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 maybe i am the apocalypse ♡ lola

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MessageSujet: maybe i am the apocalypse ♡ lola   Mar 4 Aoû - 19:56


lola malia valentino chapman
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If you gave someone your heart and they died, did they take it with them? Did you spend the rest of forever with a hole inside you that couldn't be filled? crédits : nineteenminutes @jodipicoult (quote) + natsaliedormer @tumblr (gif)


Now is always temporary

NOM(S) ↦ La jolie blonde que vous voyez là est le portrait craché de ses parents. Il est donc plus qu’évident qu’elle soit une Valentino. Une Valentino pure et dure dont elle est terriblement fière de porter le nom. Elle a toujours été très proche de sa famille, que ce soit de ses parents, de sa sœur, ou de celle qu’elle s’est construite au fur et à mesure que sa vie prenait forme. La famille est très importante à ses yeux et elle serait prête à tout pour eux. Du moins, c’est ce dont elle se croyait capable avant que sa vie prenne un destin bien trop tragique. Un seize Juillet 2010 , l’aînée des Valentino est devenue une Chapman. Si elle était très attachée à son nom de jeune fille du fait que celui-ci le rattachait à sa famille, elle n’a pourtant pas hésité une seule seconde à prendre le nom de celui qui faisait battre son cœur, parce qu’après tout, il était devenu bien plus que sa famille à ses yeux. Elle l’aimait, plus qu’elle n’aurait un jour cru pu aimer. Une magnifique et incroyablement parfaite petite fille est ressortie de leur union, transmettant donc leur nom à leur progéniture. Mais le fait est que le sort a décidé que le bonheur était bien trop grand pour la jeune famille et a décidé de tout faire voler en éclats. Enlevant tout sens à ce nom de famille, la jolie blonde a perdu sa fille, puis son époux. Le fait est qu’aujourd’hui elle porte encore le nom Chapman, parce qu’elle n’a pas la force de remplir les papiers du divorce qui trônent sur son bureau depuis bien trop longtemps, mais elle sait qu’un jour elle devra redevenir une Valentino. Etrangement, cela lui fait bien plus de mal qu’elle ne l’aurait pensé. PRENOM(S) ↦ Née d’une famille italienne, l’aînée des Valentino porte pourtant un prénom d’origine espagnole, sans qu’il n’y ait de véritable raison à cela, seulement un souhait de son géniteur qui affectionnait particulièrement ce prénom. Lola, diminutif de Dolores, signifie douleur. Si ses parents avaient l’impression, par ce prénom, de transmettre la joie et le bonheur, il est évident qu’aujourd’hui, celui-ci prend tout son sens. Car c’est belle et bien une douleur viscérale qui s’est peu à peu insinuée en elle et qui fait que la femme pétillante et pleine de vie qu’elle était autrefois, a totalement disparu. En second prénom, Paolo et Caitlin Valentino ont choisi, d’un commun accord le prénom Malia. Celui-ci a en effet une signification particulière pour eux. Il signifie dans un premier temps reine en hébreu – en tant que leur premier enfant, Lola a longtemps été leur princesse, leur trésor, leur petite reine qu’ils chérissaient plus que tout. D’autre part, Malia était le prénom que portait la défunte mère de Paolo. Lola ne l’a pas connu mais a toujours entendu dire que c’était une femme délicieuse et pleine de vie, une femme qui lui ressemblait autrefois. DATE DE NAISSANCE ↦ Lola est née au beau milieu de l’été, le six août de l’année 1988 plus exactement. Ce qui lui fait aujourd’hui un total de vingt-sept années au compteur. Si elle n’a pas vu toutes ces années passer, elle les a presque toutes aimées, excepté les deux dernières, parce qu’elles ont été loin de sa raison de vivre, Minx, sa fille. Aujourd’hui, son âge n’a plus vraiment d’importance pour elle, tout comme tout ce qui l’entoure en réalité. Car c’est une évidence, absolument plus rien n’a la même saveur sans sa fille, et sans Aaron.  LIEU DE NAISSANCE ↦ Lola n’est pas ce qu’on appelle une américaine pure souche. En effet, ce n’est que lorsqu’elle eut l’âge de quatre ans que la famille Valentino a élu domicile aux Etats-Unis après une volonté du père de famille de fonder son propre restaurant italien dans le pays où l’on dit que tout est possible. Il souhaitait vivre le rêve américain en somme. Bien entendu, toute la petite famille a suivi les traces de Paolo et il ne leur fallut qu’un an pour obtenir la nationalité américaine. En réalité, ils sont tous originaires d’Italie. De la magnifique ville de Florence. Enfin c’est ici que sont nées Lola et sa petite sœur, Riley, ainsi que Paolo. Mais Caitlin est elle originaire d’Australie. Le fait est qu’elle a rencontré Paolo alors qu’elle effectuait une année universitaire en Italie et qu’elle n’est jamais repartie vivre dans son pays natal. STATUT CIVIL ↦ Lola a été heureuse et amoureuse. Mais ça c’était avant. Il fut un temps où à chaque fois qu’il posait son regard sur elle, des frissons parcourraient chacune des parcelles de son corps, à chaque fois qu’il lui souriait, elle ne pouvait s’empêcher de sourire à son tour et de venir retrouver la douceur de ses lèvres, il fut un temps où chaque mot, chaque geste, chaque regard de sa part la rendait particulièrement heureuse et terriblement vivante. Il était celui dont elle avait toujours rêvé, sa personne, son meilleur ami, son âme sœur, sa pièce manquante, son tout, sa dose d’héroïne, sa bouffée d’air frais… Il représentait absolument tout pour elle. Et elle l’avait su à l’instant où elle l’avait rencontré, alors qu’elle venait d’arriver aux Etats-Unis et qu’elle n’avait que quatre ans. Elle l’avait su immédiatement et même s’ils n’avaient véritablement été un couple qu’à ses seize ans, elle l’avait toujours su. Personne n’arrivait à sa cheville. Personne ne le surpassait, aucuns des autres baisers n’avaient la même saveur que les siens, aucune caresses n’avaient cet effet qu’avaient les siennes sur elle. Rien ni personne ne pouvait la contenter plus que lui. Alors elle les avait tous repoussé un par un, ne souhaitant s’embarquer dans une relation, certes d’adolescent, mais qui n’avait selon elle aucun intérêt si elle n’était pas avec celui qu’elle aimait profondément depuis toujours. Puis ils ont fini par se retrouver et à ne plus se quitter. Ils ont véritablement compris ce qu’était la vie, le bonheur, l’amour qu’une fois qu’ils étaient ensembles. Ils se sont aimés, se sont parfois disputés, pour mieux se réconcilier, se sont embrasser plus que de raison, se sont blottis dans les bras l’un de l’autre, se sont dit qu’ils s’aimaient, qu’ils ne pouvaient vivre l’un sans l’autre, se sont fiancés, se sont dits « oui » devant l’autel, ont eu une magnifique petite fille, ont emménagé ensemble… Puis un jour tout a explosé. Un jour, leur couple, leur histoire, leur famille, tout a volé en éclats. Il y a deux années de cela, leur petite fille, Minx, s’est faite enlever alors qu’elle jouait devant leur maison sous la surveillance de sa baby-sitter. Et c’est la perte de cet enfant jamais retrouvé malgré tous les moyens mis en œuvre, qui a eu raison de leur amour, pourtant si fort. Peu à peu les disputes se sont faites plus fréquentes, et une barrière s’est dressée entre eux. Plus de sourire, plus de baisers, plus de caresses, plus de mots doux, plus de je t’aime, ni même de regards. Plus rien. Car c’était tout bonnement trop difficile. Lola avait littéralement perdu tout goût à la vie et voir chaque jour Aaron rendait les choses encore plus insupportable. Elle ne parvenait à regarder Aaron sans penser à Minx, elle ne parvenait à sourire, à être heureuse alors que sa fille était probablement en train de souffrir loin d’eux, ou pire encore morte et laissée à l’abandon quelque part. Alors quelques semaines après l’enlèvement de sa fille, alors que les recherches prenaient peu à peu fin, et que les choses se tassaient pour les autres, elle décida de partir. Elle décida de quitter cette demeure qui lui rappelait tous ses souvenirs douloureux, de quitter Aaron, de quitter sa vie. Elle déposa son alliance sur la table de la salle à manger et quitta la maison pour ne jamais y revenir, malgré toute la souffrance que cela supposait. Aujourd’hui, cela fait presque deux années que Lola n’a plus vu Aaron et si son cœur lui appartient toujours, elle sait que jamais elle ne pourra revenir vers lui sans penser à Minx, sans souffrir. Mais si elle a décidé de couper les ponts avec le jeune homme, elle ne parvient tout de même pas à remplir et à envoyer les papiers du divorce qu’elle s’est faite parvenir par son avocat. Elle est donc toujours mariée à Aaron et porte encore le nom de Chapman. Ceci malgré le fait qu’elle ne l’a plus revu depuis deux ans mais aussi et surtout le fait qu’elle soit aujourd’hui engagée dans une nouvelle relation. En effet, cela fait bientôt un an que Lola est en couple avec Tommy Whelan. Si l’affection qu’elle a pour le jeune homme n’a absolument rien de comparable à ce qu’elle pouvait ressentir pour Aaron, elle se sent pour autant bien avec lui. Il la rassure et elle oublie l’espace de quelques secondes, lorsqu’elle se trouve dans ses bras, sa misérable vie.  ETUDES/METIER ↦ Enfant, adolescente, et jeune adulte, Lola rêvait de devenir avocate, comme dans Ally McBeal qui était son héroïne, toute série confondue. Et si elle commença les études pour le devenir, sa grossesse mis un terme définitif à son rêve de carrière. Si certains auraient vu cela comme un véritable échec dans une vie, ce ne fut pas le cas de Lola. Avoir Minx, être auprès de Aaron, étaient les seules choses dont elle avait besoin et qui la remplissaient de bonheur. Elle n’avait pas besoin de jouer les Harvey Specter pour se sentir vivante. Sa famille remplissait ce rôle pour elle. Elle trouva donc, avec l’aide de sa meilleure amie, Maeve, un travail de secrétaire dans la caserne 33 qu’elle n’a pas quitté depuis. Ce n’est peut-être pas le métier de ses rêves, mais elle s’y plait. Elle aime l’ambiance de la caserne et cela lui permet d’être toujours auprès de sa meilleure amie. Et puis, c’est aussi ici qu’elle a rencontré celui qui partage aujourd’hui sa vie.  TRAITS DE CARACTÈRE ↦ Il y a deux facettes de la personnalité de Lola. En effet, il y a plusieurs années de cela, la jeune femme était souvent décrite comme étant une femme pleine de vie, qui sourit et rit tout le temps, qui profite de la vie comme elle vient et qui met un point d’honneur à toujours être positive, à toujours voir le bon côté des choses en toutes circonstances. Un rayon de soleil, une boule d’énergie, une spontanéité à couper le souffle, le genre qui vous redonne le sourire en un rien de temps. Oui, Lola était à une certaine époque le genre de fille un peu folle, qui vous ferez rire de par sa maladresse attendrissante, par ses grimaces enfantines au beau milieu d’un repas important, par son rire si particulier et par cette manière qu’elle a de faire cette petite moue boudeuse lorsqu’elle souhaite obtenir quelque chose. Une fille pleine de vie en somme. Mais le fait est que cette facette de sa personnalité s’est complètement envolée depuis deux ans, depuis que Minx a été enlevé, et depuis qu’elle a décidé de s’éloigner d’Aaron. Elle ne sourit plus, elle ne rit plus, elle ne saute plus dans tous les sens quand elle apprend une bonne nouvelle, elle ne hurle plus comme une adolescente lorsqu’elle appelle sa meilleure amie au beau milieu de la nuit, elle ne fait plus toutes ces choses un peu stupides mais qui faisaient partis de sa personnalité. Non aujourd’hui, Lola est à l’image d’une coquille vide, complètement vidée de toute once de joie. Constamment ailleurs, constamment dans ses pensées, la plupart des gens vous diront qu’elle est absente, n’est plus vraiment elle-même depuis ces dernières années. La plupart ne la reconnaitront même pas et se demanderont qui est cette nouvelle Lola constamment morose qui semble en permanence triste et qui lutte intérieurement contre un mal-être qui la ronge. Ceci étant, certaines parcelles de l’ancienne Lola parviennent parfois à resurgir lorsqu’elle se trouve auprès de Maeve, ou même de Tommy. Car tous deux lui font un bien fou. Elle a presque l’impression de revivre lorsqu’elle se trouve avec eux, malgré tout ce qui l’en empêche. La jeune femme reste quelqu’un de très attachant. Toujours à l’écoute, elle sait comment remonter le moral de ses proches –malgré le fait qu’elle ne parvient pas à sortir de bulle de tristesse dans laquelle elle s’est elle-même enfermée. Elle est très fidèle, que ce soit en amour, comme en amitié. Elle ne supporte pas la trahison, ni même les mensonges. Et si tout le monde l’a toujours vu comme la petite blonde rigolote un peu idiote, elle n’est pourtant pas en reste. Perspicace, courageuse et un brin rancunière, elle n’hésitera pas à faire le pire des coups si l’on touche à quelque chose ou à quelqu’un qui compte pour elle.  20 CHOSES A SAVOIR SUR VOUS01. Elle est tombée enceinte alors qu’elle n’avait que vingt-et-un ans. Ce n’était pas prévu, mais la naissance de sa petite Minx l’a tout de même comblé de bonheur. Elle ne regrette pas le moins du monde sa naissance et ce, même si elle a dû arrêter ses études pour devenir avocate pour cela. Minx était toute sa vie. C’est pourquoi, tout lui semble aujourd’hui insurmontable depuis que l’enfant s’est faite enlever il y a deux années de cela. Elle a totalement perdu le goût à la vie. 02. Auparavant, elle ne sortait jamais sans être parfaitement maquillée et apprêtée. Elle mettait d’ailleurs un point d’honneur à ne pas sortir sans rouge à lèvres et perchée sur des hauts talons. Aujourd’hui, elle ne se maquille presque plus, s’attache négligemment les cheveux en un chignon sauvage et prend les premiers vêtements qui sortent de son placard. Si elle était une inconditionnelle de shopping auparavant, cela fait bien longtemps qu’elle n’est plus entrée dans un magasin. Parfois, elle se demande même ce que Tommy peut lui trouver. 03. Elle adore écouter de la musique. Ca l’apaise et lui fait penser à autre chose. Alors il ne sera pas rare de la voir les écouteurs aux oreilles totalement dans son monde ; ou bien d’entendre de la musique s’échapper de son appartement. Elle déteste le silence d’un appartement vide. 04. Elle porte le même parfum depuis plusieurs années, Coco Mademoiselle de chez Chanel. Mais il lui arrive de vaporiser celui d’Aaron sur ses vêtements de temps à autre. 05. Elle parle couramment l’anglais et l’italien. Mais elle a aussi des notions de français. 06. Elle est originaire d’Italie. Depuis sa plus tendre enfance, elle retourne sur ses terres natales à Florence à chaque vacance. Et si elle y allait aussi avec Aaron, à qui elle a fait découvrir la beauté de ce pays, ainsi qu’avec leur fille Minx ; cela fait deux ans qu’elle n’y a plus mis les pieds. Se souvenir de ces moments qu’elle a partagés avec Aaron ici lui donne la nausée et elle déteste aujourd’hui aller à Florence. 07. Elle a perdu sa virginité à l’âge de dix-sept ans, avec celui qui a longtemps été et qui est encore aujourd’hui son époux. Elle ne lui a jamais dit, mais il a longtemps été son premier et son seul pendant très longtemps. Puis tout a pris une tournure différente. 08. Elle a une collection impressionnante de chaussures à talons, qu'elle ne porte plus aujourd'hui. 09. Parfois elle regrette d’avoir laissé son alliance sur la table du salon avant de partir et ne plus jamais revenir. Puisque c’était l’objet qui le rattachait le plus à Aaron. Si c’est un mal pour un bien, il lui arrive encore tout de même de se faire du mal en regardant des anciennes photos où ils étaient ensemble et heureux. Elle a d’ailleurs toujours dans son portefeuille une photo d’Aaron avec Minx dans ses bras en train de dormir après une journée éreintante à la fête foraine. Elle ne peut s’empêcher de la regarder chaque jour. 10. Ses fleurs préférées sont les pivoines, roses ou blanches, au choix. Il suffit de quelques fleurs pour lui faire plaisir. Elle adore les fleurs et les a toujours adorées. Il suffit de voir les imprimés de ses vêtements, mais aussi son appartement, bien trop souvent remplis de fleurs en tout genre. Cependant, elle n’a jamais dit à Tommy qu’elle préférait les pivoines, car inconsciemment elle aurait l’impression de trahir les traditions qu’elle avait avec Aaron, si Tommy venait à lui en offrir. 11. Elle n’a jamais été très branchée sport. Mais depuis peu elle s’est mise à courir le soir après le boulot, cela la détend et lui permet de penser à autre chose. Elle va aussi parfois à la piscine avec Maeve pour faire quelques longueurs. 12. Lola adore danser. Elle est consciente de ne pas être une danseuse hors paire, mais elle s’en fiche. Elle aurait rêvé d’être une ballerine. Et de savoir chanter, mais le fait est qu’elle chante affreusement faux. 13. Elle tient très mal l’alcool. Et pourtant elle adore le vin et en abuse parfois un peu trop. Fort heureusement, elle ne fait pas partie de ces personnes qui ont l’alcool mauvais. Bien contraire, elle serait le genre à rire d’un rien et à faire un tas de choses complètement folles, surtout lorsqu’elle se trouve en compagnie de Maeve. 14. Si elle n’avait jamais touché à une cigarette de sa vie, elle a récemment commencé à fumer, pour se détendre. Et ça marche. Son père trouve que ça fait mauvais genre et qu’elle commence à ressembler à sa sœur Riley, mais elle s’en fiche éperdument. 15. Elle est folle amoureuse de Bradley Cooper et son film préféré est incontestablement Silver Linings Playbook, elle ne compte plus les fois où elle l’a regardé et fait regarder à son entourage, jusqu’à l’overdose. 16. Elle joue du piano depuis son enfance. Sa grand-mère lui a appris et elle s’en servait fréquemment pour endormir Minx lorsqu’elle était encore là. 17. Elle a la phobie des insectes en tout genre. Et si elle en croise un, vous le saurez, elle hurle et appelle à l’aide, comme si elle était en train de se faire agresser. Sans la moindre exagération bien sûre. Elle ne tolère que les papillons. 18. Elle n’est pas croyante, mais elle aime s’isoler parfois sur les bancs de l’Eglise du quartier et implorer qu’on lui ramène sa fille. 19. Si elle ne le dit jamais, elle aime sa sœur plus que tout. Et ceci malgré tous les reproches qu’elle a pu lui faire dernièrement au sujet de son manque d’implication dans l’enquête sur Minx et sur le fait qu’elle voyait toujours Aaron. Le fait est qu’elle est d’une certaine façon jalouse de la relation que pouvait avoir Riley avec Aaron. Elle est en réalité jalouse de toute personne de sexe féminin qui pourrait s’approcher de près ou de loin d’Aaron. Il est d’ailleurs la seule personne avec qui elle est aussi possessive. Car en effet, d’ordinaire, la jeune femme n’a pas ce genre de tempérament. Elle ne fait d’ailleurs preuve d’aucune jalousie dans sa relation avec Tommy. 20. Elle adore les sensations fortes et la vitesse, si bien qu’elle conduit bien trop souvent trop vite sur la route. Son rêve est de sauter en parachute mais elle n’a jamais osé le faire.  GROUPE ↦ under the water.


VOTRE AVIS SUR LA VILLE DE WASHINGTON ↦ S’il y a bien une chose sur laquelle Lola n’a jamais douté, c’est sur son affection certaine pour la ville de Washington. Elle aurait pu partir, elle aurait pu s’éloigner de la capitale pour découvrir de nouvelles contrées américaines, ou même retrouver ses terres natales italiennes. Elle aurait pu, mais elle ne l’a jamais fait. Parce que cela fait des années qu’elle est à Washington et qu’elle ne conçoit pas sa vie sans cette ville et surtout sans les personnes qui la rattachent à cette dernière. Sa famille, ses parents, sa petite sœur, sa meilleure amie Maeve, et Tommy. Et bien sûre, malgré tout ce qu’elle pourra dire, ce qui la rattache probablement le plus à DC, c’est Aaron. Alors oui, elle refuse de le voir depuis près de deux ans maintenant mais elle sait qu’il est là, près d’elle et qu’à tout moment elle peut retourner le voir si besoin est, et elle peut garder un œil distant sur lui. Elle aime le savoir près d’elle malgré tout. De plus, elle a toujours ce mince espoir qu’un jour Minx retrouve le chemin de leur demeure familiale. Si bien que Lola y passe tous les jours en sortant du boulot.  VOTRE MEILLEUR ET VOTRE PIRE SOUVENIR ↦ Le pire souvenir de Lola est évident. C’est celui où les autorités l’ont appelé sur son téléphone portable alors qu’elle était au travail l’implorant de se rendre à son domicile de toute urgence car Minx avait disparue. A cet instant, la jolie blonde est passée par toutes les émotions. Cette journée fut terrible. Elle venait de perdre ce qui comptait probablement le plus à ses yeux, sa petite fille, sa petite Minx, son trésor, sa raison de vivre, sa chair et son sang. Inconsolable pendant plusieurs semaines, Lola a refusé le soutient d’à peu près tout le monde, même celui d’Aaron, tellement elle était dévastée. Et si aujourd’hui, elle semble peu à peu se faire une raison, ce n’est pas du tout le cas. En effet, dans son appartement, dans l’arrière fond de son placard, sont accrochés tous les indices qu’elle a pu collecter sur la disparition de sa fille. Elle passe parfois ses nuits entières devant ce tableau à se demander ce qui lui a échappé et où pourrait bien être Minx… Son meilleur souvenir semble de toute évidence logique aussi. Si elle a terriblement souffert lors de l’accouchement, découvrir les grands yeux clairs de sa fille fut son plus beau moment. Elle se souvient encore de cet instant où Minx a pressé son index de sa petite main frêle. Mais le fait est que chacun des moments que Lola a passé avec Aaron et Minx sont ses meilleurs souvenirs. Elle était si heureuse à cette époque … JUSQU'OU SERIEZ VOUS PRÊT A ALLER POUR SAUVER UNE VIE ↦ Lola n’a pas l’âme ni la carrure d’un héros, et pourtant elle en côtoie tous les jours. C’est d’ailleurs peut-être pour cette raison qu’elle ne s’est jamais lancée dans l’école des pompiers comme le lui ont conseillé plusieurs de ses collègues. Elle n’est pas vraiment le genre à accourir pour sauver quelqu’un, mais le fait est que s’il s’agit de l’un de ses proches, elle serait prête à tout, quitte à en donner sa propre vie, quitte à se brûler les ailes. Elle serait d’ailleurs prête à absolument tout pour sa fille Minx, et pour Aaron. Car ils étaient ce qui comptait le plus pour elle. Et aujourd’hui, elle a tout perdu…  AVEZ VOUS DÉJÀ ÉTÉ IMPLIQUE DANS UNE HISTOIRE AVEC LA POLICE ↦ Avec l’enlèvement de sa fille, Lola a été confrontée aux autorités à de multiples reprises. Mais le fait est qu’elle les déteste tous. Pour elle, il ne s’agit que d’incompétents qui ne s’intéressent absolument pas à des petites affaires d’enlèvement sans la moindre importance, préférant jouer les héros à démanteler des réseaux de drogues ou bien à mettre des PVs sur les pare-brises. Oui, le fait que les autorités n’aient pas retrouvé sa fille a fait que Lola a un avis bien tranché sur eux. Alors oui, elle sait que foncièrement, ils ne sont pas responsables de ce que peut ou a pu vivre Minx, mais elle ne parvient à relativiser et à ne pas les blâmer de cette absence de résultat. Elle est parfois dur avec eux, et d’autant plus avec sa sœur qui est l’une d’entre eux et qui n’a obtenu plus de résultats sur cette affaire. Hormis cela, Lola a toujours été une parfaite citoyenne. Son casier judiciaire est vierge. Elle doit juste cumuler quelques excès de vitesse sans grande importance. LA PIRE CHOSE QUE POURRAIT FAIRE OU ETRE VOTRE VOISIN ↦ Autrefois, Lola était le genre de voisine toujours souriante, toujours prête à rendre service et à croire en des liens de voisinages forts. Lorsqu’elle habitait encore avec Aaron, il n’était pas rare qu’elle invite ses voisins à diner ou inversement, parce qu’au fils du temps, ceux-ci étaient devenus amis. Mais aujourd’hui, les choses sont complètement différentes. Lola se fiche de tout et de tout le monde. Elle n’a jamais fait attention à ses voisins de pallier et si elle leur dit bonjour, c’est déjà un exploit. Elle ne s’est jamais intéressée à eux et ne le fera sans doute jamais, car elle n’en a ni le temps, ni l’énergie et encore moins l’envie. Alors, peu importe qui ils sont, elle s’en contrefiche. Cependant, il est évident que si son voisin est le bourreau, ou le kidnappeur de sa petite Minx, elle serait capable de l’étrangler sur le champ pour obtenir des aveux et informations sur sa fille. Elle n’a plus aucune limite.   COMMENT AVEZ VOUS VÉCUE LA TRAGÉDIE QUI A TOUCHE WASHINGTON IL Y A 5 MOIS?  ↦ Ce jour-là, Lola était en congé. Si bien qu’elle n’a assisté à la tragédie que par le biais de sa télévision. Cependant, les pompiers et paramédics avec lesquels elle travaille quotidiennement lui ont conté l’horreur des évènements et elle a été presque tout autant touchée qu’eux de ce récit. Si elle n’a pas été directement concernée par l’événement, elle n’a pu s’empêcher d’appeler Wes, le colocataire de sa meilleure amie, pour savoir si Aaron allait bien. Ensuite, elle a appelé Tommy pour s'assurer qu'il ne lui était pas arrivé quelque chose. Le jeune homme s'en est sorti avec une fracture de l'épaule. Et bien entendu, Lola fut présente pour lui et aux petits soins.



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PRENOM/PSEUDO ↦ anouchka/benzorris COMMENT TU ES ARRIVE(E) ICI? ↦ en parachute CONNEXION ↦ le plus possible of course ! je passerais normalement tous les jours, après en ce qui concerne le rp, tout dépendra de mon inspiration ! TON DERNIER MOT ↦ Aaron c'est le plus beau !  


