il ne connaissait pas cette détermination, cette force et cette volonté dont elle faisait actuellement preuve. Etrangement, il se sentait encore plus attiré par elle. Faisant de la scène un réel moment de torture pour lui. Elle fait un pas vers lui et attend qu’il lève son arme vers le sommet de sa tête. Elle acquiesce, pour l’inciter à tirer. « Vas-y fais le. » lui ordonne-t-elle, laissant Robb de plus en plus fébrile face à la situation. La tuer règlerait bien des problèmes. Elle en sait trop, se répète-t-il à de multiples reprises. Il a tué pour moins que ça. Il n’a plus aucun intérêt pour elle, et s’il la laisse partir, elle pourra très bien se rendre dans le commissariat le plus proche et le vendre immédiatement aux autorités. S’il ne la tue pas, il signe son arrêt de mort. Il doit la tuer. Il lève son arme vers elle. Elle ne peut pas vivre, tout en sachant autant de choses sur lui, sur le business. Il doit la tuer, il doit la tuer, il faut qu’il la tue. Ces phrases ne cessent de s’entrechoquer dans son esprit, alors qu’en face, June insiste pour qu’il la tue. Il la déteste. Il déteste l’effet qu’elle a sur lui. Devant elle, il est faible, hésitant et terriblement indécis. Il ne veut pas la tuer. Non. Il ne peut pas faire une chose pareille. Car, un sentiment bien plus fort que la préservation de son business l’anime à chaque fois qu’il pose son regard sur elle. « Arrête ! » finit-il par lui ordonner, baissant immédiatement son arme. Il ne la tuera pas. Il baisse les yeux et fait quelques pas en arrière. Il dépose son arme sur la console qui se trouve à l’entrée de la chambre et plisse les lèvres avec une angoisse évidente. Il fait quelques pas nerveux, sans accorder le moindre regard à June, ne sachant plus quoi faire. Puis il soupire et se reporte à son regard. « Passe par derrière. » Il la laissait partir. Il prenait le risque. Le risque de toute perdre. Mais il ne pouvait faire autrement. Un instant, elle le regarde mais il ne parvient plus à lire dans ses yeux comme il pouvait le faire si aisément auparavant. Elle lui semble tellement loin maintenant, comme pourrait l’être une parfaite étrangère… Puis elle s’avance, passe à côté de lui et sort de la pièce. Il la suit du regard puis fait volte face. Il ne peut la laisser partir sans lui dire une dernière chose. « June ! » Dans le long couloir qui mène vers l’arrière de la maison, June s’arrête et se retourne vers lui. Il s’approche. « Je t’aies menti sur beaucoup de chose, mais jamais sur ce que je ressens pour toi. » Il sait qu’elle se fiche pas mal de ce qu’il ressent pour elle à l’heure d’aujourd’hui, mais il avait besoin de lui dire, il avait besoin qu’elle le sache,  il avait besoin qu’elle voit en lui cette once d’humanité qu’elle provoquait. Elle hoche la tête sans un mot. Il ignore si elle le croit, mais au moins, il lui a dit. Ils restent là, l’un en face de l’autre pendant quelques longues secondes qui lui paraissent une éternité, jusqu’à ce qu’il ne se décide à faire quelques pas de plus vers elle. Il passe une main tendre entre la joue et le cou de June. Si elle fait un léger geste de recul au préalable, elle finit par se laisser faire. Il ne lui en tient d’ailleurs pas rigueur, presque heureux qu’elle le laisse profiter de la chaleur de sa peau une dernière fois. Il plonge son regard dans le sien et esquisse un très mince sourire. Elle est si belle, si parfaite. Il ne la mérite pas et ne la méritera jamais. Mais il a besoin de lui dire. Il a besoin, une fois de plus qu’elle sache. Il vient déposer ses lèvres sur les siennes, telle une caresse avant de s’arrêter juste à côté de son oreille pour lui murmurer ces quelques mots qu’il n’a jamais dit, et qu’il ne pourra plus jamais lui dire. « Je t’aime. » Puis tout s’envole. Elle part, il rejoint le salon et tout semble définitivement terminé.


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    The truth doesn't always set you free; people prefer to believe prettier, neatley wrapped lies ≡ jodi picoult.


