#PRAYFORPARIS

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MessageSujet: › suck it and see   Sam 16 Jan - 12:20


jace carstairs
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Crawling back to you ever thought of calling when you've had a few? cause I always do maybe I'm too busy being yours to fall for somebody new ▪️ crédits : arctic monkeys song


Now is always temporary

NOM(S) ↦ Si beaucoup ont des histoires passionnées et passionnantes au sujet de leur nom de famille et de leur provenance, ce n’est pas le cas du jeune homme. Et pour cause, il a hérité du nom de Carstairs de son père, sans réellement savoir qui il était. Aux abonnés absents la plupart du temps, laissant une mère les trois quart du temps camée ou ivre morte en charge seule de quatre gamins infernaux. Un père indigne en somme, dont le nom n’a jamais signifié grand chose pour chacun des enfants de la fratrie. Cependant, aujourd’hui, son nom de famille précède le garçon et a fait de lui l’homme qu’il est, car c’est bel et bien lui qui fait sa réputation. C’est grâce à ce nom qu’il arpente les rues de Washington en toute sérénité –ou presque- et qu’il y est respecté. Si bien que beaucoup ne le connaisse d’ailleurs que par son nom. PRENOM(S) ↦ Son prénom, Jace, est un dérivé du prénom Jason. Et ce dernier prénom a toujours eu une signification particulière pour Isabelle, sa génitrice. Elle déteste raconter cette histoire, mais hélas, elle a tendance à l’énoncer dans ses moments les plus sombres où sa tristesse, rongée par l’alcool, a raison d’elle. Et Jace ne compte plus les fois où il a dû mettre sa propre mère au lit, la border et lui apporter un verre d’eau pour qu’elle s’hydrate, reste accessoirement en vie et trouve un peu de sérénité. Et à chaque fois, cela ne loupe pas. Elle lui raconte toujours cette même histoire. Elle passe une main sur sa joue, en se demandant ce qu’elle ferait sans lui et Aidan dans sa vie. Elle pleure dans les bras de son premier enfant et lui rappelle qu’à chaque fois qu’elle prononce son prénom, elle pense au seul homme qu’elle n’a jamais réellement aimé, Jason, dont les méfaits de l’ivresse l’ont emporté sur une route à plus de deux cent kilomètres heures. Jace est toujours resté parfaitement stoïque face à cette histoire. Le fait est qu’il n’a jamais été très bon pour montrer de quelconque sentiment, ni même pour prendre soin des autres. C’est probablement pour cette raison qu’il est, du jour au lendemain, sur un parfait coup de tête, parti de la maison familiale sans même se retourner et éprouver le moindre remord. Ceci étant, il connaît l’histoire et la signification de son prénom, sans que cela ne l’importe réellement. Il n’a d’autre part, pas de second prénom. Peut-être était-elle trop ivre pour y penser. DATE DE NAISSANCE ↦ Jace est né il y a trente-trois ans de cela, au beau milieu du mois de Janvier, le dix-huit plus exactement, de l’année 1983. Il n’est pas le genre d’homme à accorder de l’importance à son âge, ni même au temps qui passe. Son rêve a en réalité toujours été d’atteindre l’âge requis pour pouvoir fuir Chicago sans être interpelé et vivre sa vie sans le fardeau que représentait pour lui sa famille. LIEU DE NAISSANCE ↦ ↦ Il est né à Chicago, dans l’un des quartiers les plus pauvres de la ville. Et c’est ici qu’il a passé les dix-huit premières misérables années de sa vie. Il a détesté chacun des moments passés dans cette ville et n’a pas hésité à tout quitter du jour au lendemain. Il a par ailleurs, beaucoup voyagé avant d’élire finalement domicile à Washington où il s’est construit une vie et une réputation.  STATUT CIVIL ↦ S’il y a bien une chose que Jace est et a toujours été, c’est bien célibataire. Le fait est qu’il a toujours tenu à ce célibat. Car dans sa situation, c’est primordiale mais aussi et surtout parce qu’il n’a jamais éprouvé le besoin de se réserver à une seule et unique personne. Si beaucoup au même âge ont déjà vécu une histoire d’amour pleine de rebondissements et de passion –qui les ont pour la plupart littéralement détruit parce c’est un fait que personne ne pourra contredire, l’amour finit toujours mal – Jace n’a jamais vécu ce genre d’histoire. Pour cause, il n’a pas vraiment d’attache pour les femmes. Ou du moins il n’en avait pas jusqu’à ce qu’il ne la raconte elle. Il a toujours traité les femmes comme de vulgaires objets, seulement bonnes à satisfaire sa libido mais le fait est qu’avec elle tout est totalement différent. Il n’a pas le même regard sur elle, qu’il peut avoir sur les autres femmes. S’il a bien entendu, envie de lui arracher sauvagement ses vêtements à chaque fois qu’il pose son regard sur elle, cela va bien plus loin qu’une simple histoire de physique. Et c’est probablement ce qui est le plus effrayant pour Jace. Elle l’impressionne, elle l’attire, elle fait naître en lui tout un tas de sentiments étrangers qu’il n’a jamais ressenti auparavant. Il serait littéralement prêt à tout pour elle, même à donner sa propre vie, chose à laquelle il n’a pourtant jamais pensé pour sa propre famille. Il serait prêt à tout abandonner, à tirer un trait sur sa vie actuelle, à laisser de côté ses déboires, faiblesses et addictions. Mais il sait qu’il ne pourra jamais l’avoir comme il le souhaiterait et c’est probablement cela qui est le plus déchirant. La frustration. Le sentiment que ce que l’on veut le plus au monde est tout simplement inenvisageable et n’arrivera jamais. Alba Malone n’est pas une femme comme les autres. Elle n’est pas une femme douce, souriante et heureuse. Non, c’est une femme brisée, une femme forte, indépendante, autoritaire et parfois même effrayante. Mais, étrangement, c’est ce qui lui plait le plus en elle. Elle ne conçoit cependant pas la vie comme Jace pourrait la concevoir auprès d’elle. Et il est bien conscient que jamais ô grand jamais elle ne parviendra à faire assez confiance à quelqu’un pour s’ouvrir totalement et le laisser posséder une part d’elle-même. Elle n’est pas le genre à s’abandonner dans les bras d’un homme. Elle n’est pas le genre à avoir des relations exclusives. Jace non plus d’ailleurs. Mais il ne conçoit pas non plus de ne l’avoir qu’à moitié. Alors il ne l’a pas du tout. Elle est si proche de lui, tout en étant terriblement éloignée. Elle est intouchable et il se doit de se faire une raison. Chose qui n’est de toute évidence pas des plus aisées.ETUDES/METIER ↦ Cela ne fait l’ombre d’un doute que Jace n’a jamais été très intéressé par l’école et encore moins par l’université, et ce même si à l’époque, certains de ses professeurs lui affirmaient qu’il en avait pourtant les capacités. Le fait est qu’il était plus intelligent et débrouillard que la moyenne, mais qu’il n’a jamais pris la peine d’exploiter ses capacités, autre que pour trainer dans des deals douteux et avec des personnes peu fréquentables. Plus jeune, il a longtemps enchaîné les petits boulots pour la plupart dégradant, histoire de faire vivre sa famille, avant de trouver le bon filon pour se faire de l’argent, la drogue. Cela fait des années que Jace trempe dans le trafic de stupéfiants et il ne conçoit plus vraiment sa vie sans. Parce qu’il aura beau dire le contraire, mais il est complètement accroc, mais aussi et surtout parce qu’il n’y a pas à dire, c’est ce qui lui rapporte le plus d’argent et lui permet de vivre convenablement. Après avoir longtemps travaillé pour Shane Stevens, ou autrement dit l’homme le plus exécrable du monde, mais aussi et surtout le plus influent en terme de réseau de drogue à Washington, Jace a fait ce qu’on appelle un virage à 90 degrés et travaille dorénavant pour … une femme. Si on lui avait dit cela il y a plusieurs années, il aurait probablement ri. Ceci étant, il n’est pas mécontent d’avoir insisté pour travailler à ses côtés. En effet, la réputation de la jeune femme la précédait et il a toujours souhaité travailler avec les meilleurs. Le fait est que Jace a toujours été où se trouvait son intérêt. Et il ne faisait l’ombre d’un doute que son intérêt était clairement d’être du côté de celle qui détenait nouvellement –après s’être débarrassée sans le moindre remord du magnat de la drogue, Stevens- la quasi totalité du trafic à Washington, Alba Malone. Oui cette même femme qui fait un peu trop battre son cœur. La jeune femme, aux allures de gravure de mode et de femme superficielle et frivole, richissime de par son prétendu statut d’héritière, qui fait bien trop souvent la une des magazines, n’est autre que celle qui tire, dans l’ombre, toutes les ficelles. Et ce malgré que tout le monde ait en tête Carstairs lorsque l’on fait référence au cartel de drogue de DC. Cela fait aujourd’hui six ans qu’il est le visage du cartel, pour le compte d’Alba. Il est celui qui effectue toutes les transactions et la plupart des tests de marchandise. Il est celui qui s’entretient avec leurs clients et partenaires, qui négocie et qui prend en réalité tous les risques. Cependant, au delà d’être dealeur, et parce qu’il n’est pas totalement stupide, il joue de temps à autre les barmen dans le club d’Alba afin de garantir sa couverture. TRAITS DE CARACTÈRE ↦ On dit bien trop souvent de Jace qu’il est un homme mystérieux, intrigant, secret, ce qui le rend de toute évidence suspicieux aux yeux de tous. Cela peut se lire sur son visage, dans son regard, dans sa façon d’être qu’il ne fait pas parti des hommes qu’on le peut qualifier de bons. Non, Jace n’est pas un garçon fréquentable et ne l’a jamais été. Il est d’ailleurs souvent dépeint comme un homme violent, effrayant et sans cœur. Et c’est exactement l’image qu’il cherche à renvoyer. Il ne cherche absolument pas l’empathie des autres, bien au contraire. Et si ce portrait d’un homme froid et cruel n’est qu’une parcelle de lui-même, il ne cherche pour autant à prouver au monde qu’il ne se résume pas à cela. Non, parce que dans le cadre de son job, il est bien plus intéressant qu’on le voit de la sorte, plutôt que comme un homme qui peut parfois, et dans de rares circonstances être bienveillant, chaleureux et protecteur. Le fait est qu’au delà de cette façade qu’il a bien du mal à faire tomber, Jace peut s’avérer être un tout autre homme. Il est courageux et finalement ambitieux malgré tout ce qu’on a pu lui reprocher par le passé. Sauf qu’il a décidé de tourner toute son ambition vers l’illégalité. Le fait est qu’il est assez intelligent pour savoir où est son intérêt et qu’il s’orientera toujours vers ce chemin, ce même si ça n’est finalement pas un choix du cœur. Il est réaliste et très terre à terre. Il ne se fait aucune illusion sur la nature humaine et c’est probablement cela qui l’aide à avancer. Alors oui, on pourra dire qu’il est un brin pessimiste mais après tout, cela lui permet de ne jamais être déçu de quoi ou de qui que ce soit. Outre cela et avec seulement quelques personnes, il peut arriver à Jace de se laisser aller à la personne qu’il est finalement réellement. Parce qu’il n’est pas toujours froid et impassible. C’est d’ailleurs Malia qui a le privilège de découvrir Jace sous un tout autre jour. S’il n’hésiterait pas à tuer si cela était nécessaire –et encore plus si quelqu’un s’en prenait à Alba ou Malia- il lui arrive de profiter des plaisirs simples de la vie, d’être amical, affectueux et bourré d’humour. Simplement, il a un sens de l’humour bien à lui, voilà tout. Par ailleurs et pour certain –surtout pour Aidan- Jace peut être qualifié de lâche. Parce qu’il n’hésite pas à écraser la moindre personne qui pourrait se trouver sur son chemin. Il n’hésite pas à abandonner sa propre famille parce