Dernière édition par Lola Chapman le Dim 9 Aoû - 14:24, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: maybe i am the apocalypse ♡ lola   Mar 4 Aoû - 19:57



That's all they really want, some fun
When the working day is done, girls they want to have fun


C’est l’été. Il fait chaud, très chaud, tant que cela rappellerait presque les chaleurs italiennes que les deux petites Valentino avaient l’habitude de supporter autrefois. Cela fait déjà quelques années qu’elles ont quitté, avec leur parent, l’Italie pour venir vivre le rêve américain. Et fort de leur succès, la famille Valentino commençait à se faire une petite réputation avec leur petit restaurant typiquement italien qui, aux premiers abords ne payait pas de mine, mais qui prenait chaque jour un peu plus de grandeur et d’excellence. Installées sur une petite table à l’arrière du restaurant, Lola et Riley Valentino sont priées de faire leur devoir, pendant que leur père s’occupe des clients. Mais le fait est que les deux enfants ont terriblement chaud, n’ont pas la moindre envie de faire leur devoirs et sont bien plus intéressées par le fait d’aller jouer dehors avec leur nouveaux amis plutôt que de rester là enfermées, la tête à côté du ventilateur, et un grand verre de citronnade bourré de glaçon à la main. Lola soupire alors qu’elle sirote son soda avec lassitude. « Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas aller jouer dehors ? » Lola arbore sa petite moue boudeuse habituelle lorsqu’elle veut obtenir quelque chose, quand son père passe à côté d’elles. Riley, qui est le portrait craché de sa grande sœur l’imite immédiatement pour donner plus de poids à cette supplication. C’était une épreuve difficile pour des petites filles de huit et six ans de devoir être enfermées dans un restaurant affreusement mal climatisé à faire leurs devoirs, alors qu’elles pouvaient apercevoir par la fenêtre du restaurant leurs amis jouer et profiter du soleil environnant. Paolo Valentino, les bras chargés d’assiettes s’arrête devant les filles. « Parce que les filles, je dois garder un œil sur vous, que j’ai du travail, et que vous avez encore des devoirs à faire ! »  Et le père de famille n’avait pas tout à fait tort. Les deux petites soufflent leur mécontentement mais elles se remettent aussitôt dans leur devoir lorsque leur père s’éloigne. Plus vite elles auraient terminé, plus vite elles pourraient aller jouer. Enfin dans l’hypothèse où leur père se décidait à comprendre qu’elles étaient aujourd’hui assez grandes pour se surveiller elles-mêmes. C’était du moins ce qu’elles pensaient. Lola soupire et tente de résoudre une série de multiplications qu’elle doit réaliser pour le lendemain, mais rapidement son esprit divague. Parce qu’elle n’a jamais été très scientifique, mais aussi et surtout parce qu’elle ne cesse de se dire qu’elle pourrait à cet instant être avec lui. Inconsciemment, elle fait tourner autour de son annulaire sa bague de princesse bon marché, le regard dans le vague, l’esprit complètement ailleurs. C’est toujours ce qu’elle fait lorsqu’elle pense à lui, sans même s’en rendre compte. Cette bague, c’est lui qui lui a offert, il y a longtemps de cela, alors qu’ils avaient organisé, avec l’aide de leurs mamans respectives, un mariage. Un faux bien entendu, mais qui semblait bien trop réel dans la tête de ces deux enfants à l’instant où celui-ci avait été fait. Lola s’en souvenait encore comme si c’était hier. Elle avait été, ce jour, la plus heureuse des enfants. Comme elle pouvait l’être le jour de noël lorsqu’elle ouvrait une tonne de cadeaux. Et même si cette célébration semblait loin et que de l’eau avait coulé sous les ponts depuis, c’était toujours le même garçon qui hantait son esprit, et ce, même à l’âge de seulement huit ans. Complètement captivée par le vide, la petite fille manque de tomber à la renverse lorsqu’elle se rend compte que son coude n’est plus sur la table. Elle se rattrape de justesse sous le regard moqueur de sa petite sœur. « Tu penses encore à ton amoureux ? » Les deux petites Valentino étaient, malgré le fait qu’elles n’aient pas le même âge, inséparables. C’est simple, on les prenait souvent pour des jumelles, car au delà de leur ressemblance, elles faisaient absolument tout ensemble et connaissaient tout de l’autre. Alors naturellement, Riley était pleinement consciente de l’attachement qu’avait Lola pour Aaron Chapman, le fils des voisins, et ce depuis le premier jour où il avait posé les yeux sur elle. Cependant, les choses n’étaient aujourd’hui plus vraiment ce qu’elles étaient. Bien sûre, Lola fondait toujours comme l’enfant qu’elle était devant ce garçon, mais le fait est que l’époque où ils organisaient de faux mariage et clamaient leur amour au monde entier était révolue. Ils étaient arrivés à un âge où les filles restaient avec les filles, et les garçons avec les garçons, pestant les uns contre les autres. Bien sûre, Aaron et Lola n’étaient pas ainsi l’un envers l’autre, mais l’influence de leurs amis respectifs faisait qu’ils commençaient peu à peu à s’éloigner, pour être comme les autres. Ce qu’ils n’étaient, pourtant, définitivement pas. Cette pensée fendit le cœur de la petite fille, qui fusille immédiatement sa sœur du regard. Elle détestait quand Riley lisait en elle comme ça. « Lola est amoureuse !! » Riley pouffe d’un rire de petite fille terriblement amusé. Elle ne comprenait absolument pas ce que pouvait ressentir Lola pour Aaron, pour la simple et bonne raison qu’elle-même ne savait pas. Elle était bien trop jeune pour le savoir. Mais elle avait étrangement le cœur qui battait plus vite en sa présence, un rire nerveux dès qu’il posait son regard sur elle, et les joues rosies lorsqu’il lui prenait la main pour l’inviter à jouer. Peut-être était-ce de l’amour oui, ou simplement une solide amitié qui se construisait peu à peu. Après tout, elle n’avait que huit ans, que pouvait-elle savoir de l’amour ? Absolument rien. Mais Lola aimait bien faire sentir à sa petite sœur qu’elle était l’aînée, qu’elle était grande et qu’elle avait donc plus de connaissance en la matière –malgré le fait que ça n’était pas du tout le cas. « Tais toi Riley, tu ne peux pas comprendre ! » lui répond-t-elle en lui tirant la langue. Les deux petites s’esclaffent bruyamment. Ce qui eut le don d’agacer le père de famille qui les fusille immédiatement du regard lorsqu’il revient en cuisine. L’autorité naturelle de Paolo fait que les deux blondes se remettent aussitôt au travail. Hélas, ce ne fut que pour une courte durée puisque Riley vint à nouveau déconcentrer sa sœur, l’affublant d’un petit coup de coude. « Regarde qui est à la fenêtre ! » Immédiatement, Lola lève les yeux vers la fenêtre du restaurant se trouvant juste en face. Une fraction de seconde, elle est déçue de ne pas y voir Aaron, mais ça ne dure qu’un instant. Car finalement, la joie l’emporte sur la déception. Et le sourire de sa meilleure amie fait qu’elle ne peut pas faire autrement que d’être heureuse de la voir là, le nez écrasé contre la vitre. « Maeve ! » Cette petite brune n’était autre que sa meilleure amie, la première personne qu’elle avait rencontrée en arrivant à Washington et celle qui ne l’avait jamais quitté une seule seconde. La petite fille, immédiatement surexcitée par la présence de sa meilleure amie se tourne immédiatement vers son père, lui faisant à nouveau les yeux doux. « Papaaaaaa, s’il te plait ! » Lola joint ses mains l’une à l’autre et supplie littéralement son père. Elle n’en peut plus de ses devoirs, de cette chaleur étouffante et de savoir que ses amis s’amusent dehors sans elle. Paolo s’arrête devant la table et plisse les yeux. Il ne parvient jamais à résister bien longtemps aux beaux yeux de ses progénitures. Il croise alors les bras en penchant légèrement la tête vers le cahier de Lola. « Tu as fini tes devoirs ? » Lola s’empresse de montrer la première page de son cahier rempli de chiffres en tout genre, à son père. « Oui regarde ! » La vérité était qu’elle n’avait pas terminé, mais elle s’en fichait. Pour le coup, elle était bien plus intéressée par ce qui l’attendait à l’extérieur. Mais elle connaissait son père, elle savait très bien qu’il n’allait pas tout vérifier en détail et qu’il se contenterait de jeter un rapide coup d’œil. Paolo acquiesce et jette un regard vers la fenêtre où se trouve Maeve, ainsi que sa grande sœur, Eliane, qui gardait très souvent les Valentino lorsque le couple en était incapable. Comme cela était finalement le cas aujourd’hui. Il lui fait un signe de tête, et elle semble comprendre ce qu’il veut lui dire en un seul regard puisqu’elle acquiesce, elle garderait un œil sur Lola, cela allait de soit. « Bon c’est d’accord, mais écoutes bien Eliane ok ? Et ne t’éloigne pas trop ! » Aussitôt son père a-t-il cédé que Lola s’empresse de lui sauter dans les bras pour le remercier, définitivement heureuse de pouvoir sortir enfin du restaurant. Mais lorsqu’elle tourne les talons elle entend Riley. « Et moi ? » Elle arbore une petite moue boudeuse qui veut tout dire. Elle n’a pas terminé ses devoirs, mais elle a espoir que son père la laisse elle aussi rejoindre sa sœur. « Tu n’as pas fini tes devoirs ! » Malheureusement, l’école était bien trop importante pour les Valentino, pour que le père de famille flanche aussi facilement. Riley baisse ses yeux tristes vers son cahier, définitivement déçue. Mais ce n’était sans compter sur le soutient et la malice de sa grande sœur. La petite blonde griffonne rapidement quelques lignes d’écritures sur un autre papier, dos à eux, histoire d’être la plus discrète possible. Puis elle tend la feuille à son père, visiblement fière d’elle. « Si, papa regarde, elle a tout fait, j’avais juste pris sa feuille par erreur ! » Lola fait un discret clin d’œil à sa petite sœur lorsque leur père s’empare de la feuille. S’il y avait bien une chose à savoir sur les deux jeunes femmes, c’était qu’elles étaient toujours là l’une pour l’autre, elles assuraient toujours des arrières de l’autre, et étaient prête à, à peu près tout pour l’autre. Une fois que leur père eut enfin cédé, malgré le fait qu’il n’était pas complètement dupe sur cette histoire, les deux enfants rejoignent l’extérieur, retrouvant leurs amis respectifs. La légère brise qui vient se heurter contre leur peau leur fait un bien fou. Elles allaient enfin pouvoir profiter. Ce qui ne tarde pas à arriver. Elles vont immédiatement grimper sur les structures environnantes du parc où toboggans et balançoires sont prévus au divertissement des enfants, sous l’œil d’Eliane et de ses copines avec qui elles discutent sur un banc, juste en face. Riant aux éclats avec ses amies, Lola ne remarque pas, la présence, pourtant toute particulière, d’Aaron Chapman sur le terrain de football se trouvant juste à leur droite.  « Hé Lola ! » Ce n’est que lorsqu’elle entend sa voix que son cœur se met à battre plus vite, et qu’elle fait immédiatement volte-face. Il est là, les vêtements salis par leur partie de soccer, et les cheveux en bataille, mais elle ne peut s’empêcher de le trouver particulièrement beau. Il trottine légèrement jusqu’à alors qu’elle s’avance elle aussi à son tour. « Salut Aaron ! » Le sourire de la petite blonde est resplendissant, comme à chaque fois qu’elle voit son ami. Comme à chaque fois qu’elle peut échanger, avec lui, quelques mots, même si ceux-ci ne sont que des banalités d’usage. Hélas, rapidement, leur conversation est interrompue, par les cris incessants des copains d’Aaron. « Aaron ramène toi, les filles c’est nulle ! »  Aaron regarde ses amis et leur fait un signe qu’il arrive. Un instant, Lola a espoir qu’il ne s’exécute pas, et qu’il reste un peu avec elle. Mais le fait est que ces derniers temps, leur duo connaît quelques frictions. Elle qui avait toujours eu l’impression de passer en premier avec le petit garçon, se faisait clairement relayer au second plan. Il hausse les épaules à l’adresse de Lola, comme pour s’excuser, sans pour autant le dire, et court rejoindre ses amis. Ses stupides amis que la petite blonde détestait par dessus tout. Parce qu’ils lui volaient Aaron et qu’elle avait l’impression que jamais plus elle ne l’aurait pour lui. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’elle ne se rendait plus que très rarement dans cette cabane construite dans le jardin du garçon, dans laquelle ils avaient pourtant l’habitude autrefois de toujours se rejoindre après le dîner. Définitivement contrariée, Lola, qui n’avait pour ainsi dire, pas l’habitude d’être délaissée de la sorte, revient vers ses amies et affiche une moue boudeuse, croisant les bras et tapant dans une pierre qui se trouvait par mégarde là. « Les garçons sont nuls ! » Oui ils l’étaient tous. Les copains de Aaron, ainsi que Aaron lui-même. Voilà, Lola l’avait décrété ainsi. Maeve, en face, ne put s’empêcher de sourire, car elle savait que Lola était sous le charme de ce garçon, et que même si elle disait de tels mots, elle ne les pensait pas pour autant. Du moins c’est ce dont elle était persuadée. Et il était clair que Maeve connaissait parfois mieux Lola qu’elle-même ne se connaissait. « Oui, sauf Aaron hein !! » La petite brune ricane alors qu’elle vient taquiner sa meilleure amie, qui boude incontestablement. Elle ne supportait que très mal ne pas être le centre d’attention, surtout lorsqu’il s’agissait d’Aaron. « Lola est amoureuse, Lola est amoureuse ! » Phrase typique de fillettes de cet âge, qui les faisait à l’évidence beaucoup rire. Sauf peut-être Lola, qui ne décolérait pas. « C’est pas mon amoureux ! » Non, ça ne l’était pas et c’était là tout le problème. Lola fusille son amie du regard. Elle n’était en rien une enfant difficile. Plutôt calme et sérieuse, les bêtises étaient rares, malgré ses capacités assez incroyables dans l’art de la manipulation par quelques battements de cils et d’un sourire angélique dont seule elle avait le secret. Mais comme tous les enfants, il lui arrivait de faire quelques crises de colère. Car après tout, elle n’avait que huit ans. «  Alors pourquoi tu gardes cette bague qu’il t’a donné ? » Maeve avait probablement prononcé les mots de trop. Lola pose son regard sur la bague, puis sur son amie. C’est elle qui avait raison. Elle n’avait plus aucune raison de porter cette bague qui, en plus de lui rendre le doigt bleu, n’avait plus aucune signification. Elle la retire alors de son doigt et la jette par terre dans une colère enfantine noire. Voilà qui était fait. Il n’y avait plus de bague, plus d’Aaron et plus de stupide mariage. Elle tourne immédiatement les talons pour rentrer retrouver les bras réconfortants de son papa, alors que sans qu’elle ne le sache, Maeve, avait récupéré la bague qu’elle fourra dans sa poche. Personne ne l’a connaissait mieux que Maeve, et cette brunette savait pertinemment qu’un jour ou l’autre, Lola regretterait d’avoir jeté ce petit objet qui ne payait clairement pas de mine, mais qui avait, malgré tout ce qu’elle pouvait dire, une signification toute particulière.

La sonnerie signifiant la fin des cours retentit et Lola ne tarde pas à ranger ses affaires. Tout cela est encore nouveau pour elle. Cela ne fait que quelques semaines qu’elle est entrée au lycée et tout semble être différent ici. Les filles ne courent plus dans la cours de récréation, préférant parler maquillage et garçon, installées sur un banc ; et les garçons semblent s’intéresser qu’au sport et aux filles ; et des groupes, complètement stéréotypés, commencent à se former naturellement. Les sportifs avec les sportifs, les filles populaires entre elles, les intellos, les nerds … Et il y avait Lola. Lola Valentino qui ne se sentait appartenir à aucune de ces catégories. Elle n’était ni sportive, ni plus intelligente que les autres –enfin sauf peut-être plus que cet amas de filles et garçons stupides ne jurant que par le basket ou le football américain- elle n’était pas spécialement populaire et se sentait tout bonnement affreusement seule. Maeve n’était pas encore entrée au lycée, ayant un an de moins qu’elle et ses copines de classe devenaient soit particulièrement stupides, soit complètement inintéressantes et affreusement ennuyeuses. Elles n’avaient de toute évidence plus vraiment les mêmes centres d’intérêts. Pour ainsi dire, Lola ne se maquillait quasiment pas, et les garçons ne l’intéressaient pas plus que ça. Alors à quoi bon endurer ce genre de conversations soporifiques et un brin rengaines ? Elle préférait largement  les blagues idiotes, les rires de ses amis, les bêtises qu’elle faisait avec Riley, et les défis qu’elle lançait à Aaron. Elle n’était d’une certaine manière pas réellement prête à grandir, contrairement à tout ce qu’elle avait pu dire par le passé. La blonde suivit le mouvement de la classe, rangeant ses affaires dans son sac, avant de sortir de la pièce. Elle checke rapidement ses messages lorsqu’elle arpente le couloir jusqu’à la sortie de l’établissement, afin de pouvoir retrouver la lumière naturelle de l’extérieur. Mais avant qu’elle n’ait pu s’échapper, quelqu’un se met en travers de son chemin. Elle s’arrête brusquement, juste avant de lui foncer dedans et lève les yeux de son téléphone portable, presque déçue qu’on l’interrompe en si grande concentration. Un grand brun, aux allures de mannequin Abercrombie la regarde, les bras croisés sur la poitrine et un sourire presque lubrique aux lèvres. « Salut blondie. » Il n’avait aucunement besoin d’ouvrir la bouche pour que Lola comprenne à quel genre de garçon elle avait à faire. Un stéréotype du sportif un peu idiot, qui pense que tout lui est dû et que toutes les filles rêvent d’un peu d’attention de sa part. Evidemment, Lola ne faisait pas partie de ces filles et elle ne put s’empêcher de lui montrer. Elle lève les yeux au ciel, soupire et tente de se dérober, mais évidemment, le garçon semble avoir une toute autre idée en tête. Il fait un autre pas, lui bloquant à nouveau le passage et sourit. Qu’est-ce qu’il pouvait être lourd. « Seth Carlyle. » Le fameux Seth tend sa main vers Lola, afin d’officialiser les présentations, et probablement pour connaître à son tour son prénom, mais la blonde n’avait absolument pas envie d’aller plus loin dans cette conversation avec ce garçon qui ne suscitait que de l’épuisement chez la jeune femme. Comme envers la plupart des garçons en vérité. C’était d’ailleurs un vrai mystère pour certain. Ce n’était pas faute d’essayer, elle avait en effet, son petit succès auprès de la gente masculine, mais aucun n’attirait son attention, aucun ne suscitait quelque chose en elle. Parce que finalement, aucun n’était lui. Aucun n’était Aaron Chapman. Bien sûre, la jeune femme refusait d’avouer quoi que ce soit et se contentait de repousser tous les abrutis qui l’approchaient et vivait pleinement son amitié avec celui qui faisait pourtant battre son cœur depuis toujours. C’était d’ailleurs assez troublant pour une femme de son âge d’être persuadée d’avoir trouvé la bonne personne mais d’être incapable de se l’avouer. Le fait est qu’elle avait peur. Peur de gâcher cette amitié, qui comptait plus que tout pour elle, et peur qu’il n’éprouve pas la même chose. Enfin, ceci étant, elle s’interdisait de ressentir quoi que ce soit. Elle mettait cela dans un coin de sa tête, l’enfermant à doubles tours, et refusant de l’ouvrir. Aaron était et avait toujours été son meilleur ami. Alors oui, ils avaient eu quelques moments d’éloignement, mais le fait est qu’ils se retrouvaient aujourd’hui tous deux dans le même lycée et avaient retrouvé leur complicité d’antan. Lola s’était donc forcée à penser à autre chose, et ce même lorsque ses copines parlaient garçons, il n’était pas question de penser à Aaron. Parce qu’il n’était que son ami et qu’elle n’était pas le moins du monde intéressée par autre chose que cela. Ni avec lui, ni avec aucun garçon. Son père ne cessait de lui répéter qu’elle était de toute manière encore bien trop jeune pour penser à ces choses là. Alors pourquoi n’arrivait-elle pas à voir d’autre garçon que lui ? Pourquoi les trouvait-elle tous si fades comparé à lui ? C’était une excellente question qu’elle se devait d’oublier immédiatement. Le froncement insistant de sourcils du fameux Seth finit par la ramener à la réalité. Et voilà qu’elle pensait encore à Aaron lorsqu’un garçon venait lui parler. C’était incroyable et insupportable. Elle secoue la tête, évacuant ce genre de pensée et fusille Seth du regard. « Ravie de le savoir. » ironise-t-elle en serrant son livre d’histoire américaine contre sa poitrine. Il lui faisait perdre son temps, c’était incroyable. Elle soupire, définitivement agacée.  « Est-ce que je peux passer maintenant ou bien tu comptes me bloquer le passage encore longtemps ? » Elle s’impatiente, car c’est un fait la patience n’a jamais été l’une de ses qualités premières ; et parce qu’elle ne supporte pas les mecs dans son genre. Le genre qui ne s’intéresse absolument pas à elle pour autre chose que son physique. Et si elle avait tendance à être plutôt naïve dans la vie de tous les jours, elle ne l’était pas avec les garçons. Ou peut-être qu’elle l’était, mais uniquement lorsque cela touchait Aaron. Parce que dans sa tête, il n’était pas comme les autres, parce qu’elle le voyait d’une toute autre manière. Et qu’elle détestait ça, au plus haut point. En face, Seth ne cesse d’arborer ce sourire insupportable. « Doucement blondie, je voulais simplement savoir pourquoi une fille aussi ravissante comme toi est seule. »  Avait-il décidé de lui sortir toutes les phrases bateaux de son répertoire ou cherchait-il vraiment à l’énerver ? Elle lève de nouveau les yeux au ciel. « Parce que je n’ai pas de temps à perdre avec des crétins dans ton genre. » C’était affolant à quel point elle pouvait attirer les crétins. Ce n’était pas faute de se faire discrète pourtant, mais le fait est qu’elle était un véritable aimant à lourdauds. Ca en devenait d’ailleurs parfois épuisant. Lola tente à nouveau de contourner le garçon, histoire d’enfin s’éclipser, mais avant qu’elle n’ait pu crier victoire, il lui attrape le bras pour l’attirer vers lui. Elle déteste cette proximité qui les sépare, mais elle n’a pas assez de force pour lutter. « Je fais une soirée vendredi soir, mes parents sont partis en Grèce, j’ai donc la maison libre. Je t’enverrais l’adresse, j’espère vraiment t’y voir blondie. » Il lui fait un clin d’œil entendu, qui ne suscite qu’un long et profond soupire presque méprisant de la part de Lola. C’était fou à quel point le lycée pouvait changer les choses, pouvait changer les rapports entre les filles et les garçons notamment. Ceux-ci semblaient à l’évidence sentir des ailes leur pousser. Enfin débarrassée de cet abruti, la jeune trouva enfin la sortie, avec un bonheur qu’elle eut du mal à cacher. Elle allait enfin pouvoir rentrer chez elle et retrouver le rire de sa petite sœur, qui mine de rien, lui manquait terriblement ces derniers temps. Ne plus être dans le même établissement que Riley et Maeve lui semblait bien plus difficile qu’elle ne l’aurait cru. Tout le monde était tellement stupide dans cette école. A la fois trop adulte et pas assez. Elle n’était pas vraiment prête à entrer dans ce monde. Pas maintenant. La blonde s’arrête devant l’arrêt du bus où elle retrouve deux de ses amies, Rosa et Robin. Les seules filles qui semblaient dénuées de tout stéréotypes ridicules. Elle discute quelques minutes avec elle, avant que quelqu’un, derrière elle, ne vienne interrompre leur conversation. « Lola ! » Si un instant elle redoute qu’il s’agisse encore de cet abruti de Seth, elle constate rapidement qu’il s’agit d’une toute autre personne. Quelqu’un de bien plus intéressant. Elle congédie quelques minutes ses amies avant de se tourner vers celui qui fait immédiatement apparaître un sourire sur son visage. Aaron. Il trottine jusqu’à se retrouver à sa hauteur, les deux mains accrochées aux bretelles de son sac à dos. « Alors tu te fais à la vie de lycéenne ? » Lola hoche la tête. La vérité était qu’elle ne s’y faisait pas vraiment et qu’elle mourrait d’envie de retrouver sa meilleure amie pour pouvoir parler d’autre chose que des derniers potins du lycée. Savoir que Susan Cavanaugh avait couché avec Brandon Matthew dans les toilettes, lui passait complètement au dessus. Et elle se fichait encore plus de savoir que Claudia Stevens, qui sortait avec le capitaine de l’équipe de football, le trompait avec leur professeur de littérature. Mais le fait est qu’elle ne voulait pas paraître complètement hautaine ou renfermée, ce qu’elle n’était absolument pas, mais c’était un fait qu’elle ne pouvait nier, son confort lui manquait. Et puis, cet abruti de Seth Carlyle avait encore plus assombri cette journée déjà pas très intéressante. « Si tu veux mon avis, il y a bien trop d’abrutis ici ! »  Cette réflexion eut le mérite de décrocher un petit rire au jeune homme, qui, malgré le fait qu’il soit là depuis plus d’un an, ne peut la contredire là-dessus. « Tu es trop exigeante. Tout le monde ne peut pas être aussi drôle, sympathique et beau que moi, Lola. » Lâche-t-il jouant les garçons faussement fiers. Lola pouffe d’un rire cristallin, le genre qu’elle n’avait elle-même pas entendu depuis un moment. Elle lève les yeux au ciel avant d’affubler Aaron d’un petit coup qui ne lui ferait de toute évidence absolument aucunement mal. Ce qu’il pouvait être idiot quand il s’y mettait. Leurs deux rires se mélangèrent un instant avant que Lola ne reprenne la parole. « Figure toi qu’un certain Seth Carlyle m’a invité à une fête vendredi soir ! » Lola ne connaissait pas ce garçon avant de l’avoir rencontré il y a à peine quelques minutes de cela, et pourtant elle savait quel genre celui-ci était. Et de toute évidence, elle ne s’était guère trompée, puisqu’à peine eut-elle prononcé son prénom qu’elle vit une grimace se former sur le visage d’Aaron. Il tourne alors la tête vers elle, le regard clairement désapprobateur. « Ce mec est un crétin ! Il fait aussi parti de l’équipe, tu devrais faire attention. » S’il y avait bien une chose que Lola détestait, c’était qu’on lui dise ce qu’elle devait faire et ne pas faire. Et même si cela venait de Aaron et qu’elle avait toujours eu tendance à prendre davantage en compte son avis, les choses étaient en ce moment telles qu’elle pensait clairement ne pas avoir de leçon à recevoir de sa part. Et puis, il fallait bien qu’elle finisse pas s’intégrer dans cette école. Elle décide de ne pas relever cet élan de possessivité totalement injustifié pour prendre ceci sur le ton de l’humour. « Oh ça je sais, mais quelqu’un m’a dit que je ne devais pas être trop exigeante. » Elle lui jette un regard de défit, reprenant volontairement les mots du jeune homme. Elle était pleinement consciente que malgré le fait que Seth était un garçon plus que séduisant, elle n’avait absolument rien à faire avec un crétin pareil et qu’elle se montrait en effet pas le moins du monde exigeante. Mais simplement parce qu’elle adorait contrarier Aaron, elle ne pouvait s’empêcher de saisir cette occasion. Il serait mentir que d’affirmer qu’elle n’aimait pas voir cette petite barre de contrariété qu’Aaron avait lorsqu’elle se rapprochait ou parlait d’un autre mec. Il hoche la tête, l’air pensif. « J’y vais aussi de toute manière. Je passerais te chercher vers vingt heures. » Lola n’avait absolument rien contre le fait de se rendre à cette fête avec Aaron, mais elle ne put s’empêcher d’être surprise par l’initiative qu’il venait de prendre. Il avait pris la décision qu’ils iraient ensemble, sans pour autant lui demander son avis. Elle ouvrit la bouche, histoire de lui faire savoir qu’elle pourrait très bien s’y rendre avec quelqu’un d’autre, mais il ne lui laisse pas le temps de répondre quoi que ce soit. En effet, il vient rapidement embrasser sa joue avant de reprendre la parole. « Bon, je dois filer à l’entrainement, on se voit ce soir à la cabane ? J’ai un super truc à te montrer pour énerver encore plus Madame Gibbins ! » Il lui fait un clin d’œil, n’attend pas de réponse de sa part et file. Probablement est-il déjà en retard pour son entraînement. Il laisse par conséquent, une Lola mitigée. Partagée entre un sourire, du fait de cette tradition qui ne se perd pas de se rejoindre dans cette cabane, qu’il avait pourtant construite lorsqu’il était enfant, et de rendre folle leur voisine qu’ils adorent embêter ; et par une contrariété du fait de ce qu’il vient de se passer. Contrariété qui ne fait que s’accentuer lorsqu’elle voit qu’il est rapidement rejoint par un groupe de pom-pom girls toutes aussi écervelées les unes que les autres. Elle note même que l’une d’entre elles et particulièrement tactile avec lui. Elle grimace, lève les yeux au ciel et mime une envie de vomir. Ce qu’il pouvait parfois avoir de mauvais goûts. Elle ne pouvait comprendre ce qu’il leur trouvait. Elles étaient superficielles, idiotes et collantes à souhait. « Je serais toi, je ne laisserais pas trop ce genre de filles s’approcher de ton copain. Ce sont de vraies pestes. » Rosa, la plus petite de ses deux amies avait l’air de partager son opinion sur ce genre de filles et Lola lui en fut immédiatement reconnaissante. Alors le problème ne venait pas d’elle. Cependant, la suite de sa phrase la déroute un peu. Son copain ? Rosa venait d’insinuer que Lola et Aaron étaient un couple à part entière. Elle secoue immédiatement la tête, comme si l’on venait de dire la pire des choses qu’il soit. « On est pas ensemble. » Son ton est sec et un brin autoritaire, comme si le fait d’envisager au grand jour qu’elle pourrait être en couple avec Aaron était absolument inenvisageable. Ou était-ce simplement parce qu’elle avait bien du mal à avouer qu’au fond, ce n’était pas loin de ce qu’elle souhaitait. Mais le fait est que rien n’était envisageable, alors elle restait toujours sur la défensive lorsqu’elle entendait ce genre de remarques. Tout comme Aaron pouvait l’être de son côté. « Il a donc tout le loisir de faire ce qu’il veut avec ces filles ! » Cette pensée l’énerve, et sans qu’elle ne sache réellement pourquoi, elle a envie de briser le cou à ces stupides pom-pom girls. Elle n’est pourtant pas d’une nature violente, mais étrangement, lorsqu’il s’agit d’Aaron, elle agit avec une disproportion folle. Elle bougonne et croise les bras, définitivement agacée par le fait qu’il pourrait aisément prendre du bon temps avec ces filles. Alors qu’en face, Rosa semble décontenancée par son erreur. Elle fait les gros yeux et se confond immédiatement en excuses. « Oh pardon, je pensais juste que … » Lola plisse les yeux. C’était fou à quel point les gens pouvaient se tromper sur toute la ligne. « Et bien tu te trompes. » Lola était définitivement sèche, à la limite d’être désagréable, et cela ne lui ressemblait pas du tout. Elle agissait toujours avec bien plus d’agacement et d’irritation lorsque quelqu’un venait lui parler d’Aaron de la sorte, et l’avoir vu avec ces filles quelques minutes auparavant n’arrangeaient rien. « Finalement, je rentre à pieds, j’ai besoin de marcher, à demain les filles. » Lorsque l’énervement prenait le dessus, marcher à l’air libre était le seul moyen qu’avait trouvé Lola pour se calmer. Et puis, elle n’avait plus envie de voir le regard de Rosa complètement navrée d’avoir dit absolument n’importe quoi, et encore moins celui de Robin, qui savait à l’évidence que personne n’était dupe, sauf peut-être elle. Le vendredi soir arriva très rapidement, et comme convenu, Lola se rendit à cette fête accompagnée d’Aaron, oubliant quelques peu les contrariétés de la semaine. Sa première fête lycéenne se déroula sans encombre. Elle perdit Aaron au bout de quelques verres, et finit par tomber dans les bras de Seth Carlyle après les multiples tentatives de sa part ; ou peut-être parce qu’elle venait de voir Aaron avec sa langue fourrée dans la bouche d’une certaine Carrie.