Dernière édition par Robb Renfield le Sam 8 Aoû - 14:39, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 16:52



because i am not going to give up on us

Un long soupire s’échappe d’entre les lèvres de Robb alors qu’il laisse sa tête retomber sur l’appui-tête, juste derrière. Puis il ferme les yeux, tout en tenant fermement le volant. Il est à l’arrêt mais son indécision fait qu’il ne parvient à se détendre. Il est sur les nerfs, au bord de la rupture. Les dernières semaines n’ont pas été faciles. Il s’est jeté corps et âme dans son job, dans le business sans adresser le moindre mots à qui que ce soit. Les seules fois où il a ouvert la bouche se résument surement à ces moments où il ordonnait à Nina de fermer la porte de son bureau et de l’embrasser. S’envoyer en l’air avec elle comme il avait l’habitude de le faire auparavant, était probablement le seul moyen qu’il avait trouvé pour penser à autre chose. Ca et ces moments où il tirait de sang-froid sur ces abrutis qui le cherchaient d’un peu trop près. Si la plupart de ses hommes connaissaient le tempérament très froid et distant de Robb, celui-ci avait aujourd’hui pris une tournure des plus différentes. Il était pire qu’il n’avait jamais été. Il était glacial, monstrueux et terriblement désagréable avec qui que ce soit. Et il se fichait bien que cela plaise ou non. D’un geste sec, il jette sa cigarette par la fenêtre après avoir tiré une dernière taffe et pose son regard vers le siège passager. Il s’empare de la bouteille qui y trône, déjà à moitié vide et en prend quelques gorgées bien méritées. L’alcool pourtant fort ne le fait absolument pas sourciller une seule seconde, il reste parfaitement stoïque, comme s’il ne ressentait absolument rien. Comme s’il n’était plus que l’ombre de lui-même. Deux mois. Cela faisait deux longs mois que June était partie, qu’elle avait mis les voiles et qu’elle avait totalement disparu de sa vie. Et elle lui manquait. Elle lui manquait terriblement. Il avait presque l’impression d’être en manque de sa drogue, en manque de cette chose dont il ne pouvait décemment se passer sans devenir fou, ou du moins, encore plus qu’il ne l’était déjà. June était sa drogue. Il ne s’en était pas rendu compte jusqu’à ce qu’elle lui tourne le dos il y a deux mois de cela, et qu’il la laisse partir sous ses propres demandes. Il l’avait laissé partir, il avait baissé les bras, tout en sachant que ce n’était absolument pas ce qu’il fallait faire. Il aurait probablement dû la tuer, parce qu’après tout, elle en savait bien trop. Mais aujourd’hui il ne regrettait pas de ne pas l’avoir fait. Car après tout, deux mois s’étaient écoulés et aucun flic du FBI n’était venu frapper à sa porte pour l’emmener au poste. Non. Elle n’avait rien dit. Elle avait gardé le silence sur ce qu’elle savait et ce silence avait fait naître en Robb un mince espoir. L’espoir que les derniers mots qu’il avait prononcé devant elle, avaient un sens pour la jeune femme. Qu’elle l’aimait en retour, tout simplement, malgré tout. C’était ridicule. Il était d’un ridicule absolu. Mais il ne parvenait à penser, ni même à agir autrement. Il avait besoin d’elle. Elle était devenue sa drogue, sa chose, sa raison de vivre et il avait l’impression que sa vie ne rimait plus à rien aujourd’hui sans elle. Avec une violence rare, il frappe sur le volant et balance la bouteille par la fenêtre qui vient se briser sur le côté de la route. Il se déteste. Il se trouve minable, ridicule et détestable. Pourtant il n’arrive pas à ôter le souvenir de son visage de son esprit. Il ne parvient à oublier son sourire, le creux de sa nuque, ses lèvres, ses yeux couleur océan… Puis le souvenir du dernier regard qu’elle lui a lancé lui fait l’effet d’une claque en plein visage. Cette déception, ce dégoût, cette haine. Voilà ce qu’elle ressentait aujourd’hui pour lui et qui le rendait terriblement fou. Il ne pouvait décemment vivre ainsi. Il avait besoin de la voir. Il avait besoin de sentir son souffle se heurter contre sa peau, d’effleurer sa peau nue, d’entendre à nouveau son rire et de la voir sourire. Il avait besoin de toutes ces choses et bien plus encore. Lui qui avait pourtant toujours mis un point d’honneur à ne jamais s’attacher, à ne jamais laisser ses sentiments prendre le dessus, à toujours prendre ses distances sur tout et tout le monde, s’était fait avoir comme le dernier des imbéciles. Il avait laissé une parcelle d’émotion entrer et c’est à ce moment-ci qu’il s’était lui-même lié les poignets. Il avait signé son arrêt de mort au moment même où il avait accepté de ressentir quelque chose pour elle. Et aujourd’hui, cet amour, cette passion dévorante s’était totalement emparés en lui et s’infiltraient dans chacun de ses ports. L’amour qu’il ressentait pour June avait la ressemblance étrange à celle