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 and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.

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we all have the potential to be heroes

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MessageSujet: and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.   Sam 26 Déc - 16:56


evan bentley ashmore
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Bad things happened to me, too. The worst things. The difference is I don’t use them as an excuse. I grew up, stopped playing the victim. And I definitely don’t keep the cycle going. Hurt people because they hurt me. ▪️ crédits : rickscosnett.tumblr + htgawm (quote)


Now is always temporary

NOM(S)Ashmore. Ce nom ne vous est probablement pas inconnu, que ce soit parce que vous avez beaucoup d’argent et que vous avez eu affaire avec cette famille pour vous offrir un luxueux appartement avec vue sur l’océan en Californie, une gigantesque villa avec piscine sur la côte floridienne ; ou encore parce que vous avez simplement allumé votre télévision, vous laissant tenter par des émissions politiques. C’est simple, peu de personne ne connaisse pas la famille Ashmore. Parce qu’ils représentent l’une des familles les plus riches de la ville, voir du pays, qu’ils dirigent une multinationale qui ne cesse de grandir depuis plusieurs générations, parce que certains se délectent des petits scandales qui entourent cette famille –pour ceux qui ne parviennent pas à être étouffés- mais aussi et surtout, plus récemment, parce qu’ils se sont lancés dans la politique pour certains d’entre eux, au parti républicain bien sûre. Parce que pour eux, Donald Trump est un charlatan et que Barack Obama n’est bon que pour faire des plateaux télévisés et non gérer la politique d’un pays. PRENOM(S) Evan. C’est ainsi que le dernier de la fratrie Ashmore se prénomme. Son prénom qui a été choisi de manière conjointe par ses parents est d’origine grecque et signifie « Bel ange ». Outre le fait que pour ses parents, il s’agissait pour eux d’un nouveau don du ciel, il était surtout ici question de se référer à la religion. Une référence à Dieu, qui paraît bien logique quand on sait que la famille Ashmore est une famille des plus conservatrices depuis très longtemps, protestante et surtout, très pratiquante. Certains vous diront d’ailleurs qu’ils ont les idées arrêtées, comme peut notamment les avoir Evan, bien qu’un brin plus modéré que son père, mais personne ne pourra leur retirer leur conviction. Le fait est qu’ils sont persuadés de détenir la vérité et ils n’hésitent pas à les revendiquer. D’autre part, Bentley est son second prénom. La raison à cela ? Aussi ridicule que cela soit, son géniteur voue un culte à ces voitures qu’il collectionne si modestement depuis toujours. DATE DE NAISSANCE ↦ Le garçon est né il y a exactement trente-quatre années de cela, le 16 Juillet 1981 alors que le soleil frappait. L’âge n’est pas vraiment quelque chose qu’il appréhende ou qu’il déplore. Le fait est qu’il a absolument tout ce qu’il a toujours voulu –enfin presque- et que son âge est davantage une preuve de maturité pour lui qu’une faiblesse. En effet, plus il vieillit plus il gagne en légitimité en tant que PDG de son entreprise, auprès de ses partenaires économiques, de ses clients mais aussi et surtout de ses employés et membres du conseil de l’entreprise. D’autre part, son âge, lui permet aussi de se faire petit à petit une place dans la politique. Digne représentant républicain, il sait que l’âge est aussi un facteur important pour l’électorat qui a davantage tendance à faire confiance à des personnes un peu plus matures. C’est d’ailleurs stratégiquement, parce qu’il n’est pas encore assez vieux, qu’il ne se présente pour l’heure pas à des élections importantes.  LIEU DE NAISSANCE ↦ Il aurait dû naître à Washington, c’est en tout cas ce qui était prévu puisque, c’est ici que sont nés la quasi-totalité des membres de la famille Ashmore et que tous vivent dans la capitale sans vouloir s’en éloigner. Mais le fait est qu’Evan est né alors qu’on ne l’attendait que dans un bon mois, et que madame Abigail Ashmore effectuait un voyage d’affaires pour le compte de son époux et de leur entreprise sur les terres californiennes, ou autrement dit, le lieu où leur entreprise est la plus fleurissante. Evan a donc vu le jour à San Rafael dans le comté de Marin. Il s’y rend parfois pour les affaires mais il n’a aucune attache à cette ville.  STATUT CIVIL ↦ Contrairement à ce que tout le monde pourrait penser, la vie sentimentale d’Evan est très compliquée. Si aux yeux du grand public et de la plupart de ses connaissances, il vit depuis près de dix ans un mariage heureux et amoureux avec la belle Ophelia Ashmore, il n’en est rien. C’est simple, Evan et Ophelia se détestent cordialement. Cela ne date pas d’hier, parce que cela fait bien cinq ans que leur mariage a totalement chaviré de par l’infidélité d’Ophelia avec le frère d’Evan, mais il était évident que leur mariage battait clairement de l’aile depuis un moment. La vérité étant qu’ils se sont davantage mariés par convenance que par réel amour. Si il y a clairement eu de l’affection et de l’attachement entre le couple, il ne s’agissait ici plus une question d’argent qu’autre chose. Et c’est d’ailleurs ce qui les retient aujourd’hui à ne pas divorcer. Car un divorce entre le couple phare des Ashmore serait vu comme une véritable tragédie pour le public, que cela décrédibiliserait totalement leur statut politique et républicain, ancré de valeurs républicaines telles que l’union sacrée de la famille et des liens du mariage ; mais aussi parce qu’un divorce pourrait de toute évidence atteindre à leur fortune et s’il y a bien une chose sur laquelle Evan et Ophelia sont d’accord, c’est bien l’argent. Hors de question qu’ils le gâchent pour des futilités pareilles. Alors oui, ils jouent les couples parfaits devant les caméras et devant à peu près tout le monde, mais cela fait bien longtemps qu’ils font lit à part –quand bien même, il leur arrive parfois, à de rares occasions de se retrouver. S’ils se détestent ouvertement, ils forment tout de même une équipe soudée dans le boulot, et parfois même dans la vie. Le fait est qu’ils seront toujours présents l’un pour l’autre et que paradoxalement, ils écrasent toutes tierces personnes qui pourraient s’approcher un peu trop près de l’autre. Et Ophelia pourrait avoir du souci à se faire, avec l’arrivée d’une toute nouvelle assistante auprès d’Evan, qui, il faut l’avouer, ne le rend pas totalement indifférent. Parce qu’elle semble s’être donnée comme mission de le séduire et qu’il a de toute évidence, de plus en plus de mal à lui résister. Non pas qu’il n’ait pas envie de craquer, mais simplement parce qu’il ne mélange pas boulot et vie privée – du moins il ne les mélange plus depuis le fiasco avec Sasha.  ETUDES/METIER ↦ Aujourd’hui et depuis près de cinq années, Evan est à la tête de l’entreprise familiale. Il est donc le digne PDG de Ashmore Industries, qui n’est autre qu’une multinationale qui ne cesse de grandir et qui est encore aujourd’hui en pleine expansion. Leur but est de conquérir le monde et non plus seulement les Etats-Unis. Ashmore Industries est spécialisé en vente immobilière de luxe. Toutes les riches personnalités américaines ou de tous horizons s’arrachent leurs biens, ne faisant qu’accroitre leur patrimoine déjà bien garni. C’est au départ à la retraite de son père qu’Evan a pris la relève, après avoir été pendant près de six ans le directeur financier de l’entreprise. C’est en travaillant dur, mais aussi et surtout en maniant à la perfection sa barque, qu’il a fini par obtenir prendre les rennes Ce n’était pourtant pas chose garantie à la base, puisque la logique aurait voulu que son aîné, Connor Ashmore prenne le relai de leur père. Mais le fait est qu’Evan est plutôt doué dans l’art la manipulation et disons-le, lorsqu’il s’agit du travail, Evan est un vrai requin. Et puis, le blond avait quelque compte à régler avec son frère, alors, quoi de mieux pour lui de lui arracher son rêve et de l’anéantir publiquement, le réduisant à absolument rien aux yeux du public mais aussi et surtout du reste de leur famille, pour se venger d’avoir séduit et couché avec sa femme. Oui, Evan est rancunier, très rancunier. Mais il semblerait que ce trait de caractère en soit un qui a été transmis à l’ensemble de la famille, car Connor n’a pas encore dit son dernier mot, sans qu’Evan ne se doute de quoi que ce soit. Parallèlement à son job de PDG chez Ashmore Industries, Evan fait aussi de la politique depuis deux années, aux côtés de sa femme. Si cette dernière candidate actuellement pour un poste de Gouverneur, Evan a pour l’heure uniquement un porte-parole du parti républicain, où il prône les valeurs du parti avec ferveur. TRAITS DE CARACTÈRE ↦Cela semble évident, mais Evan est quelqu’un de très ambitieux. Gravir les échelons, atteindre l’excellence, être celui qu’on respecte et à qui on se soumet, est ce qu’il aime probablement le plus au monde. Être un homme de pouvoir, voilà ce qu’il souhaite et a toujours souhaité, quitte à tout écraser sur son passage, quitte à mettre toute notion de morale de côté, quitte à blesser quelques personnes sur son passage, cela ne lui pose aucun problème. Lorsqu’il a une idée en tête, un but à atteindre, il mettra tout en œuvre pour le réaliser, quitte parfois –souvent- à s’en brûler les ailes. Et s’il peut paraître peu scrupuleux pour atteindre ses objectifs, il n’en reste pas moins quelqu’un de très intelligent et très réfléchi. Le fait est qu’il a toujours – ou presque- un coup d’avance sur ses rivaux et est plutôt doué face à la pression et aux imprévus. Ceci est probablement dû à cette façade, ce visage froid, hautain voir parfois snob qu’il arbore en public. Il est toujours dans la retenue dans le monde professionnel. Vous ne verrez donc jamais transparaitre son angoisse, ni même une once de fragilité ou de colère lorsqu’il se dresse au monde.  Et ce même si à l’intérieur, c’est une guerre acharnée qui s’immisce en lui. Qu’on se le dise, Evan est le roi des apparences. Ce n’est pas pour rien que personne ne se doute –à part quelques unes de ses assistantes dont le silence est garanti par une clause effective dans leur contrat de secret des informations – que son mariage est un vrai fiasco et qu’il n’est pas forcément l’homme bon et honnête qu’il prétend être. Malgré cela, Evan n’a pas foncièrement un mauvais fond. Oui, il est peu scrupuleux lorsque cela concerne les affaires, oui il porte une très grande importance à l’argent et au pouvoir, mais il n’en reste pas moins quelqu’un de bienveillant et à l’écoute quand il le faut. Il sait faire la part des choses et les personnes qui parviennent à le connaître en dehors du boulot comprennent qu’il n’a rien de ce requin qui est parfaitement dépeint dans la presse. Evan est quelqu’un de fidèle et attentionné, quelqu’un de dévoué et particulièrement attentif. Cependant, s’il y a une chose qu’il ne supporte pas, c’est la trahison, qui peut retirer en lui toutes ses qualités pour ne laisser transparaitre qu’un homme sombre, rancunier et amer. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé avec son cher et autrefois tendre, aîné. Par ailleurs, et c’est un trait de caractère qu’il a toujours eu, Evan est un grand charmeur. S’il ne drague jamais ouvertement les femmes, il sait parfaitement comment si prendre pour entamer un subtile et parfaitement transparent jeu de séduction. C’est un fait, il aime plaire, il aime qu’on le regarde, qu’on le remarque et qu’on ait d’yeux que pour lui. Il est d’ailleurs un maître dans l’art des sourires en coin et des regards ravageurs qui veulent en dire long. Parfois même, il séduit les femmes sans même s’en rendre compte. Car oui, sa manière de parler fait qu’elles se sentent bien trop souvent charmées et importantes, et avouons-le c’est une technique qui a fait ses preuves. Mais si Evan aime être le centre d’attention, il a bien du mal à partager la vedette. Le fait est qu’il fait parfois preuve de jalousie –comme cela a longtemps été le cas avec son frère- mais aussi et surtout d’une possessivité sans bornes. Personne n’a le droit d’approcher sa femme, et ce même s’il la déteste, et ce même si elle l’a déjà trahi à plusieurs reprises et le fait probablement encore aujourd’hui, parce qu’il s’agit tout bonnement de sa femme. Personne n’a le droit d’approcher d’un peu trop près de ses assistantes sans qu’il n’ait donné son aval, et plus encore de cette brune avec qui il joue un jeu terriblement dangereux. 20 CHOSES A SAVOIR SUR VOUS
01 Evan est riche, très riche, et cela ne lui pose aucun problème d’afficher sa fortune devant tout le monde. Il aime montrer qu’il a les moyens et qu’il a travaillé pour obtenir ce qu’il a aujourd’hui. Il ne sera donc pas rare de l’entendre parler d’argent, de le voir débarquer avec une voiture de luxe flambant neuve, d’exposer une énième montre hors de prix ou de prendre de haut les plus pauvres. 02 S’il a un chauffeur, il lui arrive bien souvent de lui donner congés pour pouvoir conduire lui-même l’une de ses vingt-sept voitures. Il adore conduire et surtout, il a un vrai penchant pour la vitesse –ce qui lui a valu de nombreuses contraventions d’ailleurs, mais dont il se fiche éperdument de devoir payer. Du moment qu’on ne lui saisie par l’un de ses petits bijoux qu’il passe des heures à bichonner, tout va bien. 03 Il ne s’est jamais entendu avec son frère aîné,  Connor Ashmore. Entre eux, les choses ont toujours été particulièrement conflictuelles et une jalousie sans bornes les a bien plus séparé que rapproché. Une compétition permanente qui a fini par avoir totalement raison de leur fraternité. Car Connor a couché avec la femme d’Evan, qu’Evan a traîné son frère dans la boue pour obtenir son poste –révélant des éléments personnels de son frère sans le moindre scrupule- et qu’on a longtemps cru que la troisième guerre mondiale allait être déclarée suite à leur désamour profond l’un envers l’autre. Aujourd’hui, ils ne s’adressent plus la parole et n’ont plus aucun contact, car Evan a fait en sorte qu’il sorte totalement de sa vie et du reste de leur famille. Mais c’était sans compté sur la détermination et la rancune tenace de Connor. 04 C’est un vrai bourreau de travail. Le fait est qu’il passe plus de temps au boulot que chez lui. Son agenda est parfaitement structuré et paramétré à la minute près – et prendre du retard le rend fou. Il est toujours très occupé, très actif et a bien du mal à ne rien faire. On peut lui reprocher beaucoup de chose, mais pas d’être un patron passif et absent. Il met un point d’honneur à exercer son job et à être au courant de tout ce qui se passe dans son entreprise. Parce qu’après tout, c’est lui qui prend les décisions finales.05 Il a une cicatrice, juste au dessus de l’arcade. Résultat d’une bagarre avec son frère après avoir découvert que celui-ci se tapait sa femme. Evan est devenu littéralement fou et toute la haine qu’il vouait à son frère s’est à cet instant illustrée par ses poings. S’il n’est pas violent en règle générale, cela aura eu le bénéfice de montrer qu’il ne fallait pas trop le chercher. 06 Aussi étrange que cela puisse paraître au vu de son âge, de sa situation familiale, de sa situation professionnelle et de ses convictions politiques et religieuses, Evan n’a pas d’enfant. Ca n’a pas été faute d’essayer au début de leur mariage, mais cela n’a jamais donné résultat. S’il a longtemps été suspecté que soit Ophelia, soit lui-même soit dans l’incapacité de procréer, ils ne sont jamais résolus à en savoir plus et à en avoir le cœur net. Aujourd’hui, ils sont bien contents de ne pas avoir d’enfant ensemble, car cela rendrait la situation encore plus compliquée qu’elle ne l’est déjà. 07 Pour se concentrer, il écoute de la musique classique, ça le détend et lui permet d’être extrêmement productif. 08 Il y a trois ans de cela, Evan a entretenu une relation extra-conjugale avec l’une de ses assistantes. Elle s’appelait Sasha, et il faut le dire, il était totalement sous le charme de cette demoiselle. Ils ont vécu une histoire certes courte mais terriblement vivifiante. Cependant, sa femme l’a appris et ne s’est absolument pas gênée pour réduire à néant cette pauvre jeune femme, la virer et en plus de cela, lui donner toute envie de revenir à Washington. S’il était attaché à la jeune femme, il ne l’était pas assez pour se battre contre sa femme sur ce terrain. Cependant et depuis lors, il a décidé de ne plus jamais mélanger travail et relation. Parce qu’il n’a pas envie que sa femme tombe sur ses pauvres filles qui n’ont tout simplement rien demandé et parce qu’il faut le dire, cela n’a absolument rien de professionnel. 09 Il lui est arrivé à plusieurs reprises de demander à l’une de ses assistantes, sa plus vieille assistante et celle en qui il a le plus confiance, Courtney, d’organiser des rendez-vous avec Sasha à l’époque où il était en couple avec elle, mais aussi avec d’autres femmes qui, certes, ne comptent pas vraiment, mais qui lui permettent de prendre du bon temps. Ses rendez-vous sont parfois chronométrés à la minute près avec des exigences qui dépassent de temps à autre toute notion de spontanéité. 10 Il est maniaque, bien trop maniaque. Le désordre l’insupporte et la mauvaise organisation encore plus. Demandez à ses assistantes, elles en ont souvent fait les frais. 11 Il est rarement habillé autrement qu’en costume. Il aime être élégant, que ce soit au travail ou en dehors du travail. Bien sûre, il lui arrive toutefois de trainer chez lui en jogging de temps à autre, mais le fait est qu’il a de toute évidence très peu de temps pour cela. C’est un homme très pris, qu’il ne supporte pas l’inactivité. 12 S’il s’est juré à lui-même de ne plus jamais mêler relation et boulot, il serait mentir de dire qu’il n’a pas songé, à plusieurs reprises – à de très nombreuses reprises en réalité- de demander à sa dernière assistante en date de fermer la porte et de l’embrasser sauvagement sur son bureau. C’est un fait, il reste en toute circonstance professionnel mais il semblerait qu’il ait de plus en plus de mal à rester passif face à ce jeu de séduction engagé par la jeune Malia Ryswell depuis quelques temps déjà. Elle lui fait bien plus d’effet qu’il ne voudrait bien l’admettre et dès qu’elle entre dans son bureau, les battements de son cœur s’emballent et il n’arrive parfois même pas à la regarder dans les yeux. Il y a entre eux une véritable tension qu’il devient difficile de maîtriser. Tension qu’il n’a jamais ressentie auparavant, pas même pour Sasha, pas même pour Ophelia. 13 Il affectionne particulièrement ses pauses déjeuné. Parce qu’il les passe fréquemment avec sa meilleure amie, Serena, donc le job ne se trouve qu’à quelques pas du sien. Il la connaît depuis des années et ne voit aujourd’hui pas sa vie sans elle. 14 Il est un grand consommateur de caféine. C’est d’ailleurs l’une des tâches principales de ses assistantes, après la gestion de son emploi du temps et de ses rendez-vous. Il est insupportable s’il n’a pas eu sa dose de café par jour, tout comme il l’est lorsqu’il n’a pas eu le temps de prendre une pause clope après le déjeuné. 15 Il ne peut, lorsqu’il est en pleine réflexion, pas s’empêcher de mordiller son stylo. C’est une manie qu’il a depuis qu’il est gosse et dont il n’arrive pas à se débarrasser.  16 Dès qu’il a besoin d’égayer ses propriétés, il fait toujours appel à la même personne, Nina Westmore. Parce qu’elle est très compétente dans son domaine, mais aussi et surtout parce que leur dîner d’affaires sont toujours très agréables … 17 Si depuis près de cinq ans, son mariage avec Ophelia est totalement terminé, cela ne les empêche pas d’être une équipe soudée en ce qui concerne le boulot. Sous les ordres de sa femme, candidate au poste de gouverneur, il a même accepté de séduire une démocrate du nom de Sutton Oswald, qui faisait bien trop d’ombre à Ophelia. Ensemble, ils sont prêts à tous les coups, qu’ils soient moraux ou non. Cela leur importe peu et il faut dire qu’il y a bien plus insupportable que de devoir séduire Sutton Oswald. Car, outre le fait qu’elle ait choisi le mauvais parti politique, elle est plutôt pas mal. 18 Lorsqu’il est en compagnie de n’importe quelle femme, il ne peut s’empêcher de jeter quelques regards en biais vers Malia, afin de jauger la moindre de ses réactions, sans réellement savoir pourquoi il fait cela. 19 Lorsqu’il était enfant, il rêvait de faire une carrière de tennisman professionnel. Il était plutôt doué et l’est d’ailleurs encore aujourd’hui, mais il a rapidement compris que ça n’était pas une source sûre de revenu. Et l’argent compte bien plus pour lui que ses rêves. 20 Il possède –bien entendu avec les permis adéquats- plusieurs armes à feu chez lui qu’il range dans un coffre dont seul lui et Ophelia ont le code. Il est plutôt doué au tir et faisait même, dans son enfance des compétitions, déformation républicaine oblige. GROUPE ↦ Break your plans.