So love me like you do, touch me like you do,
so what are you waiting for


Presque inerte sur le gigantesque lit de la famille Cavanaugh, Lola se laisse faire. Elle ferme de temps en temps les yeux, et soupire. Aucunement par plaisir, puisqu’il est évident que le cœur n’y est pas, mais  parce qu’elle préfère fermer les yeux et voguer à ses pensées plutôt que de les ouvrir et voir le visage de son petit ami. Car oui, cela faisait déjà quelques temps que Lola sortait avec Seth Carlyle, aussi étonnant que cela puisse paraître. Elle était consciente qu’il n’était qu’un crétin sans nom, qui ne s’intéressait pas vraiment à la personne qu’elle était, mais plutôt à son physique et peut-être au challenge que cela représentait de l’atteindre. Elle n’était pas le genre de filles faciles qui sortaient avec tout le lycée, c’était un fait, et cela provoquait étrangement un intérêt certain chez les garçons de son âge. Le défit était de toute évidence de parvenir à la mettre dans son lit. Et bizarrement, personne n’y était parvenu. Pas vraiment parce qu’elle souhaitait se préserver ou parce qu’elle avait des valeurs personnelles qui lui interdisaient. Non absolument pas. C’était simplement parce qu’elle n’en avait pas envie. Son côté romantique d’adolescente faisait qu’elle rêvait de faire sa première fois avec un garçon dont elle serait amoureuse, et le fait est qu’elle n’était actuellement amoureuse d’aucun garçon –du moins c’est ce qu’elle tentait de se convaincre elle-même - et encore moins de ce fameux Seth Carlyle. Elle avait cédé à ses tentatives interminables de séduction seulement par vengeance. C’était idiot, complètement ridicule mais Lola avait eu bien du mal à vivre le fait que son meilleur ami officialise sa relation avec cette pimbêche de Carrie qui ne le méritait absolument pas selon elle. Alors elle s’était réfugiée dans les bras du premier venu. Seth. Elle n’avait pas vraiment d’intérêt pour lui. Il avait certes un physique plutôt avantageux mais sa personnalité venait tout gâcher. Prétentieux, suffisant, désagréable, et sans le moindre humour, il n’y avait absolument rien en Seth qui plaisait à Lola. Et pourtant, elle était en couple avec lui, et ce depuis bientôt trois mois. La jolie blonde rouvre les yeux et soupire avec lassitude. Ceci ne provoque aucune réaction de la part de Seth qui semble perdue entre ses lèvres et son cou. Il passe même une main indélicate sous le t-shirt de la jeune femme, qui n’a aucune réaction. C’est fou à quel point toutes les attentions de Seth ne provoquent en elle que de l’indifférence ; alors qu’un seul sourire de la part d’Aaron suffisait à la faire fondre. Aaron… C’est à lui qu’elle pense en ce moment-même, alors qu’elle devrait profiter de ce moment avec Seth. Mais une fois encore, le cœur n’y est pas et toutes ses pensées vont à son meilleur ami. Enfin, si elle peut encore l’appeler ainsi. Les choses étaient devenues étranges entre eux, à partir du moment où elle avait décidé de relever ce stupide défit qu’avait lancé cette idiote de Carrie. Lola adorait les défis d’ordinaire, et comme tous ceux qu’on lui lançait, elle l’avait relevé. Mais quelque part, elle regrettait. Pas de l’avoir embrassé –parce que c’était ce à quoi consistait le défit- puisqu’il serait mentir de dire qu’elle n’avait pas aimé cela (bien au contraire) ; mais parce qu’elle avait senti, au contact de ses lèvres que quelque chose avait changé entre eux. Elle ignorait ce que c’était, si cela était bien ou mal, mais le fait est qu’ils étaient tous deux terriblement gênés lorsqu’ils se croisaient et n’osaient même pas en reparler depuis. A ce souvenir, Lola dépose les doigts de sa main droite sur ses lèvres. Ce baiser la hantait. Elle ne cessait de se répéter qu’il ne s’agissait là que d’un défit, que d’un baiser sans importance, mais la réalité était toute autre. Elle n’avait jamais ressentie autant d’émotions en un seul et unique baiser. C’était pourtant loin d’être son premier, mais c’était tout comme. La saveur du contact de l’autre était définitivement différente lorsqu’on appréciait la personne. Et à cet instant, elle n’aspirait qu’à une seule chose, retrouver la chaleur de ses lèvres, et non pas subir les attentions indélicates de celui qui tentait sans grand succès de dégrafer son soutien-gorge. « C’est bon arrête, je n’ai pas envie. » soupire-t-elle en repoussant Seth, s’écartant légèrement de lui, afin de retrouver l’air qui lui manque et surtout de le stopper dans cette volonté de faire quelque chose dont elle n’a absolument aucunement l’envie. Seth, visiblement surpris se redresse immédiatement et la fusille du regard. Il n’a pas l’habitude qu’on le repousse, et le fait est que dès que les choses allaient un peu trop loin, Lola l’écourtait toujours, au plus grand déplaisir du garçon. « Quoi ? Non mais tu te fous de moi Lola ? » Elle secoue la tête alors qu’elle remet en place son t-shirt et ses cheveux. Ce soir, il avait eu grand espoir de conclure après plusieurs mois de relation, et plusieurs mois de tentatives vaines. Ceci parce qu’elle avait accepté de le suivre à l’étage lorsqu’il le lui avait proposé. Elle ne savait d’ailleurs pas bien pourquoi elle avait accepté. Peut-être en désespoir de cause, ou parce qu’elle ne cessait de voir Carrie sur les genoux d’Aaron, un peu trop tactile à son goût. « Non, Seth, je n’ai juste pas envie ce soir. » Et elle le savait, elle n’aurait envie aucun des soirs suivants. Jamais elle ne voudrait perdre sa virginité avec quelqu’un comme lui. Et il était évident que cela frustrait particulièrement le jeune homme. Oh bien sûre, il se vantait constamment de coucher avec Lola depuis des semaines, dans des endroits particulièrement insolites et vantaient des mérites qu’il n’avait jamais réellement connu ; mais elle s’en fichait. Elle se fichait qu’il colporte ce genre de chose. La vérité était qu’elle ne portait pas grand intérêt aux rumeurs et à ce que les gens pouvaient penser d’elle. Seul un regard suscitait son intérêt. Et elle avait vu, à plusieurs reprises le visage d’Aaron se fermer à l’écoute des exploits sexuels imaginaires que Seth racontait. Il serait mentir de dire que cela ne lui avait pas fait plaisir. « Comme tous les autres soirs Lola, quand est-ce que tu vas arrêter de jouer les prudes ? » Seth cherchait à être vexant, peut-être pour provoquer un déclic chez la jeune femme. En vain. Elle se fichait pas mal de ne pas contenter Seth. Elle hausse avec nonchalance les épaules et sort du lit, n’ayant de toute évidence, plus la moindre envie qu’il ne la touche. « C’est à cause de lui c’est ça ? » Seth, le ton amer, ne prononce le moindre prénom mais lui comme elle, savent très bien de qui il parle. Aaron. Qui d’autre après tout ? Personne. Lola, qui remet les talons qu’elle a spécialement sortie pour la soirée, ne jette aucun regard vers Seth, pour la simple et bonne raison que ses yeux la trahiraient et qu’elle n’en a pas envie. De plus, elle ne souhaite pas avoir cette conversation. Elle n’est pas prête, et ignore si elle le serait un jour. Alors elle se terre dans le silence, l’ignorant totalement. Ce qui ne plait absolument pas à Seth qui s’énerve immédiatement. Il contourne le lit pour rejoindre Lola, visiblement nerveux. Il ne devait pas avoir l’habitude que les choses ne tournent pas à son avantage. « Alors c’est ça ? C’est lui que tu veux ? Ca a toujours été lui n’est-ce pas ? » Son regard est presque menaçant et Lola déteste ça. Une fois ses chaussures mises, elle se hisse sur ses talons, qui la rendent un peu plus grande, malgré le fait qu’elle n’atteint tout de même pas la taille et la carrure de Seth. Il n’imaginait pas à quel point il pouvait avoir raison. Ceci étant, elle n’était pas encore prête à l’assumer. Alors elle ne contente de l’affubler d’un terrible regard noir. « Pourquoi ? Il n’a rien de plus que … » A ces mots, elle ne put s’empêcher de rire. C’était plus fort qu’elle. D’un rire totalement ironique. Elle secoue la tête et ne le laisse pas finir. « Tu te trompes. Il a tout de plus que toi Seth. » Et c’était un fait, Aaron et Seth ne jouaient absolument pas dans la même ligue. Alors oui, ils faisaient tous deux partis de l’équipe de basket du lycée, ils étaient très courtisés par la gente féminine et puaient la popularité à des kilomètres, mais ils étaient tout bonnement l’exact opposé. Ils étaient à des années lumières l’un de l’autre et jamais ô grand jamais Seth ne parviendrait à lui arriver ne serait-ce qu’à la cheville. Lola se tourne alors pour récupérer son téléphone qu’elle laissé sur la table de chevet, faisant dos à Seth pendant quelques secondes. « Tu as couché avec lui ? » Cette question, à laquelle Lola ne s’attendait absolument pas, provoque immédiatement la surprise chez elle, voir le choc. Elle se retourne violemment, et se trouve nez à nez avec Seth qui s’est approché un peu trop près à son goût. « Quoi ? Non ! » Cet idiot ne pouvait pas comprendre que tout ne se résumait pas à des histoires de sexe. Si Lola, qui avait pris l’habitude de mentir dès qu’il s’agissait d’Aaron et de ce qu’elle pouvait ressentir pour lui, disait pour une fois la vérité. Cependant, Seth ne semblait absolument pas la croire. Il secouait la tête nerveusement, définitivement en colère alors qu’il plissait les yeux avec un regard si noir que, dans d’autres circonstances, Lola aurait pu en avoir peur. Mais le fait est qu’elle n’était pas mécontente d’avoir cette conversation avec lui, pour la simple et bonne raison que c’était l’occasion parfaite pour mettre un terme à toute cette mascarade. « Menteuse ! » lui lance-t-il en pointant un doigt menaçant vers elle. « Depuis le début tu joues les coincées avec moi, tout ça pour mieux te taper ce crétin de Chapman, tu m’en fais d’une belle salope ! » Ni une, ni deux, sans la moindre réflexion, la main de Lola vint s’écraser sur la joue de Seth. Elle refusait de se laisser insulter de la sorte, et ceci même par un idiot qui ne méritait absolument pas qu’elle perde de l’énergie pour lui. Un silence s’en suivit où Lola le fusille du regard. Elle qui a toujours le sourire, un visage angélique et qui respire la joie de vivre a totalement perdu son sang froid et a laissé place à une colère qu’on ne lui connaît finalement que rarement. Même si Seth est étonné du geste de Lola, il ne laisse pas place à la surprise, bien trop enclin à la colère. Il fait un nouveau pas vers elle, s’approchant si près qu’elle est obligée de reculer. Mais il ne cesse d’approcher son regard menaçant vers son visage. « Ecoute moi bien, je vais faire de ta vie un enfer Valentino ! » chuchote-t-il alors, se voulant menaçant et terrifiant. Le fait est que Lola n’avait aucunement peur de lui. Même si elle se sentait à cet instant, terriblement prise au piège. Elle n’avait pas d’issue de secours. Elle était bloquée entre  le mur et lui et sentait une chaleur qu’elle ne supportait que très mal l’envahir. Il venait de lui saisir le bras, l’empêchant définitivement de se dérober. « Personne ne me prend pour un con comme ça ! » L’air lui manque et l’étreinte autour de son bras se resserre si fort que cela lui coupe presque le sang. « Tu me fais mal ! » crie-t-elle presque, histoire de lui faire comprendre qu’il est grand temps qu’il se calme et s’écarte d’elle. Mais il n’a pas l’air décidé. Un sourire presque perfide se dessine même sur son visage alors qu’il commence à glisser l’une de ses mains sous le t-shirt de Lola. Malgré son manque cruel d’air et son mal de tête insupportable, Lola parvient, par on ne sait quel moyen à réagir et à se défendre de ce qui était de toute évidence en bonne passe de très mal tourner. Toute sa haine, envers lui, envers son comportement, envers Carrie,  toutes ces stupides pom-pom girls, et surtout envers cette situation qui la rendait folle, se déverse dans ses mains, et avec une force qu’on ne lui connaît pas, elle pousse violemment Seth, afin d’enfin se dégager de cet ignoble personne. « Lâche moi espèce de cinglé ! Tes menaces ne marchent absolument pas, tu peux faire tout ce que tu veux ! » Cette fois, elle est hors d’atteinte du jeune homme et se précipite vers la porte, histoire de sortir de ce cauchemar. Cependant, avant de sortir, elle s’adresse une dernière fois à ce crétin qu’elle n’a plus jamais envie de revoir. « Sache juste qu’il est un meilleur coup que tu n’aurais jamais pu l’être ! » Oh bien sûre, elle ne savait absolument pas ce qu’elle était en train d’avancer, mais elle en était persuadée et, le fait est qu’elle prenait un malin plaisir à mettre le doigt sur le point faible de Seth, son égo surdimensionné. Ce dernier continue de hurler comme un fou, alternant insultes et menaces à l’encontre de Lola, alors que cette dernière ne perd pas plus de temps avec lui. Elle sort de la pièce et rejoint immédiatement le rez-de-chaussée où la fête bat encore son plein. Sa respiration est haletante et sa colère est telle qu’elle est au bord de la rupture. Elle le cherche du regard dans la foule, mais elle ne parvient à mettre les yeux sur lui. Un instant, un vent de panique l’empare, car elle le sait, il n’y a que lui qui peut réussir à la calmer dans ce genre de situation. Elle plisse les lèvres et sent les larmes lui monter. La panique fait qu’elle ne parvient plus à maîtriser ses émotions. Ses mains deviennent moites alors qu’elle ne cesse de le chercher des yeux. Elle voit Carrie, entourée de probables prétendants qu’elle adore séduire pour ensuite leur balancer qu’elle sort avec le capitaine de l’équipe de basket ; et sans savoir réellement pourquoi, un léger soulagement s’empare d’elle. « Est-ce que ça va ? » Lola sursaute lorsque des mains froides viennent se poser sur ses épaules nues. Elle a un geste de recule, parce qu’elle est encore un peu sous le coup de la main un peu trop agressive de Seth se baladant sous son t-shirt mais elle soupire d’un soulagement certain lorsqu’elle se tourne vers cette voix qu’elle ne connaît que trop bien. Jason Welsh, l’un des meilleurs amis d’Aaron la regarde avec un sourire bienveillant. « Tu vas bien ? Tu es toute pâle. » Répète-t-il troquant cette fois son sourire pour une inquiétude certaine.  Elle en est consciente, elle doit probablement faire peur à voir, mais elle s’en fiche. Un instant, elle ne parvient à lui répondre. Elle a littéralement le souffle coupé et n’arrive à lui poser la question qu’elle souhaite. Mais le fait est que Jason la connaissait bien, connaissait encore mieux Aaron et savait tout de cette histoire si particulière qui perdurait depuis bien trop longtemps entre les deux jeunes. Tant qu’elle n’eut pas besoin de parler pour qu’il comprenne. « Il est parti se coucher, il a un examen important demain. Dernière chambre dans le couloir de droite. » Lola presse le bras de Jason, histoire de le remercier et sans réfléchir une seconde de plus, elle se rend à l’endroit même où le garçon lui avait indiqué d’aller. Elle ouvre dans le plus grand silence la porte et passe son visage dans l’entrebâillement, afin de s’assurer qu’il s’agissait bien d’Aaron, et surtout qu’il était bien seul dans cette chambre plongée dans le noir. Grâce à la lumière du couloir, elle ne tarde pas à reconnaître son ami, qui semble emporté par les bras de Morphée. Elle s’avance rapidement vers le lit, refermant la porte derrière elle, puis elle retire ses chaussures et se glisse sous les draps. Elle se fiche bien qu’il dorme, elle n’a à cet instant qu’une seule envie, retrouver les bras, la chaleur de son ami. Elle a besoin de se calmer, de faire redescendre la pression, et c’est le seul endroit où elle y parvient. Elle est discrète mais à peine a-t-elle pris place à côté d’Aaron que celui-ci se réveille. Il la regarde un instant, cherchant probablement de qui il s’agit. C’est surement son parfum qui la trahit. « Lola ? » Pour seule réponse, la blonde vient se blottir dans les bras d’Aaron et immédiatement elle se sent mieux. Elle ne s’est pour ainsi dire jamais sentie mieux qu’ici. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » Si l’attitude de Lola n’avait en soit rien d’extraordinaire, puisqu’elle avait déjà auparavant dormi avec Aaron et qu’elle adorait retrouver les bras protecteurs du garçon dès que quelque chose n’allait pas ; le garçon sembla tout de même étonné. Il faut dire que cela faisait quelques jours qu’ils ne s’étaient pas vraiment parlés, qu’ils ne s’étaient plus vus, par gêne de ce qu’il s’était passé à cette fameuse soirée. « Rien Aaron, j’avais juste besoin de ça. » lui dit-elle en posant sa tête sur le torse du garçon. Il la connaissait bien, trop bien même, assez pour savoir qu’elle lui mentait, qu’il s’était probablement passé quelque chose, mais il prit tout de même le parti de ne pas l’interroger davantage, se contentant de resserrer ses bras autour d’elle. Et elle en lui fut reconnaissante. Un silence s’empare de la pièce pendant un long moment où elle profite simplement de ce contact qu’elle aime tant. Silence qu’elle finit tout de même par briser. « J’ai quitté Seth. » Elle ne peut pas voir sa réaction, parce qu’elle ne le regarde pas et que la pénombre ne le permet pas mais elle imagine qu’il n’en est pas mécontent. Parce qu’il ne l’a jamais porté dans son cœur et parce qu’elle aimerait qu’il comprenne que cette histoire de baiser n’était pas étrangère à ce revirement de situation. « Enfin. » soupire-t-il juste avant de déposer ses lèvres sur le haut du front de la jeune femme, passant une main délicate dans ses cheveux. C’est à ce moment-ci qu’elle décide de lever les yeux vers lui, ne se séparant tout de même pas de son étreinte, qui lui paraît à cet instant presque vitale. Malgré l’absence de lumière, elle parvient à distinguer quelques uns des traits du visage du jeune homme. De plus, ils sont à cet instant si proches qu’elle peut sentir son souffle se heurter contre son visage. Le silence revient, et c’est à ce moment-ci que sans pourtant avoir pris le temps de prendre une décision commune, ils viennent tous deux retrouver les lèvres de l’autre. Elle ferme les yeux et profite purement et simplement de ce moment qui a une saveur terriblement différente que tous les baisers qu’elle avait pu échanger autrefois. Il est bien plus délicat, doux et tous un tas de sentiments donnent une valeur particulière à chacun de leur rapprochement. Cela ne s’explique pas, mais l’effet est tel qu’elle a bien du mal à se dérober de ses lèvres. Cependant, elle finit par le faire à contrecoeur, car elle sait que tout est en train de changer. Elle sait qu’elle prend un risque et que même s’ils gardent actuellement le silence sur ce qui est en train de se passer, un jour ils vont devoir assumer, prendre une décision et regarder la vérité en face. Mais elle n’est pas prête pour cela. C’est pourquoi elle vient reposer sa tête sur le torse du jeune homme où elle finit par s’endormir, se jurant que ce baiser n’était rien, tout comme le précédant ; et qu’ils n’auraient absolument pas le besoin d’en parler. Que le lendemain, tout retrouvait le cour normal des choses et que tout ceci n’avait pas la moindre importance. Mais elle se trompait. Lourdement. Tout avait changé depuis bien longtemps déjà.