d’une maladie incurable qui, peu à peu se resserrait autour de son cœur pour finalement lui faire rendre son dernier souffle. Et s’il ne supportait pas se sentir aussi impuissant, il n’était pas pour autant prêt à rendre l’âme. Il avait encore une carte à jouer, il se raccrochait inlassablement à cet infime espoir qui l’animait, l’incitant à ne pas décrocher de sa vie. Lui qui n’y tenait pourtant que si peu, sentait qu’aujourd’hui les choses prenaient une autre tournure. Il ne voulait pas disparaître, pas avant d’avoir tout tenté. Il inspire profondément avant de rouvrir les yeux, fixant la route juste en face de lui. Il se devait de se ressaisir et d’abattre sa dernière carte. Il se devait d’agir. Il n’avait plus rien à perdre. Il était déjà condamné. Il l’était depuis bien longtemps d’ailleurs. C’était surement pour cette raison qu’il n’était pas réellement attaché à sa vie. Mais le problème était qu’aujourd’hui, il avait trouvé quelque chose qui lui donnait envie de vivre véritablement, de sourire, et d’aimer. June. Il tourne la clé dans le compteur et au moment où il appuie sur la pédale, quelqu’un ouvre la portière côté passager et pénètre dans la voiture sans qu’il n’ait le temps de dire ou de faire quoi que ce soit. « Où est-ce que tu crois partir sans moi là Renfield ? » Nina. Robb fronce les sourcils et se tourne immédiatement vers elle, relâchant immédiatement la pédale. Il ne s’y attendait pas, et pourtant il aurait dû. Après tout, ils veillaient constamment l’un sur l’autre depuis des années, alors, au vu de l’état dans lequel se trouvait actuellement Robb, il n’était finalement pas étonnant qu’elle impose sa présence. Pas seulement pour l’implorer de retrouver la raison, pas seulement pour lui crier haut et fort ô combien il pouvait être stupide, mais aussi et surtout pour le soutenir. Ce n’était pas quelque chose qu’ils se disaient, mais toutes ces fois où ils s’étaient retrouvés tard le soir, dans l’appartement de l’autre, toutes ces fois où ils avaient profité du corps de l’autre, où ils étaient restés là, en silence, dans les bras de l’autre, étaient une façon de se soutenir, de montrer que quoi qu’ils arrivent ils seraient toujours là l’un pour l’autre. Alors oui, ils se disputaient toujours autant, mais ce n’était évidemment que par inquiétude. « Nina ?! Mais qu’est-ce que tu fais là ? Sors de la voiture ! » Lui ordonne-t-il alors, toujours sous le coup de la surprise. Il n’était pas question qu’il emmène Nina où il comptait aller. Parce qu’il n’avait besoin de personne pour cela, pas même d’elle et qu’il n’avait pas envie d’entendre tout au long de la route parcourue ses conseils et leçons de morale sur le fait qu’il perdait littéralement la tête, qu’il mettait en danger le business, une fois de plus et qu’il n’était qu’un sombre idiot. Non, il ne voulait pas de cela. Mais bien évidemment, Nina avait une toute autre vision des choses. « Hors de question ! » lance-t-elle en claquant la portière et en attachant sa ceinture de sécurité. Elle croise les bras sur sa poitrine et le fusille du regard. « Je ne te laisse plus partir seul on ne sait où, tu as fait assez de connerie comme ça ! » Les jours qui s’étaient déroulés après le départ de June avaient été monstrueux en terme d’entente entre les deux jeunes. Des disputes et des disputes à répétition sur le fait qu’il les mettait tous en danger pour une histoire de fille sans la moindre importance, mais aussi sur cette décision qu’il avait pris de la laisser partir sans lui mettre cette balle dans la tête qu’elle méritait selon les dires de Nina. Mais l’état presque léthargique de Robb et son manque total de réaction à ses paroles, pourtant des plus dures, l’avaient fait redescendre et elle avait fini par se calmer. Du moins pour un temps. Mais voilà que les réprimandes semblaient de retour et Robb détestait cela. Il n’avait pas la moindre once de patience, l’alcool qu’il avait ingurgité faisait qu’il était encore plus à fleur et peau et la présence de Nina le rendait encore plus nerveux. Il ne voulait pas d’elle ici. Il voulait être seul et ne pas entendre ses stupides leçons de morale. « Je n’ai pas de leçon à recevoir de toi ! » Ce n’était pas l’avis de Nina, c’était une évidence. La jeune femme soupire et secoue la tête avec un agacement certain. « Tu n’es qu’un idiot Robb ! » Pour être idiot, ça, il l’était. Mais il ne parvenait à agir autrement alors il s’était fait une raison, et ne supportait pas qu’on vienne le chercher là-dessus. Il faisait et avait toujours fait ses propres choix, et n’avait de leçon à recevoir de personne, pas même de Nina. Il serre la mâchoire, énervé par les mots de la blonde se trouvant côté passager et lutte pour ne pas péter les plombs. « Je sais où tu comptes aller, et il est hors de question que je te laisse y aller seul ! » Mais pour qui se prenait-elle ? Sa mère ? Il détestait cette facette de la personnalité de Nina. Il la détestait. Tout comme il détestait à cet instant présent la terre entière. Il avait besoin d’être seul et qu’on lui fiche la paix, mais de toute évidence, on avait décidé tout autrement pour lui sans qu’il n’ait son mot à dire. « Je sais bien que je ne parviendrais pas à t’en empêcher, mais pas question que tu mettes encore plus en danger notre business ! » Pourquoi fallait-il qu’elle ramène tout au business ? Après tout, cela faisait deux mois que June était partie et il n’y avait pas eu l’ombre d’un flic à leur trousse. Personne ne savait qui ils étaient et ce qu’ils faisaient, alors à quoi bon ressasser ce même argument qui n’était de toute évidence plus vraiment recevable. Robb soupire et lève les yeux au ciel. Si en soit, elle n’avait pas tout à fait tort, car en allant la retrouver, il était évident qu’il se mettait, lui et leur business encore plus en péril, mais c’était un risque qu’il était près à prendre pour elle. Un silence s’empare de l’habitacle pendant lequel Nina cherche le regard de Robb. Mais celui-ci tarda à venir. « J’ai besoin de la voir. » finit-il par avouer une fois un semblant de calme retrouvé. C’était finalement tout ce dont il avait actuellement besoin. Il avait besoin de la voir et de lui expliquer. Il avait besoin de prouver que malgré tout, malgré les mensonges, malgré cette violence environnante et tout ce qu’il s’était passé, il l’aimait, l’avait toujours aimé et l’aimerait probablement toujours. On dit souvent que c’est au moment où l’on perd quelqu’un que l’on comprend à quel point on l’aime et qu’on ne peut se passer de cette personne. C’était exactement ce qu’il s’était passé pour Robb, qui, une fois s’être retrouvé au pied du mur, avait prononcé à son égard, des mots qu’il n’aurait jamais cru un jour entendre sortir d’entre ses lèvres. Il n’était pas romantique, et ne le serait probablement jamais, il n’était pas sentimental, il n’était pas le genre d’homme à tomber amoureux, il n’était qu’une machine de guerre prêt à tuer quiconque menaçait son business. Mais malheureusement derrière tout homme se cachait un cœur, certes bien enfouit, mais qui se trouvait tout de même là. Cœur qu’avait clairement découvert June et dont elle possédait malheureusement une grande partie… A ses côtés, Nina secoue à nouveau la tête, ne comprenant définitivement pas comment elle avait pu perdre du jour au lendemain l’homme qu’elle connaissait pourtant tant. « Ca ne te suffit pas qu’elle ait décidé, pour on ne sait quelle raison, de ne pas nous balancer ? » C’était peut-être là tout le problème. Car en effet, si June les avait vendu au force de l’ordre, il se serait probablement retrouvé derrière les barreaux, ou pire encore, il aurait perdu la vie alors qu’ils auraient tenté de le capturer ; mais le fait est qu’elle avait choisi de ne rien dire et de le préserver. C’était presque pire que si elle l’avait fait. Car son silence avait fait naître en Robb un espoir. L’espoir qu’il comptait un temps soit peu pour elle, l’espoir que tout n’était finalement pas perdu. « Je me fiche de ça. » Soupire-t-il définitivement las de devoir s’expliquer. « Tu deviens fou Robb. Il n’est pas question que je te laisse perdre les pédales seul comme ça. Tu devras me supporter. » La jolie blonde s’effondre alors dans son siège et fixe la route avec un regard qui se veut ferme. Elle ne bougera pas. Elle avait prit sa décision et il allait être bien trop difficile de lui en faire changer. Bien sûre, Robb aurait pu descendre de la voiture et la sortir de force du véhicule afin de repartir seul, mais il n’était pas d’humeur à batailler avec Nina. Si bien qu’il cède et démarre, abandonnant totalement l’idée de partir seul. Si des soupires à répétitions illustrent à la perfection tout l’agacement cela provoque en lui d’avoir de la compagnie, il ne dit pour autant rien. C’est en effet le silence qui s’empare du véhicule alors qu’il roule, les yeux rivés vers la route assombrie par l’obscurité. Après quelques dizaines de minutes de mutisme, Robb décide enfin d’ouvrir la bouche, tenant en quelque sorte sa revanche sur Nina. « Je sais que si tu viens c’est uniquement pour retrouver ton mec. » Ces derniers temps, le sujet Tommy Whelan était très légèrement passé à la trappe, à l’évidence bien trop occupé par un tout autre problème. Mais cela ne voulait pas pour autant dire que Robb avait abandonné la surveillance qu’il avait sur le jeune homme. Oh bien sûre, il faisait croire à Nina qu’il l’avait fait comme il le lui avait promis, mais comme à son habitude, il avait menti, manipulé pour obtenir ce qu’il souhaitait ; qu’elle s’occupe de June. « Et oui, Westmore, je sais qu’il réside à Washington. » Robb venait d’avouer à demi-mot