VOTRE AVIS SUR LA VILLE DE WASHINGTON ↦ Washington est la ville où il a grandi, la ville où il a évolué, la ville qui a fait de lui l’homme qu’il est aujourd’hui. S’il voyage beaucoup et a toujours aimé découvrir de nouveaux horizons, il a un véritable attachement affectif à la ville de Washington qu’il ne quitterait pour rien au monde. Et puis après tout, cette ville est celle du pouvoir et de la grandeur, et c’est exactement comme cela qu’il se qualifie lui-même, en toute modestie. Alors après tout, que pourrait-il faire dans une autre ville que dans la capitale même des Etats-Unis, siège de la concentration des pouvoirs. VOTRE MEILLEUR ET VOTRE PIRE SOUVENIR ↦ Le meilleur souvenir d’Evan est probablement le jour où son père lui a transmis les rênes de l’entreprise familiale. C’est à cet instant qu’il s’est senti le plus heureux, et cela même s’il avait dû préalablement et littéralement écraser son aîné. Il y a quelques années de cela, il aurait probablement parlé de son mariage avec Ophelia, mais tout le monde sait que cela aurait été un mensonge et que ce n’est de toute évidence absolument plus d’actualité aujourd’hui. Son pire souvenir est par ailleurs, étrangement rattaché à sa femme, lorsqu’il a appris que cette dernière s’était envoyée en l’air avec son propre frère. Autant dire qu’il n’a jamais été aussi en colère de sa vie. JUSQU'OU SERIEZ VOUS PRÊT A ALLER POUR SAUVER UNE VIE ↦ Nul part. Il n’a jamais été question pour lui de jouer les héros. Non pas qu’il ne soit pas courageux, cela n’a rien à voir, mais il est bien trop égoïste pour penser à risquer sa propre vie pour celle d’un autre. Cependant, si cela vaut de toute évidence pour des inconnus, il n’est pas persuadé qu’il réagirait de la même manière si la vie de l’un de ses proches en dépendait. Il a appris à ne jamais réellement s’attacher à qui que ce soit, mais il sait pertinemment que si Serena était dans un quelconque danger, il serait capable de faire absolument n’importe quoi. Et peut-être le serait-il aurait pour sa femme, peut-être.  AVEZ VOUS DÉJÀ ÉTÉ IMPLIQUE DANS UNE HISTOIRE AVEC LA POLICE ↦ Evan est un homme important, un homme public qui se doit d’être irréprochable. C’est pourquoi son casier judiciaire est vierge. Il lui est arrivé de faire quelques bêtises étant jeune, mais rien qui n’aie pu être étouffé par l’aisance et le compte en banque de son père. Aujourd’hui et malgré ce qu’il aime faire croire, Evan n’est absolument pas quelqu’un d’irréprochable, mais il a suffisamment de pouvoir et d’influence pour étouffer toutes actions flirtant avec l’illégalité et de potentiels problèmes avec les flics ou la justice. LA PIRE CHOSE QUE POURRAIT FAIRE OU ETRE VOTRE VOISIN ↦ Il vit déjà avec un véritable dragon dans sa propre demeure, alors il n’est pas certain de trouver pire comme voisin, que ne peut l’être sa femme. Cependant, il serait mentir que de dire qu’il ne serait pas particulièrement énervé de voir son frère emménager à côté de chez lui, ou toute personne souhaitant lui nuire en réalité, à lui-même mais aussi et surtout à sa fortune. COMMENT AVEZ VOUS VÉCUE LA TRAGÉDIE QUI A TOUCHE WASHINGTON IL Y A 5 MOIS?  ↦ En tant que porte-parole républicain, Evan a été terriblement touché et attristé par cette tragédie. Il s’est d’ailleurs solennellement exprimé là-dessus par le biais de la télévision, et s’est engagé à renforcer la législation anti-terroriste en vigueur. En tant que citoyen lambda, il n’a pas été directement touché parce qu’aucun de ses proches ne faisait parti des victimes.

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Partners in crimes

PRENOM/PSEUDO ↦ benzorris / anouchka COMMENT TU ES ARRIVE(E) ICI? ↦ par la porte CONNEXION ↦ every day, every night TON DERNIER MOT ↦ love mes bichons d'amour  :kiss2:   

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MessageSujet: Re: and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.   Sam 26 Déc - 16:57



If there’s one thing I know how to be, it’s smart

Un long et profond soupire s’échappe d’entre les lèvres du jeune blond. Il grimace, car ceci lui rappelle douloureusement que sa lèvre est fendue et qu’elle lui fait un mal de chien. Il passe sa langue sur sa lèvre dont le sang a séché et un frisson le parcourt. Il ferme les yeux quelques instants, se maudissant pour avoir perdu son sang froid. Il n’était pourtant pas ce genre-ci. Il ne se battait pas, il n’était pas violent, du moins, jamais physiquement. Il avait passé l’âge de ce genre d’absurdité, et son père ne cessait de lui dire qu’un homme qui résolvait ses conflits par la violence n’était pas un homme mais un vulgaire animal. C’était ça, voilà ce qu’il avait été. Un animal. Une bête rongée la colère, une colère si grande, qu’il l’avait frappé, encore et encore, sans prendre une seule seconde conscience qu’il pourrait finalement le tuer. Qu’il pourrait tuer sa victime. Qu’il pourrait tuer son propre frère… Car à cet instant, Connor n’était pas son frère. Il ne le voyait pas ainsi et avait de toute évidence toujours eue du mal à le voir ainsi. Connor et Evan n’ont jamais été proches. Ils n’ont jamais eu les mêmes centres d’intérêts, ont toujours été en concurrence permanente, n’ont jamais appris à s’apprécier, à s’aimer comme deux frères pourraient le faire. Non. Ils avaient grandi dans une haine perpétuelle, une jalousie qui les rongeait l’un et l’autre et qui laissait présager qu’un jour ou l’autre, tout allait exploser et que le spectacle qui s’offrirait à ce moment-ci ne serait pas beau à voir. Et c’était ce qu’il s’était passé. Le spectacle n’avait pas été beau, il avait était d’une laideur sans nom en réalité, avec des mots baignés de colère, de rage, de violence. Des mots blessants, mais aussi et surtout une fureur brutale, presque meurtrière. Evan renifle doucement avant de passer d’un geste saccadé sa main sur son arcade. Celle-ci saigne encore. De la paume de sa main, il retire le sang, mais celui-ci n’a définitivement pas envie de s’arrêter en si bon chemin. Il finit par le laisser couler le long de son visage. Peu importe. Il laisse son regard vagabonder sur l’étendu de son bureau, l’air totalement détaché, comme si ce qui venait de se passer n’était finalement pas arrivé. Celui-ci est parfaitement bien organisé, bien rangé, rien ne dépasse. Il est maniaque, cela ne fait l’ombre d’un doute. Et pourtant, là maintenant, quelques gouttes de sang se sont éparpillées, ici et là, et ça ne lui pose aucun problème. Son regard s’arrête sur une série de photos qui trônent sur son bureau. L’une le représente, avec sa femme, le jour de leur mariage, deux ravissants sourires aux lèvres. Il grimace, ce genre de scène lui donne la nausée. Il détourne le regard pour s’arrêter sur cette photo de famille qu’ils ont fait à noël dernier. Si la photo représente chacun des membres de la famille Ashmore, du sang ou par alliance, heureux et solidaires, il n’en était rien. Cette journée avait été horrible, comme leurs réunions familiales l’étaient presque toutes en réalité. Mais le fait est qu’ils étaient tous de parfaits acteurs et prônaient avant toutes choses les apparences. Alors oui, en regardant cette photo, personne n’aurait pu se douter que Jackie Ashmore avait abusé du Chardonay et qu’elle ne tenait presque plus debout, que Lyndon Ashmore avait rabaissé plus bas que terre Connor pour ne pas être parvenu à conclure un deal avec un de leur plus gros client, et qu’Evan avait eu des mots durs envers son grand-père qui trouvait que sa femme n’était pas assez américaine pour faire parti de la famille et du camp républicain. Cette réunion de famille avait été insupportable à bien des égards, mais pourtant, tout ce qui ressortait de ce cliché était leur sourire ravageur et leur capacité assez impressionnante à feindre le bonheur. La famille Ashmore dans toute sa splendeur. Le regard d’Evan s’arrête alors sur le visage de son frère, ou du moins, de celui qui l’était par le nom. Ses sourcils se froncent et la colère monte à nouveau à une vitesse folle. Et sans crier gare, il attrape le porte-photo et le lance contre la porte. Le verre se brise faisant un bruit infernal. Aussitôt, son assistante entre dans son bureau. Sa bouche s’entrouvre mais rien n’en sort. Elle reste stupéfaite devant le spectacle qui s’offre à elle. Devant le visage blessé et encore ensanglanté d’Evan, et devant ces centaines de morceaux de verres brisés à ses pieds. Il va de soit qu’elle n’a pas pour habitude de voir Evan dans cet état, bien trop coutumière à le voir tiré à quatre épingles. Lorsqu’elle parvient à reprendre ses esprits, elle fait demi-tour et sort immédiatement de la pièce. Peut-être a-t-elle compris d’elle-même que ce n’était pas le moment d’intervenir. Elle n’avait jamais vu Evan comme ça. Lui-même ne s’était vu ainsi. Il ne prend la peine de dire, ni faire quoi que ce soit, ça n’a pas d’importance. Plus rien n’a d’importance. Il se laisse tomber au fond de son siège en soupirant. Il était misérable, pathétique. Voilà ce qu’il était. Bien trop préoccupé par cette colère et cette envie de tout détruire sur son passage, il ne remarque pas que Courtney a laissé la porte de son bureau ouverte. Porte sur laquelle était incrustée son nom en lettres d’or. Evan Ashmore, directeur financier. Cela ne faisait pas longtemps qu’il avait été promu dans l’entreprise familiale. Parce qu’il faisait du bon boulot, mais aussi parce qu’il n’était autre que le fils du patron. S’il trouvait cela normal, ce n’était pas vraiment le poste qu’il souhaitait. Ce qu’il voulait lui, était d’être à la tête de l’entreprise, prendre la place de son père lorsque celui-ci viendrait à prendre sa retraite, chose qui allait d’ailleurs bientôt arriver. Mais la place de second du patron, celui à qui allait revenir la place de PDG tant convoitée lorsqu’il en serait temps, était déjà attribué à Connor Ashmore, le parfait Connor. Celui que tout le monde appréciait par son charisme et sa manière de s’exprimer, par ce regard ravageur et cette facilité qu’il avait à toutes les charmer. Tout le monde appréciait le parfait et brillant Connor Ashmore. Ce traitre et suffisant Connor, ce perfide et fourbe frère. Cet homme qu’il couvrait depuis longtemps par fraternité ou par simple charité. Ce frère qui l’avait remercié en lui prenait absolument tout, la fierté de son père, le job de ses rêves, la gloire d’être le plus brillant des deux à une fraction près, et … sa femme. « Evan ! » Il lui avait pris sa femme. Il en avait pourtant lui-même une, avec laquelle il jouait les couples parfaits, alors pourquoi avait-il fallu qu’il lui prenne la sienne ? Se sentait-il si menacé par son petit frère au point de tout lui prendre, de tout lui arraché sans la moindre délicatesse et le moindre remords ? Evan l’ignorait et pour le coup, se fichait pas mal de savoir qu’à un instant, alors qu’il se tapait Ophelia Ashmore, il avait songé au mal que cela aurait pu faire à son propre frère. De toute évidence, le plus jeune des Ashmore était persuadé qu’il n’y avait pas même songé une seule seconde, bien trop occupé à le blesser, à l’atteindre et à entrer en possession de ce corps qu’il n’aurait jamais dû avoir le luxe de voir, et encore moins de toucher. Il bouille à nouveau de colère, tant qu’il ne l’entend toujours pas. « Evan, regarde moi ! Qu’est-ce qu’il t’es arrivé ? » La brune dépose des mains délicates sur les joues du garçon qui reprend peu à peu ses esprits, puisqu’elle le contraint à la regarder. Il met un temps conséquent à revenir à la réalité et à comprendre qui est en face de lui. Ophelia. Lorsqu’il en prendre conscience, son regard se durcit et d’un geste brusque il retire ses mains de son visage. « Sors de là ! » Il n’y a pas une once de gentillesse dans ses propos. Mais comme à son habitude, elle ne l’écoute pas. Non elle s’empare d’une serviette qu’elle asperge rapidement d’eau pour venir la déposer sur son visage, histoire de soigner ses plaies. Parce que visiblement, maintenant, elle s’intéressait tout à coup à lui et à ce qu’il pouvait ressentir. Evidemment, Evan la repousse avec plus de virulence. « Arrête Ophelia, dégage de là, je ne veux pas te voir ! » Il ne voulait pas la voir, ni aujourd’hui, ni plus jamais en réalité. Si Evan avait bien des défauts, si le couple si parfait à la scène, qu’il formait avec Ophelia, battait parfois –souvent- de l’aile, il n’avait jamais ô grand jamais songé à aller voir ailleurs. Non, il avait préféré se plonger dans son travail plutôt que de se trouver une nouvelle distraction au contraire d’Ophelia. Cette dernière, qui ne semble pas comprendre, s’offusque immédiatement qu’il s’adresse ainsi à elle. Car il ne lui a jamais parlé ainsi. Pas même lors de leur dispute. Parce qu’il était évident qu’Evan préférait fuir les conflits avec Ophelia, plutôt que de les affronter. C’était du moins ce qu’il avait quasiment toujours eu l’habitude de faire. « Evan ! » Elle le rappelle à l’ordre ; ce qui a le don d’agacer encore plus le jeune homme. Elle n’était pas croyable. Elle avait finalement un sacré culot de se pointer là, de jouer les femmes attentionnées et soucieuses, avant de le rappeler à l’ordre alors qu’il y a quelques jours de cela, elle se trouvait dans les bras visiblement rassurant de Connor Ashmore. Evan pose alors son regard sur elle. Un regard qui n’est plus réellement rempli de haine, mais davantage d’un dégoût profond, d’une déception sans borne. « Ce n’était pas assez pour toi hein ? T’avais besoin de voir comment je prenais la chose ? » Il l’interroge du regard, arquant les sourcils par provocation. Il est rongé par tant de sentiments en ce moment-ci. L’interrogation, l’incompréhension, la tristesse, le dégoût, la colère, la déception, la trahison. Mais de toute évidence, Ophelia ne semble absolument pas en prendre conscience. « Mais qu’est-ce qu’il te prend ? » dit-elle en faisant un pas en arrière. Elle joue les innocentes, mais cela ne prend pas pour le jeune blond. Définitivement pas. Il secoue nerveusement la tête et se lève de son siège, afin de pouvoir être à la hauteur de la jeune femme. Enfin plus ou moins, puisqu’il la dépassait largement. « Oh ne fait pas l’innocente avec moi Ophelia ! Personne ne prend à ton jeu ! Tout le monde sait que l’innocence est l’exact opposé de la profiteuse et la manipulatrice que tu es ! » Son regard est dur et ses mots le sont encore plus. Mais après tout, ceux-ci semblent justifiés au vu des derniers évènements. Ce qui échappe totalement à Ophelia. Peut-être s’était-elle dit que sa folle nuit avec Connor Ashmore ne resterait qu’un secret et qu’Evan ne l’apprendrait jamais. Qu’elle pourrait reprendre une vie tout à fait normale à ses côtés après s’être tapée son frère, sans la moindre conséquence. Erreur, tout fini par se savoir. « Je t’interdis de me parler sur ce ton, je … » commence-t-elle alors, de cet air menaçant, de cet air qu’elle prend bien trop souvent lorsqu’elle s’adresse à ses adversaires politiques ou à ses sous-fifres qu’elle adore commander et rabaisser. Mais le fait est qu’Evan n’était pas l’un de ses assistants, et que résister à sa femme ne lui posait aucun problème. « Je me fiche de ce que tu penses pouvoir m’interdire de faire Ophelia ! » Il la coupe au beau milieu de sa phrase sans lui laisser le temps d’aggraver plus encore son cas. Il la regarde, ne cessant de secouer la tête, lâchant parfois des soupires désabusés, face au semblant d’ignorance qu’elle tente de faire croire quand tout le monde sait pertinemment qu’Ophelia Ashmore était bien loin de l’innocence. Il se pince l’arrête du nez qui commence doucement à lui faire mal. L’adrénaline diminue et il se souvient que Connor n’a pas hésité à rétorquer à son attaque, et que parmi ses réponses, il avait reçu quelques coups au visage, notamment au nez, qui étrangement s’en sortait bien mieux que sa lèvre inférieure. « Mon frère bordel ! Comment est-ce que tu as pu faire ça ? » Voilà. La bombe venait d’être lâchée. Il savait. Il était au courant. Sa femme l’avait trompé, avec son propre frère. Quel genre de femme faisait cela ? Ophelia Ashmore visiblement… Il la fixe un instant, curieux de voir la réaction qu’elle aurait. Mais elle n’en a aucune. Elle reste bouche bée, stupéfaite qu’il l’ait appris, stupéfaite qu’il lui balance cela au visage de la sorte, et probablement stupéfaite que cela le touche autant. Car, c’était un fait, cela faisait bien longtemps qu’il n’avait eu envers sa femme autant d’intérêt. Un long silence s’empara de la pièce où aucun des deux ne répondit ou n’ajouta quoi que ce soit. Evan finit par soupirer avant de se laisser à nouveau tomber sur son siège. Par souci de perfection –ou parce qu’il souffre en réalité de quelques manies compulsives- il remet en place ce qui se trouve sur son bureau, tournant le dos à Ophelia qui n’a toujours pas dit le moindre mot. Ce n’est qu’au bout de très longues secondes qu’elle ouvre enfin la bouche. « Je suis désolée je … » commence-t-elle alors, partagée entre un véritable sentiment de culpabilité, la stupéfaction toujours criante de voir que son époux ait encore de l’intérêt pour leur relation, et le désir profond de se justifier. Mais bien entendu, Evan n’était pas prêt à entendre cela. « Je me fiche de tes excuses, je ne veux plus te voir Ophelia ! Je veux divorcer ! » Lance-t-il rongé par la colère. C’est d’ailleurs davantage celle-ci qui parle, plutôt que sa raison. Car en bon républicain qu’il était, en conservateur invétéré, il était absolument contre le divorce. Il était contre et surtout, fervent défenseur des liens sacrés du mariage, jusqu’à ce que la mort ne les sépare et tout ce ramassis d’inepties. Ce qu’Ophelia savait d’ailleurs pertinemment, puisqu’au delà de tous leurs problèmes de couple, ils partageaient les mêmes idéaux. « Ne dis pas n’importe quoi, tu es contre le divorce ! » lui rappelle-t-elle alors justement en contournant le bureau avant de pouvoir lui faire face, afin qu’il la regarde et probablement qu’elle puisse lire dans son regard l’étendu de ce qu’il pouvait réellement penser actuellement. Cependant, il ne faisait l’ombre d’un doute qu’à part de la colère et de l’impulsivité, elle ne verrait pas grand chose. « Et je suis aussi contre le fait que ma femme se tape mon frère ! » rétorque-t-il immédiatement. Il marquait un point. Point qu’Ophelia encaisse avec une grimace. Elle soupire, laissant planer un silence durant lequel le jeune blond pensait qu’enfin elle allait rendre les armes et se décider à partir, à lui foutre la paix en somme. C’était mal connaitre sa femme. Elle n’allait pas renoncer ainsi, sans se battre un minimum. Parce qu’au delà du fait que peut-être, dans son fort intérieur, elle ne souhaitait pas se séparer de celui avec qui elle avait pourtant promis de faire sa vie, il était évident que dans leur situation, un divorce ferait désordre. « Tu ne demanderas pas le divorce. » Ophelia Ashmore était probablement celle qui connaissait le mieux Evan. Elle connaissait certes toutes ses opinions politiques et idéaux de vie en général, mais elle connaissait aussi l’entendue de ses valeurs, le moindre de ses défauts, de ses qualités, elle savait préalablement comment il allait réagir, connaissait ses goûts, ses manies, sa tendance à plisser ses lèvres et à serrer sa mâchoire lorsqu’il était agacé, irrité par quelque chose, ou à se passer nerveusement la main dans les cheveux lorsqu’il angoissait. Alors, il ne faisait l’ombre d’un doute qu’elle savait qu’à cet instant, c’était uniquement la colère qui parlait et qu’après lui avoir ouvert les yeux, il comprendrait qu’il ne voulait pas d’un divorce. Elle soupire, las, faisant quelques pas dans son bureau avant de s’arrêter devant lui, contournant le meuble qui les séparait.  « Tu passes ton temps à travailler Evan, tu ne fais plus attention à moi, tu ne me regardes plus comme tu me regardais auparavant. Tu ne t’intéresses même plus à ce que je te dis, ni même à ce qu’il a pu se passer au cours de ma journée ! » Si Evan reste silencieux face à sa femme, qu’il ne se décide pas à lever les yeux vers elle et à lui faire face, c’est parce qu’au fond, il sait qu’elle a raison. Il sait qu’il l’a négligé depuis bien trop longtemps et qu’il était loin d’être le mari idéal, celui dont elle avait finalement toujours rêvé. Il lui reprochait finalement quelque chose dont il était quelque part responsable. Parce que s’il n’avait jamais trompé officiellement Ophelia, il s’était contenté de se plonger dans son boulot et dans sa soif d’ambition pour dresser un véritable mur entre eux. Ils jouaient toujours le jeu dans les soirées mondaines, et même parfois ensemble, mais cela faisait bien longtemps que les choses n’étaient plus ce qu’elles étaient entre eux. Ophelia le savait. Evan le savait. « J’étais seule Evan … Tu passes ton temps à partir en déplacement pour le boulot, sans même m’avertir, ni même me téléphoner. » Entendre ce genre de chose n’est pas facile. Car finalement, il ne s’était même pas rendu compte à quel point il pouvait être un mari pitoyable, qui ne pensait qu’à lui, qu’à son travail. Oui, il avait été égoïste, du début jusqu’à la fin, et elle méritait bien mieux que cela, c’était certain. Enfin ceci étant, il n’était plus sûr qu’elle le mérite aujourd’hui « Je me suis sentie délaissée et Connor était là … Il me regardait et m’écoutait … » Si le jeune homme commençait à voir la vérité en face et qu’il était prêt à lui présenter ses excuses, la seule mention de Connor suffit à le remettre dans un état tel de colère qu’il releva les yeux vers elle, la fusillant du regard. Il l’avait certes négligée, elle se sentait certes seule, mais elle connaissait assez la relation que les deux frères entretenaient pour ne pas choisir spécifiquement Connor pour avoir une once d’attention. Il la détestait pour cela. Il détestait encore plus Connor. Il détestait la terre entière. « Sors de là Ophelia. » Il soupire, fatigué d’entendre les explications de sa femme, ou peut-être de se dire qu’une fois de plus, Connor avait eu le dessus sur lui et lui avait pris le semblant qu’il lui restait. A cet instant, il n’avait qu’une envie, être seul, qu’on lui fiche la paix et qu’il puisse se replonger dans son travail sans avoir à penser à ce qui venait de se passer. En face, il ne le voit pas, mais Ophelia secoue la tête à la vue de son époux, se mordant nerveusement la lèvre. La raison lui est inconnue, mais pour ainsi dire, il s’en contrefiche. Elle finit par abandonner, laissant ses bras tomber le long de son corps ; avant de se diriger vers la sortie. Juste avant de quitter la pièce, elle se retourne tout de même une dernière fois vers Evan. « Evan, tu ne peux pas demander le divorce. » Il ne relève pas la tête vers elle, s’attendant à ce qu’elle continue de se justifier sur des choses qu’il n’a plus envie d’entendre. « Pense à ce que ton père dirait, pense à ce que le parti dirait et surtout à tous nos partenaires ! Tu ne peux pas prétendre au poste de directeur en pleine procédure de divorce ! » Cette seule phrase suffit à attirer l’attention du directeur financier. Il fronce légèrement les sourcils et relève enfin la tête vers elle, sans dire quoi que ce soit. Le divorce des Ashmore ferait clairement désordre, c’était un fait qu’il ne pouvait nier. D’abord aux yeux du public, et Evan mettait toujours un point d’honneur à sauver les apparences, à donner le change sur sa vie et sa situation pour que personne ne se doute une seule seconde à quel point tout pouvait être faux et bancal. Mais au delà de cela, le parti républicain duquel il faisait parti, mais aussi Ophelia ne verrait pas cela d’un bon œil, et pire encore, ses partenaires, ceux qui votaient au conseil pour élire le nouveau PDG –même s’il savait n’avoir aucune chance face au plus que parfait Connor Ashmore- aussi réactionnaires et conservateurs qu’ils soient, ne donneraient jamais leur voix à quelqu’un qui n’était pas capable de gérer son mariage. Après tout, une personne n’étant pas capable de mettre de l’ordre dans sa vie privée, de préserver son mariage était-il réellement capable de gérer une multinationale ? Ca n’avait strictement rien à voir, mais Evan savait pertinemment comment les membres du conseil fonctionnaient. Ophelia n’avait pas tout à fait tort, loin de là. « Pense à tout l’argent que cela nous ferait perdre. » Elle avait en réalité, complètement raison. Il ne pouvait pas divorcer, et il ne le ferait probablement pas. Ni aujourd’hui, ni jamais. Les apparences, l’ambition et l’argent passaient avant la trahison et le désamour. (…) Penché sur le présentoir, Evan ne peut s’empêcher d’afficher un large sourire. Il est heureux. Pour la simple et bonne raison qu’il a eu ce qu’il désirait depuis des années maintenant. Il a obtenu ce qu’il n’aurait jamais pensé avoir un jour la chance d’avoir. Il attrape le stylo que lui tend son géniteur avant de signer un à un les papiers qui se dressent devant lui. Parfois il relève la tête et joue le jeu de la pose devant la presse. En face d’eux, alors qu’ils sont dressés sur l’estrade, se trouvent bon nombre de journalistes, armés de leurs micros, appareils photos et caméras. Parce que, de toute évidence, ce jour est important pour l’entreprise Ashmore Industries mais aussi pour l’information de la société. Parce qu’au delà d’être le jour où Lyndon Ashmore prenait officiellement sa retraite, c’était aussi et surtout le jour de la passation de pouvoir de direction de l’entreprise familiale. Evan dépose le style avant de tourner la tête vers son père, ne parvenant à effacer son sourire de son visage. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas souris autant. Lyndon lui attrape la main qu’il serre d’une poignée de main des plus viriles, l’empoignant un long moment, spécialement pour les photos avant de prendre la parole. « J’ai l’honneur de vous présenter, Evan Ashmore dont je suis particulièrement fier, le nouveau PDG de notre multinationale Ashmore Industries. » Il lui presse doucement le bras, les yeux rivés vers le public, tout comme ceux d’Evan qui semble vivre un rêve éveillé. Il y était parvenu. C’était lui. Lui qui allait prendre les rênes de l’entreprise, lui qui allait détenir l’autorité suprême, lui qui gagnerait le plus gros salaire et lui qui prendrait chacune des décisions importantes de l’entreprise. C’était ce qu’il avait finalement toujours voulu, pensant ne jamais pouvoir y parvenir. Mais le fait est qu’il y était parvenu en effaçant purement et simplement Connor de la compétition. Une fois qu’il s’est séparé de son père, le laissant débuter un discours poignant sur sa passation du pouvoir, Evan se recule, rejoignant à l’arrière plan Ophelia. Il passe une main délicate autour de sa taille. Si ce genre de geste semblerait charmant et plein d’affection pour beaucoup, celui-ci est parfaitement calculé. Comme chacun des gestes qu’il a envers elle dès qu’une caméra fait surface. Plus rien n’est vraiment spontané, naturel ou affectueux entre eux. Depuis longtemps déjà, mais encore plus depuis qu’Evan a appris que sa chère et tendre femme avait eu une relation avec son frère. Frère qui n’était aujourd’hui pas présent et qui ne le serait probablement plus jamais. Ophelia joue comme à son habitude la comédie. Elle est resplendissante comme à l’accoutumer et affiche un sourire qui en ferait chavirer plus d’un. Elle s’approche alors plus encore de son mari afin de lui glisser quelques mots discrets. « Comment est-ce que tu as fait ? » Un mince sourire s’affiche sur les lèvres d’Evan. Il sait exactement de quoi elle parle. De qui elle parle. « On dirait bien que Connor Ashmore avait quelques squelettes dans son placard. » lui dit-il presque fier de lui, les yeux toujours rivés vers la foule de journalistes qui leur faisaient face, buvant les paroles de Lyndon Ashmore. Tout le monde avait, à son actif quelque cadavre, mais le fait est que Connor en avait des  biens plus imposants, permettant à Evan de retourner complètement la situation à son avantage. « Je n’ai fait qu’ouvrir le placard. » Il hausse les épaules, feignent l’innocence. Bien sûre, cela ne prenait absolument pas pour la belle Ophelia qui connaissait assez son mari pour savoir qu’il était responsable du retrait non sans le moindre remous de Connor Ashmore dans la compétition. Ce n’était pas faute d’avoir fait cela discrètement pourtant. Evan protégeait son frère depuis des années déjà. Il avait couvert les frasques de son aîné depuis bien longtemps, sans se dire une seule fois qu’il utiliserait cela contre lui ou qu’il le dénoncerait. Parce qu’au fond, Connor était sa famille. Mais sa liaison avec Ophelia avait tout changé et Evan n’avait plus eu le moindre scrupule à fournir les preuves et à révéler à son géniteur que son cher et tendre fils, celui qu’il idolâtrait depuis toujours avait détourné de l’argent appartenant à l’entreprise familiale. Et s’il y avait bien une chose à laquelle il ne fallait pas toucher, avec laquelle Lyndon ne plaisantait pas, c’était bien son argent. Cette révélation arriva, presque hasardeusement, au meilleur des moments pour le jeune blond. Car au delà du fait qu’il tenait là sa revanche, il venait de ruiner toutes les chances de Connor de prendre la direction de l’entreprise ; et par la même occasion, ce dernier venait d’être littéralement banni de la famille comme un malpropre. Ca n’était pas bien de jubiler, de se réjouir du malheur des autres, mais le fait est qu’Evan était heureux. Heureux d’avoir rendu à son frère la monnaie de sa pièce, heureux de l’avoir évincé de la société et heureux qu’il ait été par la même occasion déchu de son piédestal. Evan avait protégé son frère depuis bien trop longtemps, il avait suffit qu’il franchisse la ligne infranchissable d’Ophelia pour que le jeune homme laisse parler la part revancharde et amère de lui-même. « Personne ne touche à ce qui m’appartient. » conclu-t-il finalement en rapprochant un peu plus Ophelia de lui, pour lui faire comprendre que c’était bel et bien d’elle qu’il parlait. Car c’était un fait, si ça n’était plus réellement l’amour fou entre ces deux-là, cela ne les empêchait pas d’être paradoxalement terriblement possessif. Il sent immédiatement la brune se raidir, se crisper, parce qu’en féministe qu’elle était, elle n’acceptait pas les propos de son époux. « Je ne t’appartiens… » Commence-t-elle avant qu’elle ne soit à nouveau coupée par Evan qui affiche toujours son sourire parfaitement faux. « Souris Ophelia, demain tu seras en une des journaux. » Et elle sourit, parce que c’était leur credo, qu’ils agissaient toujours de la sorte en présence de tiers. Les apparences avant tout.