qu’elle n’était pour lui et ses intérêts impérieux qu’un fardeau et à ne plus jamais donner de nouvelles. Il n’a jamais été ce qu’on appelle un homme d’attache, si bien qu’il a parfois fuit lâchement ses responsabilités sans même se retourner. Du moins, c’est ainsi qu’il était plus jeune, mais tout le monde sait très bien que les choses ont aujourd’hui évolué et qu’il n’envisage pas une seule seconde de quitter ni Alba, ni Malia et ce même si cela en allait de sa propre vie. 20 CHOSES A SAVOIR SUR VOUS ↦ 01. Si la plupart des personnes qui le connaissent aujourd’hui, pensent qu’il n’a la moindre famille, Jace a pourtant trois frères et sœurs. Il les a longtemps eu à charge quand il était jeune et a tout simplement détesté cette période. Cela fait aujourd’hui quinze ans qu’il les a quitté sans le moindre regret et qu’il n’a pas eu le moindre contact avec eux. Il ne parle jamais de sa famille. Il n’en a jamais parlé à qui que ce soit, pas même à Malia, ou à Alba. Peut-être parce que finalement, au fond, il n’est pas fier de les avoir abandonné au moment où ils avaient le plus besoin de lui. 02. S’il se dépeint très souvent et lui-même comme un être égoïste qui déteste s’occuper des autres, le fait est qu’il l’a pourtant fait et le fait encore malgré lui, démontrant un homme qui n’est pas si égocentrique qu’il en a l’air. Il ne compte plus les fois où il s’est occupé de sa mère lorsqu’elle se trouvait dans des états pitoyables, et le fait est qu’il n’a pas hésité une seule seconde à prendre en charge Malia lorsqu’elle est arrivée en larmes sur le pas de sa porte il y a quelque temps de cela. C’est un fait, Jace a un faible pour les femmes en détresse et aurait donc presque une parcelle de lui-même qui frôle l’altruisme. Aussi étonnant que ceci puisse paraître. 03. Il est allergique aux poils de chien et de chat. Ce n’est pas ce qu’il y a de plus viril mais c’est un fait. De toute manière, il n’a aucune affection pour les animaux. 04. Il côtoie les méfaits de la drogue depuis son plus jeune âge. En effet, il y a goûté pour la première fois, à l’âge de treize ans et cela n’a jamais quitté son quotidien. S’il jure à qui veut l’entendre qu’il n’a aucune addiction – à part peut-être celle de la cigarette et des belles femmes- et qu’il sait parfaitement se contrôler, il sait qu’à la minute où il stoppera totalement sa consommation, il plongera dans un état lamentable. 05. Il est très solitaire et ne supporte pas les personnes trop intrusives. Il tolère seulement Malia parce qu’elle est pour lui absolument tout ce qu’il a, elle est sa seule famille. Elle est d’ailleurs la seule personne à avoir le double des clés de chez lui, afin qu’elle puisse venir quand bon lui semble. Bon, il regrette tout de même parfois de le lui avoir donné. 06. Il ne sait pas nager. Il n’a jamais appris étant plus jeune et n’a jamais voulu se lancer là-dedans. L’eau est donc pour lui sa seule faiblesse car c’est un fait que peu connaisse mais il l’évite au maximum. Non pas qu’il ait peur, parce qu’il n’a peur de rien, mais il n’est pas rassuré dans les grandes étendues d’eau où il n’a pas pied ou où il y aurait un peu trop de courant. 07. Jace a un nombre assez incroyable de cicatrices un peu partout sur le corps. Parce qu’il a toujours eu un don pour s’attirer des problèmes, parce qu’il a toujours été bagarreur et parce que les affrontements font de toute évidence partis de son quotidien. La dernière en date sera celle qui se formera une fois que sa blessure aura cicatrisée juste au niveau de son abdomen, suite à l’affrontement avec un certain Parrish. 08. Il fait beaucoup de sport, cela lui permet de canaliser son énergie, d’évacuer sa colère et sa frustration et aussi d’avoir les capacités physiques pour se défendre. 09. Il sait qu’il prend des risques en n’ayant pas toujours une arme sur lui, mais il ne supporte que très peu la lourdeur d’une arme à l’arrière de son pantalon. Et puis, il a tendance à penser qu’il n’en a pas besoin pour se défendre, et qu’après tout, tout le monde est assez intelligent à DC pour savoir qu’il ne serait pas judicieux de s’en prendre à lui. C’est là qu’est son erreur car visiblement certains sont assez stupides pour cela. Ceci étant dit, il porte toujours une arme lorsqu’il est dans le cadre de son job. Il n’est pas non plus complètement inconscient. 10. Il n’a jamais pensé à fonder une famille, son expérience avec la sienne étant déjà assez dysfonctionnelle pour cela. Il ne veut pas d’enfant, il déteste les enfants et il ne veut pas de grande maison avec un jardin et une balançoire. Il sait que tout ceci n’est pas compatible avec sa profession mais aussi avec son état d’esprit. Il n’est par ailleurs jamais tombé amoureux de qui que ce soit. Ou pas assez pour envisager sa vie d’une autre manière. 11. Il n’accorde pas trop d’importance à son look vestimentaire. Il est très classique et porte la plupart du temps des vêtements de couleurs sombres. La couleur et la joie de vivre, ce n’est pas vraiment son truc. Autant dire que la marque desigual lui donne carrément la nausée. 12. Il sait jouer de la guitare, et plutôt bien. C’était, lorsqu’il était encore à Chicago un moyen pour lui de s’évader de sa vie qu’il détestait. 13. Il n’est absolument pas du matin. Il déteste être réveillé au beau milieu de son cycle de sommeil et met bien souvient un temps fou pour faire preuve d’amabilité lorsqu’il sort de son état léthargique. 14. Il boit bientôt plus de bière qu’il ne boit d’eau. Le fait est qu’il a une alimentation abominable, mais il s’en contrefiche. La cuisine ne l’a jamais réellement intéressé et encore moins l’idée de manger sainement. Il préfère ne pas manger plutôt que de devoir avaler une assiette de légumes cuits à la vapeur sans le moindre goût. 15. S’il revendique toujours ne pas avoir d’attache pour qui que ce soit, et encore moins pour les femmes, le fait est qu’il a bien du mal à cacher son attachement et son attirance pour sa boss, Alba Malone. Et le fait qu’elle en joue, le rend complètement fou. Il sait qu’il ne pourra jamais avoir ce qu’il désire et c’est probablement cette frustration qui l’attire encore plus vers elle. Il ne peut s’empêcher de perdre les pédales dès que quelqu’un s’en prend à elle, et encore plus lorsqu’elle flirte (ou plus encore) avec un autre homme –et même avec les femmes. Son parfum l’enivre et lorsqu’elle le touche, il lutte contre lui-même pour ne pas faire ce qu’il a envie depuis bien longtemps. 16. Il n’est absolument pas matérialiste. Ce qui fait que son appartement est vide de tout ce qui pourrait s’attacher à des souvenirs. L’utilité et la fonctionnalité avant tout. 17. Il a beaucoup voyagé après avoir mis les voiles de sa ville natale il y a quinze ans de cela. Que se soit aux Etats-Unis, mais aussi à l’étranger. C’est en Italie qu’il est resté le plus longtemps et là où il a préféré être. Malgré que pour lui, les Etats-Unis restent son endroit de prédilection. 18. Il a un rythme de vie assez particulier, mais pas le moins du monde routinier. Le fait est qu’il mange à n’importe quelle heure, peut dormir au beau milieu de la journée, se décide à aller chez Alba au beau milieu de la nuit ou à aller faire une transaction à quinze heures de l’après midi. Il n’a pas de limite temporelle et se fiche bien d’en avoir. 19. Il n’y a en lui, aucune once de romantisme. Il ne sait pas comment faire ni même pourquoi certains hommes perdent leur temps avec toutes ces niaiseries. Le fait est qu’il va toujours droit au but sans le moindre ornement, ce qui le rend un peu abrupte et sauvage de temps à autre. Quand bien même il n’est pas dénué de toute décence quand même. 20. Il n’a jamais vraiment eu l’habitude que son entourage lui accorde de l’importance, se batte pour lui, qu’il compte pour qui que ce soit, et le fait de voir Alba dans de tels états après son agression, l’a quelque peu dérouté. GROUPE ↦ Almost Golden.


VOTRE AVIS SUR LA VILLE DE WASHINGTON ↦ Jace n’est pas originaire de Washington. Et si bien souvent, on se sent bien plus relié à sa ville natale, ce n’est pas le cas du jeune homme. Bien au contraire, il ne retournerait à Chicago pour rien au monde et ne voit pas sa vie ailleurs qu’ici, à Washington, auprès de Malia et Alba. Alors oui il apprécie la ville, c’est certain, mais c’est davantage les personnes qui s’y trouvent qui le rattachent réellement à cet endroit.VOTRE MEILLEUR ET VOTRE PIRE SOUVENIR ↦ ↦ Jace n’est absolument pas le genre de personne qui s’attarde sur le passé, sur les souvenirs. Il vit au jour le jour et déteste ressasser et revenir ce qui s’est antérieurement produit. C’est d’ailleurs ce qui l’aide à ne pas culpabiliser d’avoir littéralement abandonné sa propre famille par le passé. Ce qui est fait est fait, et n’est plus à faire. De ce fait, il lui sera difficile de choisir un souvenir qui serait le meilleur et un qui serait le pire. Pour lui, sa rencontre et la plupart des moments passés avec Malia sont ses plus beaux souvenirs. Ses plus mauvais souvenirs se reporteront probablement à tous ces moments où il a l’impression de perdre pieds lorsqu’Alba est dans les parages. Il déteste cela. JUSQU'OU SERIEZ VOUS PRÊT A ALLER POUR SAUVER UNE VIE ↦ Jace n’est pas le genre à sauver des vies, mais plutôt à les prendre. Il semble donc parfaitement logique qu’il ne soit pas prêt à aller bien loin pour sauver une vie. Surtout quand on connaît sa tendance à se préoccuper d’abord de lui avant les autres. Cependant, c’est un fait qu’on ne pourra lui reprocher, mais il serait prêt à absolument tout, sans la moindre réserve aucune, si la vie d’Alba ou Malia était en jeu. Absolument personne n’a le droit de les approcher en ayant de mauvaises intentions et il ne serait d’ailleurs pas des plus judicieux de le faire, si on ne souhaite pas mourir dans d’atroces souffrances. Car, Jace n’a pas la moindre difficulté à prendre la vie de quelqu’un si cela est nécessaire. AVEZ VOUS DÉJÀ ÉTÉ IMPLIQUE DANS UNE HISTOIRE AVEC LA POLICE ↦ du fait de son job et de sa situation pour le moins particulière, Jace évite au maximum la police. Cependant, cela ne l’empêche pas d’avoir un casier judiciaire bien rempli. Si aucun flic n’est jamais parvenu à prouver son implication dans ce gigantesque réseau de drogue qui fait la réputation de Washington et de ses quartiers malfamés, il a tout de même fait quelques nuits au poste pour violence, possession de drogue, vol à l’étalage etc. Autant dire que Jace a eu plus d’une fois à faire à la police, mais cela ne l’inquiète pas plus que cela. LA PIRE CHOSE QUE POURRAIT FAIRE OU ETRE VOTRE VOISIN ↦ La logique voudrait qu’il dise un flic mais la vérité est qu’il s’en fiche éperdument. Il n’a pas le moindre contact avec ses voisins, sauf peut-être avec la petite blonde du troisième pour des raisons évidentes, et avec cette petite grand-mère du rez-de-chaussée qu’il a un jour aidé pour apporter ses courses chez elle et qui depuis, ne cesse de lui apporter des plats de sa confection. Si elle savait qui il était vraiment, elle en ferait surement une attaque. Du coup, celui qui pourrait réellement être le pire des voisins pour Jace, serait davantage Aidan, son frère. COMMENT AVEZ VOUS VÉCUE LA TRAGÉDIE QUI A TOUCHE WASHINGTON IL Y A 5 MOIS?  ↦ Pour ainsi dire, ce jour là, Jace a passé la plupart de sa journée à dormir. Et pour cause, il venait de passer plusieurs jours à négocier un gros deal de marchandise à New-York. Il n’a donc pas été touché par la catastrophe et n’a pas vraiment suivi ni les informations ni l’enquête relative à l’événement. Non pas que ça l’indiffère, mais presque.