qu’il n’avait pas abandonné cette surveillance, malgré ce qu’il lui avait expressément dit. Il venait de se tirer lui-même une balle dans le pied, mais le fait est qu’elle venait de l’énerver et qu’il détestait qu’elle ait le dernier mot. Il détestait qu’elle soit en position de force, alors, quoi de mieux que de lui dire qu’une fois de plus, il l’avait manipulé, lui avait menti et s’était servi d’elle pour les beaux yeux de June. De la méchanceté gratuite en somme. Leur séjour à la capitale promettait à l’évidence bien des évènements, bien des émotions et rebondissements. (…) Derrière ses lunettes noires et sa capuche remontée sur le sommet de sa tête, Robb est plongé dans une surveillance qu’il déteste. Cela fait plusieurs jours qu’il est arrivé à Washington, et il n’a pas tardé à retrouver la trace de June. Après tout, elle lui avait laissé entendre tellement d’éléments de sa vie privée qu’il avait mémorisé, qu’il savait à quel endroit il pourrait la retrouver. S’il aurait pu, à plusieurs reprises, sortir de sa voiture et aller à sa rencontre, il ne l’avait pas fait. Il n’y était parvenu sans réellement savoir pourquoi. Inconsciemment, il redoutait ce moment où elle allait le voir, ce moment où il allait se retrouver face à elle, alors qu’elle l’avait fuit, alors qu’elle lui avait fait comprendre que c’était la dernière fois qu’ils se voyaient. Elle l’avait quitté en apprenant la vérité. Elle avait découvert sa véritable identité, son véritable job et cette facette monstrueuse qui faisait bel et bien partie de lui ; et elle avait pris peur. Elle avait peur de lui et malgré tout ce qu’il pouvait transparaitre, cela le touchait en plein cœur. Il avait bien du mal à supporter le fait qu’elle puisse le détester, qu’elle puisse être apeurée et presque dégoutée par l’homme qu’il était réellement. Visiblement nerveux, il tient fermement de sa main gauche le volant, la droite étant occupée par la saisie de son arme. Il sait qu’il n’en aura jamais besoin contre June, n’en ayant absolument pas l’envie, mais c’est plus fort que lui, il a besoin de savoir son Beretta près de lui. De plus, serrer fort la crosse dans la paume de sa main lui permet de passer ses nerfs sur autre chose que sur ce type qu’il aperçoit dans son rétroviseur. Le spectacle qui s’offre actuellement à lui le rend terriblement nerveux. Cela transparait d’ailleurs parfaitement sur son visage. Sa mâchoire est terriblement serrée, une veine ressort sur le haut de son front, sa respiration est accélérée et ses sourcils se froncent à chaque fois qu’il pose ses yeux sur elle. La raison à cela ? Elle sourit, elle rit, elle ébouriffe ses cheveux comme elle a l’habitude de faire lorsqu’elle se sent bien, et elle le regarde de cette manière étrangement proche que Robb ne parvient à déchiffrer. Il aurait dû s’en douter, une femme comme elle ne pouvait rester seule bien longtemps. Mais il ne peut s’en empêcher, il ne peut aller à l’encontre de ce qu’il ressent : il a envie d’écraser celui qui se trouve à ses côtés, il a envie de pointer son arme sur lui et de tirer sans la moindre retenue, il a envie de l’éloigner de plus possible d’elle, parce qu’elle est à lui, et à personne d’autre. Alors oui, il est excessivement possessif, mais il ne peut pas croire qu’en l’espace de quelques semaines, elle ait pu l’oublier et tirer un trait définitif sur leur histoire. Il ne peut croire qu’elle ait voulu refaire sa vie avec cet abruti qui semble tout droit sorti d’une série américaine pour adolescent. Il plisse les yeux et ne parvint à détourner son regard de cet homme qu’elle tient par le bras. Il ne comprend pas ce qu’elle lui trouve. Peut-être est-t-il son opposé, peut-être a-t-elle trouvé ce qu’il n’y avait pas chez Robb ? Peut-être se sent-elle en sécurité avec lui, peut-être est-il un homme bien, sans secret, sans mensonge, sans monstrueux bagages derrière lui. Peut-être est-il tout cela. Une chose est sûre, le fait de la voir ainsi sourire et respirer le bonheur avec un autre homme, rend Robb terriblement frustré, au bord de la crise de nerf. Oui, la jalousie est actuellement en train de le ronger, alors qu’il est bel et bien conscient qu’il n’a que ce qu’il a lui-même cherché, qu’elle mérite bien mieux que ce qu’il a à lui offrir et que s’il ne lui avait pas servi mensonges sur mensonges depuis le début, les choses auraient peut-être été différentes. Ou peut-être qu’elles ne l’auraient pas été. Après tout, s’il lui avait dit la vérité dès le départ, elle ne se serait surement jamais embarquée dans une histoire avec lui, c’était une évidence. Qui voudrait s’engager dans une relation avec un meurtrier à la tête d’un cartel illégal d’armes à feu ? A cette question, une seule réponse lui vient : Nina. C’était peut-être elle finalement celle qui lui convenait. Quelque chose de