C’est le contact des lèvres de la jeune femme au creux de son cou qui le réveille en douceur. Une douceur infime qui fait immédiatement naître un sourire sur les lèvres du blond et quelques frissons. Il prend quelques secondes pour apprécier simplement ce moment avant d’ouvrir les yeux et de se tourner vers celle qui partage ces derniers temps chacune de ses nuits. Le fait est qu’il ne prenait même plus la peine de rentrer chez lui et habitait quasiment ici. Il suffisait d’observer l’appartement de la jeune femme, parsemé d’affaires d’Evan ; de cravates encore nouées, de paires de chaussures soigneusement rangées dans l’entrée, entre autres. Passant ses bras autour de la brune, il vient rapidement retrouver ses lèvres. Celles qui semblent ces derniers temps être une véritable bénédiction, une bouffée d’air frais en somme. Ce n’était pas la première fois qu’il entretenait une relation avec une autre femme, mais Sasha était particulière. Elle était différente des autres et semblait faire naître en lui des sensations qu’il pensait avoir totalement oublié. Du moins, c’est ce dont il était à cet instant persuadé sans savoir qu’elle serait finalement, une parmi tant d’autre. Cela faisait bien longtemps que ce genre de spectacle, de démonstration d’affection ne se déroulait plus avec sa femme. Le fait est que l’éloignement progressif, la tromperie et la rancœur avaient érigé un véritable mur entre le couple qui avait paradoxalement été élu le plus glamour de l’année dans un magazine ridicule de femmes au foyer en quête de scandale. Alors il avait pris exemple sur Ophelia et avait été cherché ce qu’il avait besoin dans les bras d’une autre. Et cette autre femme n’était autre que Sasha Pritchett, l’une de ses assistantes arrivée depuis quelques mois seulement. Et il avait cette impression de donner un nouveau souffle à sa vie. « Est-ce qu’on ne pourrait pas rester au lit encore une petite heure ? » Il la serre contre lui, comme si finalement, elle pourrait lui échapper à tout moment. Le fait est que sans réellement savoir pourquoi, il s’était attaché à elle. Bien sûre, c’était une belle femme, une femme intelligente et qui savait de toute évidence y faire, mais elle lui apportait quelque chose qu’il était persuadé ne plus jamais avoir dans sa vie. Elle le rendait vivant, voilà tout. Même si au fond, ça n’avait rien à voir avec la joie qu’il avait un jour ressenti auprès d’Ophelia durant leurs premières années de vie commune, mais il s’était fait une raison, jamais plus il ne retrouverait cela, ni avec Ophelia, ni avec quiconque. Ses lèvres vinrent à la rencontre de chacune des parcelles du corps de sa maîtresse afin de l’inciter à accepter sa proposition. Quelques rires cristallins s’échappèrent d’entre les lèvres de la belle alors qu’elle se laisse volontiers prendre au jeu. « Tout dépend de ce que le patron en pense. » Immédiatement, un large sourire s’affiche sur le visage d’Evan. Car, c’est un fait, il aime l’entendre, il aime qu’on l’appelle ainsi. Il aime qu’on le qualifie ainsi pour le désigner, il aime être celui qui dirige, celui qui a le pouvoir, celui qui donne les ordres et celui qui est parfois craint, jalousé, mais surtout respecté, voir même adulé par certains. Il fait mine de réfléchir alors qu’il prend appui sur le côté droit, glissant ses doigts le long du corps dorée de celle qui se trouve en face de lui. « Le patron pense très certainement qu’on ne devrait pas trainer au lit et aller au boulot dès maintenant. » Ils étaient déjà en retard et avaient beaucoup de boulot qui les attendait, c’était une évidence, mais de mémoire, Evan savait qu’il n’avait pas de rendez-vous avant midi et que le reste de ce qu’il avait à faire pouvait être retardé de quelques minutes –heures-, durant lesquelles il pourrait aisément profiter de ce corps de rêve qui se trouvait là, à portée de main. « Mais l’homme fou de cette magnifique brune qui partage son lit, n’a absolument pas envie de la quitter pour passer une journée entière loin de ses lèvres. » Il sourit tendrement avant de venir retrouver son contact. Ce contact qu’il aime tant. Ils se laissent aller un moment profitant de leur baisers et étreintes avant que finalement, avec une douceur malgré tout infinie, Sasha le repousse. Elle le défit du regard avant de venir s’installer à califourchon sur celui qui était, au delà d’être son amant, son patron. « Qui te dit que tu passeras la journée sans qu’elles ne viennent retrouver les tiennent ? » Et elle avait tout à fait raison. Car c’était un fait, Sasha et Evan étaient incapables de rester séparés loin de l’autre bien longtemps. Aussi sérieux étaient-il dans leur job, ils ne résistèrent pas une seule seconde à se retrouver dans le bureau d’Evan sur les coups de seize heures. C’était de toute évidence un avantage d’entretenir une relation avec son assistante de ce point de vu-ci. « Elles avaient définitivement besoin de venir retrouver les tiennes. » lâche la brune avec un large sourire entre deux baisers, les mains accrochés à la nuque d’Evan. Elle s’est installée sur une commode qui doit probablement valoir l’équivalent de son compte en banque alors qu’Evan se tient debout face à elle, pendue à ses lèvres. Tous deux sont d’ailleurs à cet instant bien trop occupés pour entendre le bruit des talons se heurtant frénétiquement sur le sol et se rapprochant dangereusement du bureau d’Evan. Le fait est que par habitude ou surtout par négligence il se dit que toute personne tenant un minimum à sa place dans l’entreprise ne prendrait pas le risque d’entrer sans frapper. Erreur. Car il avait de toute évidence oublié la présence potentielle d’une personne, qui ne prenait pas la peine de s’annoncer avant de pénétrer dans le bureau du PDG d’Ashmore Industries. « Evan je … » La porte vient d’être ouverte à la volée et la ô combien ravissante Ophelia Ashmore se tient là, la bouche légèrement entrouverte et les sourcils arqués. Elle est surprise. Visiblement assez pour s’arrêter au beau milieu de sa phrase, ce qui n’est absolument pas son habitude. C’est Sasha qui la voit en première et qui écarquille les yeux avant de rougir plus que de raison. La proximité fait qu’Evan sent même le cœur de son amante s’emballer. Il fronce légèrement les sourcils, pas le moins du monde paniqué. C’est lui le boss après tout, il fait bien ce qu’il veut dans son bureau. Il regarde alors Sasha descendre du meuble, tirant nerveusement sur sa jupe remontée  et remettant ses cheveux en place. Elle baisse les yeux comme si elle venait d’être prise la main dans le sac. Evan après avoir observé un instant Sasha dans tous ses états, se tourne enfin vers la provenance de cette voix qu’il avait très bien reconnu. Il interroge sa femme du regard.  « J’interrompt quelque chose peut-être ? » Il sait qu’elle est énervée. Cela se voit comme le nez au milieu de la figure. Et si elle garde en apparence son calme légendaire, Evan sait exactement ce qui est en train de se passer dans l’esprit de la belle. Il sait qu’elle est en colère, contre lui mais aussi contre Sasha – qui n’a pourtant finalement rien fait de mal. Et il aime ça. Il aime rendre à Ophelia la monnaie de sa pièce. Il aime savoir que cela la rend malade d’avoir assisté à un spectacle pareil. Il aime savoir qu’à cet instant elle ressent exactement la même chose qu’il a ressenti lorsqu’on frère lui avait balancé qu’il s’était tapé sa femme. Il affiche alors un sourire, frôlant la fierté, une fierté bien mal placée certes. Il était définitivement bien trop content qu’elle les interrompe. A vrai dire, s’il avait préalablement orchestré tout cela, il n’était pas certain qu’il aurait obtenu un résultat aussi satisfaisant et plaisant. « Oui c’est ça exactement Phee, tu interromps quelque chose, donc si tu pouvoir avoir l’obligeance de sortir de mon bureau. » Il lui lance un regard entendu avant de passer, sous les yeux de sa femme, une main dans le dos de Sasha, histoire d’en rajouter une couche. Celle-ci était terriblement gênée et n’osait absolument plus relever la tête. Ce n’était pas plus mal car elle aurait aisément pu se rendre compte à cet instant qu’elle n’était finalement qu’un pion, qu’un moyen pour Evan de se venger et de faire aussi mal à Ophelia qu’elle lui avait fait mal. Outre le fait que Sasha lui permettait de prendre du bon temps. Il s’était certes attaché à elle mais cela était bien loin d’un quelconque amour, de quelconques sentiments. Devant lui, il sait qu’Ophelia bouillonne, fulmine, mais cela lui permet de perpétuer sa satisfaction. Ils se lancent pendant de très longues secondes des regards menaçants, qui voulaient en dire long, avant que le silence soit enfin rompu. « C’était pour te prévenir que Monsieur Cavanaugh t’attendait dans le hall pour notre déjeuné, mais j’imagine que tes priorités ne sont pas les mêmes. » Evan n’avait pas oublié Cavanaugh ni même leur déjeuné. Il était un partenaire important pour Ashmore Industries et il adorait Ophelia. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle avait pris l’habitude de venir à chacun de leur repas d’affaires. Elle parvenait toujours à faire flancher le cinquantenaire et à lui faire signer absolument n’importe quel contrat, contenant n’importe quelle clause. Elle était forte, très forte et c’était d’ailleurs pour Evan, un atout à ne pas négliger. Cependant, il devait avouer qu’il ne s’était pas attendu, au vu des derniers échanges qu’il avait eu avec sa femme –c’est à dire il y a plus d’une semaine de cela, avec une dispute digne de ce nom – qu’elle ferait le déplacement pour ce déjeuné, et encore moins qu’elle serait venue le chercher dans son bureau. A son attaque, Evan se contente de hausser les épaules avant de s’éloigner de Sasha pour s’emparer du dossier concernant le futur contrat avec Cavanaugh. Il se fiche bien de ce qu’elle peut lui dire, ni même des leçons de morale qu’elle peut juger utile de lui inculquer. C’est lui le boss. Il n’a de leçon à recevoir de personne, et surtout pas d’Ophelia. Et puis, de toute évidence, il jubile intérieurement bien trop pour se préoccuper de ce qu’elle lui dit. Mais forcément, la jeune brune, qui connaît son époux par cœur sait exactement comment faire pour l’énerver, pour l’agacer et ruiner ce petit air supérieur qu’il a actuellement sur le visage. « C’est sûre que c’est bien plus important de s’envoyer en l’air avec son assistante. Très professionnel Evan. » Cette réplique pique le blond au vif qui se tourne immédiatement vers Ophelia, l’affublant de son plus beau regard noir. « Ne me parle pas de professionnalisme Ophelia. » Immédiatement, le jeu s’inverse et c’est Ophelia qui semble fière d’elle. Une fierté qui ne dure pas longtemps car une fois qu’il a récupéré l’ensemble de ses affaires nécessaires pour son déjeuné, Evan retourne vers Sasha et dépose sur les lèvres de la belle, un baiser qui se veut naturel alors que celui-ci était réfléchi et clairement intéressé ; juste sous le nez de sa femme. « On se voit plus tard. » dit-il à son assistante, tout en lui pressant doucement la nuque. Sans le moindre mot, la jeune femme quitte le bureau de son patron pour se remettre dès maintenant au boulot, sous le regard clairement dédaigneux d’Ophelia Ashmore. Evan reporte son attention vers sa femme, mêlant défit et fierté. Il était fin prêt pour aller manipuler cet abruti de Cavanaugh en lui offrant le sourire et le décolleté de sa charmante femme en guise récompense. (…) Muni d’une coupe de champagne qui doit probablement valoir une petite fortune, Evan est en grande conversation avec Dominic Brown, un homme influant dans la ville de Washington avec qui il pourrait très prochainement signer un contrat plus qu’avantageux pour son entreprise. Au delà du fait que ce soit un homme très intelligent et surtout très intéressant à écouter, Evan savait que pour obtenir ses faveurs et surtout sa signature sur un contrat patrimonialement intéressant, il devait s’intéresser à sa vie. Il n’y avait pas mieux pour se mettre quelqu’un dans la poche. Il suffisait de l’écouter se vanter de tous ses exploits, de tous ses ouvrages publiés, ses récompenses obtenus, ses découvertes et ses voyages accomplis. Evan excellait tout particulièrement pour cela. Cependant, il serait mentir de dire que lorsqu’il voit Sasha Pritchett, son assistante, vêtue d’une magnifique robe rouge carmin, qu’elle ne pourrait jamais se payer –et qu’elle portait pour la simple et bonne raison qu’elle lui avait été offerte par Evan- les yeux gonflés, rougis et quelques larmes perlant le long de ses joues, il n’est pas déconcentré. Il tente de faire perdurer la conversation avec Brown, mais le fait est qu’il ne l’écoute plus vraiment. Il la regarde filer à vive allure dans le sens opposé, se frayant un chemin entre les invités. Il tient quelques secondes de plus, mais il finit par congédier Brown en se confondant en excuse pour rejoindre Sasha. Il lui attrape le bras et l’entraîne dans un endroit à l’abri des regards indiscrets. Un endroit qui n’est pas bondé de riches et influentes personnalités de la ville –voir du pays- et surtout, un endroit où aucun journalistes véreux ne pourraient les écouter et relayer les informations obtenues. « Sasha ça va pas ? » lui demande-t-il alors en relâchant son bras et en lui relevant doucement le menton. Elle ne semble pas avoir envie de lui faire face. Elle ne semble pas avoir envie de lui expliquer la raison de ses maux, ni même pourquoi elle s’est mise à pleurer. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » En posant la question, Evan avait une petite idée de la réponse, mais n’en étant pas persuadé, il préférait l’interroger. La jeune femme en face de lui renifle discrètement, tentant de sécher ses larmes tant bien que mal. C’est Evan qui vint à son secours et qui lui permit de sécher ces dernières par quelques gestes tendres. « Je suis désolée Evan, je ne peux plus. » Immédiatement, il l’interroge du regard. Qu’était-elle en train de faire ? Que croyait-elle pouvoir faire ? Etait-elle vraiment en train de tenter de rompre avec lui ? Là comme ça, sans la moindre explication alors que le matin même elle lui disait qu’elle l’aimait. Déclaration à laquelle il n’avait d’ailleurs pas répondu. Et si pendant un instant il croit que c’est la cause de ce retournement de situation, ce n’est finalement pas la raison pour laquelle elle semble ne plus en pouvoir. Elle enroule ses doigts dans les siens, comme si ce qu’elle s’apprêtait à dire était fait à contrecœur. « C’est trop pour moi, je ne peux plus supporter tout ça… » Tout ça se résumait en réalité à une seule et unique personne ; et cela Evan venait d’en prendre conscience en plongeant ses yeux dans ceux de Sasha. Ophelia. Ophelia était la seule barrière à leur relation du point de vu de Sasha – alors que la vérité était qu’elle était loin d’être la seule. Cependant, cette barrière n’était pas des moindres et Evan avait pleinement conscience de ce qu’elle pouvait faire endurer à Sasha en son absence. Car Ophelia et Evan étaient dans un certain sens, identiques. Ils réfléchissaient de la même manière, n’hésitaient pas à jouer, manipuler, rabaisser certaines personnes pour obtenir ce qu’ils souhaitaient. Et cela ne faisait l’ombre d’un doute qu’Ophelia s’était donnée pour mission de faire fuir Sasha de leur vie, et plus particulièrement de celle d’Evan, tout comme Evan faisait son possible pour évacuer tout homme un peu trop entreprenant avec sa femme et dont il ne pouvait soutirer aucun avantage. Mais le fait est qu’il ignorait ce qu’avait pu faire Ophelia pour mettre Sasha dans un état pareil. « Tout ça quoi Sasha ? Tout allait bien ce matin ! » De nouveau, il l’interroge du regard et cherche à obtenir le fin mot de l’histoire. Au delà du fait qu’il n’a pas forcément envie de voir Sasha souffrir, ceci a piqué sa curiosité au vif. Il se rend même compte à cet instant qu’il est davantage curieux de savoir ce qu’Ophelia a encore fait, que peiné de la voir ainsi. « C’est Ophelia c’est ça ? » Il passe une main délicate au creux du cou de Sasha afin de la rassurer. Elle pose un instant ses grands yeux tristes dans les siens et hoche doucement la tête. Il lève les yeux au ciel, accompagné d’un léger soupire. C’était une évidence, mais le fait d’avoir confirmation l’agace. Il allait devoir avoir une conversation avec Ophelia qui se terminerait probablement comme toutes les autres, en dispute et il en était fatigué d’avance. « Ne fais pas attention à elle, elle cherche simplement à me pourrir la vie ! » La vérité était bien plus compliquée que cela, que ce soit dans son esprit ou dans celui d’Ophelia, mais Sasha n’avait pas besoin d’en savoir plus. « Alors quitte la ! » Cette phrase, un brin abrupte prend Evan au dépourvu. Cela ne faisait l’ombre d’un doute qu’en s’engageant dans une relation avec Evan, Sasha savait parfaitement dans quoi elle s’embarquait. Il ne lui avait pas une seule seconde caché son mariage et ce dernier était assez public pour que tout le monde soit au courant. Et jamais, ô grand jamais, il ne lui avait laissé croire, ni même dit qu’il quitterait sa femme, ni pour elle ni pour qui que ce soit. Le garçon n’avait, en réalité, pensé à un divorce qu’une fraction de seconde avant d’être rapidement ramené à la réalité par Ophelia qui avait finalement parfaitement raison. Il ne divorcerait pas. Il ne la quitterait pas. Il arque alors les sourcils sans parvenir à dire quoi que ce soit. Qu’est-ce que cette idée venait faire là ? « Quitte là, quitte ton boulot et partons tous les deux, loin. » Plus elle parlait plus cela en devenait presque drôle. S’il y avait bien une chose qu’Evan ne quitterait pas, encore moins qu’il ne quitterait sa femme, c’était bien son job. Il avait bien trop fait pour obtenir le poste qu’il avait, et pour son entreprise. Il n’était pas question une seule seconde qu’il abandonne tout cela. Pas même pour Sasha. Surtout pas pour Sasha. La vérité était qu’il l’aurait peut-être fait si Ophelia le lui avait demandé dans les premières années de leur union, mais il était loin de ressentir la même chose pour Sasha. Il reste silencieux face à elle. Un silence qui est comblé par les projets abracadabrants de la brune. « On pourra se refaire une vie tous les deux, on a pas besoin de tout ça, tout ce luxe, toutes ces responsabilités … » Là était toute son erreur. Le luxe, le pouvoir, la manipulation faisaient partis de la vie qu’Evan avait choisi et qu’il n’abandonnerait pour rien au monde. Elle dépose ses mains sur le torse du garçon, se frayant un chemin entre sa veste de costume et sa cravate, dans l’espoir que cette proposition l’emballe. Ce n’était pas ce qui était en train de se passer. Il attrape alors les mains de sa maîtresse pour les retirer, les éloigner de lui. « Je ne peux pas Sasha. » Etrangement, son ton a changé. Il est bien plus sec et froid, chose qu’il n’était pourtant jamais avec elle. Mais le fait est qu’il ne veut pas de ce qu’elle lui propose. Il ne veut pas quitter sa vie actuelle, même si cela suppose qu’elle mette un terme à leur relation, il ne veut pas quitter Ophelia, même s’il la déteste, et il ne veut pas quitter Washington. Elle est d’ailleurs bien naïve de croire qu’il pourrait le vouloir. Elle ne le connaissait finalement pas vraiment. Pas comme Ophelia le connaissait … Il ne la regarde plus. Parce qu’il n’a pas envie de lire la déception dans son regard, ni même sa colère qu’il perçoit pourtant dans sa voix : « Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ? » Il ne pouvait et ne voulait surtout pas, c’était un fait, mais il n’a pas envie de la blesser plus qu’il ne venait de le faire. Il relève enfin les yeux vers elle et un seul regard suffit à ce qu’elle comprenne. Il ne le ferait pas. « Tu tiens toujours à elle n’est-ce pas ? » Immédiatement, Evan fronce les sourcils. De quoi était-elle en train de parler ? Tenir à qui ? A Ophelia ? Absolument pas. Du moins, c’est ce don il était persuadé. Il ne pouvait pas tenir à elle. Il ne tenait plus à elle. Il la détestait, c’était pourtant clair. Qu’était-elle en train de s’imaginer. Il secoue la tête, mais étrangement, elle n’a pas l’air de le croire. « Prend soin de toi Evan. » lâche-t-elle finalement avec une amertume et une déception certaines avant de tourner les talons et de s’éloigner, s’engouffrant à nouveau dans la foule pour ne plus jamais le revoir… Il reste planté là un instant, circonspect, totalement déboussolé par ce qui vient de se passer. Par le fait qu’il vient de toute évidence de se faire larguer, mais aussi par ce que Sasha vient de lui dire… C’est d’ailleurs davantage cela qui le travaille plutôt que la rupture. Sans savoir pourquoi, cela l’énerve. Il est agacé, irrité par ce qu’elle a osé avancer. Il n’était pas attaché à Ophelia. Pas le moins du monde. Et alors qu’il était en train de fulminer contre cette idée des plus saugrenues, la personne qui semblait être l’objet de ses actuelles pensées arriva dans son viseur. Ophelia. D’un pas franc et déterminé, il se dirigea vers elle, sans prendre la peine de s’excuser envers les personnes qui se trouvaient sur son passage, bien trop agacé. Il attrape avec virulence le bras d’Ophelia qu’il attire vers lui. Des gens grouillent autour d’eux alors il allait devoir être discret. Quand bien même il était hors de question qui laisse passer cela. Au delà du fait qu’elle venait de lui faire perdre Sasha, elle lui avait aussi fait perdre son assistante, et ce qui lui permettait de tirer son coup – car oui, il n’en restait pas moins un homme. « Qu’est-ce que tu as fait Ophelia ? » Il murmure, mais le ton qu’il emploie traduit à la perfection tout l’énervement que cela provoque en lui. Ophelia, qui est, comme à son habitude, plus que magnifique dans une robe de la dernière collection d’Elie Saab, feint immédiatement l’innocence. Chose qu’elle savait visiblement parfaitement bien faire. « Moi ? Absolument rien, je ne vois pas de quoi tu parles. » Dit-elle avec un petit sourire en coin qui veut tout dire. Elle ne fournissait de toute évidence pas beaucoup d’effort pour faire croire à qui veut l’entendre qu’elle n’était pas responsable de ce qu’il venait de se passer. Evan secoue nerveusement la tête, et affiche un sourire parfaitement faux lorsqu’il croise un visage connu ou non, mais qui semble un peu trop s’intéresser à la conversation qu’il entretenait actuellement avec sa femme. Même si cela lui brûle les doigts, il passe une main sur le côté droit de la hanche de sa femme, histoire de ne pas éveiller de soupçon et il se rapproche pour s’adresser à elle. « Je sais que tu es responsable de l’état dans lequel se trouve Sasha ! » Il la fusille du regard, définitivement énervé, mais en face, Ophelia semble parfaitement calme. C’est à son tour de jubiler intérieurement. Elle joue pourtant le jeu du couple parfait, comme à son habitude en venant resserrer avec tendresse le nœud de cravate de son époux. Elle s’approche alors de sa joue pour lui glisser quelques mots à l’oreille. « Je ne suis pas responsable des erreurs de jeunesse de ta petite amie, Evan. » Il détestait le ton qu’elle prenait actuellement. Il la détestait de ruiner sa vie et les choses auxquelles il tenait. Non pas qu’il tenait vraiment à Sasha, parce que si c’était le cas, il se serait peut-être un peu plus battu pour elle qu’il ne le faisait actuellement, mais elle faisait partie de sa vie et elle lui faisait du bien. Ophelia conclue ses mots par un baiser sur la joue du blond avant de se redresser. « On dirait bien que tout le monde a des squelettes dans son placard, et je n’ai fait qu’ouvrir le placard n’est-ce pas ? » Evan ignorait ce qu’Ophelia avait trouvé sur Sasha qui soit assez fort pour l’inciter à partir ou lui faire assez mal pour l’anéantir devant tout le monde, mais le fait est qu’il retient surtout le fait qu’elle utilise volontairement les propres mots d’Evan. Ce qu’il avait prononcé à l’égard de son frère il y a deux ans de cela. Bien sûre, cela le met dans un état de colère sans bornes. « Personne ne touche à ce qui m’appartient. » Ophelia sourit, de ce sourire victorieux et détestable ; avant de venir doucement tapoter l’épaule de son mari. Elle avait de toute évidence gagnée la bataille, mais elle était loin d’avoir gagné la guerre. Et ce même si étrangement, il n’avait jamais été autant attiré par sa femme que ce soir et ce depuis des années. C’était un fait, Evan avait toujours préféré les femmes de pouvoir et de caractère.