Dernière édition par Lola Chapman le Ven 28 Aoû - 21:29, édité 20 fois
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MessageSujet: Re: maybe i am the apocalypse ♡ lola   Mar 4 Aoû - 19:57

Sa main glisse le long des doigts de Lola, pour s’arrêter au milieu de sa paume. Il plisse les yeux, comme s’il s’adonnait à une réflexion avancée, alors que la jolie blonde sait très bien qu’il sait déjà ce qu’il va lui dire. Elle l’admire pour cela d’ailleurs. Il a toujours réponse à tout. Et elle ne pense pas ainsi parce qu’elle n’y connaît absolument rien en médecine, ou parce qu’elle est irrémédiablement et follement amoureuse de lui, mais parce qu’il est réellement doué, et qu’elle en est persuadée, il ira loin. Il deviendra un beau jour le chirurgien en neurologie qu’il rêve d’être, elle en est intimement convaincue. « Trapézoïde. » Lola jette un œil à la feuille qui se trouve juste à côté d’elle, où est illustré le schéma osseux d’une main accompagné d’une multitude de légendes, puis elle sourit. C’était de toute évidence la bonne réponse. Il ne se trompait jamais. Comme pour le récompenser, Lola vient déposer son autre main sur la joue du garçon pour ensuite poser ses lèvres sur les siennes, formant un de ses baisers, qui avait, toujours autant d’effet sur l’un comme sur l’autre, et ce malgré le fait qu’ils étaient aux yeux de tous un couple depuis aujourd’hui un certain temps. Les choses avaient conséquemment évolué entre eux depuis l’époque où ils se cherchaient, s’éloignaient, se disaient des horreurs, puis revenaient l’un vers l’autre. Tout avait changé le jour où elle l’avait rejoint dans cette cabane qui était finalement leur lieu de prédilection depuis à peu près toujours. Il semblait enfin avoir ouvert les yeux sur ce qui semblait évident depuis toujours. Ils étaient faits l’un pour l’autre et l’avaient toujours été. Car oui, aujourd’hui, et ce depuis déjà presque une année, Lola Valentino et Aaron Chapman étaient officiellement un couple à part entière. Ils avaient mis tous leurs doutes de côté et s’étaient jetés corps et âme dans cette histoire d’amour qui, il faut l’avouer, les comblait tous deux de bonheur. Ils étaient le genre de couple qu’on envie. Le couple parfait, celui qu’on cherche tous à trouver. Ils n’avaient pourtant rien d’un couple ordinaire. Mais c’était ça qui faisait la beauté de leur duo. Car, en plus d’être terriblement fous l’un de l’autre, ils étaient aussi meilleurs amis. Il était sa personne, comme elle était la sienne. Ils avaient une complicité folle qui en rendait beaucoup jaloux. Ils avaient ce don de savoir ce que l’autre pensait en un seul regard, cette tendance à rire au beau milieu d’un repas pourtant sérieux, sans que personne n’en comprenne la raison, et à ne jamais se lasser de la présence de l’autre. S’il le fallait, ils passeraient leurs journées ensemble. C’était d’ailleurs surement cette alchimie et ce besoin d’être constamment ensemble qui avaient fait qu’Aaron avait décidé de réviser pour son prochain devoir au lit, aux côtés de Lola, plutôt que de s’enfermer à la bibliothèque de son université. La jolie blonde, seulement vêtue de la chemise blanche que le jeune homme portait la veille, l’interroge du regard, car oui, il n’allait pas s’en sortir avec deux ou trois os énoncés. Elle prenait très à cœur son rôle. Après tout, c’était un plutôt bon moyen de réviser. Joindre l’utile à l’agréable. Il affiche un léger sourire en coin avant de faire glisser ses doigts le long du pouce de la jeune femme. Il s’arrête au bout. « Phalange distale. » Lola ne regarde même plus la feuille, elle sait déjà que c’est la bonne réponse. Elle affiche un large sourire et vient se mettre à califourchon sur Aaron. Elle dépose avec une douceur infinie ses deux mains sur les joues du brun et ne peut s’empêcher de venir retrouver le contact de ses lèvres. Si elle le pouvait, elle ne se séparerait jamais de ces dernières. Elles lui procurent bien trop de sensations, bien trop d’émotions, de frissons qu’elle serait capable de tuer pour un baiser de sa part. « Bonne réponse. » dit-elle lorsqu’elle parvient à lâcher ses lèvres. Elle le regarde un instant, et a presque l’impression de rêver. Elle a cette impression invraisemblable de vivre un rêve éveillé, qu’elle a eu ce qu’elle désirait finalement depuis toujours et que jamais ô grand jamais elle ne pourrait être plus heureuse qu’elle ne l’était aujourd’hui, avec lui. Elle en oubliait le reste du monde. Elle oubliait tout, sauf lui. Elle était bien. Elle était heureuse et elle ne demandait rien de plus. L’amour rend aveugle et stupide, c’était un fait que Lola ne pouvait nier. Elle était complètement folle de lui et ne parvenait à voir le reste du monde. Mais elle s’en fichait totalement. Alors oui, peut-être que lorsqu’elle redescendrait sur terre, la chute serait rude, mais elle refusait catégoriquement de ne pas vivre pleinement son histoire. Après tout, si elle ne la vivait pas pleinement aujourd’hui, quand la vivrait-elle ? D’autre part, elle en était persuadée, il était l’homme de sa vie, et l’avait toujours été. Il était celui avec lequel elle avait envie de passer tout son temps, celui avec lequel elle voulait faire sa vie, auprès de qui elle voulait vieillir, avoir des enfants, une grande maison, et même un chien s’il le fallait. Elle l’aimait à s’en arracher les tripes. Il était son grand amour, et elle refusait de croire qu’un jour quelqu’un pourrait prendre sa place. C’était lui, ça l’avait toujours été et ça le serait toujours. Du moins, c’est ce qu’elle croyait à cette époque. Les mains du jeune homme ont complètement abandonné celles de Lola, pour venir se poser sur ses hanches. Tant pis pour les révisions. Alors que leurs baisers s’accentuent, Aaron fait basculer Lola sur sa droite pour prendre le dessus. Elle ne peut s’empêcher de rire comme une idiote. Elle ne se lassait pas de ses prises de position. Ca aurait dû être étrange, pour eux, de s’embrasser, de se toucher, de faire l’amour avec celui qui avait toujours été chastement son meilleur ami. Mais ça ne l’était pas du tout. Pas le moins du monde. Tout était parfaitement naturel entre eux. Et même s’ils vivaient littéralement dans une bulle où seuls eux existaient, ils s’en fichaient éperdument. Le regard et les médisances des autres ne comptaient pas. Tout ce qui leur importait, était qu’ils soient ensembles, voilà tout. De toute manière, leurs proches, les personnes qui comptaient réellement pour chacun d’eux, semblaient se ravir de leur couple. C’était évident, ils savaient que ceci allait arriver un jour ou l’autre. Parce que finalement, tout le monde le savait, sauf peut-être les concernés, qui se voilaient clairement la face depuis toujours. Et alors qu’ils sont pleinement occupés, le téléphone de Lola, posé sur la table de chevet vibre bruyamment. Elle décide dans un premier temps, de l’ignorer, s’accrochant de plus belle aux lèvres d’Aaron. Mais l’insistance de l’appel lui rappelle qu’elle a complètement oublié quelque chose, ou plutôt quelqu’un. « Maeve ! »  Elle tente d’attraper son téléphone de sa main gauche, mais le fait est qu’elle ne parvient pas s’extirper de l’étreinte, et surtout des lèvres de celui qui partage aujourd’hui sa vie. Il était de toute évidence une véritable drogue pour elle, sans laquelle elle ne pouvait vivre et de laquelle elle avait bien du mal à décrocher, et ceci même pour quelques secondes. C’est Aaron lui-même qui interrompt leur baiser et affiche une moue faussement boudeuse derrière laquelle se cachait de toute évidence un amusement certain. « C’est à elle que tu penses pendant que je t’embrasse ? Merde Lola, je vais finir par me vexer ! » Lola ne peut s’empêcher de rire. Le fait est qu’elle avait rendez-vous ce matin même avec sa meilleure amie et sa petite sœur et qu’elle n’avait de toute évidence pas vu le temps passer auprès d’Aaron. Et il était clair que les deux jeunes femmes devaient s’impatienter. Lorsqu’elle parvient enfin à regarder son téléphone, elle s’étonne de ne pas l’avoir entendu plus tôt. 7 appels manqués et une dizaine de messages, tous de Maeve ou de Riley. Elle grimace, oups. « Je devais rejoindre Maeve et Riley à dix heures. Il est presque onze heures Aaron. Je suis une piètre amie et une piètre grande sœur. »  Elle écrit un rapide message à Maeve pour leur dire qu’elle arrive dans cinq minutes, juste le temps d’enfiler quelque chose de décent et de les rejoindre au café juste en bas de chez elle. Puis elle se tourne vers Aaron qui s’est assis sur le rebord du lit, dos à elle. La tentation est trop forte, elle vient enlacer sa taille et pose ses lèvres au creux de son cou. Elle le sait, même sans le voir, il ferme les yeux un instant, mais il finit de toute évidence par reprendre ses esprits. « Je croyais que les filles t’attendaient. » Il avait totalement raison. Mais cela n’arrête pas pour autant la jeune femme. « Je leur aie dit que j’arrivais dans cinq minutes. Nous avons donc encore cinq longues minutes devant nous. » Lâche-t-elle avec un sourire rempli de ce malice qu’on lui connaissait depuis toujours, qu’elle avait un instant perdu lorsqu’ils s’étaient éloignés, pour réapparaitre dès leurs retrouvailles. Il ne tarde pas à lui rendre son sourire et par se tourner pour retrouver son contact. Voyez, il leur était tout bonnement impossible de se séparer. La vérité fut que Lola arriva près de quinze minutes après leur avoir envoyé le message, habillée à la va-vite, se nouant les cheveux et déposant un brin de rouge à lèvre sur ses lèvres sur le chemin, pour retrouver ses amies. Une fois arrivée au café, elle dépose un rapide baiser sur les joues de Maeve et Riley, qui n’ont de toute évidence, pas l’air de lui en vouloir. Pas le moins du monde même, car Lola ne peut s’empêcher de noter qu’elles affichent toutes les deux un immense sourire amusé et fixe la blonde. « Quoi ? » Elle les regarde, ne pouvant s’empêcher de sourire elle aussi, malgré le fait qu’elle s’interroge réellement sur ce qui peut bien leur prendre. « Rien Lola. Ca fait plaisir de te voir comme ça. » Maeve et Riley s’échangèrent un regard entendu, elles semblent s’être comprises en un seul regard, alors que Lola reste complètement à la ramasse. Elle fronce les sourcils, alors qu’elle prend place avec ses amies. Machinalement, elle regarde son téléphone portable, et ne peut s’empêcher de sourire lorsqu’elle voit qu’Aaron lui a écris un SMS, simplement pour lui souhaiter une bonne après midi avec les filles. Partie dans son monde où elle et Aaron s’enferment bien trop souvent, la jeune femme ne reprend ses esprits que lorsqu’elle relève les yeux vers Maeve et Riley, et que ces dernières la fixent derechef, avec un sourire qui veut tout dire. Le genre de sourire que Lola ne parvient pas à supporter. Parce qu’elle sait parfaitement ce qu’elles pensent et qu’elle a toujours du mal à avouer au grand jour qu’elle est folle amoureuse d’Aaron Chapman. « Arrêtez de me regarder comme ça, vous me gênez ! » bougonne la petite blonde, tout en se cachant derrière ses cheveux, telle une enfant. Car oui, Lola avait beau avoir dix-huit ans, elle agissait encore parfois comme une gamine. Mais cela l’a rendait aux yeux de beaucoup totalement adorable. Riley ricane alors que Maeve ne cesse de la regarder. « C’est lui qui t’a retenu par vrai ?! » C’était un fait, s’il y avait bien une personne à qui Lola ne pouvait rien cacher, c’était bien Maeve. Parce qu’elle ne l’a connaissait que trop bien, mais aussi et surtout parce qu’elle osait mettre le doigt sur quelque chose d’évident. Si Lola et Maeve avaient toujours passé beaucoup de temps ensemble, il était clair que depuis qu’elle était en couple avec Aaron, elle lui consacrait un peu moins de son temps, mais le fait est qu’elle en avait conscience et qu’elle avait intérieurement décidé de changer là dessus. Bon, pas aujourd’hui parce qu’il était évident qu’elle avait failli à sa nouvelle résolution, mais demain. Oui elle verrait demain. Elle baisse les yeux, presque honteuse de la délaisser, mais le fait est que Maeve ne semble pas du tout lui en tenir rigueur. Bien au contraire. Elle comme Riley semblent bien trop excitées par l’idée même de leur couple et de leur bonheur pour lui reprocher quoi que ce soit. « J’arrive pas à croire que vous êtes enfin ensemble ! » C’était un fait que Lola avait elle-même du mal à saisir. Parfois elle se disait que ce n’était pas possible, qu’elle ne pouvait pas être en couple avec Aaron Chapman, avec celui qui avait toujours été qu’un ami, son meilleur ami. Et pourtant elle l’était. C’était fou, invraisemblable, et pourtant, c’était bien réel. Sans lui demander l’autorisation, Lola attrape le verre de sa petite sœur pour en siroter quelques gorgées, elle mourrait de soif. Elle hausse alors les épaules, faisant mine de rien, faisant comme si ce sentiment n’était pas partagée et comme si elle n’était pas toujours aussi excitée par l’idée même d’être enfin avec l’homme qu’elle avait finalement toujours aimé sans se l’avouer. « Ca va Riley, ça fait bientôt un an ! » Et elle n’avait pas vu un seul de ces jours durant cette année passer. C’était incroyable et assez effrayant à la fois. Elle le savait, elle flottait littéralement au dessus du sol ; mais elle n’avait aucune envie de redescendre, tant qu’elle pourrait flotter avec lui. Les deux jeunes femmes en face lèvent les yeux au ciel. Elles ne croient pas une seule seconde au comportement si sage et à cette tendance à relativiser. Ce n’était absolument pas Lola. Elle qui s’extasiait comme une enfant à chaque fois que quelque chose lui procurait ne serait-ce qu’un peu de joie. Elles n’osaient même pas songer à ce que cela devait être concernant Aaron. « Ca aurait dû être fait bien avant si tu veux mon avis ! » lâche Riley en récupérant d’un revers de la main son verre de soda. Lola fait une moue boudeuse, mais Riley semble être fière d’avoir récupérée son bien. « Lola est amoureuse !! » Si c’est Maeve qui débute cette phrase, Riley la suit aussitôt avec les mêmes mots, criant presque comme elles avaient l’habitude de le faire lorsqu’elles n’étaient encore que des enfants, mais qu’Aaron était déjà au centre de toutes leurs discussions. Immédiatement, Lola fait les gros yeux, se cachant derrière le menu des spécialités de ce bar à cocktails. « Arrêtez, il y a du monde qui nous regarde. On a plus huit ans ! » Riley et Maeve ne peuvent s’empêcher de rire aux éclats face à la gène de leur amie. Elles adoraient définitivement la taquiner et ce, depuis leur plus jeune âge. Lola se souvenait encore de ces mêmes mots, alors qu’elles n’étaient que des enfants. Elle se souvenait au combien elle détestait ça. Et l’habitude de haïr cette vérité, faisait qu’elle avait encore du mal à l’assumer aujourd’hui, alors que finalement, elle ne devrait pas. Après tout, elle était avec Aaron depuis un an, elle était en droit d’exposer au grand jour tout l’amour qu’elle avait pour lui. Cette pensée laisse apparaître un léger sourire sur ses lèvres alors qu’elle repose sagement le menu. Mais ce moment de répit ne dure qu’un temps, bien trop court à son goût. La main de Riley s’approche de ses cheveux, sans qu’elle ne sache vraiment ce qu’elle allait bien pouvoir encore lui faire. « Oh, ça c’est sûre, cette plume d’oreiller dans tes cheveux montre clairement que vous avez dépassé vos huit ans ! » Derechef, les deux filles s’esclaffent alors que Lola devient écarlate, fondant littéralement sur son siège. Puis elle finit par se mêler aux rires de ses amies. C’était toujours ce qu’elle faisait de toute manière, sourire, rire pour absolument tout, pour rien. « Au fait, j’ai un cadeau pour fêter votre première année à vous supporter l’un et l’autre. » Maeve a le don d’intriguer Lola qui retrouve immédiatement son sérieux. Elle regarde son amie fouiller dans sac à main. Et lorsqu’elle pose sur la table autour de laquelle elles sont installées, une petite bague en plastique, Lola ne peut s’empêcher d’écarquiller les yeux et de plaquer ses deux mains sur sa bouche. La surprise est grande, particulièrement grande. Elle n’avait plus vu cette bague depuis ses huit ans. Et pour ainsi dire, elle ne croyait pas la revoir un jour. « Mon dieu Maeve tu l’as gardé tout ce temps. » Lola attrape la bague et l’inspecte. Elle n’a absolument pas changée. C’est une bague pour les petites filles, mais son histoire faisait qu’elle comptait bien plus que ça. Lola se souvenait encore de ce jour où Aaron l’avait passé à son doigt, alors qu’elle avait revêtu sa plus belle robe pour l’occasion. Puis elle se souvenait de ce moment où elle s’en était débarrassée, énervée par le comportement d’Aaron. Elle avait parfois regretté d’avoir balancée cette bague, tant qu’elle ne put cacher son bonheur de la retrouver. « Je savais qu’elle pourrait resservir un jour et que tu serais contente de l’avoir. » Et elle l’était, c’était un fait que personne ne pouvait nier. Elle ne parvient à effacer ce sourire de son visage pendant de longues minutes, de très longues minutes. Tant qu’elle ne résiste pas à enlacer sa meilleure amie pour la remercier. « Tu es la meilleure, j’aurais jamais cru revoir cette stupide bague un jour ! » Ce n’était pourtant pas le cadeau le plus extraordinaire qu’il soit sur le papier, mais le fait est que cette misérable bague valait bien plus que n’importe quelle cadeau, et ça, Maeve le savait pertinemment. Ce n’était pas sa meilleure amie pour rien.




Waking up next to someone who makes you feel loved
is the most incredible feeling in the entire world.