particulier les liait tous les deux depuis toujours. Ils ne parvenaient à rester loin l’un de l’autre et finalement, ils s’aimaient, d’une manière particulière certes, mais ils s’aimaient. Alors pourquoi fallait-il qu’il veuille être avec June ? Pourquoi n’avait-il pas envie de faire perdurer sa routine de célibataire endurci sans la moindre émotion, le moindre sentiment, passant la plupart de ses nuits sous les draps de Nina Westmore, la seule et unique personne capable de le comprendre ? Un mystère. Un mystère qui portait le doux prénom de June. Robb ne parvient à les lâcher des yeux que lorsqu’ils s’engouffrent dans le hall du cinéma juste en face. Il soupire et avec un agacement certain, il frappe sur le volant, histoire de défouler ses nerfs, définitivement à vifs. Il souffle de nouveau et reste un moment là, dans sa voiture, à attendre que le temps défile, que la colère retombe, que quelque chose se passe. Evidemment, rien ne se passe et il reste près d’une heure dans sa voiture à ressasser ses erreurs. Cela ne lui ressemble absolument pas, et pourtant c’est bel et bien l’effet que provoque June en lui. Elle le déboussole, elle le rend terriblement possessif, et lui met littéralement la tête en vrac ; le rend fou en somme. Après un temps fou à cogiter plus qu’il ne devrait, Robb finit par sortir de sa voiture. Il fourre son arme derrière son dos, et remet sa veste en place, histoire de ne pas se faire remarquer. Porter une arme aux Etats-Unis est ce qu’il y a de plus légal, quand on a un permis. Et le fait est que Robb était censé être mort, il n’avait donc pas de raison apparente de vouloir attirer l’attention sur lui. Et puis, il avait un tout autre programme en tête. Il avait besoin d’un verre. Voir de plusieurs. Pour cela, il entre dans le premier bar qui croise son chemin. Celui-ci n’a l’air d’être le plus fréquentable du quartier, mais il s’en fiche. Il n’a pas peur de la petite délinquance, comme il n’est pas effrayé devant les plus grands criminels. Il n’a peur de rien à vrai dire. Et si certain pense que c’est du courage, la réalité est que c’est surtout de l’inconsciente. Ceci étant, Robb ne tarde pas à prendre place devant le comptoir, sans prendre garde à la clientèle. Il s’en fiche totalement. La seule chose qui l’intéresse est ce verre de Bourbon qu’il vient de commander au barman. Il pose alors ses coudes sur le bar et passe deux mains nerveuses dans ses cheveux. Il tente de cacher son angoisse qui le ronge, mais il ne maîtrise absolument plus rien. Il ne sait même pas pourquoi il est venu à Washington, la ville par excellence qu’il devrait fuir. Il ne sait pas pourquoi il se donne autant de mal pour une femme, quelle qu’elle soit. Il sent que tout échappe à son contrôle et il ne se reconnaît plus lui-même. Il inspire puis expire bruyamment, s’enfermant dans une bulle où personne d’autre que lui et son verre de Bourbon n’existent. Il en boit une gorgée qui ne lui irrite même plus la gorge, par habitude. Une autre gorgée, puis encore une autre. Il fait signe au barman de lui en servir un second qu’il ne tarde pas à siffler. Parfois, juste parfois, dans les moments les plus sombres de sa vie, il regrette. Il regrette d’avoir fait les choix qu’il a fait, il regrette d’avoir pris la tête du cartel, il regrette d’avoir abandonné sa petite sœur, il regrette d’avoir tué toutes ces personnes, il regrette de lui avoir menti, d’être qui il est. Puis il noie ses remords dans l’alcool et le lendemain il oublie tout. Il oublie que l’espace de quelques minutes il s’est senti misérable et qu’il a flanché. Car oui, Robb Renfield n’est pas infaillible. Malgré cette façade, malgré sa carrure de garde du corps, malgré sa froideur et son absence de ressentiment, il lui arrive parfois de n’être qu’un homme. Fort heureusement cela ne dure que quelques minutes, avant de se rendre compte qu’il n’est qu’un idiot et qu’il n’échangerait sa vie pour rien au monde. C’est la voix d’une jeune femme qui vient le sortir de ses pensées, aussi sombres soient-elles. « Mauvaise journée ? » S’il y a bien une chose que Robb n’est pas, c’est bavard. Il n’est pas le genre à s’étendre sur sa vie auprès d’une inconnue, ou de quiconque en fait. Il déteste parler sans réel but, faire la conversation. Surtout dans ce genre d’endroit. A l’évidence, aucune personne ne méritait réellement son attention, c’est du moins ce qu’il croyait. C’est pourquoi, il n’accorde le moindre regard à cette personne qui semble se trouver à sa droite, installée elle aussi au bar. « On peut dire ça comme ça. » Son ton n’est pas amical du tout. Il transparait tout l’agacement qu’il ressent à cet instant présent. Alors oui, il n’est pas aimable et s’affiche clairement comme un ours mais il en a rien à faire. Il n’a pas de temps à perdre avec une pauvre fille qui n’a rien de