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PRENOM/PSEUDO ↦ benzorris/ anouchka COMMENT TU ES ARRIVE(E) ICI? ↦ de la faute à tica, toujours de la faute à tica CONNEXION ↦ never TON DERNIER MOT ↦ vive malia d'amour :kiss2:  

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    come on let it go just let it be, why don't you be you and i'll be me, everything that's broke, leave it to the breeze let the ashes fall, forget about me.


Dernière édition par Jace Carstairs le Sam 6 Fév - 22:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: › suck it and see   Sam 16 Jan - 12:21




A seize ans, on ne devrait pas avoir le poids entier d’une famille nombreuse sur les épaules. Ce n’est pas dans l’ordre des choses. Un enfant ne devrait pas avoir à s’occuper de ses trois frères et sœur seul et sans le moindre budget. Et pourtant, c’est bel et bien la situation dans laquelle Jace est enfermé, de force par la vie. Par sa misérable vie qu’il déteste tant. Il doit tout gérer seul. Parce que sa mère est une alcoolique notoire qui ne travaille pas et qui utilise l’argent des organismes sociaux uniquement pour s’acheter de quoi se tuer à petit feu. Et parce que son géniteur est aux abonnés absents. Bien sûre, Aidan est là, lorsqu’il le peut. Mais le fait est que l’enfant n’a que treize ans et que Jace a toujours tendance à vouloir le protéger de tout cela. Il veut protéger Aidan, Elsie et Cody de la misère dans laquelle ils se trouvent malgré eux, il veut les protéger de cette lourde charge qu’il tente de porter comme il le peut, seul sur ses épaules. Malgré que certain jour, cela soit difficile. Très difficile. Un peu comme aujourd’hui. Sa mère a trouvé l’endroit même où il a l’habitude de ranger l’argent qu’il récolte la plupart du temps au noir, de ses multiples jobs. Et bien entendu, elle ne s’est pas faite prier pour le lui voler sans le moindre cas de conscience, afin de pouvoir renouveler son stock de ce qui était de toute évidence un véritable poison. Cela avait bien entendu mis Jace hors de lui, mais face au manque cruel de réaction de sa mère, bien trop éprise par les méfaits de la coke, il a fini par laisser tomber. Et maintenant, il se retrouvait à devoir encore plus travailler pour pouvoir payer le loyer, les factures et de quoi nourrir ses frères et sa petite sœur. Il avait abandonné l’idée même d’aller à l’école, pour pouvoir gagner sa vie. Et s’il ne gagnait pas grand chose, cela suffisait à maintenir ses frères et sa sœur à la surface de l’eau. Un hochement de tête en direction d’un abruti complètement camé fait comprendre à ce dernier que la voie est libre. L’homme probablement pas beaucoup plus vieux qu’il ne l’est, est dans le même genre d’état que l’est Isabelle Carstairs. Il a les joues creusées, les bras couverts de bleus, le teint blafard et les membres tremblants. Jace décide de ne pas en tenir compte, parce que finalement, c’est ce genre de personne qui lui permet de nourrir ses frères et sœur. Jace regarde furtivement à droite, puis à gauche avant de venir serrer la main de son client. Il n’a que seize ans, mais Jace est bel est bien en train d’effectuer une transaction. Il échange un petit sachet de poudre contre une belle petite somme. Belle somme qu’il devra malheureusement reverser pour 70% à son boss. Il ne lui restera pas grand chose, mais c’est toujours ça de pris. Sans un mot échangé, les deux garçons se quittent. Jace jette un œil à sa montre. Il doit se rendre à l’école pour aller chercher Elsie et Cody, et il ne sait pas comment il va trouver le temps d’aller les récupérer. Il doit aussi se rendre à son job de serveur dans ce bar très peu fréquentable qui est peut regardant sur l’âge des employés. Il doit aussi se rendre chez Diaz, son autre boss pour lui reverser ses gains de la journée. C’est à cet instant qu’il rêverait pouvoir se dédoubler car il se sent littéralement submergé. Comme inondé par toutes ces choses qu’il doit faire, toutes ces charges qu’il a sur les épaules et tout ce mal qu’il se donne pour donner un brin d’équilibre à sa famille. Il s’arrête et malgré tout ce qu’il a à faire, décide de s’asseoir sur un banc. Parce qu’en réalité, il a besoin de se calmer, de respirer quelques secondes avant de devoir retourner à sa vie merdique. Il a besoin de trouver une solution. Il déteste prendre des décisions et pourtant, c’est toujours lui qui doit le faire. Il tape nerveusement du pied sur le sol, alors qu’il pose sa tête dans ses mains, excédé. Il est épuisé, et cela se voit sur son visage. Son visage est ordinairement creusé parce qu’il ne mange de toute évidence pas à sa faim, mais ceci est accentué par des traits tirés et de véritables valises sous les yeux. Il sort alors, de sa poche un paquet de cigarettes qu’il a trouvé la veille dans le métro et s’inculque sa dose de nicotine quotidienne pour lui donner l’illusion de se détendre. Il se rappelle alors qu’il doit effectuer une autre transaction à deux rues d’ici. Il soupire et sort de sa poche, un téléphone qu’il a volé à l’un de ces gosses de riche qu’il méprise, pour pouvoir appeler Aidan. Enfin, il n’appelle pas Aidan, puisqu’ils n’ont de toute évidence pas assez d’argent pour avoir deux téléphones mais Thomas, l’un des amis de son petit frère, qui lui semble bien équipé pour un gamin de treize ans. « Danny, vas récupérer Elsie et Cody à l’école. Je ne peux pas y aller. » C’est la première phrase –ou plutôt le premier ordre- que Jace prononce lorsque Thomas tend le téléphone à Aidan. S’il aime plus que tout son petit frère et qu’il le surprotège la plupart du temps, il a parfois du mal à jouer la gentillesse et la courtoisie avec lui. Il est parfois dur avec lui, mais ce dernier sait parfaitement que cela est pour son bien. Il sait qu’il va finalement devoir se forger une carapace car bientôt, il devra lui aussi prendre part à la gestion de la famille. Bien sûr, il le fait déjà, mais à une moindre mesure, car Jace s’occupe de tout, ou quasiment de tout. « Mais je finis l'école dans deux heures ! » râle immédiatement le garçon. Jace ne cessait de lui répéter que son éducation passait avant tout. Qu’il devait aller à l’école et être bon, qu’il ne devait surtout pas suivre les traces de son grand frère. Mais paradoxalement, aujourd’hui, il lui demande de tout lâcher. Parce que, ce qu’il y avait de plus important que l’éducation d’Aidan, était bel et bien Elsie et Cody. « Peu importe Danny, je ferais en sorte que tu sois excusé de ton absence, ne t’inquiète pas. » S’il y a une chose que Jace maîtrisait, c’était bien la signature de sa mère. Parce qu’il se chargeait de signer tous les documents administratifs et toutes les autorisations ou documents requérants signature pour l’école de chacun de ses frères et de sa sœur. Jace avait, en quelque sorte et malgré lui, pris le rôle de ce père qu’ils n’avaient jamais eu. Un silence s’en suivit durant lequel Jace est bien conscient que son petit frère n’a aucune envie de s’occuper d’aller chercher Cody et Elsie à l’école. Quel gamin de treize ans en aurait envie après tout ? Cependant, il savait aussi qu’il n’avait pas le choix et qu’il devrait obéir à son aîné. D’ailleurs, Jace ne lui laissa pas de quelconque choix et s’étendit sur l’ampleur de ce qu’allait devoir faire Aidan. « Occupe toi d’eux, le repas, le bain et couche les. Je ne devrais pas rentrer trop tard. » Jace allait rentrer tard, comme il le faisait tous les soirs, mais le fait est qu’il ne voulait pas qu’Aidan se préoccupe de ce qu’il allait faire et ne lui pose tout un tas de questions. Fort heureusement, il avait appris au fil du temps à ne pas trop en poser et à se contenter d’écouter les informations qu’il acceptait de lui donner. « Et fais tes devoirs. » Jace était autoritaire. Peut-être parfois trop. Il manquait bien souvent de tact, mais Aidan avait fini par avoir l’habitude. « D’accord Jace. » énonce le garçon avant de raccrocher. Immédiatement, l’aîné des Carstairs fourre le cellulaire dans sa poche avant de prendre le chemin de sa transaction suivante. Celle-ci n’était pas réalisée pour le compte de Diaz et relevait d’un tout autre genre. En effet, cette fois, il n’était pas question de drogue mais d’un bien qu’avait volé Elsie, sa petite sœur de huit ans, lors d’une mise en scène élaborée par les soins de Jace. Ce n’était pas très moral d’utiliser une gamine de huit ans pour des affaires illégales, mais il devait bien faire avec les moyens dont il disposait. Et puis, c’est bien plus facile de se laisser amadouer par une enfant. Alors il n’avait fallu que quelques mots et tours de passe-passe pour que la petite fille s’empare de la Rolex flambant neuve d’un riche héritier qui devait avoir tellement d’argent qu’il avait choisi de mettre plus de 5 000 dollars dans une montre ; et ne la remette à son frère. Frère qui la revendra assez cher pour pouvoir payer les factures du mois et le budget de nourriture. Bien entendu, dès qu’une de ses nombreuses choses à faire, est réalisée, une énième s’ajoute encore et toujours à la liste. Jace sent son téléphone vibrer dans sa poche. S’il a pour habitude de n’y répondre que très rarement, lorsqu’il voit le nom de son patron du bar, il est forcé de décrocher –ne souhaitant de toute évidence pas perdre son emploi, rémunéré une misère mais qui lui permettait d’arrondir les fins de mois. Comme la plupart du temps, son boss lui hurle dessus. Parce qu’il n’est soi-disant pas assez performant, qu’il n’est qu’un bon à rien, mais aussi et surtout à cet instant, parce qu’il est en retard. Il ne peut que se confondre en excuse, il n’a pas le choix, et se mettre à courir le plus vite possible pour ne pas accroitre encore davantage son retard, qui à mesure qu’il s’étendait, lui faisait perdre de l’argent. Arrivé sur place en sueur, l’adolescent se met immédiatement au boulot, après une énième soufflante de son boss. Il encaisse, il a l’habitude et il faut dire que ce genre d’attitude ne l’atteint pas vraiment. Il a finalement tellement à gérer