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    but my brain is already busy being awesome.


Dernière édition par Evan Ashmore le Mar 12 Jan - 20:34, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.   Sam 26 Déc - 16:58




La salle de réception est plongée dans le noir, probablement pour donner le ton de l’ambiance qui envahira la pièce dans quelques heures. Seule la scène est éclairée par de nombreux projecteurs. Tous rivés sur elle et sur le pupitre où elle est positionnée. Evan s’est glissé dans la plus grande discrétion dans la pièce, s’installant en retrait sur l’une des chaises qui sera réservées plus tard au public, aux partisans venus spécialement pour la voir elle, pour écouter ce qu’elle a à dire et pour la plupart, pour littéralement boire ses paroles. Elle sera en terrain conquis ce soir, mais après tout, quand ne l’est-elle pas ? Car c’est un fait, Ophelia Ashmore a une capacité impressionnante pour captiver son auditoire et surtout pour tourner tous les esprits vers sa propre philosophie politique. Elle est forte, très forte, et c’est pour cela qu’Evan, d’une certaine façon, l’a toujours admiré. Elle ne le remarque bien entendu pas, parce qu’elle est concentrée et absolument habitée par le discours qu’elle est actuellement en train de prononcer. Et ce même si ce n’est là qu’une répétition de ce qui se passera le soir-même. Si bien qu’Evan reste un instant captivé par ce que sa femme dit. C’est en voyant cette ferveur, cette flamme dans les yeux de la brune que le blond est tombé amoureux, il y a des années de cela. Et l’espace d’un infime instant, il a presque l’impression de revenir des années en arrière. Avant que son téléphone ne vienne finalement le ramener à la réalité. C’est Courtney qui ne cesse de le harceler de messages et d’emails en tout genre concernant le boulot. Ils sont sur le point de signer un gros contrat où les négociations ne semblent plus prendre fin, c’est pourquoi tout imprévu est traité avec minutie. Il ne faut donc pas longtemps pour que la parcelle de l’homme qu’il avait pu être autrefois, l’homme qui buvait les paroles de sa femme, l’homme qui ne se serait jamais laissé distraire par quoi que ce soit, simplement parce qu’il était en train de l’écouter, s’envole aussi vite qu’il était arrivé. Il fourre son nez dans son portable et oublie complètement le discours d’Ophelia. Il l’oublie comme il l’a oublié durant toutes ces années où leur mariage est peu à peu parti à la dérive. Bien entendu, il est pleinement conscient que tout ceci était en parti de sa faute à lui, mais finalement, c’était elle qui avait mis un terme définitif à leur amour en couchant avec Connor. Et depuis, il était évident que les choses n’étaient plus ce qu’elles étaient, et ce même s’ils continuaient de jouer les couples parfaits pour les besoins de leur boulot respectif. Cependant, cela ne les empêchait pas d’avoir quelques retours de flamme de temps à autre, sans réellement être capables de l’expliquer. C’est lorsque les lumières se rallument qu’Evan relève la tête de son téléphone et prend conscience qu’il n’a absolument rien écouté. Tant pis. C’était bien connu, il était très doué pour donner le change et jouer un jeu d’acteur digne de remporter un oscar. Cependant, lorsqu’il range son téléphone et se lève de sa chaise, un spectacle qui ne lui plait guère s’offre à lui. Gavin Wind, le conseiller en image d’Ophelia était en train d’entretenir une conversation avec sa femme. Et si pour beaucoup, celle-ci semblerait professionnelle et parfaitement anodine, Evan savait très bien que cela dépassait ce stade-ci. Il était pleinement conscient que Gavin avait un faible pour Ophelia et ne manquait jamais une occasion d’être près d’elle, de la faire rire, de la faire sourire, de la complimenter, d’avoir quelques gestes tendres envers elle, de flirter. Et tout ça sous les yeux d’Evan. Ce Gavin ne manquait pas d’air. Un agacement certain nait immédiatement en Evan, un énervement qui le dépasse complètement. Car, c’était un fait, Evan clamait qu’il n’avait plus d’intérêt pour sa femme, que rester avec elle n’était qu’un moyen de garantir leurs arrières et de prolonger leur suprématie en terme de boulot ; mais le fait est qu’il ne supportait pas quand un autre homme s’approchait d’elle. Une histoire particulièrement compliquée qui trainait de toute évidence en longueur aujourd’hui. S’il ne se gênait pas pour coucher avec la première venue, il était aussi conscient qu’Ophelia n’était pas chaste. Mais le voir de ses propres yeux était bien différent pour lui. Si bien qu’il ne résista pas à les rejoindre. « Excellent discours Phee. » Il entoure, de son bras, les hanches de sa femme, avant de venir déposer un rapide baiser sur ses lèvres. Il ne ratte pas l’occasion d’affubler Gavin d’un regard noir, l’interrompant volontairement dans son récit. Ophelia reste étonnement silencieuse, alors qu’Evan la ramène un peu plus vers lui, dans l’unique but de faire comprendre à cet homme qu’Ophelia est à lui et qu’il n’a aucun droit sur elle. Leur duel de regards menaçants dure un temps, avant qu’Ophelia et Gavin ne reprennent leur conversation de travail. S’il les écoute un moment en hochant parfois de la tête, lorsqu’il sent son téléphone vibrer dans sa poche, il ne résiste pas à l’en extirper pour pouvoir y reporter toute son attention. De toute évidence, la conversation qu’avait sa femme avec son conseiller ne l’intéressait pas le moins du monde, et son attitude le fit rapidement comprendre. Le nez fourré dans ses mails, il en oublie même les bonnes manières. « Tu seras là ce soir ? » Il ne l’entend pas. Cela fait déjà de longues minutes qu’il a arrêté d’écouter ce qu’ils se disaient et pour le coup, il était bien trop absorbé par son téléphone pour prendre la peine d’accorder de l’intérêt à ce qu’Ophelia lui disait. Pas parce qu’il s’en fichait, non, tout simplement parce qu’il était excessivement concentré dans son activité et qu’il ne s’était pas attendu à ce qu’elle lui parle, du moins, pas tout de suite. « Evan ? » La main d’Ophelia vient s’accrocher à son poignet, si bien qu’il prit conscience qu’elle était en train de lui parler. Si elle tente de garder une once de gentillesse dans sa voix pour ne pas trahir leur image du couple parfait, le regard qu’elle lui lance lui fait très rapidement comprendre qu’elle n’approuve absolument pas son comportement et qu’une dispute à ce propos éclatera surement une fois qu’ils seront seuls. « Quoi ? Oui bien sûre, je serais là, ne t’inquiète pas. » Lâche-t-il en hochant la tête, feignant l’intérêt pour cette soirée et surtout pour Ophelia, en joignant sa main à la sienne. Mais évidemment, cela ne dure qu’une fraction de seconde puisque son téléphone se met à sonner. Il jette un œil sur l’écran. Courtney. « Je dois prendre cet appel. » se justifie-t-il en montrant son téléphone à Ophelia, la laissant finalement seule avec son conseiller pour prendre son appel. Courtney faisait de l’excellent boulot, elle était celle en qui il avait d’ailleurs le plus confiance parmi ses multiples assistants, et elle était la plus ancienne, celle qui était parvenue à résister à l’intransigeance d’Evan, mais aussi et surtout à la tendance qu’avait Ophelia de réduire à néant ses assistantes. Courtney était de toute évidence une survivante, et ce n’était pas chose aisée face à la famille Ashmore. Ils s’entretiennent une dizaine de minutes, durant lesquelles Courtney lui énonce les soucis de dernières minutes. Ils doivent se rendre d’urgence sur place afin de conclure la vente que le client semble bien pressé d’effectuer. Après quelques instructions de première nécessité, Evan raccroche. Il doit partir. Il cherche Ophelia des yeux, histoire de la prévenir, mais avant qu’il n’ait pu faire quoi que ce soit, Gavin Wind, cet abruti de conseiller vient à sa rencontre, lui assombrissant la vue et lui barrant le chemin. « Vous devriez regarder davantage votre femme pendant le discours plutôt que votre téléphone. » Evan n’est pas certain d’avoir bien entendu, ou plutôt bien compris ce qui était en train de se passer. Il écarquille les yeux en arquant les sourcils, visiblement interloqué. C’était lui ou bien Gavin Wind venait de se permettre de lui donner un conseil ? Un conseil avisé qui était davantage proche de l’ordre, qui plus est. Il le regarde un instant, presque décontenancé alors que Gavin lui, soutient son regard, fièrement. Trop fièrement. Pour qui se prenait-il ? « Je n’ai pas de conseil à recevoir de vous. » finit par dire Evan l’air menaçant. En face, Gavin croise les bras, abordant une mine supérieur, proche du dédain. « Justement si. Et Phee est entièrement d’accord avec moi. » C’est davantage la forme plutôt que le fond qui crispe Evan. En effet, il se fiche bien de savoir ce qu’Ophelia pense de son comportement –d’ailleurs il la croit assez capable de venir en parler elle-même plutôt que d’envoyer son abruti de chien de garde- ni même ce que ce Gavin en pense. Non, ce qui l’agace au plus haut point, c’est le fait qu’il appelle Ophelia par son surnom. Surnom que seuls ses proches utilisent, et plus particulièrement Evan. Il serre la mâchoire mais il se contient. Parce que finalement, c’est là l’unique but de Gavin. Ou au moins, c’est ce qu’Evan est persuadé.  « Ca peut nuire à son image. » Evan lève les yeux au ciel. Ce qu’il ne fallait pas entendre. Plus cet abruti parlait, plus il avait envie de lui mettre son poing dans la figure. Il s’approche alors de lui et le pointe d’un doigt presque menaçant, le regard légèrement plissé. « Faites très attention au ton que vous employez avec moi Wind, et surtout à la manière dont vous croyez possible de vous comporter avec ma femme. »  Si Evan se permettait de manière générale beaucoup de familiarité avec certaines personnes qu’il souhaitait volontairement provoquer, il détestait qu’on en fasse autant avec lui. Il détestait ce Wind et il détestait tout particulièrement qu’on lui donne des ordres. « Au moins, moi je m’intéresse à elle. » De nouveau Gavin se joue de lui, se croyant à l’évidence plus malin et surtout plus au courant des sentiments et besoins d’Ophelia. Tout ceci était d’un ridicule. Il avait presque l’impression de se retrouver au lycée et de devoir se battre pour une fille. Mais il fallait savoir qu’il était celui qui avait la fille et que finalement, le reste importait peu. Cependant, cet homme qui sortait de toute évidence de nulle part, avait un don pour l’agacer au plus haut point. Il était parvenu à l’énerver en seulement quelques mots bien choisis. Parce qu’il se croyait supérieur à lui, quand, du point de vu d’Evan, personne ne l’était –sauf peut-être Dieu, mais cela relevait d’un autre discours. « Je pourrais vous faire virer sur le champ, vous … » commence Evan en attrapant la veste de son interlocuteur. Il perdait son sang froid. C’était pourtant rare. Mais le fait est  qu’il détestait cet abruti qui semblait prendre un malin plaisir à le pousser dans ses retranchements. Fort heureusement, à l’exact moment où les choses allaient devenir incontrôlables, quelque chose, ou plutôt quelqu’un le ramena sur la terre ferme. « Monsieur Ashmore. » La voix de Courtney, entremêlée à celle de Malia fait immédiatement redescendre la pression. Il relâche alors la veste de Gavin et le fusille du regard. Il avait de la chance qu’il ne souhaite de donner en spectacle devant son personnel. « Dîtes lui que j’ai du travail. » Il replace grossièrement la veste de son interlocuteur avant de le pousser avec plus de virulence qu’il n’aurait voulu. Il était plutôt difficile de contrôler ses nerfs dans ce genre de situation. Surtout pour Evan. Surtout lorsque cela concernait Ophelia. Fort heureusement, Gavin ne réagit pas –peut-être parce qu’il avait déjà obtenu ce qu’il souhaitait, faire sortir Evan de ses gonds. Evan tourne les talons et se dirige vers ses deux assistantes qui se sont intelligemment arrêtées un peu plus loin. « Courtney, restez auprès de ma femme et de son abruti de conseiller. » Le regard entendu que lui lance Evan veut tout dire. Il chargeait clairement son assistante de veiller à ce qu’il n’y ait pas de trop gros rapprochement entre ces deux là. « Bien monsieur. » Elle hoche la tête malgré le fait qu’elle aurait probablement voulu être chargée de tout sauf du babysitting d’Ophelia et de son potentiel amant. Mais bien entendu, cela, Evan n’en avait que faire. D’un pas qui traduisait de toute évidence sa volonté de sortir au plus vite de là, il attrape au passage Malia. « Ryswell, allons-y. » Malia Ryswell était la dernière recrue en date. Elle était arrivée il y a un peu plus d’un mois et quelque chose de particulièrement étrange s’était engagé entre eux dès l’instant où ils s’étaient croisés. Et étrangement, cela n’avait absolument rien de comparable avec ce qu’il s’était passé lors de sa rencontre avec Sasha -rencontre qui ne l’avait finalement pas tant marqué que cela puisqu’il n’en avait plus aucun souvenir. Il ne saurait le décrire mais tout passait par le regard. Elle avait un regard envoutant. Au delà de son physique, elle avait quelque chose de particulier, quelque chose qui lui faisait oublier, l’espace d’un infime instant que le monde continuait de tourner autour d’eux. Ce n’était donc finalement pas un choix totalement désintéressé d’avoir laissé Courtney pour s’occuper de sa femme et de son stupide discours, et d’être parti signer le contrat avec Malia. Lorsqu’ils rejoignent la sortie, l’air frais lui fait un bien fou et lui permet d’évacuer toute la colère qu’il avait en lui jusqu’alors. Il invite poliment Malia à prendre place dans la voiture, avant qu’il contourne lui-même le véhicule pour venir prendre place à côté d’elle. Il claque la portière arrière tout en donnant les instructions à son chauffeur. Et dans un geste précipité il boucle sa ceinture, il n’avait pas une minute à perdre. Cependant, il ne fait pas attention et vient par mégarde effleurer la main de Malia. Il ne la retire pas immédiatement. Parce qu’étrangement ce contact, cette chaleur lui fait un bien fou. Mais aussi et surtout car il vient de plonger son regard dans le sien. Son regard est hypnotisant, envoutant. Tant qu’il perd littéralement pied, ne comprenant pas vraiment ce qu’il est en train de se passer. C’était finalement, comme si le temps s’était arrêté. Comme si plus rien  ne comptait autour. Alors qu’il ne connaissait pas cette femme. Il ne connaissait que son curriculum vitae et ses capacités plus que convenables pour faire son job. Mais le fait est qu’il avait l’impression de la connaître, sans réellement la connaître. Il avait l’impression qu’elle était constamment là, près de lui, constamment là à plonger son regard dans le sien, sans se rendre compte de l’effet que cela lui faisait. Oh bien sûr, bien souvent, lorsqu’elle s’abaissait au dessus de son épaule, et que son parfait l’enivrait, il faisait mine de rien. Il secouait la tête et reprenait son air sérieux habituel et ses cinquante ordres à la minute. Lorsqu’elle entrait dans la même pièce que lui, il se forçait à ne pas la regarder, lorsqu’elle discutait avec David de la compta et qu’elle riait aux éclats au moindre de ses mots, il s’interdisait d’y prêter attention, et lorsqu’elle le regardait et lui souriait, il ne lui répondait pas. Il était froid et distant. Parce que c’était exactement ce qu’il fallait faire. Il avait déjà donné dans ce domaine et les choses ne s’étaient pas bien terminées. Il avait décidé de tirer un trait définitif sur de potentielles relations au travail. Il n’était plus question qu’il laisse une chance à sa femme d’avoir la main mise sur la carrière de ces femmes qui n’avaient finalement rien fait de mal excepté de s’attacher à la mauvaise personne. Et étrangement, ce n’était pas ce qu’il voulait pour Malia. Il voulait la garder près de lui. Il voulait la savoir là, même si elle lui semblait étrangement bien loin, même s’il ne rentrait pas dans ce jeu de séduction qu’elle avait engagé ou qu’elle engageait peut-être sans réellement s’en rendre compte avec tous les hommes qu’elle côtoyait. Le fait est que Malia Ryswell avait beaucoup d’atout, beaucoup de charme et qu’il devenait difficile pour Evan de maintenir ses distances. Quelques frissons inexplicables parcourent son corps avant qu’il ne retire enfin sa main et détourne son regard vers le paysage. Laissant son esprit vagabonder à toute sorte de pensées. Pensées qui n’avaient absolument rien à voir avec sa femme, son mariage, et encore moins à sa présence pourtant requise, à la quelle il s’était engagée ce soir-même au discours d’Ophelia. Il n’y serait pas. Parce qu’il serait bien trop occupé par la signature de ce contrat et pour sa célébration, aux côtés de son équipe. De Malia entre autres. (…) A l’arrière de la voiture que conduit son habituel chauffeur, Evan jette un œil à l’heure qui est affichée juste au dessus de l’autoradio. Il est déjà tard. Sa journée a été éreintante et il tombe littéralement de fatigue. Pourtant, il n’a pas la moindre envie de regagner sa gigantesque demeure qu’il partage avec sa femme. Pour la simple et bonne raison qu’il sait qu’elle sera là et son absence de quelques jours sans réellement lui donner plus de nouvelles qu’un vague message l’informant qu’il serait en déplacement quelques jours, allait de toute évidence susciter une dispute. Une de plus. Il en était certain, et finalement, lorsqu’on y réfléchissait, c’était plutôt légitime de la part d’Ophelia, mais le jeune homme avait eu besoin de s’éloigner. De s’éloigner d’elle, mais aussi de son boulot pour quelques jours. Il avait donc pris quelques jours de congés sans en avertir quiconque et s’était ressourcé dans un hôtel de luxe loin de Washington et loin de sa vie pleine responsabilités et de péripéties en tout genre. Bien sûre, il n’avait partagé ces quelques jours seul, mais la femme qui l’avait accompagnée était si insignifiante à ses yeux qu’il n’était pas réellement intéressant d’en faire mention à qui que ce soit. Il soupire, le regard se baladant sur le paysage que lui offraient les rues encore animées de Washington, cherchant comment il allait pouvoir affronter Ophelia. Mais le vibreur de son téléphone vint rompre ce bref moment de réflexion. Un sourire né immédiatement sur son visage. Serena. Il connaissait la jolie Renfield depuis des années, pour ne pas dire toujours et cela faisait de nombreuses années qu’elle était pour lui sa meilleure amie, celle en qui il pouvait avoir entièrement confiance, celle à laquelle il pouvait absolument tout dire et celle sur laquelle il pouvait bien trop souvent se reposer. Parce qu’elle comprenait. Elle avait vécu depuis toujours dans ce même monde d’apparences et de faux-semblants et savait pertinemment que dans la vie, il était nécessaire de faire quelques sacrifices pour obtenir ce qu’on voulait réellement, quitte parfois, à s’en brûler les ailes. Elle savait elle-même qu’être heureux était une notion bien utopiste, manquant cruellement de réalisme. C’était un fait, ils avaient à quelques détails près –car Serena était de toute évidence bien loin d’être le véritable requin, avide de pouvoir que pouvait parfois être Evan- la même philosophie de vie, et c’était pour cette raison