Un petit bâton blanc et bleu dans les mains, Lola écarquille les yeux autant qu’elle le peut. S’il le fallait ces derniers allaient bientôt s’extraire de leurs orbites. Elle secoue le bâton, comme si cela pouvait changer quelque chose au résultat, mais elle tente, sait-on jamais que ce truc déconne. Elle sent des sueurs perler sur son front alors qu’elle est littéralement en train de céder à la panique. « Non, non, non, non. » Elle jette le bâton, affolée, comme si cela allait tout régler. Et elle fait les cent pas dans la salle de bain, se pinçant nerveusement l’arête du nez, s’épongeant de temps à autre, d’un revers de la main, son front ruisselant. Elle est au bord de la rupture et elle ne sait absolument pas ce qu’il est en train de se passer. Enfin, elle le sait, mais cela lui échappe complètement. « C’est pas possible, non. » murmure-t-elle sans jamais s’arrêter de gesticuler dans la salle de bain. Elle inspire, puis expire bruyamment pour tenter de se calmer, mais ça n’a pas le moindre effet. Elle continue de paniquer et elle sent son souffle lui manquer. Il faut qu’elle s’assoie. En voilà une excellente idée. Elle s’arrête un instant et s’assoie sur le rebord de la baignoire. Mais elle ne tient que quelques secondes, ne parvenant à rester en place ainsi et à relativiser ce qui se passe. Cependant, à peine s’est-elle relevée qu’elle sent que ça recommence. Les nausées. Elle n’a pas le temps de comprendre quoi que ce soit, qu’elle a déjà la tête dans la cuvette des toilettes en train de rejeter tout ce qu’elle avait mangé au petit déjeuné, et peut-être même au dîner de la veille. Elle n’en peut plus. Elle se sent tout à coup très fatiguée et reste un temps conséquent assise par terre, au dessus des toilettes, soupirant de désespoir. Ses yeux se fermeraient presque. Il faut dire que c’est fatigant de céder à la panique comme ça. Quand bien même elle savait pertinemment que ses nausées n’avaient absolument rien à voir avec une quelconque crise de panique. Mais il était évident que cette dernière n’aidait pas. « Chérie, j’y vais ! » La voix d’Aaron passe à travers la porte de la salle de bain, alors qu’il doit se trouver dans le salon. Immédiatement, et parce qu’elle connaît parfaitement leur routine matinale, elle se jette sur la porte et la ferme à clé, elle refuse qu’il la voit dans cet état, et puis elle allait s’abstenir de l’embrasser dans ces conditions. Il tente d’ouvrir la porte, en vain, alors que dernière celle-ci Lola ne sait absolument pas quoi faire. « Oui oui ça marche, à ce soir ! » Elle sait que ce genre de comportement va paraître suspicieux, car elle ne le laissait jamais partir sans avoir déposé un tendre baiser sur ses lèvres, même furtif, mais elle n’a pas le choix. Cependant, il doit être en retard, puisqu’il ne cherche pas plus loin et quitte l’appartement dans lequel ils se sont installés tous les deux depuis quelques temps déjà. Elle soupire de soulagement de le savoir parti et se laisse glisser contre la porte, fermant les yeux. Elle attrape son téléphone portable et envoie un texto à Maeve pour l’implorer de venir immédiatement à l’appartement, précisant bien que c’était une question de vie ou de mort. Bien sûre, elle exagérait, mais la panique faisait qu’elle avait besoin de sa meilleure amie si elle ne voulait pas péter littéralement les plombs. Elle savait que Maeve ne commençait qu’en début d’après midi aujourd’hui, alors il n’y avait pas de raison pour qu’elle ne se pointe pas rapidement, sans quoi Lola risquait très probablement de faire une attaque. Ce n’était pas possible, ça ne pouvait pas lui arriver, pas à elle, pas à eux, alors qu’ils avaient toujours tout mis en œuvre pour ne pas y être confronté. Elle n’avait que vingt ans, elle ne pouvait pas. Qu’allait dire ses parents ? Ses parents qui l’avaient toujours vu comme l’enfant modèle, comme la fille parfaite, responsable et mature ? Pas celle qui faisait absolument n’importe quoi et les rendait fous –parce que Riley se chargeait déjà de le faire. Comment pourraient-ils faire ? Il était au beau milieu de ses études de médecine qui le passionnait plus que tout et lui prenait énormément de temps ; et elle était elle aussi au beau milieu des siennes. Elle se voyait déjà comme la nouvelle Ally McBeal de sa génération, on ne pouvait pas lui enlever ça. Non. Impossible. Elle soupire et laisse sa tête tomber dans ses mains avec une lassitude certaine. Sa vie était-elle trop belle pour être vraie ? Apparemment. Ce n’est qu’une dizaine de minutes plus tard que Maeve débarque en trombe dans l’appartement de Lola et Aaron, très essoufflée, probablement a-t-elle couru comme une dératée lorsqu’elle a lu le message que lui avait envoyé son amie. Elle crie son nom à plusieurs reprises, scrutant chaque pièce de l’appartement. Puis elle finit par arriver jusqu’à la salle de bain où Lola est étendue par terre, sur le carrelage, les yeux rivés vers le plafond. Lorsqu’elle entend la porte grincer, elle se redresse immédiatement. « Maeve, tu es venue ! » Voir le visage de sa meilleure amie la rassure immédiatement alors qu’elle n’est toujours pas passée au dessus de cette crise de panique complètement démesurée. La brune en face d’elle s’abaisse instantanément à son niveau et se saisit de son visage, comme pour inspecter que tout va bien. Après tout, Lola lui avait dit que c’était une question de vie ou de mort. « Bien sûre que je suis venue, qu’est-ce qu’il se passe ? Est-ce que tu vas bien ? » Lola hoche la tête et tend le petit bâton bleu et blanc avec un petit signe positif dessus, le genre qui allait donner toute l’explication à ses maux, à sa légère crise de panique. Maeve le saisit et le regarde. Elle comprend et elle reste un instant sans voix. Elle lève doucement les yeux vers Lola et les écarquille. Seul un petit son de stupéfaction sort d’entre ses lèvres. Ce genre de comportement était clairement aux antipodes de ce qui allait rassurer Lola. Bien au contraire, cela eut comme effet l’exact opposé. Si elle s’était très légèrement calmée en attendant l’arrivée de Maeve, sa panique semble prendre du service, et cela se voit dans ses yeux remplis de stresse et de désespoir. « Comment est-ce que je vais faire Maeve ? » s’affole-t-elle en interrogeant Maeve du regard, qui est encore en train de digérer la nouvelle, tant bien que mal. « On peut pas. Je ne peux pas être enceinte. On ne peut pas avoir un enfant. » Elle l’avait dit. Elle venait de dire à voix haute qu’elle était enceinte et cela rendait la chose encore plus réelle. D’où son angoisse grandissante. Ses mains commencent à trembler alors qu’elle se recroqueville contre le mur, posant son menton sur le haut de ses genoux et entourant ses bras autour de ses jambes, arborant un regard presque apeuré. « On a déjà du mal à payer toutes les factures. On est encore dans nos études. Et Aaron … » Elle marque une pause se rendant compte que le vrai problème n’était pas vraiment un souci d’argent, car elle pourrait très bien se trouver un petit job en dehors des études, ou même arrêter les études s’il le fallait –ce qui lui fait prendre conscience qu’elle n’est finalement pas tant attachée que cela à sa carrière d’avocate qu’elle rêvait depuis son adolescence. Le problème n’était pas non plus le regard de ses parents, car même si la pilule serait surement difficile à passer, elle savait qu’elle pourrait compter sur eux. Non, le problème c’était Aaron. Ils n’avaient jamais discuté d’avoir des enfants, ou du moins pas dans un avenir proche. Ils s’étaient toujours dits que la stabilité était quelque chose de primordiale dans une vie avant de pouvoir prétendre à fonder une famille. Ce n’était donc clairement pas à l’ordre du jour. Alors, elle paniquait. Elle s’affolait car elle redoutait sa réaction. Elle se pince les lèvres presque jusqu’au sang tellement elle se sent affreusement mal. « Aaron veut devenir chirurgien Maeve, il n’aura pas le temps. Je veux pas qu’il mette de côtés ses rêves, je … »  Elle s’interrompt elle-même au milieu de sa phrase en baissant les yeux. Elle connaissait Aaron depuis très longtemps, elle savait presque tout de lui et le connaissait par cœur, pourtant elle ignorait quelle allait être sa réaction face à une annonce aussi énorme. Elle avait toujours eu cette tendance à fuir les difficultés, à fuir les problèmes dès que ceux-ci arrivaient devant elle. Mais aujourd’hui elle ne pouvait plus fuir. Elle devait les affronter, mais elle s’en sentait terriblement incapable. Une larme, causée par l’effet de panique glisse le long de sa joue alors qu’elle songe au pire. Elle s’imagine que Aaron va lui dire qu’il ne veut pas du gosse et qu’il l’a quitte parce que justement, elle, elle en avait envie, la laissant seule pour élever un enfant, sans le moindre argent, sans le moindre job. Elle s’imaginait travailler nuits et jours pour avoir de l’argent, que son enfant ne l’aimerait pas, et que tout le monde la laisserait peu à peu tomber, la jugeant de ratée parce qu’elle était en cloque à seulement vingt ans. Une autre larme tombe. Elle est à bout. Puis elle pense à cet énorme ventre qui va grossir et grossir encore, elle pense à l’accouchement et à la douleur. Tout ça lui met un sacré coup au moral. Sa lèvre inférieure tremble, comme si elle était à deux doigts de craquer et de fondre en larmes. « Maeve, je veux pas devenir grosse. » dit-elle la voix terriblement tremblante avant de rire, d’un rire totalement nerveux. Maeve l’accompagne un instant avant d’enfin pouvoir en placer une. Elle s’avance vers son amie et prend son visage entre ses mains, lui séchant les quelques larmes qui perlent le long de ses deux joues rosies. « Lola calme toi ma belle. » Elle la prend dans ses bras un instant et la serre fort contre elle, histoire qu’elle se calme un peu. Et cela a l’effet escompté puisque Lola parvient, après quelques minutes à inspirer et expirer bruyamment, retrouver un semblant de calme. Ceci fait, Maeve se desserre de l’étreinte et interroge Lola du regard. « Est-ce que tu veux garder cet enfant ? » Un silence s’installe. La vérité était que Lola n’avait naturellement pas songé une seule seconde à d’autres alternatives. Elle n’avait pas émit l’hypothèse qu’elle pourrait pratiquer un avortement, ni même réfléchi à l’adoption, non. Son choix était fait au préalable sans qu’elle n’ait réellement à réfléchir. Et ce même si tout ceci lui filait une peur effroyable. « Oui, euh … je sais pas. » Bien sûre qu’elle savait. Mais le problème était toujours le même. « Aaron. » Elle soupire. Elle ne pouvait rien envisager sans lui mais elle n’était pas encore prête à aller tout lui dire. Elle avait peur, peur de sa réaction, et ce même si elle savait au fond d’elle que jamais ô grand jamais il ne l’abandonnerait, quelque soit son choix, il assumerait. Et si elle n’arrivait pas à relativiser et voir le bon côté des choses, Maeve, elle, semblait bien plus apte à cela. Elle attrape le menton de son amie et le lève légèrement vers elle, afin qu’elle lui fasse face et arrête de pleurer. « Lola, c’est avec lui que tu dois parler de ça, mais tu connais Aaron, tu sais comment il est, il ne t’abandonnera pas et te soutiendra quoi qu’il arrive. » Bien sûre qu’elle savait tout ça, mais l’entendre de la bouche de Maeve la fit aller mieux sans vraiment savoir pourquoi. Ses larmes s’arrêtèrent de tomber inlassablement et elle renifla à plusieurs reprises, ce que cela pouvait être épuisant de céder à la panique ainsi. Elle soupire et hoche la tête. C’est elle qui avait raison. Il ne l’abandonnerait pas. Mais il serait capable de bien des choses pour elle, choses qu’elle refusait qu’il envisage une seule seconde. « Je ne veux pas qu’il mette son rêve de côté pour moi. » Elle préférait mille fois se sacrifier plutôt qu’il ne le fasse. Quand bien même elle ne voyait pas vraiment cela comme un sacrifice, car au fond, elle avait une conception bien à elle de la famille. Il n’était pas question de laisser l’éducation de son propre enfant à des nourrices, ni même à quiconque d’autre qu’elle et Aaron. Elle voulait être auprès de ses enfants, les voir grandir et ne rater aucun de ces beaux moments de vie. Et ce même si elle devait prendre un travail qui lui permettait d’être davantage présente, même si celui-ci ne la passionnait pas. Pour elle, la famille passait bien avant tout le reste. Mais à seulement vingt-ans, comment pouvait-elle s’imaginer tout abandonner ? Fort heureusement pour elle et surement pour ses voisins qui devaient en avoir marre de l’entendre gindre de la sorte, Maeve avait réponse, et solution à tous les maux de Lola. « Personne n’a dit qu’il devait abandonner les études. Tout comme toi, et même si tu perds une année, ce n’est pas grave Lola. S’il y a bien une chose que je sais sur vous deux, c’est que vous pouvez tout avoir, tout vous sourit. » C’était bien ça le problème. S’ils s’étaient longtemps voilés la face sur les sentiments qu’ils ressentaient l’un pour l’autre, maintenant qu’ils avaient enfin pris conscience qu’ils s’aimaient, absolument tout allait parfaitement bien. Alors oui, ils se disputaient de temps à autre, comme tous les couples, mais ça ne durait jamais bien longtemps. Tout était beau, tout était rose, tout était romantique et mignon. Alors oui, Lola ne savait absolument pas comment gérer quelque chose qui la dépassait totalement et venait mettre des embuches dans le couple si parfait qu’elle représentait avec Aaron. Malgré cela, les mots de Maeve l’apaisent. Elle hoche la tête à plusieurs reprises, comme pour lui faire comprendre que c’est elle qui a raison. « Vous êtes le couple parfait ! Alors quoi de plus beau qu’un petit Chapman Valentino ? » Maeve laisse échapper un petit rire, auquel se joint immédiatement celui de Lola. Elle ne s’était jamais imaginé à quoi pourrait ressembler la rencontre de leurs deux gênes, mais elle était sûre qu’il ou elle serait absolument parfait. « On sera là pour vous, Riley, moi, vos parents, Ethan, Elena et tous les autres. On vous aidera Lola, quoi qu’ils se passent vous ne serez pas seuls. » Maeve avait définitivement réponse à tout, et c’est ce qui permettait à Lola de se calmer et de reprendre ses esprits. Et surtout, d’y voir plus clair. « Quelque soit votre choix, on sera là pour l’assumer avec vous ! » Cette phrase a le don de décrocher un charmant sourire à Lola. Elle se rend compte à cet instant que Maeve a totalement raison et qu’elle a probablement les amis les meilleurs du monde. Parce qu’elle sait que quoi qu’il arrive ils seront là, tous. Elle se détend alors, relâchant ses muscles tous terriblement contractés jusqu’alors. « Mais il faut que tu le dises à Aaron. » lâche-t-elle dans une vérité criante, en abaissant légèrement la tête vers la droite. Derechef, Lola acquiesce. C’est ce qu’elle doit faire. Elle doit se calmer et aller voir Aaron. Elle doit tout lui dire, et elle verrait après. Après tout, il était en droit de savoir. Cependant, elle était effrayée, elle avait peur et c’était bien trop difficile à affronter. « Et s’il ne voulait pas de l’enfant ? » Là était sa plus grande frayeur. Elle ne voulait pas avoir à choisir entre son enfant à naître et l’amour de sa vie. Elle ne voulait pas être séparé, ni de l’un ni de l’autre. Elle voulait tout. Elle regarde Maeve avec des yeux tristes, comme si celle-ci allait lui donner la réponse qui allait tout changer. La petite brune secoue alors la tête et sourit en attrapant les mains de sa meilleure amie. « Alors c’est que c’est un abruti et on partira toutes les deux dans le Vermont pour élever ce petit morveux ou morveuse ! » Les deux rires des deux jeunes femmes se mélangèrent immédiatement, avant que Lola ne vienne prendre sa meilleure amie dans des bras. S’il y avait bien une personne sur laquelle elle pouvait compter, c’était Maeve, car finalement elle devait être la seule personne, exceptée Aaron, à réussir à la calmer, quoi qu’il se passe. « Merci. » Car sans Maeve, elle se serait peut-être déjà noyée dans sa panique. Maintenant, il ne lui restait plus qu’une chose, aller tout dire à Aaron. (…) Une fois complètement calmée, remaquillée, coiffée, habillée de manière présentable et prête, Lola se rendit à l’hôpital dans lequel Aaron venait tout juste de débuter son internat. Elle avait essayé d’attendre chez eux qu’il rentre pour lui annoncer la nouvelle mais le fait est qu’elle tournait en rond et qu’elle devenait folle, tournant comme un lion en cage. Son cœur battait à cent à l’heure, et elle ne cessait d’avancer pour faire marche arrière, puis finalement y retourner. Elle reste d’ailleurs un certain temps devant l’hôpital se demandant si elle n’est pas encore en train de péter les plombs et qu’elle ne devrait pas sagement rentrer chez elle et faire ça calmement quand il serait sorti du travail. Elle hoche la tête pour elle-même. Le déranger au travail n’était de toute évidence pas la meilleure des solutions, c’est pourquoi elle opte pour le fait de rentrer. Mais à peine a-t-elle tourné les talons qu’elle l’entend. Cette voix qu’elle pourrait reconnaître entre mille. « Lola, qu’est-ce que tu fais là ? » Aaron. Lola hésite un instant avant de se retourner. Elle inspire longuement pour se donner du courage et se tourne finalement vers celui qui partage sa vie. Elle affiche immédiatement un ravissant sourire. Car celui-ci est l’arme idéale contre le stress et surtout, elle ne peut s’empêcher de sourire bêtement dès qu’elle le voit, et ce même après autant de temps de relation. Rien n’avait changé entre eux, c’était comme au début. Et c’était ce qu’il y avait probablement de plus beau. « Je n’ai pas pu t’embrasser ce matin avant de partir. » Son prétexte était totalement bidon, elle-même s’en rendait compte et elle ne donnait pas deux minutes avant qu’Aaron ne s’en rende compte à son tour. Cependant, elle joue tout de même le jeu. Elle s’avance vers lui et s’accroche à sa blouse d’interne, montant sur la pointe des pieds pour pouvoir atteindre ses lèvres. Un instant, il se laisse complètement emparer par ce baiser. Aucun des deux ne semblent prêt à ce qu’il se termine. Mais il le sait, il le sent, quelque chose cloche et, une fois qu’il reprend ses esprits, il met un terme au baiser pour pouvoir l’interroger. « Qu’est-ce qu’il se passe Lola ? » Il fronce les sourcils alors qu’elle sait qu’elle va devoir cracher le morceau. Elle baisse les yeux et triture ses doigts, ne sachant définitivement pas par où commencer. Elle sent l’angoisse monter à nouveau alors qu’elle ne parvient à le regarder. Ce n’est que lorsqu’il pose un doigt en dessous de son menton et la force à relever la tête vers lui qu’elle rend les armes. Enfin presque. Elle émet un petit rire nerveux et ouvre la bouche, mais absolument rien ne sort comme elle l’avait imaginé. « Trois fois rien, j’ai ce devoir à rendre pour demain que je n’ai toujours pas commencé, j’ai cassé le talon de mes chaussures préférées, je suis enceinte, et j’ai oublié de rappeler le chauffagiste pour qu’il passe à l’appartement, alors on peut dire que ce n’est pas une très bonne journée. » Elle a parlé si vite qu’elle a presque espoir que le fond de sa révélation est passé totalement inaperçu. Elle continue d’ailleurs de parler de tout et de rien pour ne pas lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, ou peut-être parce qu’elle stresse tellement qu’elle ne parvient elle-même pas à s’arrêter de parler. Mais le fait est qu’il l’écoute toujours attentivement. Et si elle avait toujours trouvé cela très mignon, aujourd’hui, ça lui desservait complètement. Il fronce les sourcils et l’interroge du regard. « Tu es quoi ? » Et merde, il avait bel et bien écouté, entendu et retenu ce qu’elle aurait aimé qu’il ne relève pas. Elle tente de lire dans ses yeux quelque chose, mais elle est tellement affolée qu’elle ne parvient absolument à rien. Alors elle continue de jouer le jeu de la petite blonde un peu idiote. « J’ai oublié de rappeler le chauffagiste, je sais je devais le faire, je suis désolée mais … » Seul problème, Aaron ne marchait absolument pas dans son jeu, car il le savait très bien, Lola Valentino n’avait absolument rien d’une petite blonde idiote. Alors oui, il lui arrivait d’en jouer avec les autres, mais avec lui, aucune chance que cela ne prenne. Si bien qu’il ne la laisse pas finir et la rappelle immédiatement à l’ordre. « Lola ! » Son ton un peu autoritaire fait qu’elle se sent comme une idiote. Et c’est à ce moment-ci qu’elle décide enfin de déposer les armes. Elle le regarde, baissant légèrement la tête, presque honteuse. « Je suis enceinte. » Elle a murmuré, comme si elle venait d’annoncer qu’elle avait fait une bêtise et qu’elle attendait qu’on lui annonce la sanction. D’ailleurs, elle ne parvint à le regarder. Elle restait là, devant lui, les yeux rivés vers ses chaussures patientant nerveusement que le couperet tombe, s’imaginant toujours le pire. Le silence s’installe, un silence étrange qui la rend encore plus nerveuse mais qui éveille surtout sa curiosité. Elle se décide alors à lever les yeux vers Aaron, afin de voir la réaction que le jeune homme avait face à la nouvelle. Elle s’attendait à tout, sauf peut-être à ce qu’elle voit quand elle le regarde. Il a un immense sourire collé aux lèvres. Un immense sourire qui laisse la jeune femme complètement désabusée. Elle ne comprend plus. « C’est … inattendu, j’aurais jamais pensé à ça maintenant mais… c’est merveilleux ! » Ni une ni deux il l’attrape et la serre fort contre lui. Et voilà. En une fraction de seconde il avait réussi l’impossible. Calmer définitivement Lola et lui faire retrouver le sourire. Sourire qu’elle ne parvint plus à quitter dorénavant. « On va avoir un bébé. » lâche-t-il avec une pointe d’excitation dans la voix, tout en attrapant le visage de la blonde entre ses mains. Son excitation semble contagieuse puisque toute l’angoisse de Lola s’est envolé et elle sautille comme une enfant, définitivement heureuse de ce qui était en train de se passer. Elle s’était mise dans des états invraisemblables pour absolument rien. Elle n’aurait pas dû douter. Elle vivait avec l’homme le plus merveilleux du monde et il était évident que cette nouvelle le réjouirait. « On va avoir un bébé. » Toute la fatigue, l’angoisse, la peur qu’avaient généré cette nouvelle retombaient et cela pu se voir dans le regard de la jeune femme puisque les larmes lui montèrent aussitôt aux yeux, sans réellement savoir pourquoi. Elle ne pleurait pas parce qu’elle avait peur ou parce qu’elle était triste, non bien sûre que non. Elle pleurait parce qu’elle était heureuse. Elle pleurait parce qu’ils allaient avoir leur premier enfant et parce que sa vie auprès d’Aaron la comblait tout simplement de bonheur, ne pouvant définitivement pas imaginer mieux. « Si tu savais comme je t’aime. » lâche-t-elle avant de venir retrouver le contact rassurant de ses lèvres, parce que c’était finalement le meilleur des endroits sur terre.


Dernière édition par Lola Chapman le Jeu 3 Sep - 16:58, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: maybe i am the apocalypse ♡ lola   Mar 4 Aoû - 19:57



How long will I love you, as long as stars are above you
and longer if I can. How long will I need you as long as the seasons need to


Devant le miroir, dans la salle de bain de son appartement, Lola met la touche finale à son maquillage, un rouge à lèvres couleur rubis qui lui donnait des airs de femme fatale. Elle affiche un léger sourire à son reflet dans le miroir alors qu’elle remet en place quelques mèches rebelles qu’elle avait pourtant soigneusement coiffées pendant des heures. Elle est fin prête. Elle s’asperge de son parfum préféré et sort de la pièce, laissant virevolter sa robe noire qui la rendait très élégante. Cela faisait seulement quelques mois qu’elle avait donné naissance à sa merveilleuse et parfaite petite fille et il était assez incroyable de voir à quelle vitesse elle avait retrouvé la ligne. Elle s’était certes mise au régime après seulement quelques jours, mais elle tenait à être absolument parfaite pour son mariage. Car oui, Aaron lui avait fait sa demande, alors qu’elle n’était enceinte que de deux mois. Et si elle l’avait trouvé terriblement idiot de vouloir se marier alors qu’elle ne ressemblait à rien d’autre qu’à un immense cachalot, elle n’avait pu se résoudre à ne pas formuler une réponse positive et à pleurer comme une petite fille. Car oui, elle avait rêvé de ce moment et il était devenu réalité. Elle l’aimait, plus qu’elle n’avait aimé qui que ce soit dans sa vie et elle le savait, c’était une évidence, ils étaient fait l’un pour l’autre. Alors quoi de plus logique que de se marier, même s’ils n’avaient tous deux qu’un peu plus de vingt ans. Malgré tout, Lola restait très attachée aux traditions et elle rêvait, comme toutes les filles, d’un grand mariage de princesse, avec tous ses proches, une décoration somptueuse et une robe blanche à couper le souffle. Lola avait d’ailleurs pris l’initiative de superviser toutes les préparations du mariage, avec l’aide de ses demoiselles d’honneur et de sa mère bien entendu. Et si elle avait songé à tout annuler au décès de la mère d’Aaron, il avait insisté pour que tout reste en état, lui jurant qu’après cette tragédie, la seule chose qui le rendait heureux était de se lier avec elle, pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à la fin de leur vie. Pour toujours. Lola s’était répétée ces mots avec un sourire. Si pour beaucoup cette notion pouvait faire peur, ça n’était pas son cas. Elle ne voulait rien ni personne d’autre qu’Aaron et elle ne se voyait absolument pas faire sa vie sans lui. Il était son âme sœur, l’amour de sa vie ; et c’était aussi pour cette raison qu’elle s’était laissée convaincre et qu’elle avait repris, après quelques semaines de repos qu’elle passa auprès d’Aaron et de la famille Chapman, les préparatifs du mariage. Elle avait cependant mis un point d’honneur à utiliser, pour la décoration de table, les fleurs préférées de sa belle mère, qui l’avait aidé à choisir au tout début des préparatifs du mariage. Si beaucoup de femmes se plaignaient de leur belle mère, ça n’avait pas été le cas de Lola. Pour ainsi dire, elle s’entendait avec la totalité de sa belle famille et plus particulièrement avec les femmes Chapman qui étaient toutes deux des femmes fortes et indépendantes avec qui elle adorait passer du temps. Lola avait d’ailleurs naturellement désigné Elena, la petite sœur d’Aaron comme demoiselle d’honneur. En sortant de la salle de bain, Lola récupère ses vertigineux escarpins rouges qu’elle adore et rejoint le salon dans lequel Aaron est installé. Elle presse furtivement son épaule, avant de se diriger vers la table où elle a rassemblé toutes les affaires nécessaires pour Minx. Elle vérifie au moins dix fois qu’elle n’a rien oublié. Elle est légèrement sur les nerfs lorsqu’elle doit confier sa fille à quelqu’un et c’est ce qu’il doit se passer ce soir. Enfin, ceci étant, c’était à sa mère qu’elle confiait Minx pour la soirée, alors elle savait parfaitement qu’elle serait entre de bonnes mains, mais quand même, elle ne pouvait s’empêcher de céder à la panique comme à l’accoutumer. Mais évidemment, et parce qu’il sait pertinemment qu’il a cet effet sur elle, Aaron vient à sa rencontre pour la calmer. Dos à lui, il entoure ses bras autour de sa taille et vient poser ses lèvres au creux de son cou. Ce contact lui fait un bien fou, ça l’apaise. Un instant, elle ferme les yeux, profitant simplement de ce moment, et laisse tomber les affaires qu’elle a déjà vérifié des milliers de fois et où il ne manque assurément absolument rien. Elle décide alors de se tourner vers son futur époux. Elle passe ses bras autour de son cou et affiche un grand sourire. Parce qu’elle aime la façon dont il la regarde, mais aussi et surtout parce qu’elle l’aime tout simplement et qu’elle n’a qu’une hâte, être dans quelques jours et enfin pouvoir se faire officiellement appeler Lola Chapman. « Ca me vexerait presque de voir que tu t’es faite aussi belle pour quelqu’un d’autre que moi ! » Lola ne peut s’empêcher de rire alors qu’elle dépose un rapide baiser sur les lèvres du jeune homme. Ce soir était un soir particulier. Un soir pas comme les autres. Pour la simple et bonne raison que c’était la dernière fois où ils pouvaient se voir, se toucher, s’embrasser avant le grand jour. Oui, Lola était attachée aux traditions, alors elle avait décidé qu’à partir de son enterrement de vie de jeune fille –qui se déroulait en même temps que l’enterrement de vie de garçon d’Aaron- ils ne se verraient plus jusqu’au grand jour. Maeve avait insisté pour tout organisé avec l’aide de Riley et d’Elena, si bien qu’elle ne savait absolument pas à quoi s’attendre ce soir, mais elle se languissait de pouvoir un peu s’évader et faire la fête avec ses copines, même si cela voulait aussi dire qu’elle allait être loin d’Aaron et Minx pour la soirée. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait pas passé une soirée entre filles, avec l’ensemble de ses amies et il fallait être honnête, cela lui manquait terriblement. Aaron resserre son étreinte autour de la taille de Lola, ce que la jeune femme ne peut s’empêcher de trouver adorable. Elle aimait lorsqu’Aaron jouait les possessifs de la sorte. Elle passe une main délicate sur sa joue avant de venir trouver ses lèvres à nouveau, mais elle met rapidement fin à leur baiser. « Aller, c’est fini ou tu vas ruiner mon rouge à lèvres ! C’est mon dernier soir en tant que femme célibataire et je compte bien en profiter ! » Elle lui fait un clin d’œil amusé et laisse échapper son habituel rire enfantin. « De toute manière, aucun ne sera aussi beau que moi ! » Et il avait parfaitement raison. Elle pourrait rencontrer n’importe quel homme ce soir, aucun n’arriverait ne serait-ce qu’à la cheville d’Aaron. Mais ça, Lola se passait bien de lui dire, cela lui ferait bien trop plaisir. Elle se contente de rire de nouveau et de secouer lascivement la tête avec un sourire aux coins des lèvres. Elle s’extirpe alors des bras d’Aaron, referme le sac contenant les affaires de Minx puis se dirige vers la chambre de sa fille, soigneusement faite par les mains expertes de son fiancé. La petite dormait à points fermés. C’était rare de la voir ainsi, puisque malgré toute la beauté de cet enfant, il était clair qu’elle ne leur laissait que très peu de répit et adorait pleurer pour n’importe quelle raison au beau milieu de la nuit. Un instant, Lola la regarde avec un sourire attendrit. Aaron et elle avaient de toute évidence faits de l’excellent travail. Elle était tout bonnement magnifique. Elle était la plus belle chose qui lui soit arrivée. La blonde attrape avec une douceur infinie la petite main frêle de Minx qu’elle caresse doucement pour la réveiller. Lola sourit de plus belle lorsque Minx serre ses petits doigts autour de celui de sa mère. Elle l’aime tellement. Elle s’était attendue à l’aimer, bien sûre, comme une mère aime naturellement ses enfants mais ça allait bien au delà de cela. Sa génitrice lui avait pourtant dit, être mère change une vie et un lien tout particulier se créait avec ses enfants, tout particulièrement lorsqu’il s’agissait du premier. Et c’était exactement ce qu’il s’était passé. A la seconde où Lola avait posé ses yeux sur la petite, à la seconde où elle l’avait prise dans ses bras, elle était tombée littéralement sous le charme. Elle était devenue en une fraction de seconde, la prunelle de ses yeux, son trésor, son tout, une partie d’elle-même sans laquelle elle ne pourrait vivre. Elle était ce qu’elle avait de plus cher et serait prête à absolument tout pour elle. Avec un large sourire, elle s’empare de la petite qu’elle hisse dans ses bras. « Tu vas aller voir mamie ma belle. » la prévient-elle tout en sachant pertinemment qu’elle est encore trop jeune pour réellement comprendre ce qu’elle lui dit, mais elle aperçoit tout de même un sourire se former sur son visage de petite poupée. Attendrie, elle ne peut s’empêcher de remarquer qu’elle a le même sourire qu’Aaron. Si Minx était un beau mélange d’Aaron et elle, Lola avait tendance à ne voir que les ressemblances avec Aaron et trouvait naturellement que celles-ci étaient les plus belles. Lola retourne vers le salon, sa fille dans ses bras, ne cessant de lui parler, et de gazouiller comme une idiote. Elle avait toujours trouvé ridicule ces personnes qui agissaient ainsi avec les bébés, mais évidemment, elle n’avait pu se retenir de le faire à l’arrivée de Minx dans sa vie. Elle était littéralement folle de cet enfant, c’était un fait. Tant qu’elle avait décidé, il y a quelques jours de cela de faire une croix sur ses études de droit. Aaron avait bien entendu proposé de lui aussi, mettre en parenthèse ses études de médecines, pour s’occuper de leur fille, mais Lola avait catégoriquement refusée. Elle aimait le droit, et elle avait toujours rêvée de devenir avocate, mais à l’heure d’aujourd’hui, ce rêve lui semblait bien fade, bien moins intéressant que de consacrer son temps à sa fille. Il avait été balayé en une fraction de seconde pour sa petite tête blonde préférée. Elle savait que c’était un métier où l’on ne devait pas compter ses heures, tout comme le métier de neurochirurgien, et elle n’avait pas la moindre envie que sa fille soit élevée par des étrangers. Alors elle avait sacrifié ses désirs de carrière juridique pour sa fille, mais aussi pour Aaron, sans pour autant le regretter une seule seconde. Elle n’avait pas besoin de cela pour se sentir heureuse et épanouie. C’était un choix qu’elle assumait et revendiquait pleinement. Minx était pour l’heure sa priorité, quand bien même elle souhaitait retourner sur le marché du travail prochainement. « Ma mère passe chercher Minx dans une dizaine de minutes. » informe Lola à Aaron alors que ce dernier est lui-même en train de se préparer pour sa soirée. Un sourire s’affiche sur les lèvres de la blonde qui a, à la vue de l’élégance d’Aaron, plus la moindre envie de sortir. « Regarde comme papa est beau ! » Lola s’adresse à sa fille, alors qu’elle la fait sautiller dans ses bras. La petite rit alors qu’elle regarde son papa, peut-être a-t-elle compris et est-elle d’accord avec Lola. Aaron se tourne alors vers les deux femmes de sa vie, un large sourire aux lèvres, jouant les faux modestes. Il vient, comme il le fait souvent, déposer un baiser sur le front de sa fille, avant de s’intéresser aux lèvres de Lola. Baiser toujours aussi furtif, rappelons le, elle ne devait pas ruiner son rouge à lèvres. « Pas de folie ce soir hein ! » Lola n’était pas d’une nature jalouse. Ou peut-être qu’elle l’était. Mais le fait est qu’elle avait une confiance aveugle en Aaron et savait qu’il n’irait pas voir ailleurs, du moins c’est ce qu’elle était intimement convaincue. Ceci dit, elle avait regardé trop de films où les enterrements de vie de garçon tournaient au chaos pour s’inquiéter. De plus, elle connaissait assez les amis d’Aaron pour savoir qu’ils allaient probablement être entourés de filles bien trop jolies à son goût, toute la soirée. Aaron sourit et hoche la tête. « Et pas de stripteaseuses hein ! » Un enterrement de vie de garçon sans stripteaseuses, n’était pas vraiment un enterrement de vie de garçon digne de ce nom ; et ça Lola le savait pertinemment. Elle était consciente qu’il y en aurait surement, mais elle préférait rester dans l’ignorance de ce genre d’activité. Aaron lui, semble trouver ça drôle. « Je ne suis pas responsable de ce que les gars vont m’organiser ! Je crois que c’est Wes qui a presque tout pris en charge ! » Cette fois, c’est Lola qui laisse échapper un petit rire cristallin. Toutes ses questions avaient trouvé réponses et elles n’étaient pas forcément celles qu’elle espérait. « Alors il y aura des stripteaseuses. » Lola connaissait tous les amis d’Aaron et Wes était probablement le pire à ce niveau-là. S’il s’était chargé de tout organiser, il n’y avait aucun doute, il y aurait des stripteaseuses et on ne sait quelles activités abracadabrantes qui resteraient probablement dans les anales pendant très longtemps. « Aucune ne te touche ok ? Sinon je serais obligée d’invoquer le second amendement pour ma défense ! » Ou autrement dit, celui consacré au port d’arme. Lola pouffe d’un rire aigue parce qu’il est évident que la jeune femme ne possède aucune arme chez elle, et encore moins depuis la naissance de Minx ; et qu’elle n’en a jamais tenue ne serait-ce qu’une seule entre ses mains. Mais le fait est qu’elle était finalement bien plus possessive qu’elle ne voulait l’admettre. Bien sûre, elle avait confiance en Aaron, là n’était pas la question. C’était en les autres femmes qu’elle n’avait pas confiance. Elle l’avait déjà vu bien assez de fois avec des filles qu’elle détestait durant leur adolescence pour le revivre aujourd’hui. Et elle n’était pas certaine qu’elle ne deviendrait pas folle si elle voyait une femme s’approcher un peu trop de Aaron à son goût. Elle était tolérante, mais il ne fallait pas abuser. Aaron était à elle et à personne d’autre. Cette jalousie évidente fait rire Aaron qui s’avance vers elle, et pour éloigner tous ses doutes, vient s’emparer de ses lèvres, tant pis pour le rouge à lèvres. « Je t’aime Lola. » C’était magique, presque spectaculaire à quel point ces simples mots pouvaient tout effacer autour d’eux. En une fraction de seconde, elle ne pensait plus à cette soirée où ils allaient être séparés. Non elle ne pensait qu’à lui et à cet amour indéfinissable et surtout infini qui les liait. « Je t’aime aussi Aaron. » Evidence quand tu nous tiens. Elle le regarde un instant et attrape sa chemise pour l’attirer une fois de plus vers elle. C’était presque une addiction. Mais elle s’arrête juste avant de toucher ses lèvres, se contentant de les effleurer. « On se revoit devant l’autel. » chuchote-t-elle avant de le repousser, le laissant littéralement sur sa faim. Elle lui dépose doucement Minx dans les bras, mime un bisou à l’adresse de sa fille, attrape son sac à main et trottine jusqu’à la sortie. Avec tout ça, elle était en retard. Il ne lui faut que quelques minutes pour sortir de son immeuble, et à peine a-t-elle pénétrée dehors qu’elle entend les cris d’exclamation de ses amies, toutes rassemblées à l’intérieur d’une gigantesque limousine, spécialement louée pour l’occasion. Le sourire de Lola s’agrandit immédiatement lorsqu’elle voit la tête de Maeve sortir du toit ouvrant de la voiture de luxe terriblement extravagante. « Mademoiselle la future mariée est enfin arrivée ! Jusqu’au bout Chapman te retiendra ! » Maeve explose littéralement de rire parce que Lola avait la fâcheuse habitude de toujours arriver en retard, et encore plus lorsqu’il s’agissait de quitter Aaron pour les rejoindre. Lola lui tire la langue, amusée, alors qu’elle rejoint ses amies dans le véhicule. Immédiatement, l’une de ses amies lui tend une coupe de champagne, alors que la jeune femme ne parvient à arrêter de sourire. Elles étaient toutes là. Riley, Elena, Maeve, des amies de l’université, certaines de l’époque du lycée, même Sofia avait fait le chemin de Nouvelle Calédonie pour être là ce soir. Si elle ne souhaitait pas ruiner son maquillage, elle aurait peut-être versé une petite larme d’émotion. Elle les aimait tellement et elle ne s’imaginait pas comment elle aurait fait sans elles. De plus, elles étaient toutes plus radieuses les unes que les autres. C’était presque injuste de faire autant d’ombre à la mariée. A peine a-t-elle fermée la portière que le conducteur démarre et roule vers une soirée que la jeune femme n’était pas prête d’oublier. Pas parce qu’il s’agissait officiellement de sa dernière soirée en tant que femme célibataire, mais parce qu’elle fut riche en émotions. Lola fut transformée de la tête aux pieds en Cendrillon avec une immense robe avec laquelle elle devait se battre à chacun de ses mouvements et plus particulièrement lorsqu’elle souhaitait aller aux toilettes, soit disant pour s’entraîner pour marcher avec sa robe de mariée. Puis les jeunes femmes écumèrent les beaux endroits de Washington pour l’occasion, des bars et clubs très en vogues choisis par les soins de Riley –elles ne coupèrent d’ailleurs pas aux traditionnels chippendales et aux shooters bien trop chargés. Elena finit par danser sur le bar, Sofia à régurgiter l’ensemble de ce qu’elle devait avoir mangé en trois jours, Riley et Lola prirent le micro pour pousser la chansonnette de manière affreusement irritable pour les oreilles et Maeve réussit à décrocher plus d’une dizaine de numéros de téléphone en un seul soir. Alors oui, le lendemain fut difficile et ressemblait étrangement à celui du film The Hangover mais Lola ne s’était probablement jamais autant amusée de sa vie. Cette nuit avait été inoubliable et lui ouvrait les portes d’une toute nouvelle vie. Une vie auprès de celui qu’elle aimait et qu’elle aimerait probablement toute sa vie. Aaron.