que les cris usuels de son patron ne représentent pour lui qu’un champ presque mélodieux et récurant. Cela fait parti du boulot. De toute manière, quand ce n’est pas lui qui prend, c’est un autre employé alors les cris sont toujours plus ou moins permanents. La soirée se passe donc de manière tout à fait ordinaire. Il manipule l’alcool, fait des cocktails qu’il commence à plutôt bien maîtriser, sert des ivrognes ou des groupes de filles déjà complètement ivres et très peu regardantes sur les mains baladeuses des hommes en manque ; il effectue même quelques transactions supplémentaires pour Diaz. Diaz qui lui refilera, à la fin de son service, seulement 10% des bénéfices, pour la seule et unique raison qu’il n’avait pas remis l’argent dans les temps. Et si Jace avait un bref instant voulu se révolter, s’ériger contre ce grand magna de la drogue, il n’avait pas été assez stupide pour le faire. Parce qu’il aurait probablement fini avec une balle dans la tête et il tenait un temps soit peu à sa vie. Le fait est qu’il ne pouvait pas se permettre de la perdre. Parce qu’il se devait d’être là pour Aidan, Elsie et Cody. Il ne prend le chemin de la demeure familiale que lorsque la nuit est déjà bien entamée. Il soupire. Parce qu’il sait qu’il n’aura de toute manière que quelques heures de sommeil pour récupérer. Car, comme chaque matin, il doit se lever aux aurores pour effectuer un énième petit job au noir. Il aide au déchargement de différents livreurs pour quelques dollars et quelques caisses de nourritures tombées malencontreusement du camion. Ce n’est pas cher payé, mais il prend tout ce qui peut lui être donné. Lorsqu’il arrive devant le pas de sa porte, il s’étonne de voir de la lumière transperçant les fenêtres dont les volets n’ont pour la plupart pas été descendus. Une grimace se lit immédiatement sur son visage, pressentant de toute évidence que les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dues. Ce n’était pourtant pas compliqué. Un soupire le gagne lorsqu’il ouvre la porte et qu’il entend le bruit de la télévision dans le salon. Il abandonne lourdement son sac dans l’entrée et se dirige immédiatement vers le séjour, qui faisait aussi office de cuisine et de chambre lorsque Jace était trop épuisé pour monter à l’étage. Il n’a pas le temps de voir l’étendu des dégâts, puisqu’à peine a-t-il fait un pas dans la pièce qu’on lui saute dessus. « Jace !!! » Une petite brune aux airs de princesse en devenir l’enlace immédiatement. Si le garçon joue le jeu et prend sa petite sœur dans ses bras, lui déposant un baiser paternel sur le haut du front, il fut fort de constater que la pièce était dans un état pitoyable. Il était plus de deux heures du matin et la télévision était allumée, Elsie et Cody réveillés et Aidan, endormi sur ses livres de cours, avachi sur la table. Face à ce spectacle qui s’offre à lui, le Jace ne peut s’empêcher de secouer nerveusement la tête, excédé. Lui qui tombait littéralement de fatigue, lui qui rêvait seulement de son lit, allait devoir prendre le rôle de la figure paternelle. Rôle qui n’était pourtant en aucun le sien, comme d’habitude. « Vous êtes pas couchés ? » Elsie était probablement la plus bavarde de la famille. Peut-être parce qu’elle était la seule fille. Mais Jace appréciait cela, parce qu’elle lui racontait toujours tout ce qu’il se passait en son absence. Et c’était bien connu, Jace aimait tout contrôler, dans les moindres détails. Mais pour le coup, il ne contrôlait absolument rien. Il interroge la petite du regard. « Si mais j’arrivais pas à dormir car maman a mis la musique ! » Jace plisse les lèvres, agacé par ce qu’il est en train d’entendre. Ce n’était pas étonnant, parce que leur mère n’avait absolument aucune gêne et aucun respect envers ses propres enfants, mais cela n’empêchait pas Jace de s’agacer sur ce genre de comportement. Il repose sa petite sœur par terre, lui ébouriffe les cheveux avec un mince sourire, histoire de la rassurer. En vain. Elle n’avait que huit ans, mais elle était parfaitement conscience de ce qui se passait dans cette maison. « Et Cody pleurait. » A ces mots, Jace cherche son petit frère du regard. Et la vision qui s’offre à lui l’énerve encore plus. L’enfant, âgé d’à peine cinq ans est en train de s’amuser avec les cendres de cigarettes éparpillées  sur le sol à côté du cendrier renversé, et avec un cadavre de bière. Immédiatement, Jace attrape l’enfant pour l’éloigner de cela, lui assurant qu’il ne devait pas jouer avec ça. Mais le fait est qu’il avait les mains recouvertes de cendres.  « Danny s’est endormi. » Elsie le suit de près, alors que Jace nettoie les mains de son petit frère, les passant sous l’eau. « Maman a crié sur Cody. Du coup on est descendu avec Danny. » Il détestait s’absenter. Car si la plupart du temps, les choses se passaient à peu près bien, bien trop souvent, tout dérapait et partait dans absolument tous les sens. Lorsqu’il travaillait, Aidan était en charge de la famille. Il se débrouillait en règle générale correctement, mais ce soir, la fatigue avait eu raison de lui. Jace ne pouvait pas en vouloir à son frère. Pour la simple et bonne raison qu’il aidait déjà suffisamment et qu’à son âge, il ne devrait pas avoir à faire tout ce qu’il faisait déjà. Jace ne relève pas le fait que son idiote de mère avait encore fait des siennes. Non, il se contente de retourner vers la table où  trône Aidan, emporté par les bras de Morphée. « Danny réveille toi ! » Sans la moindre douceur, et avec un Cody hissé dans ses bras, s’endormant peu à peu sur son épaule, Jace secoue son frère. Aidan se réveille immédiatement, en sursaut. Presque affolé lorsqu’il comprend qu’il s’est endormi. « Quoi ? Jace je suis désolé, j’ai fermé les yeux une fraction de seconde. » Jace secoue la tête et presse doucement l’épaule de son frère. « C’est pas grave ! Va te coucher je m’occupe du reste. » Il ne lui en tenait pas rigueur, il ne lui en tenait jamais rigueur. Parce qu’il voulait protéger Aidan. Il ne voulait pas qu’Aidan ait sa vie, et pourtant … Un mince sourire voit le jour, sur le coin des lèvres de l’aîné, alors qu’il extirpe de la poche, non sans la moindre contorsion du fait qu’il tenait toujours Cody dans ses bras, quelques dollars.  « Tiens, prend ça. » Il s’éloigne aussitôt une fois que son frère s’empare des billets et ne fait même pas attention à l’étonnement de celui-ci. Il attrape, sur le passage, la main de sa petite sœur pour l’entraîner vers l’étage. Mais évidemment, Aidan le suit de près. « Où est-ce que tu as eu ça Jace ? » Aidan n’est pas idiot, ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’il lui pose ce genre de question. Mais évidemment, la réponse que lui offre Jace était toujours à peu près similaire. Il ne lui dit rien. Parce qu’il n’a pas besoin de savoir qu’il a vendu de la drogue pour ces quelques billets, il n’a pas besoin de savoir qu’il a fait les poches de quelques pointures dans le métro et n’a pas besoin de savoir qu’il est exploité par des patrons peu scrupuleux. Il n’a pas besoin de savoir tout cela et il ne le saura jamais. « Peu importe. Bonne nuit Danny. » Il ébouriffe comme il fait à l’accoutumer les cheveux de son frère avant de le pousser vers la chambre qu’ils partagent tous les deux. Deux lits d’une place qui leur ont gentiment été donnés par des voisins. Il met ensuite Cody au lit, alors qu’Elsie ne cesse de trottiner derrière lui. Comment faisait-elle pour avoir toujours autant d’énergie à une heure pareille ? « Elsie, tu files te coucher ! » Si la petite écoute immédiatement son frère et effectue le rituel du couché sans qu’il n’ait besoin de lui dire d’enfiler un pyjama et de se brosser les dents, elle finit tout de même par revenir, entremêlant ses doigts et affichant cette petite moue à laquelle absolument personne ne pouvait résister. Surtout pas Jace. « J’ai peur que maman vienne encore me gronder. Je peux dormir avec toi ? » Cette phrase le choque plus qu’elle ne devrait. C’était une évidence, Elsie et Cody étaient encore bien trop jeunes pour prendre du recul sur la situation de leur mère. Ils en étaient même rendus à un tel point qu’ils avaient presque peur de leur propre mère. Ce qui en y réfléchissant était à la fois triste et déchirant. Jace s’apprête à lui refuser sa requête, parce qu’elle ne pouvait pas constamment dormir avec lui, que le lit n’était déjà pas grand et qu’il avait besoin de dormir convenablement le peu de temps qu’il lui restait avant que son réveil ne sonne l’heure d’une nouvelle journée. Mais l’expression qu’elle arbore et le fait qu’elle l’implore du regard le fait finalement flancher. « Bon d’accord, va dans mon lit. » Heureuse, Elsie vient, après quelques cris de victoire, serrer Jace dans ses bras avant de courir vers le lit du garçon, avant qu’il ne se décide à changer d’avis. La scène le fait sourire. Mais bien sûre, ce sourire le quitte immédiatement lorsqu’il pousse la porte de la chambre de sa mère pour s’assurer de son état. C’est habituel. C’est toujours la même chose, la même rengaine chaque soir quand il rentre. L’enfant qui s’occupe de sa propre mère étendue sur le sol, inerte, plongée dans son propre vomi. De multiples soupires s’échappent d’entre ses lèvres avant qu’il ne fasse finalement ce qu’il fait toujours : la nettoyer, la porter, la changer et la mettre au lit. Il prend même soin de laisser un verre d’eau à son chevet et un doliprane. Etait-ce vraiment lui l’enfant finalement ? Etait-ce vraiment la vie que devait avoir un gamin de seize ans ? Non. (…) La nuit est tombée depuis bien longtemps, la fraicheur de l’hiver se fait nettement ressentir et une pluie fine humidifie l’air et chacune des personnes ayant décidées de jouer de courage et de sortir par cette heure tardive et ce temps désastreux. Jace, les genoux légèrement fléchis, est essoufflé, épuisé et cela s’illustre dans chacun de ses mouvements, dans sa respiration bruyante et saccadée et sur son visage, qui malgré le sang qui en recouvre certaines