qu’ils s’entendaient si bien. Cependant, tous deux avaient une vie bien chargée, ne leur permettant pas de se voir régulièrement. C’est pourquoi, lorsqu’elle lui proposa de le rejoindre dans ce bar dans lequel il n’allait qu’avec elle, il ne put refuser. Si Evan ne fréquentait pas forcément ce genre d’endroit –qui manquait d’élégance et de distinction selon ses propres dires-, il trouvait toujours amusant de s’y rendre avec Serena. Parce que cela le dépaysait complètement de ses habituels cocktails guindés et que ça lui permettait de voir une autre parcelle de Washington. Naturellement, Evan informa son chauffeur de leur nouvelle destination. Celui-ci tenta de rester parfaitement neutre, mais il demanda tout de même à son employeur de répéter, définitivement surpris que Evan puisse se rendre dans un bar branché du centre ville où la musique était souvent trop forte, les filles complètement saoules, les toilettes terriblement sales et les verres servis définitivement surdosés pour enivrer le plus rapidement possible les clients. Ceci fait naître un mince sourire sur les lèvres du patron. Finalement, il parvenait encore à surprendre quelqu’un. Tous les regards se tournèrent vers lui lorsque son chauffeur arrêta la voiture de luxe face au bar en question et que Evan en sortit, toujours vêtu de son habituel costume taillé sur mesure. Parce que ce n’était pas un endroit fréquenté par les plus aisés ressortissants de la ville, que personne n’était vêtu de costume et peut-être aussi parce qu’il n’était aujourd’hui pas méconnu du grand public, du fait de son nouveau statut de porte-parole républicain mais aussi de sa position au sein d’une multinationale inconnue de peu aujourd’hui. Oui, il était parfaitement anachronique mêlé à cette foule, mais il s’en fichait totalement, parce qu’une seule chose comptait à cet instant, Serena. Lorsqu’il la découvre, installée à une table, le nez rivé dans son téléphone, il ne peut s’empêcher de sourire. Il la prend immédiatement dans ses bras une fois qu’il a atteint sa hauteur. Ce que cela pouvait lui faire du bien. Une bouffée d’air frais en somme. Après quelques taquineries, leurs verres entre les mains et s’être installés à une table, Serena afficha un ravissant sourire. Cela faisait des semaines qu’ils ne s’étaient plus vus et c’était un fait, elle lui avait terriblement manqué. « Alors, comment va le PDG de Ashmore Industries ? » Elle arque les sourcils, ne cessant de sourire. Si elle avait une vie bien remplie et toujours un tas de choses à lui raconter lorsqu’ils ne voyaient, elle était pleinement consciente qu’Evan n’était pas non plus en reste de ce côté-ci. Il hoche la tête avec un mince sourire, histoire de lui faire comprendre que tout allait bien, même si au fond, tout était à cet instant bien trop compliqué dans son esprit. Mais le fait est qu’il avait retrouvé Serena pour se vider la tête et penser à autre chose alors il n’était pas question qu’il s’étende sur le sujet, du moins pas pour l’instant. « Toujours avec ton horrible femme ? » dit-elle en ricanant. Si Serena appréciait au préalable Ophelia, tout avait changé au moment même où Evan lui avait conté l’infidélité de sa femme. Elle avait clairement pris parti pour son ami, et elle n’hésitait plus à dire tout haut ce qu’elle pouvait penser de son mariage, malgré le fait qu’elle n’avait finalement pas grand chose à dire quand elle, restait avec un homme qu’elle n’aimait pas, simplement pour faire plaisir à ses parents. Si Evan fait bonne figure en levant les yeux au ciel face à la remarque de son amie, il ne peut s’empêcher de laisser échapper un petit rire. C’est vrai, Ophelia pouvait être horrible lorsqu’elle en avait envie. « Ne m’en parle pas. » ajouta même t-il naturellement alors qu’il prend une gorgée du verre qu’il vient de lui être servi. Les plaisanteries à propos du mariage bancal d’Evan et du couple sans le moindre fondement de Serena allèrent bon train durant une bonne partie de la soirée. C’était toujours ainsi entre eux, un renvoi constant de la balle vers l’autre. Leur situation actuelle était finalement assez proche l’une de l’autre alors ils pouvaient se permettre de se taquiner sans la moindre gêne. Tous deux savaient parfaitement que ce n’était pas forcément le bon chemin à prendre, pourtant aucun n’était réellement capable de se défaire de leur situation actuelle. Enfin, Evan était persuadé qu’avec un peu de volonté, Serena pourrait décider de se dépêtrer de tout cela pour enfin être heureuse ; mais il savait que lui-même en serait tout bonnement incapable. Parce qu’au fond, s’il ne pouvait pas mettre un terme à son mariage, ce n’était pas qu’une question d’image, d’idéaux, de politique et de gros sous. Non. Cela était bien plus compliqué que cela. Car une part de lui, aussi mince soit-elle, ne voulait foncièrement pas quitter Ophelia. A croire que d’une certaine façon, il aimait sa situation actuelle… Tout était bien trop tordu et complexe mais il n’était pas persuadé de vouloir que cela change. Car s’il savait qu’une parcelle de lui aimait encore foncièrement Ophelia, paradoxalement, il ne parvenait à détacher son regard de cette brune qu’il avait immédiatement repéré lorsqu’elle pénétra dans l’enceinte du bar, les cheveux lâchés en cascade dans le dos et perchée sur des talons hauts qui lui donnaient une allure folle. Ce n’était pas une femme lambda, ce n’était pas une parfaite inconnue, bien au contraire. Elle était d’une beauté rare et naturelle. Et il ne parvenait à la quitter des yeux. Elle ne l’avait pas remarqué. Elle s’était installée au bar, scrutant nerveusement son téléphone. Probablement attendait-elle quelqu’un. Immédiatement et sans qu’il ne s’en rende compte, Evan fronça les sourcils, piqué par un sentiment étrange dans la poitrine. Un pincement de jalousie inexplicable envers cette personne qui avait rendez-vous avec elle. Probablement était-ce un homme. Après tout, n’importe quel homme normalement constitué serait parfaitement légitime de vouloir tenter sa chance auprès d’elle. Il ne put s’empêcher de penser que cet homme devait être un parfait idiot pour la faire attendre. Il ignore ce qui l’attire autant chez elle, mais à chaque fois qu’il pose son regard sur elle, quelque chose l’enivre, quelque chose qu’il tente de contrôler depuis bien trop longtemps, quelque chose qu’il n’est pas certain de pouvoir refouler encore longtemps d’ailleurs. Ses yeux se baladent en toute discrétion sur la jeune femme, allant de ses grands yeux vert, de ses lèvres rosies par le rouge à lèvre, du creux de son dos, de ses longues jambes qui en feraient rêver plus d’une… Et si la plupart des hommes l’observent lubriquement, espérant avoir le privilège de finir la soirée avec elle, ce n’est pas l’expression qui peut se lire dans le regard d’Evan. Parce qu’il a rarement de genre de regard envers les femmes –à quelques expressions près- et qu’après tout, quel patron serait-il s’il reluquait de la sorte son assistante ? « Qui est-ce ? » Serena vient subitement sortir Evan de ses pensées. Le fait est que cela faisait quelques longues minutes qu’il ne l’écoutait plus, bien trop occupé à tout autre chose. Son esprit s’était focalisé sur les courbes absolument parfaites de Malia Ryswell… Pris sur le fait par sa meilleure amie, il détourne immédiatement le regard de son assistante pour interroger son interlocutrice du regard. « Quoi ? Qui ? » Feindre l’innocence. Voilà le chemin qu’avait décidé de prendre Evan alors même qu’il était évident pour tout le monde qu’il n’était pas totalement indifférent à cette femme. Il hausse les épaules, l’air de rien, avant de fourrer son regard dans son verre qu’il but d’une traite. Il fallait qu’il cesse de la regarder ainsi et surtout qu’il se reprenne. Parce qu’il avait auparavant déjà baissé sa garde pour une autre femme que celle qu’il avait épousé, et les choses ne s’étaient absolument pas bien terminées. Et étrangement, s’il n’avait finalement pas fait grand chose pour retenir Sasha, il n’avait pas envie de voir Malia partir. Il ignorait pour qui ni pour quoi mais quelque chose de particulier se passait en lui lorsqu’elle apparaissait dans son champ de vision, quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti autre que pour Ophelia il y a des années de cela. En face, Serena n’est malheureusement pas dupe. Elle affiche alors un sourire amusé et croise les bras sur sa poitrine. « Cette fille que tu regardes depuis dix minutes et pour laquelle tu ne m’écoutes même plus ! » Elle arque les sourcils, affichant cette expression qu’Evan déteste tout particulièrement dans ce genre de situation. Parce qu’elle s’amuse de ce qui est en train de se passer, elle lit en lui comme dans un lit ouvert et se languit de lui tirer des informations qui pourraient aisément être compromettantes. « Personne … Juste une de mes assistantes. » Il tente de faire comme si tout était absolument normal. Comme s’il ne l’avait pas regardé pendant de longues minutes, oubliant complètement la présence de sa meilleure amie, parce que cela faisait de lui un piètre ami, mais aussi et surtout parce qu’il était hors de question qu’il avoue quoi que ce soit, et surtout pas que cette jeune femme assise seule au bar ne le rendait pas totalement indifférent. Si bien qu’il tente de fuir le regard de Serena, sachant pertinemment ce qu’il y trouverait. « Pas mal. » Serena, qui semble-t-il a détaillé Malia pendant quelques secondes, se tourne vers Evan, arborant toujours cette même mine amusée. Bien trop amusée au goût du garçon d’ailleurs. « Je n’ai pas remarqué. » Décidément, il n’était absolument pas prêt à avouer quoi que ce soit, tentant de regarder n’importe où excepté dans la direction de Serena, et encore moins vers Malia. Il sort même son téléphone de sa poche, histoire de trouver enfin une occupation. Mais voir les messages du boulot ou encore d’Ophelia lui fait rapidement changer d’avis. N’ayant d’autre choix s’offrant à lui, il se décide enfin à faire face à Serena. Il n’aime pas l’expression qu’elle arbore, ni le fait qu’elle le fixe du regard, afin de l’inciter à se confier. « A d’autre ! Tu la dévores des yeux. » Lui qui se pensait être discret, il était évident qu’il n’était pas très doué pour cela et qu’il avait du travail à faire sur lui-même. Il devenait difficile pour lui de nier. Si bien qu’il opta pour le silence afin de lui faire comprendre qu’elle n’avait finalement pas tout à fait tort. « Tu as vraiment un type de femme Evan. » Evan interroge Serena du regard. Malia n’était en rien comparable à Ophelia. Elles étaient deux femmes parfaitement différentes. Cependant, lorsqu’il posa à nouveau son regard sur son assistante, il ne put que se rendre à l’évidence que physiquement, les deux jeunes femmes se ressemblaient étrangement. Ses sourcils se froncent, alors qu’il se prête à une réflexion à ce propos. Etait-il finalement attiré par elle uniquement parce qu’elle ressemblait à Ophelia ? Immédiatement, il secoue la tête, se refusant de trouver une réponse à une telle question. Malia n’était pas Ophelia. Ophelia n’était pas Malia et elles n’étaient absolument pas comparables l’une à l’autre. Mais cette réflexion suscita tout de même un déséquilibre chez le jeune homme. Cependant, il n’eut pas le temps de trop y réfléchir puisque Serena sortit Evan de ses pensées après avoir rapidement checké ses messages. « Urgence à l’hôtel. » Elle se confondit en excuse avant de se lever pour venir embrasser la joue de son ami. S’il aurait aimé rester plus longtemps avec elle, il comprenait largement qu’elle doive le quitter. Ceci lui était lui-même arrivé à de si nombreuses reprises qu’il ne pouvait lui reprocher quoi que ce soit. Il la serra un instant dans ses bras pour lui dire au revoir et lorsqu’ils se séparent elle n’hésite pas à lui lancer une dernière remarque, désignant d’un signe de tête Malia, installée au bar. « Offre lui un verre ! » Après un clin d’œil et un regard qui veut en dire long, Serena s’éclipse afin d’aller traiter au plus de cette fameuse urgence à l’hôtel. Ne prenant de toute évidence pas en compte la remarque de son amie, Evan se dirige vers la sortie. Il ne voyait plus vraiment l’intérêt de rester ici sans Serena. Ca n’était sans le moindre doute le genre d’endroit dans lequel il se sentait à l’aise, bien au contraire. Mais une fois devant la porte d’entrée du bar, il s’arrêta. Il déposa ses doigts sur la poignée de la porte, sans pour autant être capable de finaliser son geste afin d’ouvrir et de s’échapper à son tour du bar. Quelque chose le retient. Ou plutôt quelqu’un. Sans réellement savoir pourquoi il fait cela, Evan se ravise. Il ne peut pas partir, pas maintenant, pas en sachant qu’elle se trouve là, seule. Il relâche la poignée, plisse nerveusement les lèvres, ne sachant pas si c’était là, la meilleure des décisions qu’il ait décidé de prendre, mais finalement, il fait volte face et se dirige doucement vers Malia. Celle-ci ne semble toujours pas l’avoir remarqué –ou du moins, c’est ce qu’il croit. Elle ne cesse de regarder son téléphone, tout en faisant frénétiquement tourner sa touillette dans son cocktail. Il s’arrête à côté d’elle, prenant appui sur le bar. « C’est pas très prudent de rester seule dans ce genre d’endroit mademoiselle Ryswell. » Il affiche un léger sourire alors qu’il fait signe au barman de lui servir deux verres. « C’est pour moi. » Il repose alors son regard vers Malia qui n’a pas levé les yeux vers lui, mais il ne peut s’empêcher de remarquer qu’un léger sourire s’est immiscé aux coins de ses lèvres. Lèvres qu’elle mordille doucement, sous le regard d’Evan qui a bien du mal à ne pas la trouver totalement irrésistible. Peut-être était-ce dû au fait qu’ils ne se trouvaient pas là dans le cadre du travail, il l’ignorait, mais elle avait bien trop d’effet sur lui ce soir. Tout ceci le dépassait totalement. « C’est vrai, beaucoup d’hommes un brin lourds profitent de cette solitude passagère pour venir me tenir compagnie, persuadés que cela me ferait plaisir. » Elle tourne enfin la tête vers Evan avec un sourire qui veut en dire long. Elle le taquinait ouvertement. Chose qu’elle ne faisait pas du tout au travail, ou pas de la même manière. Le fait est qu’il avait noté qu’il ne la rendait pas totalement indifférente, il avait remarqué ce jeu de séduction subtile qu’elle avait débuté avec lui. Et il s’était longtemps dit que ce n’était que dans sa tête, qu’une femme de son envergure ne pouvait pas ouvertement lui lancer des signes de la sorte, mais plus le temps avançait, plus il y était réceptif et plus il aimait cela. Même s’il tentait de l’ignorer, même s’il tentait d’y faire abstraction. Le fait est que ce soir, il n’avait pas la moindre envie de résister. Il avait, malgré lui, terriblement envie d’entrer dans ce jeu dangereux qui s’était installé entre eux sans qu’il ne s’en aperçoive. « J’attend un ami. » Il venait d’avoir la confirmation que c’était bel et bien un homme qu’elle attendait et cela eut le mérite de faire baisser l’intensité de son sourire. Ceci même si mention ‘ami’ devrait pourtant le rassurer. « Mais, il ne semble pas être là pour l’instant, alors j’imagine que je vais devoir me contenter de mon boss. » Elle sourit de nouveau, de ce sourire qui ferait fondre n’importe qui, Evan le premier. Le barman revient à ce moment-ci déposant les deux verres sur le bar. Mais le jeune homme est bien trop accaparé par le regard de son assistante pour y prêter attention. Ses yeux presque envoutant qui ont un effet particulièrement révélateur sur lui. Il s’y perd, complètement. Il n’arrive pas à s’en défaire. Ils restent là un moment à se regarder, oubliant un instant totalement le reste du monde autour d’eux. « Nous ne sommes plus dans le cadre du boulot Malia. » finit-il par dire doucement en se rapprochant doucement d’elle, choisissant volontairement de rester debout. Il aimait cette hauteur qu’il avait à cet instant sur elle. Bien sûre, il aimait toujours être au dessus des autres, en toutes circonstances, mais il en allait de toute évidence autrement avec la jeune femme. Evan ne disait jamais un mot plus haut que l’autre, jamais il n’insinuait quoi que ce soit, ou du moins, pas encore. Mais le fait est qu’entre eux, tout se passait par le regard. Et il était clair qu’à cet instant, dans leur regard, quelque chose s’embrasait. « J’ai donc le droit de vous offrir un verre sans que cela soit mal interprété. » finit-il par dire en faisant glisser le verre vers la jeune femme. Elle l’attrape avant de venir faire cogner son verre contre celui d’Evan, histoire de trinquer à cette soirée qui s’annonçait particulièrement intéressante. « Je pourrais croire que vous cherchez à me séduire Monsieur Ashmore. » Elle arque avec défit les sourcils alors qu’Evan ne peut s’empêcher d’étouffer un rire. Malgré lui, son regard se dirige vers son alliance qu’il n’a jamais retirée. « Je suis un homme marié voyons mademoiselle Ryswell. » Oui, Evan était un homme marié. Il était l’heureux époux d’Ophelia Ashmore qu’il, selon les dires de la presse, aimait follement et ne voyait pas sa vie sans elle. Alors oui, il n’envisageait pas sa vie sans elle, parce qu’ils étaient un duo incontestablement puissant et indestructible mais le fait est que l’amour entre eux n’était plus vraiment aussi fou qu’il avait été. Et cela, Malia l’avait bien remarqué. Il fallait être idiot pour ne pas le remarquer d’ailleurs lorsqu’on passait des journées entières à ses côtés. Cela faisait plusieurs mois que Malia travaillait pour Evan aujourd’hui et elle avait appris à le connaître, elle avait appris à lire en lui, à comprendre ses réactions et surtout, elle avait observé le regard qu’il posait sur elle lorsqu’il pensait ne pas être vu, et pire encore, le regard qu’il arborait à cet instant. « Pour ce que ça vaut. » Cette seule phrase suffit probablement à Malia pour comprendre que finalement, son statut d’homme marié n’était pas aussi impénétrable qu’il tentait de le faire croire au reste du monde. Car c’était un fait, Evan se laissait totalement avoir par le charme de Malia Ryswell. Si bien qu’il finit par s’installer à ces côtés, baissant de toute évidence sa garde et par passer sa soirée auprès d’elle, à discuter de choses et d’autres, à enchaîner les verres, à totalement rentrer dans son jeu de séduction sans pour autant concrétiser quoi que ce soit, à apprendre à la connaître davantage, à la découvrir sous un nouveau jour, à profiter de son regard ravageur et de ce sourire qu’il aimait tant. Les minutes, les heures passèrent à une vitesse folle. Le temps passait définitivement bien trop vite à ses côtés, et ceci n’était pas seulement dû aux méfaits de l’alcool qui faisait progressivement ses effets. « Je ne suis pas mécontente de m’être faite poser un lapin finalement. » finit même par avouer Malia en fin de soirée, après un énième verre. Verre qu’ils avaient décidé d’un commun accord d’arrêter de compter. Afin de profiter simplement de ce moment, de cet instant, de cette soirée qui venait incontestablement de les rapprocher plus encore, et d’élever à un niveau dangereusement supérieur leur jeu de séduction et de les emmener sur une route qui courrait probablement à leur perte à tous les deux d’ici peu.