C’est magnifique, littéralement somptueux, à couper le souffle. La décoration est élégante, distinguée et parfaitement bien réalisée. A cet instant, si Lola n’avait pas le cœur qui battait à cent à l’heure, elle s’attarderait peut-être sur son travail et celui de ses demoiselles d’honneur. Mais, il est clair que pour l’heure, elle a la tête ailleurs. Dans les étoiles pour ainsi dire. Maeve, Riley et Elena passent toutes les trois à côté d’elle, alors qu’elle s’adonne à des exercices de respiration pour retrouver son calme. Maeve la serre dans ses bras avec ce sourire que Lola aime tant. « Tu es magnifique ma belle. » Ces seuls mots suffisent à Lola pour se sentir mieux, malgré tout l’enjeu de cette journée. Elle lui fait un clin d’œil amusé avant de se positionner dans l’allée, suivie par les deux autres demoiselles d’honneur, exceptée Riley qui connaît assez sa grande sœur pour savoir qu’elle est au bord de la crise de nerf. Bien sûre, elle ne doutait pas le moins du monde de s’avancer dans l’allée, mais c’était tout de même un grand moment dans sa vie, et elle croyait, depuis qu’elle avait croisée le chemin d’Aaron, au grand amour, à celui qui dure toute une vie et auprès duquel elle vieillirait. Riley lui presse doucement les épaules avec les yeux légèrement embués. « Finalement je serais toujours la petite Valentino terrible qui fait les mauvais choix. » Les deux sœurs ne peuvent s’empêcher de rire, car elles le savent, Riley a toujours été considérée comme l’enfant terrible des Valentino, mais lorsque Lola avait annoncé à sa famille qu’elle était enceinte, ses parents semblaient hésiter sur lequel de leur enfant faisait le plus n’importe quoi. Mais l’annonce du mariage avait eu pour effet d’envoler tous les doutes sur Lola, qui, selon sa mère était la réincarnation de la perfection. Et même si Lola ne rentrait pas dans ce genre de préoccupation, elle n’avait pas été mécontente de voler un peu à la vedette à Riley pendant un temps pour la laisser souffler. Mais il était évident qu’aujourd’hui, Riley allait redevenir l’enfant terrible. Riley tire la langue à sa grande sœur avant de se positionner derrière Maeve. Elle peut voir l’allé d’où elle se trouve, au contraire de Lola. « Aaron est plutôt pas mal. » Elle lance un clin d’œil amusé à Lola qui se mord doucement la lèvre. Elle avait tellement hâte de le voir. Elle tourne alors la tête et croise le regard de sa petite princesse, Minx. Elle embrasse la joue d’Elena qui la porte dans ses bras avant de s’intéresser à la petite qu’elle ne peut s’empêcher d’embrasser à plusieurs reprises, et de réajuster ce petit bandeau blanc qui lui avait été mis spécialement pour l’occasion. Cependant, elle est obligée de se séparer de sa fille lorsque Donovan fait signe aux demoiselles d’honneur d’y aller. Lola résiste à l’envie dévorante de les suivre, mourant d’envie de découvrir l’allée, les invités, et surtout, Aaron. Vient alors Paolo, son père, vêtu d’un magnifique costume gris clair. Il est très élégant. Lola ne croit pas l’avoir un jour vu ainsi et ses yeux semblent être gonflés. Il a pleuré elle en est persuadée mais elle ne fait pas la remarque, car elle le sait, Paolo n’est pas le genre d’homme à montrer ses émotions. Son côté macho italien lui impose de ne jamais pleurer en public. Elle le serre dans ses bras, espérant que ceci lui fera du bien. Pour un père comme lui, ce n’était pas facile de laisser partir son aînée aux bras d’un autre homme. Ce n’était pas simple de ne plus être l’unique homme dans sa vie et de céder le flambeau à quelqu’un d’autre. Au creux de son oreille, il lui murmure qu’il est fier d’elle, qu’il l’aime et qu’il espère qu’elle sera heureuse. Ajoutant bien entendu que si elle ne l’est pas, il se fera un plaisir d’aller briser les deux jambes d’Aaron Chapman. Pourtant émue, la jeune femme ne peut s’empêcher de rire. Son père avait cette tendance à toujours tout exagérer. « Ma chérie, tu es sublime ! » Caitlin Valentino arrive en trombe et saute littéralement sur sa fille, poussant son mari sans la moindre gêne. Elle lui remet quelques mèches en place et réajuste sa robe comme quand elle avait cinq ans. Caitlin est intrusive et l’a toujours été, mais aujourd’hui, Lola semble trouver ça attendrissant. « Maman, tu devrais être avec les invités ! » lui indique-t-elle malgré son sourire amusé qui ne semble pas partir de son visage de porcelaine. Caitlin donne l’air d’être encore plus stressée que sa fille alors que finalement, ce n’est pas elle qui se marie aujourd’hui. Lola comprend donc à cet instant d’où lui provient cette tendance à la panique perpétuelle. « Je sais ma chérie, mais je n’ai pas pu résister à venir embrasser ma fille pour la dernière fois avant qu’elle ne devienne une Chapman. Je suis si fière de toi, ton père et moi le sommes. Aaron est absolument parfait, Minx est un véritable trésor et malgré le fait que je sois triste de laisser ma fille aux mains d’un autre homme, je te souhaite plein de bonheur et tu sais qu’on sera toujours là pour vous. Quoi qu’il arrive. » Ce n’était pas l’heure des discours mais c’était du Caitlin tout craché. Elle avait ce besoin de toujours faire de long discours dès qu’un événement surgissait dans leur vie. Alors elle n’avait pu s’en empêcher le jour du mariage de son aînée. Lola attrape sa mère pour la serrer contre elle. Elle ne savait, à cet instant, pas à quel point ses mots pouvaient être lourds de sens. Caitlin embrasse une dernière fois sa fille, l’assène de conseils pour marcher dans l’allée et se glisse discrètement parmi les invités, laissant Lola seule avec son père. La jolie blonde, dont les cheveux sont relevés en un chignon très distingué, et dont des boucles d’oreilles serties de diamants ayant autrefois appartenues à sa grand-mère défunte, pendent le long de son cou, ferme un instant les yeux. Lorsqu’elle les rouvre, son père lui attrape le bras, et se saisie de son autre main qu’il tient fermement contre lui. Sa fille, la prunelle de ses yeux allait se marier. Et s’il ne s’était attendu à ce que ce soit aussi tôt, il était heureux, heureux qu’elle choisisse un homme comme Aaron, qui avait de toute évidence reçu sa bénédiction depuis bien longtemps. Elle abandonne la main de son père un instant pour attraper son imposante robe blanche Elie Saab drapée de perles et se positionner dans l’allée. Donovan lui fait signe qu’ils peuvent y aller, et la musique commence. A l’instant même où elle croise au loin le regard d’Aaron, son cœur s’emballe à nouveau. Elle serre la main de son père pour s’empêcher de ne pas courir dans l’allée pour rejoindre celui qui allait bientôt devenir son époux, et elle avance, les yeux remplis de larmes de joie. Elle plisse nerveusement les lèvres. Riley avait raison, Aaron est parfait aujourd’hui. Bien sûre, il l’est tous les jours, mais le costume lui sied à merveille. Elle lui sourit lorsqu’elle avance dans l’allée. Malgré la foule de personnes qui s’est déplacée pour l’occasion, elle ne voit que lui, au bout du chemin, les yeux rivés vers elle. Et un instant, elle a cette impression d’être seule avec lui. Que ce sont eux contre le reste du monde et que ça serait toujours ainsi. Elle n’imaginait pas à quel point elle pouvait se tromper. Mais pour l’heure, elle profitait de chaque seconde. Arrivés à la hauteur du jeune homme, Paolo lâche la main de sa fille et assène Aaron d’une petite tape dans l’épaule avec un clin d’œil qui veut en dire long. Immédiatement la blonde s’empare des mains d’Aaron et plonge ses yeux dans les siens. Elle n’écoute même pas le prête qui a déjà commencé son discours. Non, elle ne voit que lui et toute la perfection qu’il représente à ses yeux. Elle peut lire sur ses lèvres qu’il ne l’a jamais trouvé aussi belle qu’aujourd’hui, et qu’il l’aime. Elle lutte pour ne pas pleurer tellement l’émotion est à son comble. Elle lui sourit, pour lui faire comprendre que tout ce qu’il vient de lui dire vaut aussi pour lui. Puis vient le temps des vœux. Et là, impossible pour elle de retenir ses larmes plus longtemps. C’était assez fou de voir à quel point ces deux-là étaient fait l’un pour l’autre, à quel point ils se comprenaient et surtout, à quel point ils s’aimaient. Un amour indivisible, un amour si fort et si sincère. Un amour à s’en déchirer le cœur, un amour passionnel et terriblement prenant. Beaucoup d’invités versèrent une larme lors des discours d’Aaron et Lola. Ils s’échangèrent les alliances, les faisant glisser tour à tour, avec une douceur légendaire sur l’annulaire de l’autre. Et enfin, vint le moment qu’ils attendaient depuis déjà de nombreuses années. Et cette fois-ci, c’était bel et bien réel. Ca n’avait plus rien à voir avec ce mariage qu’ils avaient organisé dans le jardin des Chapman il y a des années. « … Je vous déclare mari et femme. Vous pouvez embrasser la mariée. » Et ils ne se firent pas prier. Aaron vint trouver les lèvres de celle qu’il pouvait désormais appeler sa femme et ce baiser eut une saveur différente de leurs baisers habituels. Ce baiser, si doux et en même temps rempli de passion les liait enfin l’un à l’autre, jusqu’à ce que la mort ne les sépare –ou l’enlèvement. « Je t’aime tellement Aaron. »  Murmure-t-elle alors qu’elle vient seulement de mettre un terme au baiser, mais ne parvient à s’échapper de ses lèvres. « Et je t’aime encore plus Lola Chapman. » Elle dépose un énième et furtif baiser sur les lèvres d’Aaron, avant de sourire comme une véritable adolescente. Aaron attrape alors sa main et tous deux prennent le chemin du retour, sous les acclamations de toute l’assemblée. Des pétales de roses, du riz et même des paillettes par les enfants furent jetés sur leur passage alors qu’ils riaient comme de véritables gamins. Ils étaient heureux. Tout simplement heureux, comme ils ne l’avaient jamais été, et comme ils ne le seraient malheureusement plus jamais …




Nothing ever ends poetically. It ends and we turn it into poetry.
All that blood was never once beautiful. It was just red.


Parce que le bonheur ne dure qu’un temps. Parce que la perfection n’existe pas et que toutes les bonnes choses ont une fin. Et parfois, cette fin s’avère des plus tragiques. Lola se souvient de cet instant et s’en souviendra probablement toute sa vie. Cet instant où tout a basculé, cet instant où son véritable conte de fée a viré au cauchemar, ce moment où le téléphone de son bureau a sonné, qu’elle a décroché et qu’on lui a annoncé par téléphone que sa fille, la prunelle de ses yeux, la chair de sa chair, avait disparue. Elle avait immédiatement raccrochée et était restée là, installée derrière son bureau, ne sachant pas comment réagir, comme si le temps s’était arrêté, comme si plus rien autour n’avait d’importance, comme si quelqu’un avait appuyé sur pause et qu’elle ne pouvait plus bouger, paralysée par la peur, par le choc de cette nouvelle. Puis, comme si elle venait de reprendre conscience, comme si on avait rappuyé sur le bouton Play, elle avait crié. Crié si fort que cela lui déchira le cœur, si fort que le chef de la caserne dans laquelle elle travaillait depuis deux années déjà se précipite vers le bureau et y entre en trombe. Mais sa vue est trouble, et elle ne le voit pas, du moins elle ne parvient à le distinguer parmi les autres pompiers qui sont à leur tour entrés dans la pièce. Les larmes lui sont immédiatement montées et elle a l’impression d’être prise dans un tunnel tant ses oreilles sifflent, tant elle a l’impression que tout ceci n’est pas réel. Elle sent l’air lui manquer. Elle est en train de faire une crise de panique. Heureusement, Tommy la rattrape avant qu’elle ne tombe. « Il faut … Il faut que je rentre. » Personne ne comprend, pas même elle mais elle sait qu’elle doit sortir de là, si elle ne veut pas céder complètement à ses démons. Des larmes, fructifiées par la peur et l’angoisse ne cessent de perler le long de ses joues alors que tous lui proposent de la ramener chez elle. Elle a un mal de tête horrible. Tant qu’elle ne parvient à leur répondre quoi que ce soit. Ils semblent tous apeurés et inquiets. Parce que Lola n’est pas le genre à faire des scènes de ce genre, parce qu’elle est discrète et amusante, qu’elle a toujours le sourire et qu’elle déteste se donner en spectacle. Alors oui, il semble évident que quelque chose de grave s’est passé. Mais ils ignorent tous de quoi il s’agit, et étrangement, personne n’ose lui poser directement la question, préférant chuchoter et se renseigner entre eux pour savoir si quelqu’un détenait une information qu’ils n’avaient pas. « Poussez vous, laissez la respirer ! Dégagez de là ! » Maeve. Elle est là juste devant elle. Lola lui saute littéralement dans les bras et la serre contre elle, rassurée de trouver quelqu’un qui pourrait la comprendre, de trouver quelqu’un à qui elle avait envie de demander de l’aide. Car oui, c’était évident, Lola avait terriblement besoin d’aide à cet instant. « Maeve, elle a disparu… Il faut qu’on la retrouve … Il faut qu’on rentre à la maison … Aaron … Ils m’ont appelé mais je sais pas si Aaron sait, je sais pas où il est … je … Maeve, s’il te plait, aide moi. » Toute la détresse de la jolie blonde semblait transparaître de tous ses pores. Elle est littéralement sous l’effet de l’effroyable nouvelle et elle perd littéralement pied. Elle lance des mots, des morceaux de phrases précipitamment, sans qu’elles n’aient réellement de sens dîtes ainsi, mais elle n’arrive pas à se contenir, et espère que Maeve comprendra. Les policiers qu’elle avait eus au téléphone l’avaient convié à se rendre de toute urgence à leur domicile alors qu’ils avaient, d’après eux, déjà commencé les recherches et enclenché le processus d’enlèvement d’enfant. Bien sûre, personne n’était certain qu’il s’agisse d’un enlèvement, ou bien d’une fugue ou tout autre chose inexplicable mais Lola le sentait. Elle le sentait dans son plus fort intérieur, sa petite Minx, âgée de seulement trois ans, venait d’être enlevée. Elle n’avait que trois ans, comment était-il possible et surtout imaginable qu’elle puisse fuguer ? Et que faisait donc Mandy, la baby-sitter de la petite fille ? Où était-elle ? Ni une, ni deux, Maeve, après avoir lâché quelques mots rassurants pour calmer les nerfs de Lola, attrape ses clés de voiture et entraîne la blonde dans son véhicule. Elle n’avait pas demandé l’autorisation au chef de la caserne, mais celui-ci ayant assisté à toute la scène n’avait naturellement pas émit d’objection. Il y avait bien plus important à cet instant. Les mains tremblantes et la respiration haletante, le chemin semble terriblement long pour Lola qui ne peut s’empêcher de scruter chaque coins et recoins sur son passage, des fois qu’elle retrouverait Minx. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait pas ce qu’il s’était passé, comment cela avait pu arriver, comment Mandy avait pu baisser sa vigilance, comment quelqu’un avait pu lui prendre sa fille. Elle avait toujours été une citoyenne modèle, elle n’avait un casier judiciaire vierge, ne mentait que très rarement, payait ses factures en temps et en heures, donnait parfois même pour les associations caritatives, ne faisait pas d’excès de vitesse. Elle était de ces personnes qui prônaient le bien et qui respectait les règles sans jamais les enfreindre. Alors pourquoi ? Pourquoi cela lui arrivait-il à elle ? A eux ? Elle éclate de nouveau en sanglots, ne parvenant plus à se retenir et saute littéralement de la voiture encore en marche lorsqu’ils arrivent devant la maison qu’il avait acheté il y a près de deux ans de cela. Elle se met à courir le plus vite qu’elle peut –elle ne s’était d’ailleurs jamais imaginée savoir courir avec des talons aussi vertigineux mais la stress semble décupler ses capacités. Il y a du monde partout. Des voisins, des agents des forces de l’ordre, des curieux qui devaient passer par là, des témoins, Mandy, qui est en train de s’entretenir, le visage ruisselant de larmes avec un officier et Aaron. Lola n’a pas le temps de détailler l’état du jeune homme. Probablement est-il dans un état similaire au sien. Elle s’en contrefiche, car elle n’a à cet instant besoin que d’une chose (excepter retrouver sa fille) : le serrer contre elle. Elle reprend alors sa course effrénée pour aller directement dans les bras d’Aaron qu’elle serre si fort qu’elle aurait pu le briser. « Aaron. » Lorsqu’elle énonce son prénom de sa voix brisée, elle a l’impression de revivre et qu’avec lui, tout va rentrer dans l’ordre. Mais elle n’imaginait pas à quel point elle pouvait se tromper. Aaron la serre un instant contre lui, avant de la repousser légèrement pour atteindre son visage qu’il saisit entre ses mains, nettoyant le mascara qui a coulé le long de ses joues. « Ils ont envoyé une dizaine d’équipes dans toute la ville pour la retrouver. On va la retrouver ! » Les larmes reprennent alors qu’elle hoche la tête. On va la retrouver. Si Aaron le disait, elle devait lui faire confiance. C’était toujours lui qui avait raison dans ce genre de situation où il ne fallait céder à la panique. Et comme à chaque fois, Lola cédait la première. Elle veut le croire. Elle veut croire qu’ils allaient retrouver Minx, mais étrangement, elle sent dans son regard quelque chose qui la brise. Il n’est pas aussi convaincu qu’il ne l’est d’habitude. Il est inquiet, c’est normal, mais il semble, même s’il ne lui dit pas ouvertement, bien plus pessimiste qu’à l’ordinaire sur l’issu qu’allait avoir les évènements. Si lui n’y croyait pas, comment pouvait-elle y croire ? Lola plisse les lèvres qu’elle serre fort l’une contre l’autre, s’empêchant de fondre en larmes à nouveau. Elle fait quelques pas en arrière, elle ne peut pas le regarder. Elle ne peut pas voir ses yeux remplis de larmes, elle ne peut pas voir son regard sans le moindre espoir, elle ne peut pas le regarder. C’est trop dur. Elle lui lâche la main en secouant négativement la tête. Non. Elle ne peut pas croire qu’ils venaient de perdre Minx. Elle ne pouvait pas croire qu’elle venait d’être enlevée par un psychopathe qui allait probablement lui faire du mal. Non. Elle est prise par la foule et est finalement naturellement séparée d’Aaron, qui a été happé par un agent du FBI. Elle souffle et saisit le bras du premier flic qu’elle croise. « Dites moi que vous allez la retrouver. Comment c’est possible ? Comment a-t-elle pu disparaître comme ça ? » Le flic la regarde, puis regarde son propre bras que la jeune femme a saisi. Ce n’était clairement pas la chose la plus maligne à faire mais elle se fichait bien du respect envers les agents à ce moment précis. Car elle voulait comprendre. Elle voulait savoir. Elle avait besoin de réponses à ses questions. L’homme attrape sa main qu’il retire de son bras avec force et tente de rester positif. « Calmez vous madame, nous avons développé toutes les unités nécessaires pour retrouver votre fille. Votre mari nous a donné tous les détails concernant les vêtements qu’elle portait, vos endroits habituels et votre nourrice nous a aussi fourni les circonstances de la disparition. Nous pensons malheureusement qu’il s’agit d’un enlèvement mais nous restons persuadé que nous allons la retrouver d’ici peu. » Lola se décompose littéralement sur place. Elle n’a jamais entendu de discours aussi horrible, de discours qui lui brise autant le cœur. Parce qu’elle se rend compte qu’elle ne se souvient même pas de la manière dont elle avait habillé Minx ce matin-là, se qualifiant elle-même de mère indigne. Puis elle repense à Mandy. Cette jeune femme charmante à qui elle confiait Minx depuis deux ans déjà. A cette femme qu’elle appréciait et avec qui elle prenait parfois un café, et faisait des rallonges de salaire lorsqu’elle en avait besoin. Cette femme qui était responsable de sa fille au moment des faits. Elle abandonne le flic en secouant lascivement la tête. Il avait ce discours bateau qu’il devait servir à tout le monde et elle détestait ça. Alors peut-être était-il plus raisonnable de s’éloigner plutôt que de devenir folle devant lui pour son incapacité. Et puis, elle avait surtout très envie d’aller voir Mandy… Elle fait volte face et cherche la femme des yeux. Lorsqu’elle la trouve, elle se rue littéralement sur elle, comme une furie. Elle lui saisit le bras et la pousse vers elle, l’obligeant à lui faire face. Elle a ce regard, cette étincelle dans les yeux qu’elle n’a jamais. Elle a cette rage, cette colère qui la dévore de l’intérieur et qui ne lui ressemble absolument pas. « Qu’est-ce que tu as fait de ma fille ? » Dans un premier temps, Mandy bafouille, tentant de parler malgré ses larmes incessantes qui coulaient sur ses joues. Mais rien de convainquant ne sort de sa bouche. Tant que cela énerve de plus belle Lola. « Tu n’avais qu’une seule chose à faire, la surveiller ! Je te paie pour une seule chose, garder un œil sur elle et toi tu préfères faire je ne sais quoi plutôt que de faire ton job ? » Elle lui crie littéralement dessus, se donnant en spectacle devant une foule de voisins, de journalistes et de flics. Mais elle s’en fiche. « J’ai tourné la tête une seule seconde Lola, je te jure, je suis tellement désolée. » parvint enfin à dire entre deux reniflements Mandy, à bout de souffle. Mais Lola s’en fiche. Elle se fiche éperdument de ses excuses, elle se fiche de ses larmes et de ses états d’âme. Elle se fiche complètement d’elle. Tout ceci est de sa faute et elle espère qu’elle s’en mort les doigts. « J’ai baissé les yeux et une fraction de seconde après elle n’était plus là, j’ai simplement retrouvé ça sur le bord de la route. » Mandy tend vers Lola un petit bonnet rose, celui que Minx portait, alors que la jeune blonde sent la présence de quelqu’un derrière elle qu’elle ignore volontaire. La vision du vêtement la brise, lui fait l’effet d’un électrochoc. Tellement que sa main part d’elle-même sans qu’elle ne parvienne à la contrôler, venant s’écraser avec une violence folle contre la joue de la baby-sitter. Ce geste violent choque tout le monde, car c’est aux antipodes de la Lola que tout le monde connaît. Elle sent immédiatement les bras d’Aaron se resserrer contre ses épaules et l’attirer en arrière, l’empêchant de continuer dans sa lancée. Mais Lola se débat, se fichant totalement des répercutions de ses actes. « Tout est de ta faute Mandy, et je te jure que si on ne retrouve pas Minx, s'il lui est fait du mal, je t’en tiendrais pour responsable ! Je te ferais croupir derrière les barreaux, je te ferais regretter de ne pas avoir surveiller ma fille et s’il faut je te tu… » Lola n’a pas le temps de finir sa phrase, ni même son mot et c’est un mal pour un bien. Elle avait assez de soucis comme ça pour rajouter un procès pour menace de mort proféré à l’encontre d’un civil à la liste. C’est Aaron qui l’empêche de terminer sa phrase. « Ca suffit Lola, arrête maintenant ! » Aaron la saisit avec une force folle et l’éloigne de Mandy qui court se réfugier dans les bras d’un officier. Lola, complètement hystérique continue de se débattre, en vain. Il a bien trop de force pour elle. Mais elle finit tout de même par se laisser tomber sur le sol, vers lequel Aaron l’accompagne et par laisser exploser son chagrin. « On va la retrouver Lola. On va retrouver Minx. » Dit-il de cette voix rassurante qui devrait lui faire du bien, tout en lui caressant doucement les cheveux. Mais Lola est à bout, et rien ni personne ne semble être en capacité de la rassurer, de la calmer. Pas même Aaron. Car à cet instant, elle ne veut qu’une chose, serrer Minx dans ses bras. Et personne d’autre. « Ne fais pas de promesse que tu ne seras pas capable de tenir Aaron ! » hurle-t-elle injustement sur le jeune homme alors qu’elle relève les yeux sur lui. Elle se redresse et le pousse, avant de s’échapper aussi loin qu’elle le peut. Elle est cruelle et terriblement injuste, elle le sait, parce qu’Aaron est en train de vivre la même chose qu’elle mais elle ne peut s’empêcher d’agir de la sorte, elle ne se contrôle plus. Elle ne contrôle plus rien. Elle les laisse tous en plan, et Maeve doit probablement dire à Aaron d’aller s’occuper des enquêteurs, pour lui laisser la place ; puisque ce n’est pas Aaron qui vient vers elle mais Maeve. Sa meilleure amie, dans les bras de la laquelle elle reste une bonne dizaine de minutes à pleurer, suppliant la terre entière, suppliant la personne qui avait enlevé sa fille, suppliant même Dieu (alors qu’elle n’était pas croyante) de lui rendre Minx, de lui rendre ce sans quoi elle ne pouvait vivre, ce sans quoi elle ne voyait plus aucun sens à sa vie …