parcelles, laisse entrevoir des signes évidents d’affaiblissement. Il ne reste donc à son adverse plus qu’un ultime coup pour le mettre définitivement au tapis. C’est d’ailleurs ce qui ne tarde pas à arriver. Il ne voit pas venir ce poing dont la force semble être décuplée. Il a la dérangeante impression que sa mâchoire se décolle, tellement le coup est violent. Il n’a pas le temps de réagir, ni même l’énergie suffisante. C’est bien trop tard. Il est par terre, la lèvre fendue, baignée de son propre sang, les mains égratignées et tremblantes, le nez ensanglanté et une horrible douleur le lance au niveau de l’abdomen. Il reste à terre quelques secondes, de très longues secondes durant lesquelles il lutte contre lui-même pour ne pas abandonner, pour ne pas partir loin dans l’inconscience qui l’attire pourtant. Puis il se souvient pourquoi il fait cela. Il se souvient qu’il n’a pas décidé délibérément de se battre contre cet abruti qui fait deux fois sa taille, que s’il s’est jeté dans ce pari idiot, c’est parce qu’il y a à la clé une récompense. Et pas n’importe quelle récompense. Une belle somme d’argent. Le genre qui pourrait considérablement aider sa famille, le genre qui pourrait payer une partie de leur facture en retard,  quelques courses ou encore les fournitures d’école de ses frères et de sa sœur. En deux années, la famille Carstairs n’a pas vraiment avancée. Elle est toujours aussi pauvre, leur situation est toujours aussi précaire et déplorable. A l’exception près que Jace semble à bout. A bout de porter sa famille à bout de bras, seul la plupart du temps ou avec l’aide de Aidan lorsque Jace ne refuse pas catégoriquement qu’il lui vienne en aide. Il est fatigué, épuisé et les méfaits de ce qu’il a prit il y a quelques heures et qu’il prend de plus en plus ces derniers temps, le rend complètement ailleurs. Il s’enfonce, petit à petit, si lentement que personne ne semble le remarquer. Il sombre dans le parfait anonymat. Il sait donner le change auprès d’Elsie et de Cody. Il a plus de mal avec Aidan, qui commence malheureusement à comprendre. Il le comprenait d’ailleurs un peu trop bien selon Jace. Il ne valait pas bien mieux que sa mère en réalité… Ceci étant, le souvenir de sa cause, le souvenir que s’il endurait encore et encore ces coups par cet abruti qui criait déjà victoire, n’était pas parce qu’il voulait faire croire au monde qu’il savait se battre, tout le monde était bien conscient qu’il le savait. Cela allait bien au delà d’un quelconque entraînement ou d’une guerre d’égo. Car, ce que désirait réellement Jace, c’était bel et bien la récompense à la clé. Ce paquet d’argent, probablement sale mais dont il se fichait complètement de la provenance. Il voulait que sa sœur puisse s’acheter de quoi s’habiller convenablement pour une fille de son âge, et qu’elle n’ait pas à recycler les affaires de ses frères ou de la voisine ; il voulait que Cody puisse manger à sa faim, et pire encore, il voulait que Aidan puisse aller à l’université s’il le désirait. Il voulait toutes ces choses. Comme il n’avait absolument jamais autant voulu quelque chose dans sa misérable vie. Il souhaitait le meilleur pour ses frères et sa sœur, quand paradoxalement, il était sur le point de tout abandonner. Mais, à cet instant sa détermination, sa rage de vaincre, sa volonté au plus profond de lui d’en finir parvint à le faire se surpasser une dernière fois, et il trouva étonnement la force de se relever et de faire taire cet abruti, l’assénant à son tour d’un violent coup dans la mâchoire auquel il ne s’attendait définitivement pas –puisqu’il fêtait déjà son triomphe auprès de la foule qui s’était rassemblée pour assister à ces combats de rue sur lesquels tout le monde pouvait miser. Il tombe immédiatement à terre. Il y reste d’ailleurs un moment, sous les cris et sifflements de la foule. Jace ne cherche, quant à lui, pas plus loin et profite de ce moment de latence, d’inattention et surtout d’exaltation de la foule pour se ruer sur l’argent qu’il fourre dans sa poche et d’utiliser ses dernières forces pour courir le plus vite possible aussi loin qu’il le peut, des fois que quelqu’un ne se décide à vouloir l’affronter ou que son adversaire se relève. Personne n’eut le temps de le suivre. L’adrénaline avait visiblement décuplé ses capacités en matière de rapidité. Tant qu’en seulement quelques minutes, il se trouva assez loin pour les avoir complètement et définitivement semé. Il ralentit la cadence, essoufflé afin de pouvoir regagner plus sereinement son domicile. Il fut ravi de voir, en rentrant qu’Aidan avait fait tout ce que Jace lui avait demandé, que tout le monde était couché et que la maison était à peu près en ordre. Il attrape le premier morceau de tissu qu’il trouve –c’est à dire un vieux torchon qu’ils devaient avoir depuis une vingtaine d’années- pour s’éponger le visage de son propre sang, et peut-être un peu de celui de son adversaire. Puis il s’installe sur le divan, fermant les yeux quelques secondes, histoire de profiter de ce bref moment de tranquillité, de solitude, et de sérénité. Hélas, ce moment ne dura qu’un temps. Puisqu’à peine eut-il le temps de respirer et reprendre ses esprits que la porte d’entrée claque pour laisser apparaître une Isabelle Carstairs dans un état pitoyable, le même qu’à l’ordinaire certes mais un état dans lequel Jace avait bien du mal à la voir. Et ce même s’il commençait à fréquenter ce genre de personnes chaque jour et à comprendre les effets de ces conneries chez n’importe quelle personne. « Oh mon fils ! » Isabelle, qui se retient à chacune des parois de la maison pour ne pas tomber à la renverse, affiche un large sourire et se dirige vers Jace, les bras grands ouverts en sa direction. C’est plus fort que lui, le jeune homme ne peut s’empêcher d’arquer un sourcil. Isabelle Carstairs n’est absolument pas le genre de femme aimante, chaleureuse et affectueuse. Bien au contraire. Il a reçu plus de gifles –certes méritées- de sa part que de démonstration d’affection. C’était d’ailleurs peut-être pour cela qu’aujourd’hui il avait dû mal avec tout ce qui relevait de gestes tendres et doux. « Isabelle. » C’est tout ce qu’il trouve à dire à sa propre mère pour la saluer et répondre à ce sursaut soudain d’amour. Il détourne la tête de sa mère attrapant une cigarette dont il prend une bouffée régénératrice. La mère de famille, dans une difficulté assez incroyable vint alors s’asseoir près de son fils sur le divan. « Pourquoi est-ce que tu ne m’appelles pas maman comme les autres ? » Cette phrase fait immédiatement sourire Jace. Il était conscient que le reste de ses enfants l’appelaient ainsi, mais lui, il n’avait pas la moindre envie de le faire. Et même si elle ne les avait pas lâchement abandonné comme l’avait fait leur père, cela revenait presque au même. « Parce que tu n’as jamais été une mère pour nous. » Et c’était la stricte vérité. Elle n’endossait pas le rôle de mère pour eux. Non, elle se contentait de boire, de se droguer pour oublier, pour se laisser aller à une vie où tout était bien plus simple, où elle n’avait aucune responsabilité et aucun devoir. Elle était pitoyable. Et le pire dans tout cela était que ses propres enfants étaient bien plus matures qu’elle ne pouvait l’être. Il ne comptait plus les fois où Elsie avait nettoyé leur mère, régurgitant le trop plein d’alcool qu’elle s’était enfilé, il ne comptait plus ces fois où il avait dû la mettre au lit, aller la chercher dans des endroits glauques, ou bien lorsqu’il avait dû rembourser –et par conséquent dire adieu au paiement des courses entre autre- les dealeurs de sa propre mère qui les menaçaient s’ils ne remboursaient pas de suite. Elle se fichait de tout. Elle vivait une vie pitoyable de camée sans se soucier de ses propres enfants. Et ce soir en était l’exemple parfait, malgré tout ce qu’elle pouvait dire. « Je suis votre mère. » Elle était convaincue de ses propres propos et c’était probablement ce qui était le plus risible pour Jace, qui se tourne vers elle et lui lance un regard entendu, lui faisant aisément comprendre qu’elle avait peut-être le statut officiel de mère mais qu’elle n’en avait pas le moins du monde la signification. Comment une camée dont le maquillage coulait, les cheveux ne ressemblaient à absolument rien, les vêtements étaient sales et bien trop courts pour une femme de son âge et dont l’hygiène laissait clairement à désirer pouvait se revendiquer être mère ? « Ca n’a pas d’importance. J’aime mes enfants ! » De nouveau, Jace étouffe un rire. Non pas que cela l’amuse, car la vérité était bien plus triste mais, le fait est qu’elle avait une bien drôle façon de montrer qu’elle aimait ses enfants. Et ce comportement semble bien plus toucher Isabelle qu’il ne l’aurait cru. Peut-être avait-elle là un élan de lucidité. Ou peut-être que non et qu’elle jouait parfaitement bien la comédie. « Tu as toujours été mon préféré ! Tu lui ressembles tant ! » Jace n’écoute jamais ce que sa mère lui dit. Parce que les trois quart du temps, ses propos sont dictés par ces merdes qu’elle consomme, mais le fait est que ce soir, elle semble vouloir attirer son attention. Elle dépose une main qui se veut maternelle sur la joue de son fils qu’elle caresse doucement. Mais ceci ne dure qu’une fraction de seconde car Jace la repousse presque immédiatement. « Arrête. » Il déteste l’affection de sa mère. Parce qu’il n’y a jamais été habitué et parce qu’il sait que tout ce qu’elle fait est faux, complètement faux. Et ceci même s’il est conscient qu’elle parle d’un homme qu’elle a autrefois aimé. Isabelle, qui semble trop défoncée pour s’attarder sur le rejet de son fils, n’abandonne pas pour autant et revient à la charge. De ses doigts tremblants, elle force Jace à tourner la tête vers elle.  « Qu’est-ce qui t’ait arrivé au visage ? » Il ne répond pas. Il n’a pas envie de répondre. De toute manière, elle aura oublié d’ici quelques heures. Et puis ce n’était pas comme si cela l’emportait réellement. Il pousse alors à nouveau la main de sa mère, pour retrouver la chaleur de sa cigarette quasiment achevée. Un long silence s’en suit avant qu’Isabelle se laisse tomber au fond du divan. Au plus grand soulagement de Jace, elle semblait avoir abandonné cette idée des plus saugrenues de jouer les mères. Chose qui se confirma lorsqu’elle sortit quelque chose de sa poche. Quelque chose à laquelle Jace ne s’attendait absolument pas. « Pour te prouver à quelle point je t’aime mon fils, je nous ais trouvé ça… » Avec un sourire non dissimulé, elle fait glisser entre ses doigts un sachet de meth, qu’on pourrait aisément confondre avec du verre pillé, puis elle secoue devant les yeux de son propre fils cette drogue, serrant dans sa main libre une petite pipe en plastique spécialement fabriquée pour la consommation de ce genre de substance. Jace regarde un instant Isabelle, fronçant les sourcils, se disant pour lui-même qu’elle n’était vraiment la pire des mères qu’il puisse exister. « Je sais que tu en consommes Jace. » Il est surpris. Surpris qu’elle ait remarqué cela, alors qu’il ne l’a jamais fait ici, dans la demeure familiale et qu’il pensait que l’attention qu’elle apportait à ses enfants était nulle ou quasiment nulle. N’était-elle finalement pas aussi déconnectée de la réalité ? Il reste là sans rien faire pendant un moment, la regardant, puis regardant ce qu’elle tenait entre ses doigts. Oui, il consommait. Oui, cela lui arrivait lorsqu’il se retrouvait avec ses amis très peu fréquentables, ou bien lorsqu’il était seul et totalement à bout de nerfs. Oui il savait que ce n’était pas bien, que cela allait lui bouffer la santé et ses capacités, mais certains jours, cela le soulageait. Cela lui rendait la vie un peu moins difficile. Alors oui, ce n’était pas ce qu’il voulait être, mais un jour, cela lui avait fait du bien, alors il en avait repris et depuis, il lui était difficile de totalement arrêter. Bien sûre, il cachait cela à Aidan, et plus encore à Elsie et Cody. Ils ignoraient tout de ses activités extérieures, de ses addictions et problèmes en tout genre. Ou peut-être qu’ils s’en doutaient mais avaient pris la décision de fermer les yeux. Jace l’ignorait, mais le fait est que sa mère savait. Elle semblait connaître ses démons et il détestait ça. Il détestait ça parce qu’il ne voulait pas être comme elle. C’était tout ce qu’il détestait. Il la détestait ouvertement. Et pourtant, face au petit sachet de méthamphétamine qui se trouvait devant ses yeux, plusieurs désirs s’entrechoquèrent dans son esprit. « On se ressemble plus que tu ne le penses Jace. » Cette phrase, prononcée par Isabelle aurait dû provoquer quelque chose en Jace, elle aurait dû faire l’effet d’un électrochoc pour lui, il aurait dû comprendre que ce n’était pas ce qu’il souhaitait, car il n’avait pas la moindre envie de ressembler à sa mère, c’était ce contre quoi il s’était toute sa vie battu. Mais aujourd’hui, il était épuisé. Epuisé de sa vie merdique, de ce poids qu’il avait constamment sur les épaules, de cette pauvreté contre laquelle il devait se battre… Alors, il se laisse aller, il se dit que cela ne peut pas encore plus  aggraver la situation déjà merdique, que personne ne le saura, que cela restera entre sa mère et lui et qu’il a bien le droit d’avoir lui aussi sa dose réconfort, qu’il n’est pas toujours obligé d’être celui qui porte tout le poids de cette famille sur les épaules. Alors, il baisse sa garde, il baisse les bras et laisse son addiction grandissante le régir. « Tais toi, et donne moi ça. » Il s’empare du sachet, de la pipe et il ne faut que quelques minutes pour que la mère et le fils profitent clandestinement de leur passion commune, dévorante et totalement aux antipodes de ce qu’avait toujours souhaité Jace. Le fait est qu’il n’était finalement qu’un homme, un gamin âgé d’à peine dix-huit ans qui ne faisait pas toujours les bons choix. Des choix qu’il regretterait amèrement plus tard. Mais à ce moment-ci il profitait. Il profitait simplement de l’instant présent et des effets de la drogue sur son système. Cela dure un moment. Une période durant laquelle il oublie. Il ne pense à rien. Et durant laquelle il se sentirait presque proche de sa mère avec qui il partage ce moment. Cependant, celui-ci est éclipsé en une fraction de seconde lorsque Isabelle Carstairs se lève du divan, fait quelques pas en direction de la cuisine et s’effondre totalement sur le sol dans un vacarme monstre. Le sourire de Jace s’abaisse aussitôt que ses yeux rencontrent le corps inconscient de sa mère, convulsant. Overdose…  « Est-ce que la famille de Madame Carstairs est là ? » Cela faisait plusieurs heures que Jace attend. Il ignore si c’est la peur de la perdre, l’effroi face au spectacle auquel il vient d’assister ou bien les méfaits de la drogue encore présente en lui, mais des larmes ne cessent de perler le long ses joues égratignées par son combat antérieur. Cela fait des heures qu’il est recroquevillé dans un coin de la salle d’attente de l’hôpital de Washington, sur lui-même, ses mains retenant sa tête, l’empêchant probablement de céder à une panique totale. Lorsque le médecin fait irruption dans la pièce et qu’il fait référence aux Carstairs, le jeune homme se lève immédiatement. Sa tête lui fait un mal de chien et un léger étourdissement lui fait un instant perdre l’équilibre sous le regard accusateur du médecin. Cela peut se voir à des kilomètres que Jace est sous influence et qu’il est à deux doigts de péter littéralement les plombs. Son corps tremble de toutes parts lorsque le médecin s’efforce de lui conter l’état de sa mère. Jace n’écoute pas vraiment. Parce que le médecin commence à lui faire le récital des méfaits de la drogue, chose qu’il n’a pas envie d’entendre. « Vous pouvez aller la voir. » C’est la seule phrase qui retient réellement son attention. Il se dirige immédiatement vers la chambre qu’on lui indique, afin de s’assurer que sa mère va bien. Certes le médecin a dit qu’elle était hors de danger mais tout de même, il a besoin d’en avoir le cœur net. Pourtant, lorsqu’il arrive devant la porte de la chambre, qu’il attrape la poignée, il s’arrête. Il stoppe son geste et reste là un certain temps, se demandant s’il a véritablement envie de la voir. La logique aurait voulu qu’il entre dans cette chambre d’hôpital comme il l’a souvent fait par le passé, mais là, à un instant, à cette fraction de seconde il est frappé par un tout autre sentiment. Il ne veut pas entrer. Il ne veut pas la voir. Il ne veut pas la prendre dans ses bras et être rassuré qu’elle soit encore en vie, remerciant le ciel alors que la cruelle vérité est qu’elle aurait mérité de perdre la vie aujourd’hui, comme il le méritait lui-même. Alors il lâche la poignée. Il la lâche et fait quelques pas en arrière avant de fuir, fuir de cet hôpital qui lui file la nausée et fuir sa propre mère. Il a l’impression que l’air lui manque, il a l’impression qu’il est pris au piège et que la seule chose qui pourrait le libérer serait de s’éloigner. S’éloigner du poison qu’est sa mère, mais aussi de la drogue, de la pauvreté, et de sa propre charge familiale. Oui. C’est ça la solution. Il doit partir. Il doit s’éloigner de tout cela et ne plus jamais y remettre les pieds. Il ne peut plus gérer tout cela, il n’est pas assez fort psychologiquement. Il ne peut plus être celui sur qui on se repose alors qu’il ne vaut finalement pas mieux  que leur mère. Il ne peut pas être un modèle pour ses frères et pour sa petite sœur alors qu’il est à cet instant dans un état aussi pitoyable que pourrait l’être leur mère. Il ne peut pas … Il ne peut plus. Il n’en peut plus. Alors sur un coup de tête, Jace court jusqu’à la demeure familiale, monte à l’étage –ne prenant pas même le soin de ranger les vestiges de sa petite expérience avec Isabelle- et fourre le peu de ses affaires dans un sac de sport. Il doit être aux alentours de cinq heures ou six heures du matin. Personne n’est encore debout. Personne sauf peut-être Elsie, qui vient tout juste d’apparaître dans la chambre de Jace. Elle se frotte les yeux et regarde son frère de cette petite moue boudeuse à laquelle il ne pouvait autrefois pas résister. « Jace, j’ai fais un cauchemar, je peux … tu vas où ? » Il faut quelques secondes à la petite fille pour remarquer ce qu’est en train de faire son frère. Elle s’interrompt dans sa propre phrase alors que Jace ne se tourne pas vers elle. Il ne veut pas qu’elle le voie ainsi. Il ne veut pas qu’elle voie son visage recouvert des blessures de son combat de la veille, ni même qu’elle prenne conscience qu’il ne vaut pas mieux que leur mère. Il s’apprêtait à partir, à les abandonner et paradoxalement, il ne voulait pas que le dernier souvenir que sa petite sœur aurait de lui, soit celui d’un homme ravagé par les coups et par la drogue… « Je reviens, retourne te coucher Elsie, tu peux aller dans mon lit ma belle. » lui dit-il précipitamment sans pour autant se retourner. D’ordinaire, il était un peu plus réticent à la laisser aller dans son lit, mais il voulait de toute évidence se débarrasser d’elle et c’était le moyen le plus efficace. Tant que la petite fille n’y vit que du feu.  « Bonne nuit Jace. » dit-elle finalement avant de rejoindre le lit du jeune homme et que celui-ci ne s’éclipse de la pièce sans le moindre regard vers Elsie ; puis de la demeure, sans le moindre mot, la moindre note, le moindre souvenir, la moindre discussion. Il quittait sa propre famille, il quittait sa vie, aussi misérable soit-elle, quittait le quartier où il avait grandi, la ville où il avait évolué et ce pourquoi il s’était toujours battu. De la manière la plus lâche qu’il soit, il avait abandonné. Il avait baissé les bras et laissait Aidan, Elsie et Cody seuls, complètement seuls.





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    come on let it go just let it be, why don't you be you and i'll be me, everything that's broke, leave it to the breeze let the ashes fall, forget about me.