Evan raccroche le téléphone de son bureau avec virulence, définitivement agacé. Il soupire et se laisse retomber au fond de son siège, l’air contrarié. Il secoue nerveusement la tête maudissant cet abruti de Peterson. Pourquoi fallait-il toujours que cet imbécile de milliardaire se décide à se manifester à la dernière minute pour la signature d’un contrat ? Il était déjà dix-neuf heures, vendredi soir et l’homme d’affaire avait clairement stipulé – ou du moins son assistant complètement débordé l’avait fait- qu’il souhaitait signer le contrat dès l’aube le lendemain matin, parce qu’il devait se rendre à l’autre bout du monde pour un voyage d’affaire par la suite, ou on ne se quelle excuse idiote pour ruiner la soirée et le weekend d’Evan. Il aurait naturellement pu refiler la tâche aux groupes de juristes qui travaillaient au sein de son entreprise mais la plupart avaient quitté le bureau pour partir en weekend. Le fait est qu’à cette heure-ci, un vendredi soir, les couloirs de la société étaient bien moins remplis. Un énième soupire s’échappe d’entre les lèvres du jeune homme alors qu’il attrape son agenda pour découvrir ce qu’il allait devoir annuler ce soir pour passer la nuit à la rédaction de ce stupide contrat. Il tourne rapidement les pages de son agenda et s’arrête à la date d’aujourd’hui. « Et merde. » Il se frotte nerveusement la nuque, Ophelia allait le tuer. Ce soir, se déroulait un débat important pour la campagne de la jeune politicienne, notamment contre une porte-parole particulièrement tenace du parti adverse, qui était de toute évidence sa rivale principale. Evan lui avait promis qu’il serait présent, pour garantir l’image de leur couple parfait, mais aussi et surtout pour la soutenir comme le ferait n’importe quel mari digne de ce nom. Il savait que c’était important pour elle. Mais le fait est que ce contrat avec Peterson l’était tout autant pour lui. Il soupire pour la énième fois, avant de balancer son agenda et de contourner son bureau. Il se dirige immédiatement vers celui de ses assistants, qui partageaient une pièce relativement grande pour tous les accueillir ; dans l’espoir qu’il en resterait quelques uns, au moins un. Il frappe et entre sans attendre de réponse comme il finalement l’habitude de faire. Il est rassuré de voir qu’il y a encore quelques personnes présentes. Naturellement, son regard se porte sur Courtney. « Courtney, j’ai besoin de vous pour rester au bureau plus tard. Peterson veut son contrat rédigé pour demain, neuf heures. » La bienséance aurait voulu qu’il propose et n’impose pas des heures supplémentaires à son assistante, mais le fait est qu’il était bien au dessus de cela. D’ailleurs celle-ci, qui était en train de revêtir son manteau, probablement pour enfin rentrer chez elle, grimaça. Toute la déception du monde put se lire dans son regard, alors que les autres personnes dans la pièce ne purent s’empêcher de se moquer amicalement de leur collègue. « Mais, c’était ma première soirée de libre ce soir, je devais aller dîner avec mon … » Evan arque les sourcils, levant la main pour lui faire signe de se taire. Il détestait entendre les justifications de ses employés et avait tendance à croire que ces derniers lui devaient constamment obéissance. « Et bien annulez. C’est important. » Courtney serre la mâchoire, définitivement agacée par l’attitude de son patron, mais celui-ci n’y prête la moindre attention et détourne totalement son regard d’elle, jugeant de toute évidence le sujet clos. « Oh et Davis, appelez ma femme et dîtes lui que je ne pourrais malheureusement pas être présent ce soir, que je suis désolé, tout ça ! Enfin, dîtes lui quelque chose qui lui fera plaisir et calmera ses nerfs. » Si des personnes normales, lambda, auraient été offusquées de son manque cruel de décence envers sa femme et par le fait qu’il refilait toujours le sale boulot à ses assistants, ces derniers ne le furent pas, bien trop habitués. Davis hoche donc la tête et s’exécute sans rechigner une seule seconde. Il n’était pas le plus à plaindre dans cette histoire. D’ailleurs, Courtney avait bien du mal à cacher son mécontentement, sans pour autant qu’Evan en soit attendri. Lui aussi aurait préféré faire autre chose de sa soirée. Mais hélas ça n’était pas possible. « Monsieur Ashmore ? » La voix de Malia arrive aux oreilles d’Evan alors que ce dernier s’apprêtait à quitter le bureau. Il fait alors volte face vers la jeune femme, avec un regard bien différent de celui qu’il avait eu en s’adressant à Courtney. Il l’interroge simplement du regard, ayant bien du mal à retenir son sourire. Le fait est que depuis cette soirée au bar, et leurs petites conversations clandestines ici et là lors de cocktails organisés par Ashmore Industries entre autres, les deux jeunes adultes ne faisaient plus autant de manières lorsqu’ils s’adressaient l’un à l’autre. Il avait donc presque perdu l’habitude qu’elle le nomme ainsi. « Je peux remplacer Courtney ce soir, afin qu’elle puisse se rendre à son dîner, si cela ne dérange pas. Je n’ai rien de très intéressant de prévu ce soir … » Cette fois, Evan a bien du mal à masquer son sourire. Il reste là un instant, plongeant ses yeux dans les siens, sous le regard médusé de leur collègue. Il n’était pas persuadé des capacités juridiques de Malia, qui était nouvelle et clairement novice en la matière – il l’avait bien remarqué, mais avait décidé de ne pas y accorder plus d’importance que cela- mais il lui était bien trop difficile de refuser une telle proposition. Car c’était un fait, passer sa soirée, certes à travailler, avec Malia était bien plus attractif que de la passer avec Courtney, malgré tout le respect et l’affection qu’il pouvait avoir pour sa plus ancienne assistante. « Bien, parfait, qu’il en soit ainsi. Courtney vous pouvez rentrer chez vous. » Lâche-t-il finalement sans pour autant détourner son regard de Malia. Ceci lui est tout bonnement impossible. Il ne se ressaisit que de très longues secondes après, se rappelant qu’il s’était juré de ne pas succomber à cette tentation de plus en plus dévorante que représentait de toute évidence pour lui, Malia Ryswell. Une bonne heure plus tard, les locaux de Ashmore Industries furent totalement désertés. Courtney put se rendre à son fameux rendez-vous, qui selon ses dires ne devait plus être arrivé depuis des années, et l’ensemble de son personnel put partir en weekend. Il ne restait que lui, et Malia, installés autour de la table basse de son bureau, sur les sofas. Evan avait pris soin de leur faire livrer quelque chose à manger et il avait même sorti une bouteille d’un vin hors de prix que lui avait offert un client, histoire de compenser la pénibilité que cela devait être de devoir travailler une bonne partie de la nuit sur la rédaction du contrat. Des plans, des feuilles, des calculatrices étaient dispersées ici et là sur la table. Il était conscient qu’il allait probablement devoir faire le plus gros du travail, mais le fait est que cela était compensé par la présence même de Malia. Si leurs conversations se centrèrent exclusivement sur le travail, ils leur arrivaient tout de même d’embrayer sur d’autres choses de temps à autre. « Je suis désolé d’avoir ruiné ton vendredi soir Malia. » La jeune femme, le nez fourré dans l’une des boîtes de nouilles sautés qu’ils avaient commandé, releva la tête vers son patron, affichant un mince sourire. « J’ai connu pire. » Elle lui lance un regard entendu avant de reposer la boîte pour se consacrer au calcul des différentes charges à inclure dans le contrat. A cet instant, c’est plus fort que lui, il laisse son regard vagabonder sur la silhouette de la jeune femme, décidemment très intéressé par sa manière de travailler, bien plus que par le travail en lui-même en somme. Elle le déconcentre totalement, tant qu’il a bien du mal à se mettre réellement au boulot, ceci malgré l’urgence évidente de la situation. Il ne détourne son regard d’elle que lorsqu’elle lève les yeux vers lui et le prend sur le fait. Gênant. Il plonge à nouveau son regard dans le brouillon du contrat et s’y consacre pendant plusieurs heures sans se perdre dans la contemplation de la jeune femme ou par des conversations qu’il ne devrait pas avoir avec elle. Mais le fait est qu’au bout de longues heures de travail, l’envie de travailler disparaissait petit à petit, et plus le temps passait, plus leurs conversations n’avaient plus rien à voir avec le travail, plus ils s’éparpillaient, et plus ils se rapprochaient. Car, elle avait trouvé le prétexte d’un document qui se trouvait à la droite de son patron pour venir le rejoindre. Et il serait mentir que de dire qu’il n’appréciait pas cette initiative. « Je te ressers du vin ? »  Lui demande-t-il alors qu’il attrape bouteille quasiment vide. Le fait est qu’ils avaient tous deux une bonne descente. Mais c’était pour la bonne cause, ils devaient rester éveillés. Même si, la réalité ne pouvait en aucun cas de quelconque bienfait du vin pour rester éveillé. Elle tend machinalement son verre vide vers lui. Ils trinquent pour la énième fois, ne se quittant que très rarement des yeux. Encore une fois, absolument rien de concret ne se passait entre ces deux là, mais leurs regards respectifs criaient de toute évidence, tout le contraire. Ceci paraissait invraisemblable et complètement fou, mais c’était bel et bien ce qui se déroulait à chaque fois qu’ils se retrouvaient tous deux seuls et encore plus ce soir. Ils se dévorent des yeux, se lancent quelques sous entendus qui voulaient finalement en dire long et s’effleurent sans arrêt, prétextant la maladresse. Un jeu dangereux, terriblement dangereux qu’Evan jouait là. Lui qui s’était pourtant interdit de faire perdurer le moindre jeu entre eux, la moindre séduction, aussi infime soit-elle, mais il avait complètement perdu pied et c’était exactement le contraire qui était en train de se dérouler actuellement. Pire encore fut le moment où il s’approcha doucement d’elle pour attraper un papier important et qu’il fut attiré comme un aimant au plus proche de la jeune femme. Sans réellement contrôler ce qu’il faisait, il resta là un moment, à seulement quelque centimètre d’elle, plongeant son regard dans le sien et s’y abandonnant totalement. Cette proximité nouvelle le rendait fébrile et le fait est que Malia ne semblait pas en mener plus large. Elle ne bougea pas d’un cil. La respiration haletante de la jeune femme se répercute sur la peau du garçon qui se laissait peu à peu succomber par ce dont il avait envie depuis des mois maintenant. Il pose son regard sur ses lèvres et s’approche doucement, dangereusement, jusqu’à les effleurer. Il n’était qu’à une fraction de seconde de craquer. Il allait faire ce qu’il s’était juré de ne pas faire malgré tout le désir qui l’habitait, il allait l’embrasser, il allait poser ses lèvres sur les siennes et profiter de cette chaleur, de cette proximité qui lui faisait tant envie. Mais dans un timing assez incroyable, au moment même où il allait s’abandonner totalement et se laisser à nouveau corrompre par le plaisir évident de la chair, il fit le geste de trop de sa main droite qui vint renverser la totalité du contenu du verre de vin de la demoiselle sur la moquette. Il s’éloigne aussitôt, sauvé par le gong. « Et merde, je suis désolé ! » dit-il immédiatement en s’affairant immédiatement pour nettoyer sa maladresse. Malia, qui semble totalement ailleurs, met un temps certain pour comprendre ce qu’il vient de se passer. Elle finit par venir l’aider au nettoyage de la moquette, dans la mesure du possible. Et étrangement, aucun des deux n’osa faire, de nouveau, référence à ce bref moment de faiblesse, ce moment de latence complètement avorté. Chacun reprenant sa place sur les fauteuils, à une distance bien plus raisonnable de l’autre qu’il y a quelques minutes. Et bien sûre, ils préférèrent se consacrer pleinement à la conclusion de leur travail, plutôt que parler ouvertement de ce qu’il venait de se passer. (…) .