Dernière édition par Lola Chapman le Sam 5 Sep - 21:00, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: maybe i am the apocalypse ♡ lola   Dim 9 Aoû - 8:27

Le regard dans le vide, dirigé vers la fenêtre du salon, sans vraiment regarder à travers, Lola ne peut s’empêcher de laisser son esprit vagabonder, imaginant Minx courir dans leur jardin, rire aux éclats, jouer à la balançoire avec son père, la poussant doucement pour l’aider à prendre de l’élan. Puis en entendant la sonnerie de la porte d’entrée retentir, elle est comme ramenée à la réalité. Immédiatement, les images de cette ancienne vie, de celle qu’elle partageait avec son véritable petit trésor et l’amour de sa vie, s’envolèrent comme un nuage de fumé que l’on balaie d’un revers de la main. Et aussitôt, elle comprend qu’elle a encore perdu la notion du temps, se plongeant dans des souvenirs pourtant heureux mais qui la brisaient encore un peu plus lorsqu’elle était violemment ramenée à la réalité. Minx n’était plus là. Le bonheur n’était plus et aucune once de joie ne transparaissait sur le visage de la jeune femme. Elle qui était pourtant plein de vie, souriante et riant d’un rien. Elle n’était plus que l’ombre d’elle-même avec une expression constamment triste sur le visage, des joues creusées et d’immenses cernes sous les yeux. Elle soupire doucement et sent ses yeux lui piquer. Elle n’a plus la moindre larme en stock. C’était comme si elle avait tellement pleurée qu’elle n’en n’était plus capable aujourd’hui. Comme si elle avait épuisée ses réserves de larmes, comme si elle était véritablement asséchée par son chagrin. Elle amène à ses lèvres le thé qu’elle s’est préparée il y a quelques heures de cela. Il est froid et terriblement mauvais, mais elle s’en fiche. Elle n’a plus goût pour rien. Tout lui paraît terriblement fade, alors ce liquide infâme ne lui arrache même pas une grimace lorsqu’elle en prend une gorgée. Elle lève les yeux vers la porte d’entrée, derrière laquelle doit se tenir la personne qui a sonné, puis elle reporte son regard vers le vide, prenant la décision d’ignorer la personne qui venait lui rendre visite. Elle n’en peut plus. Elle ne veut plus voir ces dizaines de personnes qui viennent la voir, elle et Aaron, les yeux remplis de compassion et d’espoir, les bras chargés de présents et le regard plein de pitié. Lola détestait ça. Elle les détestait tous. Ils ne pouvaient la comprendre. Personne ne le pouvait. Pas même Aaron, qu’elle trouvait injustement pas assez meurtri par son chagrin. Le jeune homme tentait simplement de garder la face, d’être forts pour eux deux, de l’aider à continuer à vivre. Mais elle n’avait pas envie. Elle n’avait pas envie de continuer à vivre dans ces conditions. Alors elle se refermait sur elle-même. Elle passait ses journées là, sur ce divan inconfortable, dans le silence, figée vers l’horizon, comme si tout ce qui faisait d’elle la personne qu’elle était l’avait quittée, comme si elle n’avait plus la moindre émotion, la moindre âme. Lola Chapman n’était plus. Elle ne prenait même pas la peine de se rendre au travail, ne répondait plus au téléphone, ne s’habillait plus, passant le plus clair de ses journées en pyjama, ne se maquillait pas, et nouait ses cheveux en un chignon pas le moins du monde distingué. Elle n’était en rien la femme que son entourage connaissait. Elle n’était qu’une âme en peine errante. Elle n’était plus rien. Car elle ne voulait plus rien être sans elle. Elle ne voulait pas vivre sans Minx, elle se sentait vide, terriblement vide, comme si on lui avait douloureusement arraché une partie de son âme, une partie de son cœur. Elle ne prenait plus la peine d’adresser le moindre mot à qui que ce soit. Elle ne voulait plus parler. Elle ne voulait plus voir qui que ce soit parce qu’elle ne voulait pas voir la pitié dans leur regard, et elle ne voulait pas entendre leurs conseils complètement inutiles. Elle ferme un instant les yeux, puis les rouvre lascivement, ne bougeant pas d’un cil, comme si elle était restée pétrifiée sur ce canapé depuis des jours. Cela faisait plus d’un mois que Minx avait disparue et malgré tout ce que les autorités pouvaient dire, elle sentait que les recherches s’atténuaient et que bientôt, ils abandonneraient. Après quarante-huit heures, les chances de retrouver un enfant disparu sont quasiment nulles. Voilà ce qu’elle avait entendu après seulement deux jours loin de sa fille. Et c’est à ce moment-là, après avoir passé ces deux à retourner la ville, à appeler toute personne et tout organisme susceptible d’avoir des informations sur Minx, qu’elle s’était installée sur ce canapé et qu’elle ne l’avait plus quitté. Le soir, lorsqu’Aaron rentrait, après une garde éreintante qui lui permettait surement de penser à autre chose,  il prenait quand même le temps de lui faire à manger. Mais elle prenait seulement une ou deux bouchées avant de poser l’assiette sur la table basse. Elle la laissait là, patientant qu’Aaron ne vienne ranger. Elle n’avait pas la force de se lever. Elle était si vide et si brisée par l’absence de sa fille que tout lui semblait terriblement difficile. Et puis, il fallait l’avouer, elle n’avait plus envie de rien, alors elle ne se forçait pas. Elle restait là, assise avec le doudou favori de Minx dans les bras. Elle regardait le vide et attendait que le temps passe, espérant qu’un jour quelqu’un viendrait sonner à sa porte pour lui ramener sa fille. Mais aujourd’hui, après tant de temps, c’était peine perdue, elle le savait. Mais elle ne pouvait pour autant reprendre le dessus. Au fond, elle n’avait pas le courage, ni la force, préférant se morfondre sur ce canapé qui lui faisait pourtant un mal de dos effroyable. Bien sûre, elle pourrait regagner le lit qu’elle partageait avec Aaron le soir venu, mais elle ne le faisait pas. Elle ne dormait plus avec lui depuis bien longtemps. Et lorsqu’il venait sur le canapé, elle s’éloignait. Lorsqu’il lui adressait la parole, elle restait silencieuse et lorsqu’il lui faisait face, elle détournait le regard. Elle ne pouvait pas le regarder. Elle ne pouvait plus. Parce qu’à chaque fois qu’elle posait ses yeux sur lui, elle ne voyait plus l’homme qu’elle aimait. Non, elle ne voyait que le reflet de Minx, elle ne voyait que ce sourire qu’il avait d’identique à la petite, ses mêmes deux grands yeux bleus… Elle ne voyait qu’elle lorsqu’elle le regardait et cela lui déchirait le cœur. Alors elle le repoussait, l’éloignait le plus possible parce que c’était bien trop dur. Elle ne parvenait à tenir le coup, elle ne parvenait à être aussi forte qu’il pouvait l’être. Elle ne parvenait à être positive comme ceux de son entourage étaient. Car elle le savait pertinemment, lorsqu’on t’arrache une petite partie de toi, tu le sais, tu le ressens lorsqu’elle n’est plus de ce monde. Et son pessimisme et son abandon total faisaient qu’elle était persuadée que Minx ne faisait plus partie de ce monde. Elle l’avait abandonné. Elle avait abandonné sa propre fille en la laissant aux mains d’une femme incapable de garder un œil sur elle, elle était la pire des mères qu’il soit. Et aujourd’hui elle s’en mordait les doigts, elle s’en voulait horriblement et c’était peut-être ça qui la poussait à se laisser aller de la sorte. Une larme coule étrangement le long de sa joue, elle qui pensait ne plus en avoir la capacité. Avec la manche de son vieux sweat-shirt elle l’essuie. La sonnette de la porte d’entrée recommence. L’espace d’un instant, Lola avait cru que la personne se trouvant derrière la porte avait déposé les armes, qu’elle avait abandonné, mais ce n’était à l’évidence pas le cas. Cependant, ceci ne fait pas pour autant bouger la blonde, qui n’avait aujourd’hui plus rien de jolie. Elle s’allonge sur le divan et vient resserrer la peluche contre son visage, laissant à nouveau son esprit songer à des jours meilleurs. Au passé. Elle semble si loin qu’elle n’entend même pas Riley, qui finit par entrer dans la maison par elle-même. Probablement a-t-elle trouvé le double des clés qu’Aaron laisse toujours dans le troisième pot de fleurs en partant de la gauche, juste au cas où, en cas d’urgence. Ca n’était bien entendu pas une urgence à proprement parler, mais il ne faisait aucun doute que l’état de Lola commençait à inquiéter ses proches, et plus particulièrement Riley. Au fil des jours, les visites se faisaient de plus en plus rares. Si au début, tous leurs amis, toute leur famille passaient leur temps à se rendre chez eux pour leur apporter leur soutient, c’était aujourd’hui plus rare. Parce que Lola avait été exécrable avec la plupart d’entre eux et parce qu’en l’absence d’Aaron, personne ne répondait à la porte, tout simplement. « Lola. » souffle Riley alors qu’elle voit sa sœur étendue sur ce même divan qu’elle n’a pas quitté depuis un mois. Elle le sait, voir son aîné dans cet état lui brise le cœur, mais elle n’a pas envie de faire d’effort, pas même pour Riley. Pour personne en réalité. « Tu ne veux pas qu’on aille se balader dehors un peu pour discuter ? » Lola ouvre les yeux, mais elle ne bouge pas. Aller dehors pour discuter. Non mais était-elle en train de se ficher d’elle ? Si elle en avait eu la force, Lola aurait levé les yeux au ciel, mais elle n’en avait pas l’énergie. Elle n’avait pas envie d’aller dehors et elle n’avait pas envie de discuter. Alors pourquoi venait-on l’ennuyer avec des propositions pareilles. Pourquoi est-ce qu’on ne lui fichait tout simplement-on pas la paix ? « Lola, tu devrais vraiment te lever de se canapé… » Etait-elle obligée de lui infliger ce genre de conseil absolument inutile ? Si elle restait allongée ici, c’était pour une raison. Elle ne voulait pas aller dehors, ni même se lever du canapé. Ni aujourd’hui, ni jamais. « Comment est-ce que tu vas ? » C’était une question idiote, comme toutes celles que Riley et tous les autres posaient constamment. N’était-ce pas assez voyant ? Elle n’allait pas bien. Riley pose un instant les yeux sur sa sœur, mais celle-ci fuit son regard, le fixant sur un point neutre, le coin de la table basse. Lui au moins, ne passait pas son temps à lui donner des conseils et à le regarder comme une pauvre fille. « Tu es sûre que tu ne veux pas manger un peu ? »  Sur la table basse, trônait le reste du repas du midi, ou peut-être du soir précédent, elle n’avait plus vraiment la notion du temps et il arrivait qu’avec ses horaires, Aaron ne rentre pas pendant un certain temps. De nouveau, Lola n’accorde la moindre attention à sa sœur, mais au fond, elle commence à bouillonner. Elle en a marre d’entendre quotidiennement ce genre de phrases. « Ecoute Lola, je voulais simplement … » Elle n’a pas le temps de finir sa phrase. Lola l’arrête au beau milieu, alors que cela fait des jours qu’elle n’a pas adressé le moindre mot à qui que ce soit, pas même à Aaron, surtout pas à Aaron. « Tu as des informations supplémentaires sur Minx ? » Son ton est autoritaire et froid, comme il est à chaque fois qu’elle ouvre la bouche ces derniers temps, quand bien même ceci est un fait rare. Riley baisse immédiatement les yeux et Lola se doute de la réponse qu’elle va lui fournir, parce que c’est la même depuis déjà un mois. Riley travaillait tout récemment pour le FBI, et l’espace d’un instant, Lola avait cru que cela serait un avantage pour retrouver sa fille. Mais elle se trompait, lourdement. « Non Lola, je suis désolée. Je fais mon possible pour en obtenir mais il semblerait que l’enquête soit au point mort… » Cette phrase fait rire Lola. Pas parce que ces mots sont amusants, non, parce qu’ils ne le sont absolument pas. Mais simplement parce qu’elle ne comprenait pas bien comment Riley pouvait oser pénétrer dans cette maison en faisant si peu d’effort pour retrouver Minx. C’était un rire jaune, complètement sarcastique, à la limite de la méchanceté. Lola n’agissait jamais de la sorte d’ordinaire, mais il fallait l’avouer, perdre sa fille l’avait clairement changée en une personne triste, amère, et aigrie. « Alors tu m’es complètement inutile, tu peux rentrer chez toi ! » Sans ajouter quoi que ce soit, Lola détourne alors le regard de sa sœur, pour le reposer sur ce coin de table. Elle est fatiguée, constamment épuisée de toutes ces personnes inutiles qui ne cessent de venir l’importuner. En face, Riley, qui d’ordinaire n’hésite pas à faire face aux paroles de sa sœur, la remettant dès que cela est nécessaire à sa place, ne dit rien. Elle semble désabusée par la situation, ne sachant plus vraiment quoi faire, ni comment réagir, et surtout quoi dire pour qu’elle aille mieux. Ce qu’il fallait de toute évidence comprendre, c’était qu’il n’y avait finalement absolument rien à dire, rien à faire pour qu’elle aille mieux, parce qu’elle n’irait jamais mieux, elle en était convaincue. Un léger soupire s’échappe d’entre les lèvres de la plus jeune des Valentino qui se remet à la regarder avec compassion. « Lola, je suis là parce que tu es ma sœur et que je ne supporte pas te voir dans cet état. » Cette fois, c’est la parole de trop. Si Lola déteste qu’on la regarde ainsi, elle hait encore plus qu’on tente de la materner. Elle se redresse si vivement qu’elle sent sa tête légèrement tourner, mais elle passe rapidement au dessus de cela, bien trop énervée par l’attitude de Riley. « J’ai perdu ma fille Riley ! Ma fille ! Es-tu stupide ou ne comprends-tu pas que je ne vois plus aucune raison de vivre sans elle ? » Elle lance un regard noir et accusateur à l’adresse de sa sœur, avant de secouer la tête avec une nervosité folle. Puis elle se couche à nouveau, reposant son visage près de la peluche de Minx. « Maintenant vas-t-en s’il te plait, et ne reviens plus si tu n’as pas d’information à me fournir ! » Elle reporte son regard sur autre chose, pensant qu’enfin, Riley lui ficherait la paix et prendrait le chemin de la sortie. Mais elle ne pouvait pas plus se tromper. « Lola tu… » Commence Riley en s’avançant vers Lola. Mais cette dernière se redresse à nouveau et lève la main pour lui faire comprendre qu’il n’est pas utile de continuer, qu’elle ne veut pas entendre ce qu’elle a à dire et qu’il serait de toute évidence bien plus judicieux de ne pas continuer sur ce terrain. Enfin, de toute façon, Lola est déjà énervée. « Agent du FBI tu parles. Vous êtes bien tous les mêmes, des bons à rien ! » C’était cruel et injuste mais Lola mettait tous les agents qui FBI dans le même panier. Elle se fichait que sa sœur ne soit pas en charge de l’enquête. Elle se fichait de savoir que c’était un trou sans fin car il n’y avait absolument aucune piste recevable, ou qu’ils n’avaient pas déjà exploré. Elle se fichait de tout ça. Elle retenait seulement que personne ne semblait faire d’effort, que personne ne semblait se démener pour retrouver sa fille. Elle avait tout bonnement l’impression que tout le monde s’en fichait éperdument. Et si au fond elle savait que ce n’était pas le cas, elle ne pouvait s’empêcher de s’arrêter à cette idée reçue et de se mettre en colère, allant jusqu’à dire de véritables horreurs à celle qui pourtant, avait toujours été là pour elle. « C’est papa et maman qui avaient raison, tu fais honte à la famille et tu rates toujours tout ce que tu entreprends ! » Lola était méchante, elle le savait et elle en était consciente mais là était son but. Elle voulait blessée Riley comme elle était elle-même blessée. Elle voulait qu’elle souffre comme elle souffrait, quitte à lui dire des horreurs qu’elle ne pensait pas, quitte à se qu’elles ne s’adressent plus la parole. Du moment qu’on lui fichait enfin la paix. « Comme quand je t’ai demandé de retrouver ma fille ! » Son regard est si noir qu’il ferait froid dans le dos à n’importe qui, qui avait eu la chance de connaître la Lola d’autrefois. Elle fixe un instant Riley avant de finalement détourner le regard, et prendre place sur le divan en se recroquevillant sur elle-même. « Lola tu es injuste … » Rien ne semblait marcher avec Riley. Elle continuait d’insister et de vouloir qu’elle aille mieux. Mais quand allait-elle enfin comprendre ? Que fallait-il que Lola fasse pour qu’enfin on la lâche ? « SORS DE CHEZ MOI ! »  Elle crie. Elle crie si fort qu’elle est persuadée que les voisins l’ont entendu, mais ça n’a pas d’importance. Elle veut juste qu’elle parte. Elle veut que Riley s’en aille et de revienne plus jamais. Elle veut la paix. Elle veut être seule. La colère fait que, pour appuyer ses propos elle lance la première chose qu’il lui vient sous la main vers sa sœur. Elle se rend compte bien trop tard qu’elle a lancé la peluche de Minx. Elle tourne le dos et attend que Riley prenne enfin la sage décision de partir. Ce n’est que lorsqu’elle entend la porte claquer qu’elle se précipite vers la peluche. Elle l’attrape et regarde immédiatement l’état dans lequel elle est. Elle s’en veut terriblement, parce qu’à travers cette peluche elle a l’impression d’avoir une fois de plus trahie Minx. Elle la serre contre elle, puis se laisse glisser contre la porte d’entrée. Et elle pleure. Elle fond en larmes parce qu’elle n’en peut plus et parce qu’elle n’arrive plus à reprendre le dessus. Elle est au fond, terriblement au fond du gouffre et elle n’a qu’une envie, que tout ceci s’arrête. Elle reste une bonne vingtaine de minutes là, assise par terre, à pleurer comme la fille pathétique qu’elle est. Ce n’est que lorsqu’elle décide de rejoindre le canapé qu’elle passe à côté d’un miroir et qu’elle peut voir l’étendu des dégâts. Elle est méconnaissable. Elle ne ressemble à absolument rien. Elle a perdu du poids, a de véritables poches noires sous les yeux et ressemble à ces filles pathétiques qui ne prennent pas soin d’elles et se laissent aller constamment. Elle se déteste. Elle déteste l’image qu’elle renvoie actuellement et se trouve tout simplement ridicule. Elle passe ses mains sur ses joues creusées et soupire. Puis elle laisse son regard vagabonder sur le buffet. Elle tombe alors nez à nez avec une photo de famille. Une photo qu’ils avaient prise à Noël dernier. Aaron, Minx et elle. Ils sourient sur la photo et respirent tout simplement le bonheur. Lola s’empare du cadre qu’elle scrute un instant avec nostalgie. Puis elle sent son ventre lui faire un mal de chien, comme si on venait de lui enfoncer un couteau de cuisine en plein dedans. Cette image lui brise le cœur, car elle le sait, jamais elle ne reprendra un jour forme. Jamais elle ne sera un jour aussi heureuse qu’elle l’avait été ce jour-là. Jamais elle ne sourirait à nouveau ainsi… Des larmes ne cessent de couler sur ses joues sans qu’elle ne prenne la peine de les essuyer. Cela ne serre plus à rien. Elle est déjà minable, elle n’en a plus rien à faire. Elle repose alors la photo, refusant de s’infliger une seconde de plus ce supplice. Puis elle laisse ses jambes la guider. Pour la première fois depuis des jours, elle pénètre dans la chambre qu’elle partageait avec Aaron. Elle prend ce même sac qu’elle avait pris lorsqu’ils étaient tous trois partis en Italie, puis fourre sans le moindre soin la totalité de ses affaires. Elle ne laisse rien, mis à part quelques robes qu’elle sait qu’elle ne mettra plus. Elle passe dans la salle de bain, se regarde dans le miroir et essuie les dégâts qu’on fait ses larmes sur sa peau. Elle refait son chignon dont les cheveux s’étaient quasiment tous échappés de l’élastique et prend quelques affaires qu’elle fourre à la hâte dans le sac. Puis d’un pas lent, elle rejoint le salon. Elle dépose la peluche de Minx sur la table, puis baisse les yeux vers sa main gauche. Son regard se pose sur son alliance. Ca ne peut plus durer ainsi. Elle ne peut plus vivre comme cela, si l’on peut décemment appeler ça vivre. Elle fait tourner l’anneau autour de son doigt, hésitant. Mais il est clair que tout ceci ne rime plus à rien sans elle. Cette vie, cette grande maison, ce mariage … Elle ferme les yeux une seconde et malgré toute la difficulté que cela suscite, elle sait que c’est ce qu’il y a de mieux à faire. D’un geste doux, elle retire son alliance qu’elle dépose sur la table, à côté de la peluche qui ne l’avait pourtant pas quitté depuis un mois. Puis elle tourne les talons, fait dos à la vie qu’elle a toujours connue et s’était donné tellement de mal pour la construire, parce qu’elle sait que cette vie là est révolue et qu’elle ne vaut aujourd’hui plus rien. Elle quitte la maison, elle quitte tout espoir qui pouvait encore l’habiter, elle quitte sa vie d’antan, elle quitte son mari, elle quitte Aaron, elle quitte tout, absolument tout, et ne reviendra jamais…




Don’t judge me. You can’t handle half of what I’ve dealt with.
There’s a reason I do the things I do. There’s a reason why I am who I am.