mieux à faire un vendredi soir que de venir se perdre dans ce bar glauque. Tout comme lui en réalité. Il reprend son verre qu’il avale d’une seule gorgée avant de le laisser tomber sur le bar. N’ayant pas le moins du monde envie de compagnie, il s’apprête à partir, mais le fait est que sa curiosité prend un instant le dessus. Il se lève, mais ne peut s’empêcher, dans son mouvement, de jeter un regard à sa droite. Et il reste bloqué sur le visage de cette jeune femme. S’il avait l’habitude de fréquenter ce genre d’endroit, il avait aussi l’habitude de la clientèle, peu fréquentable. C’est pourquoi, il s’étonne littéralement de voir une femme comme celle qui se trouve juste à côté de lui. Elle est d’une beauté rare. Peut-être pas autant que June, mais elle s’en rapproche dangereusement. Elle semble certes triste, mais son visage respire pourtant une joie intérieure qui doit faire partie d’elle-même. Elle ne ressemble pas à ces femmes qui fréquentent ce genre de bar. Elle n’a pas les joues creusées et d’immenses cernes noirs créés par les méfaits de la drogue, elle respire la santé, elle est propre sur elle et étonnement séduisante. Et voilà, elle a réussi à l’intriguer. Si bien qu’il reprend sa place sur un tabouret – plus près d’elle cette fois- et fait signe au barman de servir deux nouveaux verres. « C’est pour moi. » lâche-t-il en sortant de sa poche une liasse de billets verts duquel il en extirpe un pour le poser sur le bar. Il affiche un léger sourire à l’adresse de cette magnifique brune qui suscite en lui tout un tas d’idées pas le moins du monde catholiques. Il faut le dire, un seul regard de sa part à fait naitre en lui une envie irrésistible de la mettre dans son lit. Elle le regarde un instant, puis attrape le verre qu’il vient de lui offrir pour l’avaler cul sec. Puis elle lui sourit, ils sont sur la même longueur d’onde. « On dirait que je ne suis pas le seul à avoir eu une journée difficile. » Il est presque impressionné par ce qu’elle vient de faire. Si ce n’est pas quelque chose d’étonnant pour lui, il ignorait qu’une fille de sa trempe pouvait en être capable. Il ignore pourquoi, mais elle lui rappelle June. Peut-être était-ce due à cette manière dont elle rend élégant tout ce qu’elle fait, même avaler un shooter d’alcool fort. « On peut dire ça comme ça. » Elle utilise les propres mots de Robb, juste pour lui faire comprendre qu’elle aussi peut jouer les filles désagréables et intouchables tout comme il vient de le faire avec elle il y a encore quelques minutes de cela. Mais le fait est qu’elle n’a pas envie de la jouer les intouchables ce soir, tout comme lui, dès l’instant où il a croisé son regard. Car l’espace d’un moment, elle lui fait oublier ce pourquoi il est venu noyer sa peine. Un instant, il ne pense plus qu’à une seule chose, venir à la rencontre de ces lèvres pourtant inconnues mais qui, il en est persuadé, lui feraient un bien fou. S’ils s’adonnent pendant quelques minutes à une conversation anodine, livrant quelques informations sur leur personne –sans pour autant trop en faire- il est évident que ni lui, ni elle, a véritablement envie de connaître l’autre. Si bien qu’un jeu de séduction s’enclenche presque instantanément. Ils ont bien mieux à faire que de parler pour ne rien dire. Ils se fichent bien des problèmes de l’autre, ils n’ont véritablement qu’une seule envie : oublier, penser à autre chose, se venger d’une certaine façon et noyer leur chagrin dans le plaisir charnel. C’est lui qui lui fait rapidement comprendre en venant fourrer sans langue dans la bouche de la brune. Elle ne proteste pas. Bien au contraire. L’alcool fait qu’ils se donnent littéralement en spectacle mais personne ne semble vraiment s’en étonner. Ce bar doit accueillir tellement de personne comme ça. Debout, positionnée entre les jambes de Robb encore installé sur son tabouret, Maeve –dont il ignore même le prénom- reprend sa respiration pour venir chuchoter quelques mots à l’oreille de sa conquête de la soirée. « J’habite pas très loin. » C’était exactement ce qu’il avait envie d’entendre, à croire que cette femme dont il ignorait absolument tout lisait dans ses pensées. « Parfait. » Il n’en faut pas plus pour que Maeve s’empare de la main de Robb pour l’entraîner jusqu’à son appartement où ils s’adonnèrent à ce qu’ils avaient en tête depuis leur premier échange : s’envoyer en l’air, purement et simplement, sans la moindre délicatesse, sans le moindre romantisme, le moindre sentiment. Juste du sexe pour le sexe. Rien de plus, rien de moins. Au petit matin, lorsque Robb ouvre les yeux, il découvre une Maeve parfaitement nue à ses côtés, il ne peut s’empêcher d’afficher un sourire satisfait. Ce n’était clairement pas l’attitude la plus élégante qu’il soit, mais le fait est que Robb n’avait rien d’un gentleman. Il