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    but my brain is already busy being awesome.


Dernière édition par Evan Ashmore le Sam 30 Jan - 19:16, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.   Sam 26 Déc - 16:59

(…) La porte de l’entrée de la demeure des Ashmore s’ouvrit, puis se referma quelques secondes après qu’Evan ait pénétré dans le gigantesque hall d’entrée donnant immédiatement sur l’escalier imposant et fait de marbre. Il soupire en déposant ses dossiers ainsi que sa mallette sur le buffet. Il n’avait pas dormi de la nuit à cause de ce maudit Peterson, et il devait encore le retrouver dans quelques heures. Il le maudissait. Il était tout bonnement épuisé de cette soirée qui avait eu son lot de rebondissements. Le jeune patron se délesta donc naturellement de ses affaires superflues avant de se diriger vers l’une des nombreuses chambres d’invités. Il aurait bien rejoint son lit, mais il savait qu’Ophelia s’y trouvait et il n’avait pas la moindre envie de prendre le risque de la réveiller et de démarrer une dispute à une heure pareille. Pour l’heure, il avait besoin d’une heure ou deux de sommeil, histoire de récupérer un peu et d’être en capacité d’attaquer la journée qui s’annonçait. Il s’écroula comme une véritable masse dans le lit vide de la chambre se trouvant juste à la droite de la chambre conjugale. C’était un fait, Evan dormait bientôt plus souvent dans cette chambre que dans la sienne. Parce qu’il avait tendance à rentrer tard et qu’il ne souhaitait pas réveiller Ophelia, mais aussi et surtout parce que cela faisait bien longtemps qu’ils faisaient les trois quart du temps chambre à part. Ils leur arrivaient de se retrouver par moment, mais ceux-ci étaient terriblement exceptionnels et rares. Ce n’est que deux heures plus tard que son réveil le sortit d’un sommeil bien mérité. Sommeil rythmé par les images de la soirée de la veille. Il eut un mal fou à sortir du lit, mais il finit par s’y résoudre après un bon quart d’heure de latence. Il n’avait pas passé la nuit sur ce stupide contrat pour finalement en louper sa signature. La première chose qu’il fit en sortant du lit, fut de sauter sous la douche, après avoir jeté dans la panière à linge ses vêtements tâchés ici et là de vin rouge dû à sa maladresse légendaire. Il traina un temps fou sous la douche, ayant de toute évidence bien du mal à sortir de l’état léthargique dans lequel il se trouve. Deux malheureuses heures n’étaient évidemment pas suffisantes pour le remettre d’aplomb. Mais il n’avait guère le choix. Fin près, il descendit les marches des escaliers pour rejoindre la cuisine, tentant tant bien que mal de nouer le nœud de sa cravate, en vain. Il en faisait en permanence mais il avait décidemment toujours un mal fou à obtenir un résultat digne de ce nom. Il finit par soupirer, perdant patience et remettant ceci à plus tard. Lorsqu’il arrive dans la cuisine, il fait un signe de tête à Rosa, leur femme de ménage qui s’affère déjà un peu partout dans la maison, et s’empresse de lui servir un café à peine eut-il le temps d’entrer dans la pièce, jetant par la même sa cravate mal nouée sur le buffet. « Merci beaucoup Rosa. » dit-il doucement, tentant de faire preuve d’amabilité alors que son humeur voudrait pourtant le contraire. L’odeur du café lui fait un bien fou. Il ferme les yeux, profitant simplement de ce moment  pour prendre une gorgée régénératrice du liquide noire. « A quelle heure tu es rentré cette nuit ? » A l’entente de la question qui vient de lui être posée, Evan se tourne vers la provenance de cette voix qu’il ne connaît que trop bien. Rosa juge opportun de s’éclipser de la cuisine et probablement aussi loin qu’elle le peut. Car oui, la question que venait de poser Ophelia à son mari ne présageait absolument rien de bon pour la suite. Mais il serait mentir de dire qu’Evan ne s’y était pas attendu. Après tout c’était légitime. Parce qu’il s’était engagé à se rendre à ce fameux débat dont elle était la vedette, et qu’il n’avait pris la peine que de charger l’un de ses assistants de lui passer un coup de fil pour annuler. Quoi de plus lâche en somme. Alors oui, elle avait tous les droits d’être en colère. Cependant, Evan était bien trop fatigué pour entrer dans une nouvelle dispute-car elles étaient ces derniers temps bien trop fréquentes.  « Vers cinq heures. » lâche-t-il en toute simplicité et honnêteté. Le fait est qu’Evan faisait beaucoup d’omission à Ophelia, mais il ne lui mentait jamais lorsqu’elle le questionnait sur quoi que ce soit. De toute manière elle le connaissait bien trop pour savoir quand il lui mentait, il n’avait donc aucun intérêt à ne pas lui dire la vérité, même si cette vérité n‘était pas toujours bonne à entendre. Il boit le contenu de son café d’une traite et dépose la tasse dans l’évier, laissant tout le loisir à Rosa de nettoyer lorsqu’elle en aurait le temps. « Mais je repars là, j’ai rendez-vous avec Peterson pour signer le contrat de la villa de San Diego. » Il contourne calmement la table pour atteindre le buffet et tend la main vers sa cravate qu’il a laissée là quelques minutes auparavant, mais juste avant qu’il ne s’en empare Ophelia s’en saisit. Par habitude, elle démêle le peu de savoir-faire de son mari avant de la glisser autour de son cou et de machinalement nouer ladite cravate avec une aisance folle. Evan se laisse faire, mais il ne peut s’empêcher d’être interloqué. Le fait est que ce genre de scène arrivait aujourd’hui rarement, et qui plus est, pas après qu’il lui ait fait faux bon la veille, pas quand elle s’apprêtait à lui dire ce qu’elle pensait de son attitude, pas quand une dispute se profilait à l’horizon. Elle était bien trop calme et bienveillante. « Où est-ce que tu étais jusqu’à cette heure ? » dit-elle alors d’une voix calme et détendue ; une voix qu’elle aurait pu arborer avec n’importe qui, mais pas avec lui. Cela faisait bien longtemps qu’Ophelia et Evan ne se parlaient plus de la sorte. Il fronce légèrement les sourcils, intrigué ; alors qu’elle resserre doucement le nœud de sa cravate et place correctement la chemise de son époux. Il marque alors une pause où il l’obverse faire, pas bien certain qu’elle n’allait pas exploser d’ici quelques secondes. Et tout le monde savait que lorsqu’Ophelia explosait, il ne valait mieux pas être dans les parages. Evan en premier en était conscient. « Au bureau. » répondit-il simplement, s’interrogeant sur ce que Davis avait finalement pu dire à sa femme pour excuser son absence. « Je bossais sur le contrat de Peterson. » Evan fit quelques pas en arrière pour attraper ses dossiers. Il les montre brièvement à sa femme pour appuyer ses propos, avant de se diriger vers le hall, afin d’enfiler ses chaussures ainsi que sa veste. Mais s’il croyait en avoir terminé avec l’interrogatoire d’Ophelia, il se trompait, et les choses allaient de toute évidence prendre une tournure bien différente. Elle le suit dans le hall et s’arrête lorsqu’elle peut avoir une vue digne de ce nom sur lui. Elle croise alors les bras. Evan décide de ne pas y prêter attention et continue de se préparer à partir, parce que c’est finalement ce qu’il fait tous les matins et la plupart du temps finalement. Ils s’ignorent... Pourtant il est parfaitement conscient de l’expression qu’elle doit à cet instant arborer. Le genre qui ne présageait absolument rien de bon, le genre qui signifiait qu’il ferait bien se partir très loin. « Tu m’avais dit que tu serais là pour mon débat contre Fitzgerald. » Et voilà. Ce qui devait être dit, fut dit. Elle venait là, de lancer le débat, le fameux débat sur son incapacité à respecter ses engagements et à être un époux digne de ce nom. Si Evan avançait toujours les infidélités de sa femme pour excuser ses comportements, il était clair que d’une certaine façon, il était celui qui avait poussé sa femme vers un autre. Il était celui qui l’avait négligé et qui le faisait encore aujourd’hui, alors que finalement, elle ne le méritait foncièrement pas. Il n’avait eu que ce qu’il méritait lorsqu’elle avait pris la décision d’aller voir ailleurs, mais cela, il n’était bien entendu pas encore prêt à se le mettre dans la tête. Rejeter la faute sur Ophelia et la dépeindre comme une abominable et ingrate infidèle était bien plus facile pour lui. Oui, Evan pourrait aisément avoir la palme du pire mari de l’année –depuis plusieurs années consécutives d’ailleurs. Il soupire. Il n’avait pas envie de rentrer dans ce débat, car il savait comment cela allait se finir ; mais il ne pouvait pas non plus se contenter de jouer les habituels goujats. La moindre des choses était de lui présenter des excuses. Choses qu’il avait bien du mal à faire, c’était une certitude. Il arrête alors ce qu’il est en train de faire et pose son regard sur la brune. « Je sais, je suis désolé, mais j’avais du boulot. » A peine a-t-il prononcé ces mots qu’il se maudit d’avoir employé le ton qu’il a utilisé sans même le calculer. Parce qu’avec un ton aussi dédaigneux, il lui faisait clairement comprendre qu’il avait d’autres priorités et faisait par conséquent, tomber à l’eau ses excuses. Alors oui, logiquement, cela agaça au plus haut moins Ophelia qui serra la mâchoire et secoua nerveusement la tête, définitivement excédée par le comportement d’Evan. « Tu as toujours du boulot. C’était important que tu sois là ! » Le ton monte et Ophelia commence à se rapprocher dangereusement d’Evan. Il n’a pas le temps ni l’envie d’entrer dans une dispute. Alors il soupire, las, comme il le fait à longtemps de journée avec Ophelia. C’est loin d’être l’attitude à adopter dans ce genre de circonstances, surtout face à une Ophelia énervée, mais c’est plus fort que lui. D’autant plus qu’il décide même inconsciemment de creuser sa propre tombe par des mots qui allaient probablement déclencher la troisième guerre mondiale dans la demeure des Ashmore. « C’est bon Phee, ce n’était qu’un stupide débat sans importance, y’en aura d’autre ! » Oui, il avait osé. Osé dire à Ophelia Westmore, passionnée et dévouée à la politique et à son statut au sein des républicains que le débat de la veille n’était en rien quelque chose d’important. Sa réaction ne se fit d’ailleurs pas attendre. Elle écarquilla les yeux, laissa ses bras retomber le long de son corps et s’avança précipitamment vers Evan. Elle était énervée. « Pardon ? Un stupide débat sans importance ? » Erreur. Cela allait bien au delà de l’énervement. Evan était parvenu en quelques mots à la mettre hors d’elle, elle bouillonnait littéralement. Tant qu’on aurait presque pu voir la fureur sortir de chacun de ses pores. Si Evan se débrouillait toujours très bien pour trouver les bons mots lorsqu’il s’agissait de représenter le parti républicain et de s’adresser à leurs partisans ou lorsqu’il devait négocier des contrats dans le cadre de son entreprise ; le fait est qu’il était tout bonnement pitoyable pour trouver les bons mots avec Ophelia, pour ne pas mettre les pieds dans le plat et pour ne pas la mettre hors d’elle. Du moins il l’était devenu au fil du temps. Evidemment, ce genre d’attitude déclencha une violente dispute entre les deux époux. Fort heureusement pour eux, la maison était assez bien insonorisée pour épargner les voisins ou les journalistes un peu trop curieux qui se promenaient bien trop souvent devant leur maison. Des cris, des noms d’oiseau à la pelle, des déploiements de colère, des remises en place, de l’excès, bien trop d’excès de colère voilà ce qui était en train de se dérouler dans chacune des pièces témoins de leur dispute. Celle-ci ressemblait de toute évidence aux autres, parce que ces derniers temps, lorsqu’ils se retrouvaient seuls, ils passaient leur temps uniquement à se disputer, à s’ignorer ou à établir des plans diaboliques pour faire illusion devant les caméras ou bien pour éradiquer toute personne qui pourrait leur faire de l’ombre. Ensemble, ils étaient très forts face aux autres, mais lorsqu’ils se retrouvaient seuls, tout était différent. L’éloignement progressif, le manque cruel de conversation, les tromperies … Tout avait à petit feu ruiné le couple parfait qui n’en était de toute évidence plus un aujourd’hui. Bercés par les engueulades incessantes qui se terminaient toutes de la même façon. Elle claquait la porte, lui aussi et ils ne s’adressaient plus la porte pendant des jours. Pourtant aujourd’hui, à cet instant où Ophelia vint l’asséner dans coup dans l’épaule après lui avoir énoncé ses quatre vérités, la seule chose dont il eut envie – et dont il n’avait plus eu envie depuis des mois- fut d’un tout autre genre. Car, au beau milieu de son discours sur le pourquoi du comment il était un piètre époux, incapable de lui montrer un temps soit peu de soutient, il vint la couper au beau milieu de sa phrase en déposant subitement ses lèvres sur les siennes. Il n’avait plus fait cela depuis bien longtemps. Le fait est que cela faisait un moment qu’il n’avait plus touché sa femme. Car s’ils s’étaient un couple aux yeux des caméras, ils ne l’étaient plus le moins du monde en dehors. Et pourtant, sans savoir pour qui, ni pourquoi, la colère de la jeune avait aujourd’hui eu un effet totalement contradictoire au reste du temps. Il avait, l’espace d’une fraction retrouvé la femme qui lui avait plu il y a bien longtemps. Il avait retrouvé cette force de caractère, cette honnêteté et cette passion dévorante qui l’attirait tant chez elle. Et il l’avait embrassé. Embrassé pour la faire taire, mais aussi et surtout parce qu’il avait été pris d’une subite envie, telle une pulsion inexplicable qu’il n’avait pu contrôler. Définitivement plus habituée à ce genre d’acte de la part d’Evan, Ophelia le repoussa aussitôt. Mais le fait est qu’une fraction de seconde à se regarder l’un et l’autre suffit à ce que tous deux se comprennent et se ruent finalement et paradoxalement littéralement l’un sur l’autre. Une pulsion passionnelle dévorante en somme qui fit qu’ils oublièrent totalement, durant cet infime moment leurs désaccords, leur conflit permanent, leur rendez-vous respectifs pour s’abandonner totalement l’un à l’autre, se délestant peu à peu de chacun de leurs vêtements. Finalement, Rosa avait eu parfaitement raison de partir puisque ce moment fit qu’ils oublièrent totalement tout ce qui étaient superflus, tout ce qui les entouraient et leur importaient à l’ordinaire, se laissant simplement aller au plaisir charnel, à ces retrouvailles particulières. Une consommation de leur union juste là, sur le plan de travail de la cuisine. Et bien sûre, cela eut pour conséquence de le mettre en retard pour son rendez-vous avec Peterson. Il arriva près de vingt minutes plus tard sur le lieu de rendez-vous où ses assistantes l’attendaient devant le restaurant où ils devaient conclure officiellement le contrat. « Je suis désolé, j’ai eu un contre temps. » dit-il essoufflé lorsqu’il arrive à la hauteur de ses assistantes. Il remet un peu d’ordre dans ses cheveux et jette un regard vers son reflet dans la vitre. S’il y avait bien une chose qu’il détestait, c’était lorsque ses cheveux ne répondaient plus de lui. Derrière Courtney, il entend une jeune femme ricaner, l’une de ses assistantes qui n’hésite pas à aller du son commentaire à l’oreille de Malia. « Tu parles qu’il a eu un contretemps. »  Bien sûre, Evan déteste ce genre d’allusion et l’assène immédiatement d’un regard noir qui fait reprendre aux deux jeunes femmes tout son sérieux, malgré le fait qu’il ne regarde pas une seule seconde Malia. Enfin, durant une fraction de seconde car au moment même où ils s’apprêtent à rentrer dans le restaurant, Malia lui chuchote quelques mots que l’ensemble des assistantes peut entendre. « Ta chemise … » Evan fronce immédiatement les sourcils à l’indication de Malia, prenant le parti de totalement passer sous silence ce qu’il avait pu se passer-ou non pas se passer entre eux la veille, et baisse les yeux vers la provenance de ce qui semble être le problème. Il était parti en quatrième vitesse lorsqu’il s’était rendu compte que ce moment de faiblesse ou de bref retour de flamme avec sa femme l’avait mis complètement en retard. Il se sent immédiatement gêné et reboutonne le reste de sa chemise avant de reprendre tout son charisme et son autorité ordinaire sous le regard particulièrement étrange de Malia. « Allons-y. » Car après tout, s’ils attendaient encore longtemps derrière cette porte, Peterson allait perdre patience et abandonner la signature de ce contrat en or et c’était la dernière chose qu’ils souhaitaient.