La vie reprenait peu à peu son cours. Lola avait repris le dessus, ou du moins c’est ce qu’elle feignait auprès de ses proches. Car elle en avait assez d’être constamment maternée et qu’elle ne pouvait plus voir ce regard sur leur visage, ce regard rempli de pitié et de compassion. Ce regard qu’elle détestait et qu’elle voulait bannir de tous les visages. Alors elle faisait semblant. Elle faisait comme si elle avait repris le dessus, comme si elle avait fait son deuil, comme si, malgré la difficulté de sa situation, elle reprenait le cours de sa vie. Mais le fait est que certes, elle parvenait à faire autre chose que rester toute la journée sur un canapé à regarder le vide, mais elle n’avait pas totalement abandonné ses vieux démons. Parfois, elle pleurait, pleurait toute la nuit en pensant à Minx, en pensant à Aaron. Parfois elle passait des heures, assise sur le trottoir face à son ancienne maison, celle où elle avait vécu tant de beaux moments, avec Aaron et Minx, celle où sa petite fille, son trésor, avait été enlevée… Elle avait fait le tri dans ses affaires et avait stocké dans un carton tout ce qui lui rappelait Minx ou Aaron, elle l’avait entouré de scotch et l’avait placé tout en haut dans son placard, dans un endroit qu’elle ne pouvait atteindre sans monter sur un escabeau. Elle voulait bannir toute tentation de fondre en larmes et de se laisser aller. Parce que ses souvenirs hantaient déjà chacune de ses nuits, alors il était bien plus judicieux de tout éloigner de sa portée pour ne pas retomber dans ses travers, pour ne pas couler sous la dépression, qui faisait certes partie d’elle ces derniers temps, mais qui parvenait à s’atténuer avec le temps. Cela fait d’autre part, bien longtemps qu’elle n’a plus la moindre nouvelle des autorités concernant l’enquête sur sa fille. C’est pourquoi elle avait, au fond de son placard, étiqueté toutes les informations qu’elle avait pu récolter au fil des mois, espérant qu’un beau jour, cela l’aiderait à la retrouver. Elle passait parfois des nuits entière assise en tailleur devant ce mur recouvert d’articles et d’indices récupérés au fil du temps sur Minx mais rien n’avançait, rien ne se passait, tout restait au point mort et une fois de plus, elle était déçue, déçue de ne pas trouver une solution pour sortir Minx de l’enfer qu’elle était probablement en train de vivre ou qu’elle avait vécu durant tout ce temps. Un an. Cela faisait un an qu’elle avait disparu, et Lola avait encore l’impression que c’était hier. Les jours passaient, et se ressemblaient… Elle n’était plus la femme d’autrefois. Certes elle était parvenue à reprendre en quelque sorte le cours de sa vie, mais jamais ô grand jamais elle redeviendrait la Lola que tout le monde avait connu et apprécié autrefois. Elle ne riait que très rarement, semblait constamment ailleurs, se contentait du strict minimum quant à la manière dont elle s’habillait, se coiffait et se maquillait, et souriait simplement pour faire plaisir à son entourage, quand tout le monde voyait clairement que chacun de ses sourires étaient forcés. Aujourd’hui ne faisait pas exception. Elle est attablée, autour de l’ensemble de sa famille –ou tout du moins une partie- et de ses amis. Tout le monde est là, ou presque. Ses parents, Maeve, Riley, les quelques amis qu’elle a gardé de l’université, quelques collègues de travail, Casey et Tommy plus particulièrement et quelques voisins qui n’ont pas vraiment d’importance pour Lola mais qui sont quand même présents. Ils sont tous en train de discuter, de choses et d’autres alors que Caitlin Valentino fait le service. Mais la blonde ne se mêle à aucune de ces conversations. Elle ne les écoute pas, ne les entend même pas, bien trop captivée par ses propres pensées. Son regard se pose sur une chaise vide en face. Elle ne peut s’empêcher de penser qu’ici devrait se trouver Aaron, ou Elena… Mais le fait est que la famille Chapman, qui était pourtant les premiers conviés aux festivités, avait complètement disparus des réceptions familiales. Seul Ethan était là, juste à sa gauche. Il était probablement le seul à qui elle adressait la parole au sein de sa belle famille. Surement parce qu’il était lui-même en conflit avec Aaron. Mais ceci étant, il semblait être le seul à avoir compris son choix de partir, et ceci même si cela voulait dire quitter Aaron… Il ne posait pas de question, il ne lui faisait pas de leçons de morales, il ne lui inculquait pas de stupides conseils. Il se contentait de l’écouter lorsqu’elle avait envie de se confier et c’était ce qu’elle aimait chez lui. Et puis, il fallait l’avouer, avoir Ethan auprès d’elle lui donnait l’impression d’avoir encore auprès d’elle une partie d’Aaron. Elle refusait qu’on parle du jeune homme, elle refusait tout objet, tout souvenir, tout chose qui lui rappelait son époux, mais elle ne parvenait étrangement à se détacher d’Ethan. Quant à Elena, la dernière fois qu’elle avait vu la petite dernière des Chapman, celle avec qui elle s’était pourtant le plus liée, celle qui était devenue son amie, celle qui était sa demoiselle d’honneur à son mariage, les choses ne s’étaient pas vraiment bien déroulées. Si Lola n’était pas au sommet de sa gentillesse ces derniers temps, Elena l’était encore moins. Elle l’avait ouvertement accusé de ruiner la vie de son frère et de n’être qu’une égoïste sans nom qui ne le méritait pas. Et étrangement, la jeune femme n’avait su que répondre à cela. Rien, absolument rien, car finalement, elle n’avait pas tout à fait tort. « Lola ? » La voix de sa mère vient déranger sa rêverie, tant qu’elle finit par prendre conscience qu’elle est belle et bien en communauté, attablée pour un repas qu’elle sait organisé spécialement pour elle –alors qu’elle a toujours dit à sa mère qu’elle ne voulait pas de repas de pitié en son honneur. Et la bienséance fait qu’elle devrait bien se comporter et au moins jouer le jeu des bavardages sans importance avec les invités. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire. Car elle n’a absolument rien à dire et elle ne cesse de penser à lui dès que quelqu’un part dans l’un de ces discours de vie terriblement ennuyeux. Elle secoue la tête, pour reprendre ses esprits et lève les yeux vers sa mère. « Quoi ? » Caitlin la regarde avec tristesse, définitivement peinée de voir sa fille ainsi. Elle lui lance un faible sourire. Cela devait probablement faire quelques minutes qu’elle l’appelait, mais il était évident que Lola était ailleurs, complètement ailleurs. « Maeve racontait ce qu’il s’était passé hier à la caserne, avec l’un de vos collègues. » Elle était avenante et voulait aider sa fille, c’était un fait, c’était d’ailleurs adorable de sa part. Elle voulait la mêler à la conversation. Elle voulait que Lola en aille de son commentaire et rit de cette anecdote. La veille, l’un des pompiers s’était amusé à faire une farce à Maeve et sa partenaire paramédic. Lola avait assisté à la scène. Si d’ordinaire, elle aurait ri aux éclats et aurait probablement même pris par à la plaisanterie, ça n’avait pas été le cas. Elle s’était contentée de sourire, comme elle le faisait à chaque fois. C’était un sourire sincère, mais bien trop faible pour réellement ressembler à Lola. Le même sourire qu’elle fait actuellement à sa mère, qui espérait vainement que sa fille prenne enfin part aux réjouissances. Mais elle se contente de hocher la tête et de reposer sur regard vers la fenêtre. Elle en est certaine, Caitlin a probablement dû échanger des regards gênés avec le reste de l’assemblée, mais elle s’en fiche éperdument. Elle n’a pas envie de faire semblant, pas aujourd’hui. Elle fait déjà des efforts en étant présente et en n’étant pas constamment sur la défensive. Mais elle repart dans ses pensées. Ce n’est que la chaleur du contact d’une main s’entremêlant dans la sienne qui la ramène à la réalité. C’est celle de Tommy qui est juste à sa droite. Elle pose ses yeux sur leurs deux mains qui ne font qu’une et affiche un léger sourire. Dans toute cette vie merdique, il était bien la seule chose positive, la seule chose qui lui faisait du bien, qui l’apaisait, et qui lui faisait oublier, l’espace d’un instant son chagrin.  Elle lui sourit, ce contact lui fait un bien fou. Et il est peut-être la seule personne qui parvint à faire renaître ce genre de sourire sur son visage. Le genre qui n’était plus apparu depuis bien longtemps… Elle caresse doucement sa main à l’aide de son pouce, qu’elle garde contre la sienne une bonne partie du repas, se sentant définitivement mieux ainsi. Elle parvint même, à la suite de cette transmission de force et de courage, à rire à l’une des plaisanteries de son père. Le repas se déroule mieux ; la main, le soutient de Tommy lui permet de s’accrocher à la réalité et de ne plus penser à autre chose. Mais cette amélioration ne dure qu’un temps, puisque malheureusement Caitlin Valentino vient tout gâcher en faisant tourner des photos de Lola et Riley enfants. Si les invités semblent trouver cela amusant, un moment de gêne immense s’immisce dans les festivités lorsque Casey demande qui est le petit garçon à côté de Lola sur l’une des photos. Riley grimace immédiatement et fait signe à Casey de se taire, mais c’est trop tard. Lola se lève en trombe et arrache avec virulence la photo des mains de Caitlin qui vient tout juste de la récupérer en vitesse. Elle la regarde et sent son cœur s’emballer. Fort heureusement, la colère qu’elle ressent envers sa mère à cet instant l’empêche de craquer face à la vue d’une photo d’elle et Aaron lorsqu’ils étaient enfants, main dans la main, dans le jardin des Chapman en dessous d’une arche de fleurs. C’était le jour de leur faux mariage… Elle fusille sa mère du regard. « Tu le fais exprès c’est ça ? » Elle jette sans le moindre soin les photos sur la table vers sa mère en secouant nerveusement la tête. Décidément, il fallait toujours que quelqu’un vienne tout gâcher. Elle lève alors un doigt menaçant vers sa génitrice, définitivement en colère. « Quand je te dis que je ne veux plus voir ces photos, tu ne comprends pas ? » Elle leur avait dit et répété, elle ne voulait plus qu’on lui parle de Minx, elle ne voulait plus qu’on parle d’Aaron ou que l’on rappelle des souvenirs –qu’ils soient bons ou mauvais- de sa vie d’antan. Elle ne veut plus rien voir de ce qu’elle avait. Elle ne veut plus car ça lui fait bien trop de mal et parce qu’elle ne parvient à passer outre la peine que cela provoque à chaque fois en elle. Sa mère reste silencieuse, se contentant de se confondre en excuse et de ramasser précipitamment les photos alors que tout le monde semble terriblement gêné par ce qu’il vient de se passer. Lola sent la quasi totalité des regards rivés sur elle. Et d’un coup, elle a terriblement chaud, sentant qu’elle manque d’air. Elle soupire bruyamment. « J’ai besoin d’air ! » lâche-t-elle avant de quitter la salle de séjour, puis la maison, pour retrouver l’air frais de dehors, pour pouvoir respirer à nouveau. Elle se sent un peu mieux. Mais ce qui la calme réellement, c’est la cigarette qu’elle arrache d’entre les doigts de Maeve, qui fumait sagement devant la porte du garage, la tête fourrée dans son téléphone portable. Elle tire une longue latte sur la cigarette qu’elle rend ensuite à Maeve, qui reste choquée du spectacle auquel elle vient d’assister. Lola Chapman en train de fumer. Elle n’avait surement jamais vu sa meilleure amie avec une cigarette entre les lèvres. Pour ainsi dire, Lola n’avait jamais fumé, enfin elle avait essayé une fois au cours de son adolescence avec Aaron, mais elle avait tant toussé qu’elle n’avait plus jamais retouché à une clope de sa vie. Jusqu’à quelques temps de cela. Elle en avait emprunté une dans le paquet de Tommy une fois, et elle avait ressenti tous les bienfaits –se contrefichant des méfaits- de la nicotine sur son système. Ca l’avait apaisé l’espace d’un instant, comme ça le faisait aujourd’hui. Mais il était évident que ça ne ressemblait pas le moins du monde à Lola. « Tu fumes maintenant ? » demande Maeve, bouche bée. Si on lui avait dit un jour qu’elle verrait ça, elle aurait probablement ri. Lola ne fumait pas parce que c’était bien trop dangereux pour sa santé et celle de sa fille, ne faisait pas d’excès de vitesse et respectait scrupuleusement les règles de bienséance. Elle frôlait la perfection. Du moins, elle la frôlait avant… Elle hausse les épaules avec nonchalance. Ca non plus ça ne lui ressemblait pas, Lola n’était pas nonchalante.  « Je fais ce dont j’ai envie. » Voilà qui était dit, et pas forcément de la manière la plus agréable qu’il soit. Comme à son habitude, elle s’irrite pour un rien, et ne parvient encore à dépasser son énervement face aux photos qu’elle venait de voir, face à la stupidité de sa mère. « Ne sois pas sur la défensive avec moi Lola, je suis de ton côté. » Maeve l’était et l’avait toujours été. Elle était d’ailleurs l’une des seules personnes, avec Ethan et Tommy qui ne lui prenait pas constamment la tête pour qu’elle redonne un sens à sa vie, pour qu’elle sorte, pour qu’elle s’amuse et redevienne celle qu’elle était. Car ils avaient visiblement compris que ce n’était pas en la forçant que cela allait faire avancer les choses. Lola baisse alors les yeux, comme pour s’excuser de son comportement injuste envers l’une des seules personnes qui ne le méritait, selon elle, pas. Maeve affiche alors un faible sourire, elle n’était pas le genre à se vexer pour si peu. Et puis, elle semblait avoir tout autre chose en tête. « Qu’est-ce qu’il s’est passé à l’intérieur ? » La question est anodine et Maeve connaît probablement déjà le fond du problème, mais elle la pose quand même. « Ma mère et ses stupides photos. » Maeve acquiesce. C’était évident, Lola n’avait pas besoin d’en dire plus. La raison de son énervement ne pouvait être dû qu’à une seule chose, sa famille. Celle qu’elle formait autrefois avec Aaron et Minx. Famille qui n’était aujourd’hui plus et que Lola tentait par tous les moyens de chasser de sa vie et de son esprit. Maeve n’en demande pas plus et l’espace de quelques minutes, elles profitent toutes deux de ce moment de silence. Un silence qui n’a absolument rien de gênant, bien au contraire. C’était tout ce qu’avait besoin Lola en ce moment, de paix et de silence… Hélas, Maeve ne tarda pas à venir le rompre, osant enfin poser la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu’elle avait vu les mains de ses deux meilleurs amis se rejoindre en dessous la table alors qu’elle s’était baissée pour ramasser sa serviette qu’elle avait maladroitement fait tomber. « Qu’est-ce qu’il se passe entre Tommy et toi ? » Cette question surprit immédiatement Lola, qui ne put s’empêcher d’écarquiller les yeux. Comment l’avait-elle su ? Personne ne savait. Personne n’était au courant, pour la simple et bonne raison que ni elle, ni Tommy ne voulait que cela se sache, du moins pas pour le moment. Tous deux ne savaient pas bien ce qu’il se passait entre eux, mais à force de passer du temps ensemble, à force de se confier l’un à l’autre, ils avaient fini par se rapprocher. Et aller plus loin sans jamais mettre un statut particulier à leur relation. « Je … Ca me fait du bien. » C’était tout simplement ça. Passer du temps avec lui, se blottir dans ses bras, retrouver la chaleur d’un homme et ses lèvres d’une douceur infinie lui faisait un bien fou. Avec lui, tout était simple, elle ne se posait la moindre question. Elle se contentait de vivre l’instant présent et de profiter de chaque minute auprès de lui. Alors oui, elle n’était pas follement amoureuse, tout comme lui ne l’était pas non plus, mais auprès de lui, elle se sentait mieux, elle se sentait bien. Mais visiblement, le fait qu’elle se sente à nouveau bien dans sa vie depuis bien longtemps, ne semble pas ravir plus que cela Maeve. Un instant, Lola croit percer de la jalousie dans son regard. Parce que Tommy était son meilleur ami à elle, pas celui de Lola. Mais elle comprend rapidement que ce n’est pas de cela qu’il s’agit. « Et Aaron ? » Lola s’attendait probablement à tout sauf à cela, surtout de la part de Maeve qui avait toujours respecté le fait qu’elle ne veuille parler ni de Minx, ni d’Aaron. Elle fronce les sourcils et interroge son amie, mais la brunette soutient son regard avec défit. « Ne me parle pas d’Aaron, Maeve. » Elle ne voulait pas parler de lui. Ni aujourd’hui, ni jamais. Elle ne voulait pas se justifier sur ses choix, sur son départ, sur son abandon, ou même sur sa relation avec Tommy. Et elle pensait que cela, Maeve pouvait le comprendre. Mais visiblement, ce n’était pas le cas. Alors oui, elle aurait dû culpabiliser d’officiellement tromper son époux avec un autre, mais le fait est qu’elle avait quitté Aaron depuis plus d’un an et qu’elle ne l’avait plus revu depuis, et ce même si elle n’avait été capable de signer les papiers du divorce que lui avait fait parvenir son avocat. Ces papiers trainaient d’ailleurs toujours, sous un tas d’autres papiers, sur la table de la cuisine qu’elle avait quelque peu laissé à l’abandon depuis un certain temps. Lola, agacée et vexée que son amie ne respecte pas ce qu’elle lui avait demandé, fait volte face et s’apprête à retourner dans la maison familiale des Valentino, mais les mots de Maeve l’en empêchent. « Alors tu abandonnes ? Tu laisses tomber ce pourquoi tu t’es battue toute ta vie, tout ce que tu as construit avec lui ? » Lola s’arrête, se figeant sur place. Elle ignore si elle doit ou non se retourner pour faire face à son amie, mais elle est certaine qu’elle devrait plutôt partir en courant si elle ne veut pas craquer devant Maeve. Parce qu’elle est malgré le temps qui s’est écoulé, toujours aussi fragile et fébrile lorsqu’on lui parle de lui. Car au fond, elle sait qu’elle a eu tort, qu’elle n’est qu’une piètre épouse et qu’il mérite bien mieux, comme lui a bien souvent balancé Elena au visage. Mais le fait est qu’elle ne parvient plus à le regarder comme elle le regardait auparavant et que malgré tout, malgré tout l’amour qu’elle ressentait pour lui, elle se sentait tout bonnement incapable de reprendre où il s’était arrêté. Et puis, il fallait se rendre à l’évidence, cela faisait plus d’un an qu’elle ne l’avait plus vu, c’était trop tard… Elle avait dépassé les limites et elle ne pouvait s’en vouloir qu’à elle-même. Elle soupire et sans réellement savoir pour qui ni pour quoi, elle se tourne vers Maeve. Elle reste cependant silencieuse. Elle sait que c’est elle qui avait raison. Elle s’était tant battue pour son couple, elle avait tant construit avec lui. Et aujourd’hui elle lançait aux oubliettes tout espoir que les choses redeviennent un jour ce qu’elles étaient, ou du moins s’en rapprochent. « Tout ça pour un mec qui ne compte pas ? » Tommy comptait. Bien sûr qu’il comptait. Alors oui, elle ne vivait pas une histoire d’amour passionnelle et terriblement vibrante avec lui, mais il comptait. Lola secoue la tête et ouvre la bouche, s’apprêtant à venir contredire Maeve, mais la petite brune l’en empêche. Probablement savait-elle déjà ce que Lola lui aurait dit. « Ne te méprends pas Lola, j’aime beaucoup Tommy et je suis contente qu’il t’aide à aller mieux, mais bordel, ce n’est pas Aaron. Ce n’est pas ton mari, ce n’est pas l’homme de ta vie. » Plus Maeve parle, plus Lola se décompose. Elle sent les larmes monter à ses yeux sans réussir à les contrôler. Une boule dans sa gorge vient de se former au moment même où Maeve a prononcé ces quelques mots. Tommy n’était pas Aaron. Il n’était pas celui avec lequel elle s’était inconsciemment mariée à seulement vingt-deux ans, il n’était pas celui qu’elle avait toujours aimé, celui avec qui elle avait tout fait, celui qui n’était autre que le seul et unique homme de sa vie. Il n’était pas lui. Il n’était pas Aaron… Qu’était-elle en train de faire bon sang ? Comment parvenait-elle à la mettre dans des états pareils en une fraction de seconde ? Comment parvenait-elle à lui faire prendre conscience de toutes ces choses qu’elle n’était pourtant pas prête à reconnaître ? « Arrête Maeve s’il te plait. » Elle ignore ce qu’il se passe, mais elle sent tout son corps trembler. Elle ferme les yeux un instant, tentant tant bien que mal de lutter contre elle-même et contre ces sensations que lui provoque la simple mention de son prénom. Mais voyant l’état dans lequel elle met Lola, Maeve sent peut-être qu’il est enfin temps de continuer, de pousser jusqu’à ce qu’elle atteigne son point de rupture, jusqu’à ce qu’elle ne craque. Elle s’avance alors vers Lola et continue, encore et encore. « Ne compte-t-il pas pour toi ? Tu as pensé à ce que ça pourrait lui faire de te voir avec un autre ? Tu as pensé à l’état dans lequel il est lui depuis la disparition de Minx ? » Maeve est si près d’elle qu’elle a l’impression d’avoir cinq ans et de se faire réprimander par son père pour avoir fait une bêtise. Alors oui, elle a fait une bêtise, une énorme bêtise que Maeve tente de lui faire comprendre, mais à quoi bon ? C’était fait maintenant, c’était trop tard. « Je suis sûre qu’il va bien … » murmure Lola en baissant les yeux, presque honteuse. La vérité est qu’elle n’avait jamais réellement pensé à Aaron de cette façon. Elle ne s’était jamais arrêtée sur ses émotions et la peine qu’il pouvait ressentir. Elle s’était égoïstement renfermée sur son propre chagrin, bannissant Aaron de toutes ses pensées. En plus d’avoir été une piètre mère, elle était donc une piètre épouse… Elle s’en rendait compte. Mais elle ne parvenait tout de même pas à l’avouer. Elle était bien trop nouée pour cela, luttant pour ne pas se mettre à pleurer comme une gamine devant une Maeve qui semble hors d’elle. « Non Lola ! Non, il ne va pas bien ! » Lola ne parvient plus à relever les yeux vers sa meilleure amie. Elle ne parvient plus à faire quoi que ce soit en réalité. Elle est pétrifiée, littéralement pétrifiée face à ce flot de vérités qu’elle n’était de toute évidence pas prête à encaisser. « Lui aussi a perdu sa fille. Lui aussi doit faire son deuil et lui aussi est meurtri par le chagrin ! » Elle avait envie qu’elle arrête, qu’elle se taise, elle voulait l’implorer de ne pas aller plus loin, mais elle n’en eu pas le temps, ni même l’énergie. « Et sa femme lui manque ! Parce qu’en plus d’avoir perdu sa fille ce jour-là, il a aussi perdu sa femme ! » C’est la phrase de trop. La phrase qui fait littéralement exploser Lola. Elle tourne immédiatement les talons et sans un mot de plus, elle s’enfuit. Elle s’enfuit si loin et si vite que Maeve n’a même pas le temps de la rattraper. Elle a d’ailleurs l’intelligence de ne pas essayer de le faire. De toute évidence, elle avait besoin d’être seule. Elle avait besoin d’évacuer tout ce chagrin qu’elle avait accumulé rien qu’en écoutant Maeve lui déblatérer ses quatre vérités, de manière terriblement cruelle certes, mais tellement sincère. Elle marche alors dans les rues de Washington, pendant longtemps, très longtemps. Si bien qu’à la nuit tombée, elle erre toujours dans les rues de la capitale, ne sachant absolument pas où elle allait ni ce qu’elle faisait. Son maquillage avait été ruiné par ses larmes, et ceci ne s’améliora pas lorsqu’il se mit à pleuvoir. Ca n’a pas d’importance, ça n’avait plus d’importance. Elle laisse l’eau tomber sur elle sans se protéger, laissant ses cheveux se coller les uns aux autres, puis se plaquer contre son front, ne cessant de marcher. Elle se laissait littéralement guider par ses propres jambes, sans vraiment savoir où elle se rendait. Jusqu’à ce qu’elle n’arrive devant l’hôpital… Le Medstar. Ce même hôpital dans lequel Aaron travaillait. Elle reste devant longtemps sans bouger. Très longtemps. Plusieurs heures à contempler la baie vitrée de l’étage. Là où il y a constamment du passage, même au beau milieu de la nuit, là où elle espère l’apercevoir… A plusieurs reprises, elle hésite à entrer, mais elle ne le fait. Que pourrait-elle bien lui dire ? Et puis, elle n’était pas présentable. Elle ne pouvait pas arriver devant lui, trempée de la tête aux pieds, son mascara coulant négligemment le long de ses joues. Ce n’est qu’après plusieurs heures de contemplation, quand elle prend enfin la décision de faire demi tour et de repartir chez elle, qu’elle l’aperçoit. Elle le voit, marchant à pas précipités dans le couloir, se rendant probablement à une énième intervention. Son cœur s’emballe immédiatement. Il n’a pas changé. Il a toujours cette beauté naturellement rare qui le rend terriblement attirant et unique. Il a toujours cette démarche assurée et cette longue blouse blanche qui le rend très sérieux. C’est fou à quel point il peut lui manquer… Ca ne dure que quelques secondes avant qu’il ne disparaisse dans l’assesseur, quelques secondes qui ont provoqué en Lola bien des émotions. Une once de joie, du bonheur, un sursaut d’amour… puis de la tristesse. Car le voir la ramène toujours à cette même cruelle vérité. Minx. Elle renifle quelques secondes avant d’enfin faire ce qu’elle aurait dû faire depuis bien longtemps déjà, elle tourne les talons et part. Elle part et prend le chemin de l’appartement de Tommy. C’est comme si elle venait d’être violemment ramenée à la réalité alors qu’elle se trouvait dans une sorte d’état de transe qu’elle ne contrôlait définitivement pas. Car tout à coup, alors que cela fait des heures qu’elle est dehors sous la pluie battante, elle meurt de froid. Elle décide donc d’accélérer le pas et regagne sans plus attendre l’appartement de Tommy, ne se trouvant qu’à quelques rues de là. Il doit être deux heures du matin, mais lorsqu’elle pénètre dans l’appartement, elle ne prend pas la peine d’être discrète. Elle retire une bonne partie de ses vêtements, s’essore les cheveux dans l’évier de la cuisine et se dirige directement sous les draps de la chambre de Tommy, dans ce lit où elle passait ces derniers temps chacune de ses nuits. Dans ce lit où elle trouvait toujours les bras réconfortants de Tommy. Elle se blottit contre lui pour se réchauffer et lui jette un regard. Il a la décence de ne pas lui demander où elle se trouvait, ni ce qu’elle faisait, et elle lui en est reconnaissante. Il se contente de venir embrasser délicatement son front avant de la serrer un peu plus contre lui. Elle se rend alors compte qu’elle est bien là, avec lui. Que tout est simple. Et c’est tout ce qu’elle souhaite …


Dernière édition par Lola Chapman le Lun 7 Sep - 0:03, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: maybe i am the apocalypse ♡ lola   Dim 9 Aoû - 12:02

Vous êtes bien jolie madame Chapman :bave: :bave:

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MessageSujet: Re: maybe i am the apocalypse ♡ lola   Dim 9 Aoû - 14:13

Et vous donc monsieur chapman hihi emu emu

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MessageSujet: Re: maybe i am the apocalypse ♡ lola   Sam 22 Aoû - 15:58

ma bff d'amour :dead: :dead: hrt hrt

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MessageSujet: Re: maybe i am the apocalypse ♡ lola   Sam 22 Aoû - 16:02

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