détourne le regard rapidement pour se concentrer sur la recherche de ses vêtements, tous éparpillés sur le sol de ce qui doit être la chambre de la demoiselle. Une fois rhabillé, il passe une main sous le matelas, l’endroit même où il avait glissé son arme avant qu’elle ne remarque quoi que ce soit, la veille au soir. Il la replace à son endroit habituel et quitte la chambre sans la moindre attention. Les choses étaient plutôt claires entre eux. Il n’était pas question de se revoir, ni même de prendre le petit déjeuné ensemble. Si bien qu’il lui semble évident de ne pas la réveiller pour lui faire savoir qu’il partait. Il quitte la chambre puis l’appartement, mais au moment même où il ouvre la porte d’entrée, il tombe nez à nez avec un homme. Il fait un pas en arrière. Pas parce qu’il pourrait très bien être le petit ami de celle avec qui il vient de s’envoyer en l’air, non absolument pas, il se fiche complètement de savoir qu’elle ait trompé qui que ce soit avec lui. Non, ce n’est pas pour cette raison mais parce qu’il connaît cet homme. Et pour cause, c’est le même homme qu’il avait vu la veille aux côtés de June, sa June. Il l’observe un instant, alors qu’en face, lui, semble plus énervé qu’autre chose. Mais aucun mot ne sort de la bouche des deux hommes, qui, en une fraction de seconde se contournent pour pouvoir retrouver l’endroit qu’ils souhaitaient. La sortie pour Robb, et l’entrée pour Wes. Robb se jette immédiatement dans l’ascenseur, se jurant de se renseigner davantage sur cet homme qui vient littéralement de chambouler toutes les pensées qu’il avait pu avoir jusqu’alors. Peut-être qu’il devrait finalement revoir Maeve pour cela. Mais, pour l’heure, il doit quitter au plus vite cet immeuble, et regagner sa voiture s’il ne veut pas compromettre plus qu’il ne l’a déjà fait sa couverture. En regagnant son véhicule, il ne peut s’empêcher de regarder constamment derrière lui, et de poser sa main droite dans son dos, serrant la crosse de son arme, sait-on jamais. Il est si distrait qu’il en oublierait presque de regarder devant lui. Si bien qu’il percute quelqu’un de plein fouet. Lorsqu’il fait face à celle qu’il vient de heurter, il n’a pas le temps de s’excuser, car son souffle est coupé et son visage devient littéralement livide. « Robb ? » Non, ce n’était pas possible, il ne pouvait pas avoir été aussi idiot. Il ne pouvait pas avoir fait foiré plus de dix années de couverture, plus de dix années de disparition, il ne pouvait pas avoir fait croire à tout le monde qu’il était mort pour tout foutre en l’air en une fraction de seconde, là, maintenant. Tout ça pour un coup d’un soir sans la moindre importance. Il se maudit d’être aussi stupide, malgré le fait qu’il est littéralement paralysé par celle qui se trouve à cet instant devant lui. « Serena. » finit-il par dire avec un mal fou avant de retrouver l’usage de ses membres. Il la contourne et saute immédiatement dans sa voiture pour fuir le plus loin possible de celle qui pleurait chaque jour sur sa tombe, de celle qui le croyait mort, de Serena, de sa petite sœur …

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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 16:56

Dommage pour toi, on aurait pu devenir proches ... mj

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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 17:04

je trouverais de quoi m'occuper :siffle: :siffle: hehe

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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 17:20

mdr mdr
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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 17:53

Okay, tant pis. J'irais trouver une autre occupation aussi :dance2:

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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Sam 20 Juin - 22:09

sestra d'amour ouah ouah et bien sûre que je suis le meilleur grand frère Suspect Rolling Eyes (enfin presque :siffle:

aucune autre occupation ne sera aussi bien :siffle: sex

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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Dim 21 Juin - 11:19

oui presque parfait alors cry y'a du travail pour atteindre le top du top haha haha

et du coup je me permet de venir avec Mae aussi bed2 bed2 bed2

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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   Dim 21 Juin - 15:32

viens, viens, il y aura toujours une petite place pour Mae Rolling Eyes Rolling Eyes bed2 bed2

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MessageSujet: Re: ↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.   

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↦ i’m not bad, i’m just drawn that way.
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