Perdu, déboussolé, confus. Voilà ce qu’Evan était en ce moment. Il ne savait plus vraiment sur quel pied danser ni même s’il pouvait encore réellement danser. Le regard dans le vide, il laisse vagabonder son esprit à tout ce qui se passait dernièrement dans sa vie. C’était d’ailleurs un bordel monstre. Ses yeux se ferment un instant, se demandant comment il était parvenu à se mettre dans une situation pareille et comment cela était possible d’être à ce point indécis. Un soupire discret s’échappe de ses lèvres, quelque peu fatigué par ses propres pensées. Celles-ci étaient définitivement hantées par la silhouette de Malia Ryswell, par ses lèvres qu’il n’avait pu saisir, par son sourire ensorcelant, ses fossettes, cette capacité qu’elle avait à le rendre terriblement faible, à l’image d’un adolescent face à la plus belle fille de l’école. C’était terrible. Et même s’il se persuadait que rien ne pourrait jamais se passer, que cela ne resterait pour lui qu’au stade du fantasme, il avait bien du mal à en rester là. Et paradoxalement, il y avait Ophelia. Sa femme. Celle qu’il avait autrefois follement aimé, celle pour laquelle il s’était battu corps et âme contre sa famille afin de pouvoir l’épouser, celle pour qui il aurait tout donné et celle dont il s’était finalement peu à peu éloigné au fil des années et qu’il avait fini par totalement perdre, la jetant dans les bras d’un autre. Et pourtant, s’il croyait leur amour définitivement terminé, parfois, il s’étonnait à penser que celui-ci avait encore une chance, que leur mariage n’était pas totalement perdu. Ils s’étaient retrouvés, il y a quelques jours de cela. Ils s’étaient disputés, avec un aplomb qui leur ressemblait de toute évidence et ils s’étaient embrassés. Pas comme ils s’embrassaient devant les journalistes non, ni même comme ils le faisaient parfois furtivement lorsqu’ils se retrouvaient par simple habitude. Non, un baiser passionné et passionnant. Le genre qui met un bordel monstre dans votre tête. Le genre qui dérape totalement et qui les a fait littéralement se jeter dessus, s’abandonnant totalement l’un à l’autre et faisant renaître une parcelle de leur mariage. Tout ceci était bien trop compliqué dans son esprit. Parce qu’il pensait son mariage terminé, parce qu’il était irrémédiablement attiré par une autre, mais que pourtant, ces derniers temps, il s’était surpris à regarder sa femme lorsqu’elle dormait, à venir automatiquement partager le lit conjugal, et à provoquer volontairement des disputes pour finalement y trouver une excuse pour aboutir au même résultat. A l’arrière de la voiture aux vitres teintées de son chauffeur attitré, Evan sent ces doigts venir s’entremêler aux siens. Un mince sourire s’immisce au coin de ses lèvres. S’il est un brin surpris de ce geste d’affection, il aime pourtant ce contact. Il la regarde un instant, resserrant sa main dans la sienne. Elle est magnifique ce soir, comme chaque soir certes, mais ce soir tout particulièrement. Il ramène leur deux mains nouées l’une dans l’autre sur son genou et baisse les yeux vers celles-ci, posant son regard sur l’alliance d’Ophelia qu’il fixe un moment sans trop savoir à quoi tout ça allait les mener. Ce soir était une soirée importante pour Ophelia et Evan s’était libéré pour elle. Afin qu’ils donnent le change devant les caméras. Mais paradoxalement, à cet instant-ci, aucun journaliste n’était présent pour être témoin de ce mince amour qui ressurgissait de nulle part. De son pouce, il caresse doucement la main d’Ophelia avant de reposer les yeux sur elle. « Tu vas être incroyable ce soir. » Il lui sourit, afin de lui donner du courage. Parce que même si elle ne le disait pas, il le savait, Ophelia était stressée, angoissée par ce qui l’attendait ce soir-même. D’un geste tendre, il replace une mèche de cheveux de la jeune femme et vient retrouver furtivement ses lèvres, histoire de ne pas trop ruiner son maquillage. C’était étrange, terriblement étrange. Il ignore pourquoi il agit ainsi. Il en avait simplement envie sans pour autant savoir expliquer pourquoi. Elle lui répond par un sourire avant de doucement passer son propre pouce sur la lèvre inférieure de son mari, histoire de lui retirer le rouge à lèvres qui est venu s’immiscer lors de leur baiser, aussi furtif soit-il. Ils n’avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. Le fait est qu’en les regardant là, à cet instant, on avait l’illusion de leur couple d’antan… Lorsqu’ils sortent du véhicule, deux sourires magnifiques et probablement sur-joués se greffent immédiatement sur leur visage afin de pouvoir faire bonne figure devant la tonne de photographes, spécialement engagés pour l’occasion. Leurs mains ne se sont pas lâchées une seule seconde. Ils jouent le jeu sur le tapis rouge, souriant, posant pour les photographes, afin de montrer que leur couple est toujours celui qu’il était. Mais, étrangement, ce soir, ils se forcèrent un peu moins à jouer le jeu. Lorsqu’ils pénètrent dans la salle spécialement aménagée pour l’occasion, pour ce grand débat rassemblant les plus grands politiciens de tous les partis, ils furent rapidement séparés, par la foule mais aussi et surtout par cette multitude de personnes qui avaient de toute évidence envie d’accaparer Ophelia. Et puis, elle devait se préparer à monter sur scène d’ici une petite heure. Il la laissa donc aller à ce qu’elle avait à faire, pour à son tour se prêter au jeu des conversations mondaines. Il était lui-même porte-parole du parti Républicain auquel appartenait sa femme. Bien sûr, il avait un rôle bien moins important que celui d’Ophelia, mais il s’était lui aussi fait une place dans le milieu. Il écoute d’ailleurs longtemps l’un de ses confrères se venter de son dernier projet sur le droit des étrangers –ou le non droit, allez savoir. S’il l’écoute un bon moment, il finit par totalement se perdre dans la contemplation de la foule, hochant parfois la tête à l’égard de son interlocuteur, histoire de faire bonne figure. Lorsqu’il l’aperçoit, un nouveau sourire éclaire son visage. Vêtue d’une longue robe couleur Rubis, il a comme à l’accoutumer, bien du mal à la lâcher du regard. Ses cheveux sont relevés en un élégant chignon qui la rend encore plus somptueuse. L’espace d’un instant, il se perd complètement, parce qu’elle a constamment ce même effet sur lui. Il est totalement et irrémédiablement attiré par elle. Tant qu’il finit par presser le bras de son collègue et se confondre en excuse pour pouvoir la rejoindre, abandonnant sur le chemin sa coupe de champagne quasiment vide. Malia est actuellement entourée de quelques unes des assistantes d’Evan et de ceux qui devaient être leur rendez-vous pour la soirée. Il s’empressa d’ailleurs de remarquer que Malia était à cet instant la seule à ne pas avoir d’homme à son bras. Une satisfaction difficilement dissimulée. Lorsqu’il atteint sa hauteur, il fait un signe courtois de tête à Courtney et Claudia, avant de se rapprocher de Malia. « Tu es magnifique ce soir. » Il lui chuchote ces quelques mots à l’oreille, se rapprochant dangereusement de son cou, afin que personne ne puisse capter ses paroles. La jeune femme joue la surprise, quand il était pleinement conscient qu’elle l’avait vu arriver à sa droite depuis un moment. D’ailleurs, même si elle ne le regarde dans un premier temps, pas, il aperçoit son sourire s’élargir. « Merci. Tu n’es pas mal non plus. » Lâche-t-elle après un rapide coup d’œil vers Evan, qui était bien trop près d’elle pour qu’elle décide de lui faire face plus longtemps. Bien sûre, il accueille ce compliment avec plaisir. Cela faisait toujours du bien à l’égo. Et lorsqu’il s’apprête à continuer ce petit jeu de séduction de plus en plus assumé, Malia le prend de cours. « Ta femme est sublime. » Il est un instant déstabilisé par ce que Malia vient de dire, et plus encore lorsqu’il suit son regard, se posant au loin sur Ophelia, un large sourire aux lèvres, échangeant des poignées de main avec les hommes et femmes les plus importants du pays. Elle avait raison, Ophelia était sublime. Elle l’était toujours. C’était d’ailleurs l’une des raisons qui faisait que parfois, il culpabilisait d’être un aussi piteux mari, mais le fait est qu’il ne pouvait s’en empêcher. Il ne pouvait s’empêcher de faire perdurer ce jeu dangereux entre Malia et lui, il ne pouvait se résoudre à mettre un terme à cette proximité nouvelle qu’il avait finalement acquis avec son assistante. Et même s’il s’empêchait d’aller plus loin, cela ne voulait absolument pas dire qu’il ne la voulait plus à ses côtés, bien au contraire. Il la voulait près de lui en permanence, et rien que pour lui. D’ailleurs en parlant de ça… « Malia je nous ai rapporté deux verres … Oh, Monsieur Ashmore, heureux de vous voir. » Immédiatement, Evan fronce les sourcils devant Cameron Turner, l’un de ses employés du pôle comptabilité. S’il avait fait parvenir à ses assistants des invitations pour l’événement, il ne l’avait de toute évidence pas fait pour l’ensemble de ses employés. Que faisait donc cet imbécile ici ? Et pourquoi avait-il été chercher un verre pour Malia ? En face, l’étonnement et l’air dubitatif de son boss, font que Cameron se sent tout à coup très mal à l’aise. De son expression de six pieds de long, il tend la coupe à Malia, totalement nerveux. « On s’est vu ce matin Turner. » Evan fait à ce moment aucune preuve de courtoisie ou d’amabilité. Bien au contraire. Il est sec et terriblement froid. Le cliché du patron intransigeant qui met une gigantesque barrière avec ses employés. La raison à cela était évidente. Il n’était pas foncièrement idiot et il avait bien compris que l’invité de Malia pour l’occasion n’était autre que Cameron Turner. Ce dernier, totalement pris de panique décide, après quelques bafouillages, de s’éloigner d’Evan et se prendre place de l’autre côté de Malia. Pas peu fier de cette décision, Evan jeta un regard en biais vers Turner, qui, il l’espérait allait passer son envie de faire quoi que ce soit avec Malia. Mais bien entendu, comme rien n’allait comme on le souhaitait, il fut contraint de constater que Malia venait de glisser sa main dans celle de Turner. L’expression de son visage se referme immédiatement. Il n’aime pas ça. Il n’aime pas cette image et une pointe de jalousie fait immédiatement jour alors qu’il détourne son regard. Il en avait assez vu. Il repose alors son regard au loin, vers la scène où Ophelia se trouve et où elle peut aisément le voir. Mais le fait est qu’elle semble bien trop accaparée par ses nombreux partisans et admirateurs pour faire attention à lui. Alors, c’est plus fort que lui, il est obligé d’interroger Malia, s’approchant à nouveau de son oreille afin qu’ils ne soient pas ou peu entendus. « Alors, toi et Turner ? » Il avait envie qu’elle lui dise que ce n’était rien, qu’il ne signifiait absolument rien pour elle, qu’il n’était qu’un homme parmi tant d’autres et qu’il ne se passerait rien entre eux. Mais ce n’est pas ce qu’elle fit. « On dirait bien. » dit-elle avec une nonchalance folle et parfaitement calculée, qui agace bien entendu Evan, sans que pour autant, il ne montre quoi que ce soit. Il n’aimait pas la savoir avec un autre ou peut-être n’aimait-il pas le fait qu’un autre pouvait faire, avec elle, ce que lui ne pouvait pas faire. Il s’approche alors plus encore de sa joue et passe l’une de ses mains dans le dos de la demoiselle avant de lui glisser quelques mots à l’oreille qui voulait en dire long. « De toi à moi, tu mérites bien mieux. » Son regard est plein de sous entendus et déconcerterait presque Malia qui ne trouve rien à redire immédiatement. Ce n’est pas ce qu’il a fait de plus intelligent, parce qu’il venait là d’avouer implicitement qu’il n’appréciait guerre cette relation qu’elle avait avec Turner –qui sera d’ailleurs licencié près d’une semaine plus tard pour ‘’faute professionnelle’’- et qu’elle méritait un homme d’un autre standing, en d’autres termes, un homme comme lui ; ou lui. Mais c’était aussi totalement inconscient de le faire devant une foule de journalistes et de caméras qui scrutaient et analysaient le moindre de ses comportements ; et plus encore devant Ophelia… Sur ces quelques paroles qui pourraient être lourdes de conséquence, Evan prit le soin de s’éloigner, afin de rejoindre la table à laquelle il avait été discrétionnairement placé ; pour pouvoir assister au discours de sa femme. Cependant, avant qu’il ne l’ait atteint, il sentit quelqu’un lui accrocher le bras et l’entraîner dans un couloir à l’abri des regards. S’il se laisse entraîner, il n’en cache pas pour autant sa surprise. Lorsqu’il comprend que ce n’est qu’Ophelia, il se demande bien ce qu’elle veut. Il l’interroge du regard. « J’ai besoin de ton aide. » Il n’aimait pas ce genre d’affirmation qui allait très bientôt se transformer en ordre ou en faveur, c’était une évidence. « Qu’est-ce que tu veux Phee ? » Sa tendance à la maniaquerie fit qu’il ne put s’empêcher de remettre en place sa chemise et sa veste de costume avant de s’intéresser réellement à ce qu’Ophelia avait réellement besoin. Il sentait de là que ça n’allait pas être quelque chose qui lui plairait. « Outre le fait que tu arrêtes de coucher avec tes assistantes ? » Cette réflexion, qui a l’air de beaucoup amuser Ophelia, ne fait bien entendu pas du tout rire Evan qui lève immédiatement les yeux au ciel, croisant les bras, faisant mine de perdre déjà patience. Le fait est qu’il était plutôt susceptible sur le sujet. Et Ophelia l’avait bien remarqué. « Je ne couche pas avec Malia. » bougonne-t-il ne se rendant même pas compte qu’il venait d’énoncer des paroles bien plus révélatrices qu’elles n’en avaient l’air. Ophelia arque alors un sourcil à son tour. Elle, elle avait très bien compris ce qu’il se tramait. Le fait est qu’elle avait toujours tout compris avant que lui-même n’ait eu le temps de saisir quoi que ce soit. « Mais tu en as envie. Tu as un vrai problème avec tes assistantes Evan. » Définitivement, tout le monde semblait l’avoir remarqué, excepté lui. Il juge d’ailleurs opportun de ne rien répondre à cela, n’ayant pas le moins du monde envie d’entrer dans ce débat avec Ophelia qui semblait d’une humeur bien trop amusée pour le sujet qu’elle était en train d’aborder, laissant un Evan totalement confus. Et puis, elle change immédiatement d’attitude, se rapprochant de son époux, qui a pris appui contre le mur. Elle arbore ce regard qu’elle a quand elle veut obtenir quelque chose. Evan n’est pas dupe. Et s’il l’a laisse faire, c’est uniquement parce qu’il est curieux de savoir ce qu’elle pourrait bien lui demander qui nécessite toute cette mise en scène. Elle s’accroche à sa cravate et l’attire vers elle, afin de capter son attention, mais aussi et surtout pour que personne ne puisse comprendre ce qu’ils pouvaient se dire. « J’ai besoin que tu fasses marcher ton charme -qui visiblement fonctionne encore sur certaines-, sur Amelia Fitzgerald. J’ai besoin d’éloigner et d’écraser cette sale petite démocrate qui se croit un peu trop pertinente et puissante à mon goût. » Evan ne peut s’empêcher de sourire. Il retrouve là, Ophelia dans toute sa splendeur. Il retrouve la femme qu’il a aimée, celle qui déborde d’ambition et qui n’hésite pas à jouer des coudes pour obtenir ce qu’elle veut. Et pour ainsi dire, ce genre d’alliance entre eux deux n’était pas nouvelle. Ils n’avaient cessé de faire équipe pour des situations proches par le passé. Et ceci avait toujours beaucoup amusé le couple favori des médias. Oui, ils pouvaient parfois être un duo très peu scrupuleux, presque perfides, mais après tout, dans leur milieu, pour avoir une place, il ne fallait pas être un enfant de cœur. Cela tombait bien, Ophelia et Evan Ashmore ne l’étaient pas le moins du monde. « Je ne suis pas un morceau de viande qu’on agite Ophelia. Qui te dit qu’elle sera réceptive ? » Mais si la perspective de ce petit jeu l’amusait, il n’allait tout de même pas céder à ses demandes aussi facilement. Et bien oui, rien n’était simple entre eux-encore moins aujourd’hui. Ophelia sourit, faisant glisser son index sur le torse d’Evan, jouant de son charme légendaire. « Oh ça va ne joue pas les modestes Evan ! Fais ça pour ta femme, ou pour le parti, au choix ! » Une chose était certaine, s’il faisait une telle chose, s’il acceptait de jouer le jeu et d’écarter Fitzgerald de la compétition, ou au moins de la fragiliser, assez pour qu’Ophelia s’empare de ce moment de faiblesse de sa concurrente et en face ce qu’elle voudrait, ce n’était qu’uniquement pour elle. Il était bien entendu dévoué au parti, mais il n’était pas encore arrivé à vouloir faire ce genre de chose pour les républicains. Il n’était pas prêt à aller aussi loin qu’il avait été pour obtenir son poste actuel chez Ashmore Industries. Il laisse planer un silence durant lequel il regarde sa femme. Dans son regard, elle le prie d’accepter, par ce sourire qui veut tout dire. Elle était prête à tout. Et devant ce spectacle, Evan finit par sourire de plus belle. « C’est d’accord. » Un petit cri de victoire, un large sourire et voilà qu’Ophelia gigotait comme une enfant dans sa robe à des milliers de dollars. Elle n’était pas croyable. Il esquisse un petit rire, visiblement amusé par l’attitude d’Ophelia, et presque heureux de voir qu’il réussissait encore à lui faire plaisir, d’une certaine façon. « Merci chéri. » Immédiatement, elle vint retrouver les lèvres d’Evan qui en profite largement pendant quelques secondes. Il est même presque déçu lorsqu’elle vint rompre ce baiser. « Tu vas devoir me remercier avec plus que ça ! » plaisante-t-il avec un clin d’œil entendu à l’adresse d’Ophelia. Elle rit et s’illustre à ce moment-ci un des rares moments de complicité qu’il peut y avoir entre les deux époux. Aussitôt a-t-il abandonné sa femme qu’il met son plan d’action en marche. Il se joint à la conversation entre un journaliste et la fameuse Amelia Fitzgerald. Elle ne lui est pas inconnue, puisque toute personne s’intéressant à la politique, de près ou de loin, se doit de la connaître. Et puis, il lui était arrivé auparavant de dîner en sa compagnie, avec Ophelia et le meilleur ami de cette dernière, qui était par le plus grand des hasards le compagnon de Fitzgerald. Dans la politique, le monde pouvait s’avérer terriblement petit. Et si les choses avaient pris une tournure assez tragique entre Jalen Dierden et Amelia Fitzgerald, cela n’avait fait qu’accentuer la concurrence qu’il y avait entre les deux femmes. Evan n’avait pas cherché à savoir ce qu’Ophelia ferait des informations pus ou moins compromettantes qui découleraient du jeu de séduction d’Evan. Pour ainsi dire, il ne voulait pas savoir. Il faisait simplement cela pour l’aider, sans vouloir en attendre d’explications en retour. D’ailleurs, malgré tout le charme qu’Evan pouvait avoir lorsqu’il en jouait, la partie ne fut pas facile. Le fait est qu’Amelia Fitzgerald semblait être une femme de principe, qui ne se laissait corrompre, ni avoir par qui que ce soit. Et surtout pas par un Républicain. Et encore moins par un homme marié, qui plus est à sa plus grande rivale. Mais Evan n’avait pas dit son dernier mot. Il n’allait pas rendre les armes aussi facilement. Il avait une autre carte à jouer. Celle qu’Amelia connaissait par le biais des confessions de Jalen : le mariage des Ashmore battait terriblement de l’aile et l’entente n’était clairement plus au rendez-vous. C’était en tout cas là où elle s’était arrêtée et c’était parfait. Evan en joua et ce malgré le risque que cela pouvait supposer. Personne n’était censé savoir que leur couple n’était plus, car cela pouvait coûter très cher à Ophelia quant à sa carrière politique notamment. Mais il savait qu’avec ce qu’il tirerait dans un futur très proche d’Amelia, elle n’irait déblatérer quoi que ce soit à leur sujet. C’est à l’usure qu’il parvint à atteindre la jeune femme et à l’attirer dans ses filets, l’entrainant sans qu’elle s’en rende réellement compte dans une pièce vide, à l’abri de tous les regards. Et c’est à cet instant qu’il obtint finalement ce qu’il souhaitait, ce qu’Ophelia souhaitait. Quelques confessions et surtout, un baiser. Un baiser qui n’avait rien de chaste, un baiser qui aurait pu aboutir sur bien plus s’ils n’avaient pas été interrompus. En effet, quelqu’un entra dans la pièce qu’il était pourtant certain d’avoir verrouillé, à la volée sans même s’annoncer. « Evan, ta … » Le son de cette voix qu’il aurait pu reconnaître entre mille s’arrête à la seconde où elle voit la scène qui s’offre à elle. Evan retire ses lèvres de celles d’Amelia avant de soupirer. Pourquoi fallait-il que le sort joue toujours en sa défaveur ? Il se tourne alors et l’expression qu’il voit sur le visage de Malia le frappe de plein fouet, comme pourrait le faire une gifle. Elle semble en colère et presque dégoutée, malgré tout le mal qu’elle se donne pour faire comme si cela n’avait la moindre importance. Ils restent planter là un moment avant que Malia décide finalement de faire volte-face et de quitter la pièce, claquant la porte derrière elle. S’il était parvenu à obtenir ce qu’il voulait d’Amelia pour le bon vouloir de sa femme, il savait pertinemment qu’il venait de foutre en l’air sa relation avec Malia qu’il ne revit d’ailleurs pas de la soirée …

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Dernière édition par Evan Ashmore le Mer 3 Fév - 22:03, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.   Mer 6 Jan - 20:17

bed2 bed2 bed2 (je n'avais pas encore posté lol)

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MessageSujet: Re: and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.   Mer 6 Jan - 20:30

sex sex sex

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MessageSujet: Re: and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.   Dim 10 Jan - 22:24

Hello handsome hehe hehe bed2
Je t'autorise absolument pas ce genre de propositions indécentes à l'autre brunasse :crie:

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MessageSujet: Re: and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.   Lun 11 Jan - 12:52

na na mais si les propositions de ce genre sont totalement acceptées :hehe2: :hehe2:

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MessageSujet: Re: and we all know how to fake it baby, and we all know what we have done.   Lun 11 Jan - 13:15

Evan a tous les droits :siffle: :siffle:

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