Dernière édition par Jace Carstairs le Lun 15 Fév - 11:43, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: › suck it and see   Sam 16 Jan - 12:22




Les choses ont changé. La vie de Jace Carstairs n’est plus celle qu’elle était autrefois. Il a certes grandi, mais il aussi pris de l’expérience, de la personnalité, de l’aplomb, des muscles et un brin de maturité. A le voir ainsi, personne n’aurait pu croire qu’il n’était qu’un gosse de Chicago bercé par la pauvreté, la drogue et la violence. Bien sûre, les deux derniers éléments étaient encore vrais aujourd’hui, mais d’une manière totalement différente. Mais une chose était certaine, il n’avait plus la moindre responsabilité, il n’avait plus à bosser d’arrache pieds pour d’autres personnes que pour lui-même et il pouvait enfin jouir de tout l’argent qu’il gagnait dorénavant. L’homme qui s’engageait, qui protégeait les personnes qui comptaient pour lui, ou qui avait tout simplement des proches auprès de lui, n’était plus. Il était seul et il aimait cette solitude. Il pouvait travailler de la manière qu’il souhaitait –dans les limites de ce que son boss lui imposait- et n’avait absolument plus rien à faire de qui que ce soit d’autre que de lui. C’était un soulagement. Un véritable soulagement. Soulagement qui s’était consacré au fur et à mesure du temps. Car il serait mentir de dire qu’au début, Jace n’avait pas culpabilisé d’abandonner ses frères et sa petite sœur à Chicago, les laissant, certes avec une somme rondelette volontairement oublié dans cette cachette que seul Aidan connaissait, mais il les avait tout de même abandonné. Il était parti comme un véritable lâche, comme un voleur, les laissant de se débrouiller seuls dans la pire des situations. Il était pourtant l’aîné, il était pourtant celui qui devait agir avec maturité et responsabilité et il s’était enfuit et avait tiré un trait sur son ancienne vie. Au fil du temps, il avait fini par apprendre à déculpabiliser, à bloquer tout regret,  à avancer. Parce que malgré tous ces sentiments qui pouvaient parfois le ronger, il n’avait pas pris en considération une seule seconde, l’idée de faire marche arrière et de revenir pour aider et soutenir ses frères et sa sœur. Non. Parce qu’il détestait cette vie, cette vie qui l’avait tant rongé de l’intérieur, cette vie dans laquelle il ne voudrait remettre les pieds pour rien au monde, cette vie misérable. Il avait souhaité sortir de cette famille dysfonctionnelle et avait voulu, pour la première fois de sa vie, agir égoïstement. La morale aurait voulu qu’il ne le fasse pas, mais il l’avait fait, et aujourd’hui, il avait appris à mettre sa culpabilité de côté et à ne plus penser à eux. Les années s’étaient écoulées, le temps avait passé et Jace était aujourd’hui un tout autre homme. Un homme qui voguait là où le vent le menait sans avoir de véritable attache, sans savoir de quoi serait fait le lendemain. Durant ces dernières années loin de Chicago, il avait voyagé, beaucoup voyagé. Il avait arpenté les rues de beaucoup de villes différentes, qu’elles soient américaines ou internationales. Il avait découvert toutes ces choses qu’il désirait tant découvrir plus jeune, qui l’avaient fait tant rêvé, pour finalement élire domicile à Washington où il s’était construit une nouvelle vie. Une vie qu’il maîtrisait dans les moindres détails, et qu’il aimait. Ouvrant les yeux, réveillé par les premiers rayons de soleil, Jace ne tarda pas à poser les pieds à terre, s’extirpant de son lit. Un mince sourire qui pourrait aisément traduire une quelconque satisfaction se lit sur ses lèvres lorsqu’il jette un œil à la petite blonde encore endormie de l’autre côté du lit. La laissant récupérer après leur nuit des plus mouvementés, le garçon s’éclipsa de la chambre pour gagner la cuisine. L’appartement dans lequel il vivait aujourd’hui n’avait absolument rien à voir avec celui dans lequel il avait passé ses dix-huit premières années d’existence. Il n’était pas aussi luxueux que celui de son boss, parce qu’ils n’avaient pas la même ancienneté dans le métier, ni même exactement les mêmes revenus, et aussi parce qu’il n’avait de toute évidence pas vraiment envie d’attirer l’attention, mais il était, à comparaison de son ancien logement, tout simplement somptueux. Le jour et la nuit en somme. Après s’être servi un café, Jace, qui n’avait pris la peine de revêtir plus de vêtement qu’un simple caleçon, s’installa devant le bar de sa cuisine américaine, s’emparant de son iPad pour s’informer des dernières informations importantes. Stevens a tenté de le joindre pendant la nuit. Jace lève les yeux au ciel et décide pour le moment d’ignorer les appels manqués de son patron, il aurait tout le loisir de traiter avec lui après avoir émergé. Stevens n’était pas quelqu’un d’agréable et de sympathique. Pour tout dire, Jace n’aimait pas spécialement cet homme, qui était avec la plupart de ses employés exécrable mais cela n’avait pas vraiment d’importance. Il le tolérait et faisait abstraction de sa mauvaise humeur permanente et de ses méthodes bien trop souvent douteuses parce qu’il était tout simplement l’homme le plus craint de la ville, mais aussi le plus respecté et le plus influent dans son domaine. Jace avait beau dire, il avait beau avoir toute l’aversion possible pour son patron, lorsqu’il s’agissait de s’entourer des meilleurs, il faisait abstraction de tout le reste. De toute manière, il était bien mal placé pour faire de quelconque leçon de morale à qui que ce soit. Ceci étant, il était parvenu, au fil du temps, à se faire une place auprès de cet homme, aussi odieux soit-il. Près d’une bonne demi heure plus tard, après avoir pris le temps de se préparer, Jace fut fin prêt à démarrer cette journée qui s’annonçait être de toute évidence, intéressante, comme elles l’étaient toutes depuis son arrivée à Washington. « Hey, c’est l’heure du départ, j’ai été ravi de faire ta connaissance … » Jace marque une pause dans sa phrase, plissant légèrement les yeux, se demandant finalement bien quel pouvait être le prénom de cette femme avec qui il s’était pourtant envoyé en l’air toute la nuit. Le fait est qu’il n’accordait pas vraiment d’importance aux prénoms, ni même aux femmes avec qui il passait ses nuits en réalité. Il la regarde un instant, alors qu’il vient de lancer dans sa direction sa robe qui traînait sur le sol à l’entrée de la chambre. Elle l’attrape non sans mal, mais l’expression qu’elle arbore à cet instant montre clairement l’étendu de son mécontentement. Peut-être avait-elle l’habitude que les hommes soient tous à ses pieds et qu’elle laisse un agréable souvenir dans l’esprit de chacun des hommes qu’elle fréquentait, ou au moins assez pour qu’ils se souviennent de son prénom. Dommage, Jace n’était pas le moins du monde comme ça. « Maggie ! » Jace hoche alors la tête et feint d’être ravi de l’apprendre. « Maggie c’est ça ! » Son sourire est faux, et son regard fait clairement comprendre à la demoiselle qu’il aimerait bien qu’elle débarrasse au plus vite le plancher. Le fait est qu’il avait bien des choses à faire aujourd’hui. Vexée, la jeune femme ne tarde pas à partir, après l’avoir affublé d’un nom d’oiseau qui fait aussitôt naître un sourire sur le visage du jeune homme, amusé. Puis, à son tour, il  quitte son appartement pour rejoindre son lieu de travail. Il n’est absolument pas dépaysé de ce qu’il s’y passe d’originaire lorsqu’il entre dans le magasin d’informatique –qui n’est de toute évidence qu’une couverture pour d’autres activités souterraines- de Stevens. Celui-ci est en train de hurler sur l’une de ses employés sans la moindre retenue, tellement qu’il l’entend à peine met-il un pied dans la boutique. Certes, ils sont dans l’arrière boutique, mais les hurlements de Stevens se font entendre de loin. Heureusement, les clients se font aujourd’hui rares. Les mains dans les poches de sa veste en cuir, Jace se dirige calmement vers le bureau de son boss et attend patiemment qu’il ait terminé le lynchage de cette pauvre fille qui n’avait probablement pas dû faire quelque chose d’aussi grave qu’il le laissait entendre. « Et la prochaine fois, Simmons, c’est pas un sermon que tu auras, crois-moi. » Un léger rictus marque la désapprobation de Jace par rapport aux propos de Stevens, parce qu’il sait exactement quelle sera l’autre issue, une simple et très appréciée, balle dans la tête. Mais il tente tout de même, de rester stoïque, parce qu’il est évident que son boss a quelques soucis de colère, et qu’il n’a pas envie de rentrer dans ce débat. Dans celui qui lui ferait dire à voix haute tout le dégoût qu’il ressentait pour celui pour lequel il travaillait depuis plusieurs années. Il croise alors les bras et attend que la jeune femme ait quitté le bureau pour embrayer sur une autre conversation, bienvenue. « Pourquoi tous ces appels cette nuit, je vous manquais Stevens ? » Jace se permettait quelques familiarités et surtout quelques plaisanteries –pas toujours de bon goût certes- avec son boss. Ceci simplement parce qu’il travaillait pour lui depuis un bon moment maintenant et qu’il avait appris à cerner le personnage et à se faire apprécier. Ce n’était pas bien difficile pour lui, puisqu’il était devenu le meilleur revendeur de Stevens, et ceci avait suffit à lui faire avoir une place de choix dans le business auprès du plus grand. Cependant, Stevens n’était tout de même, pas une personne très encline à la plaisanterie, quelque soit les circonstances. On pouvait le dire, cet homme, en plus d’être un pervers, un psychopathe, irrespectueux, cupide et sanguinaire, n’avait absolument aucun humour. « Pas le moment, Carstairs. Cette petite idiote a fait foirer une grosse vente. Les femmes sont vraiment bonnes à rien. » Jace reste parfaitement silencieux face aux remarques sexistes de son boss. Parce que finalement, il n’en pense pas moins. Cependant, il n’a pas réellement l’envie de se prêter à ce genre de conversation avec lui. Pour ainsi dire, il n’a pas envie de se prêter à la moindre conversation avec cet homme. Il n’attend que ses ordres pour pouvoir quitter ce bureau et cet homme des plus ingrats. « J’ai besoin que tu livres ça à New-York ! » Stevens lâche un paquet assez conséquent de drogue enveloppé en un rectangle parfaitement bien dessiné, sur le bureau, dans un bruit sourd. Voilà ce à quoi Jace Carstairs s’adonnait dorénavant à Washington et ce qui lui avait permis de vivre plus que confortablement depuis. Une fois encore, il devait sa richesse à l’illégalité, mais cela lui importait peu, du moment qu’il avait ce qu’il souhaitait. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait plus de cas de conscience. Le dealeur acquiesce donc avant d’attraper le paquet et d’écouter les informations relatives au destinataire de cette livraison newyorkaise. Notamment celle qui concernait le fait que ce fameux client était en réalité un très mauvais payeur. Stevens fit donc lourdement comprendre à son bras droit qu’il avait carte blanche pour faire payer le client. « Prends ça, ça pourrait t’être utile. » Stevens sortit de l’un des tiroirs, une arme qui aurait pu faire froid dans le dos de n’importe qui. Jace regarde l’arme, puis son patron. « Ca devrait aller, j’ai ce qu’il faut. » Si Jace avait déjà sa propre arme, et qu’il n’hésitait pas à l’utiliser lorsque cela était nécessaire, il était partisan des anciennes méthodes – déformation de son ancienne vie. Le genre de méthodes qui marchaient tout autant selon lui et qui évitait de devoir perdre du temps à nettoyer derrière soit et à se débarrasser d’un corps. Le jeune homme n’avait pas de temps à perdre avec cela. Lorsqu’il quitte son patron et la boutique, il rejoint immédiatement le bolide qui l’attend devant la vitrine, sa moto qu’il chérit bien plus qu’il ne pourrait chérir une femme. Puis il se met en route sans tarder. Une longue journée l’attendait. Journée qui se déroula sans réelle encombre. Quelques bouchons sur la route, quelques idiots ne sachant de toute évidence pas conduire, une serveuse exécrable, et un client qui finalement se révéla plutôt coopératif. Enfin, une fois que Jace l’ait suspendu par la fenêtre, la tête dans le vide, le menaçant de le lâcher du huitième étage s’il ne payait pas ses dettes et s’il lui venait à l’idée de recommencer à jouer les plus malins avec eux. Tout le monde se montre bien plus docile après cela. Et bien sûre, une fois la commission faite, l’argent récupérée et mis dans un endroit sûr, Jace ne résista pas à aller là où il se rendait à chaque fois qu’il venait à New-York. Après tout, l’expression disait bien, après l’effort, le réconfort. Et il avait grandement besoin d’un verre. Ou peut-être même de plusieurs, et de la présence de femmes. Beaucoup de femmes. Et quoi de mieux que ce club sélect et un brin mafieux en souterrain, avec lequel il traitait très souvent pour achever son séjour. Les propriétaires l’accueillaient toujours à bras ouverts et lui offraient à chaque fois à peu près tout ce qu’il désirait. Cette fois-ci ne fit d’ailleurs pas exception à la règle puisqu’après quelques échanges avec le gérant, Jace s’installa dans un salon privé du club, où la plupart des personnes peu fréquentables de New-York se retrouvaient. Car c’est ici qu’ils pouvaient faire affaires, qu’ils pouvaient boire des bouteilles de bon vin hors de prix, et qu’ils pouvaient s’entourer des plus jolies femmes de l’état –même s’ils devaient à la fin de la soirée les payer pour leur présence. Jace profita aisément des services de ce carré réservé à quelques privilégiés avant de rejoindre la partie publique du club pour prendre un dernier verre avant de reprendre le chemin de Washington. Mais à peine fut-il installé et qu’il se soit emparé de son verre qu’une charmante brune qui ne lui était pas tout à fait inconnue vint troubler sa solitude. « Tiens Carstairs, que nous vaut ta présence à NYC ! » Le jeune homme lève les yeux vers la provenance de cette voix qu’il pourrait reconnaître entre mille, un mince sourire aux lèvres. Sage O’Bannon. Ce n’était pas une étrangère. Loin de cela. Il l’avait rencontré il y a quelques temps de cela, et à chaque fois qu’il venait à New-York, il ne manquait pas d’aller la voir. Parce qu’elle était une cliente des plus fidèles mais aussi parce qu’au delà de cela, au delà de la drogue et contre toute attente, il l’appréciait. Elle était pourtant sur le papier tout ce qu’il pouvait détester. Elle n’était qu’une gosse de riche, odieuse et méprisante la plupart du temps, infernale et égocentrique. Mais le fait est qu’elle l’amusait et qu’elle lui faisait étrangement penser à un fantôme de son passé. Alors évidemment, à chaque fois qu’il se rendait à New-York, il ne manquait pas faire un saut dans ce club, certes qui lui faisait conclure quelques affaires et passer du bon temps, mais dans lequel, Sage se rendait toujours et où il pouvait par le plus grand des hasards, la voir. C’était ici qu’il l’avait rencontré pour la première fois et c’était ici qu’ils se voyaient quasiment à chaque fois. « Les affaires. » dit-il avec un regard entendu qui voulait tout dire. Sans qu’il n’ait eu le temps de l’inviter à sa table, Sage s’y installa et minauda comme à l’accoutumer. Cette attitude faisait toujours beaucoup rire Jace, parce qu’il savait qu’elle agissait de la sorte uniquement parce qu’elle voulait quelque chose. Quelque chose d’évident. Parce que c’était essentiellement pour cela qu’ils se voyaient. « Tu as quelque chose pour moi ? » Sage n’avait pas besoin de jouer ce jeu avec lui, mais le fait est qu’il adorait s’y prêter et rentrer dans ce petit jeu de séduction, ceci malgré le fait qu’il ne s’était jamais rien passé entre eux et qu’il ne se passerait probablement jamais rien. Il ne saurait l’expliquer, mais ils entretenaient un lien particulier. Bien au delà du simple lien de dealeur à cliente, sans savoir réellement ce que cela pouvait être. Jace s’approche alors doucement de la brune, l’un de ses sourires qui se voulait ravageur collé sur le visage. « J’ai tout ce que tu veux pour toi, Sage. » Il arque les sourcils, laissant planer quelques sous-entendus, simplement pour le jeu. « Si tu as l’argent pour me payer. » L’issue de sa phrase le fait sourire. Sourire auquel s’adjoint immédiatement celui de la jolie brune qui se trouve en face de lui, qui ne cesse de jouer le jeu qu’elle doit probablement entreprendre avec chacun des hommes qu’elle souhaite mettre dans son lit. « L’argent n’est pas un problème pour moi, tu le sais bien. » Un regard entendu, suivit d’un clin d’œil lui fait aisément comprendre qu’il peut avoir confiance. Non pas qu’il n’ait pas confiance, car Sage lui a toujours payé ce qu’elle devait lors de ses ventes, mais il devait retourner à Washington d’ici peu, et il n’avait franchement pas la moindre envie d’étendre son séjour pour faire la chasse au remboursement parce que le père de la belle ne lui avait pas encore donné son argent de poche pour le mois. Jace fouille alors dans la poche intérieure de sa veste pour en sortir l’objet de sa convoitise, sous forme de petites pilules. Il voit immédiatement le sourire de sa cliente s’élargir, alors qu’elle glisse de manière très habile quelques billets dans la poche du jean du dealeur. Et, à peine la transaction fut-elle faite qu’elle avala deux pilules sans même les regarder. Elle avait bien trop confiance en lui, sans même s’en rendre compte. Elle devrait savoir pourtant que les dealeurs n’étaient en rien des hommes bien. Elle aurait dû se demander si prendre ces pilules, juste devant lui, sans qu’il n’en prenne à son tour –parce qu’il restait toujours clean lorsqu’il travaillait- et passer le reste de la soirée à ses côtés, n’était pas une mauvaise idée. Après tout, il aurait aisément pu profiter d’elle et de l’état second dans lequel elle se trouvait. Elle prenait des risques inconsidérés, c’était une certitude. Ou peut-être savait-elle qu’au fond, malgré la profession et le peu de scrupule de Jace Carstairs, elle pouvait d’une certaine manière, compter sur lui. C’était inexplicable. Lui-même était incapable de justifier pourquoi il appréciait sa compagnie. Il n’était pas habituel de passer du temps avec ses clients et encore moins si ce n’était pas pour finir dans le même lit. Mais ceci étant, il passait toujours des soirées divertissantes et intéressantes avec la jeune femme. Celle-ci se déroula d’ailleurs comme bien d’autres et fut très agréable, jusqu’à ce que Sage devienne pâle et que Jace doive l’accompagner jusqu’aux toilettes, lui tenant les cheveux alors qu’elle tentait d’évacuer tout ce qu’elle avait probablement bu et pris ce soir. Jace détestait faire ça, il détestait être celui qui devait gérer des camés qui ne prenaient pas conscience de ce qu’ils faisaient. Parce que cela lui rappelait bien trop son ancienne vie et qu’il avait tiré un trait définitif dessus. Et pourtant, sans trop savoir pourquoi, il était là. Il aurait pu partir, s’échapper et ne plus jamais revenir, la laissant là, gérer seule quelque chose qu’elle ne pouvait de toute évidence pas gérer. Mais il ne l’avait pas fait. Il était resté là et lui était venu en aide, comme il l’avait fait à de si nombreuses reprises autrefois avec sa mère. Il haïssait ce genre de souvenir. Il déteste ce genre de chose et pourtant. Pourtant, face à Sage, il n’avait pu se résoudre à faire autrement. « Pourquoi prendre toutes ces merdes si tu n’es pas capable de les gérer O’Bannon ? » Bien entendu, s’il n’avait pas pris la poudre d’escampette, ce n’était pas pour autant qu’il allait se priver de ses petits commentaires assassins. La jeune femme, dont le visage sort enfin de la cuvette pousse Jace sans le moindre ménagement, afin d’atteindre le papier se trouvant à sa gauche. « Je suis parfaitement capable de gérer ! » A peine a-t-elle dit cela qu’un étourdissement a, de nouveau, raison d’elle. Jace la rattrape in extremis. « Visiblement. » Il soupire alors qu’elle le repousse aussitôt bien décidée à lui faire comprendre qu’elle peut parfaitement gérer ce bref moment de latence seule. Mais le fait est qu’elle ne peut pas. La chaleur engendrée par le club, les méfaits du trop plein d’alcool et l’achèvement par ces pilules l’ont laissé dans un piètre état qu’elle-même a bien dû mal à surmonter, malgré qu’elle soit pourtant une habituée. Sous l’œil désabusé de Jace, elle tente de sortir de là, mais dès qu’elle fait un pas, elle est obligée de se raccrocher à quelque chose, ou bien l’envie de régurgiter l’essentiel de ce qu’elle a pris durant cette soirée revient. Jace, qui est en pleine recherche d’une cigarette finit par céder après un long soupire de désapprobation, se demandant lui-même pourquoi il faisait tout cela et pourquoi il ne la laissait pas là seule, si elle était capable de gérer. « C’est bon, viens, je t’amène prendre l’air. » Cette fois, elle ne le repousse pas lorsqu’il passe une main dans son dos pour l’aider à marcher, elle s’accroche même à lui lorsqu’ils traversent la foule, sous le regard interloqué de certains lorsqu’ils les voient ressortir dans cet état, tous les deux de la cabine des toilettes. Une fois dehors, même si l’air frais semble lui faire du bien, c’est reparti pour un tour. De nouveau, il lui tient les cheveux d’une main, fumant sa cigarette de l’autre. Ceci a été son quotidien pendant si longtemps, que ses gestes sont naturels. « Je n’aurais jamais dû en prendre. Et boire autant. » Finit-elle par avouer, quelques larmes perlant le long de ses joues. Non pas qu’elle était triste –ou peut-être qu’inconsciemment elle l’était- mais l’état dans lequel elle se trouvait s’avérait éprouvant. Lorsqu’elle sent qu’elle a évacué à peu près tout ce qui pouvait se trouver dans son estomac, elle vient s’asseoir près de Jace, faisant tomber sa tête dans ses mains. Le jeune homme reste parfaitement silencieux, profitant simplement du bienfait de sa cigarette, tournant de temps à autre la tête vers Sage, histoire de s’assurer qu’elle était encore en vie, et se demandant sans arrêt pourquoi il faisait cela. Sans pour autant parvenir à partir. « J’ai une représentation demain. » lâche-t-elle dans un soupire totalement désespérée. Jace tourne la tête vers elle, fronçant légèrement les sourcils, ne comprenant de toute évidence pas pourquoi elle se mettait dans des états aussi lamentables alors qu’elle avait le lendemain une représentation. Il savait qu’elle tenait à ce qu’elle faisait. Qu’elle était passionnée et totalement dévouée à son école de danse. Car oui, Jace se souvenait de toutes ces fois où, même dans des états seconds, elle lui avait parlé de l’importance de son école et de la danse pour elle, dans sa vie. Alors oui, il ne comprenait absolument pas ce qui lui prenait. Mais il avait bien conscience que la plupart des gens étaient contradictoires dans leur comportement –lui en premier. Alors d’un coup, il se leva et écrasa sa cigarette non achevée. « Je te ramène chez toi. » Son ton est catégorique, presque autant qu’il pouvait l’être lorsqu’il infligeait à Elsie, Cody ou Aidan une leçon de morale. Il n’était pas vraiment moralisateur de manière générale, mais il voulait simplement ce qu’il y a de mieux pour eux, tout comme il ne voulait pas que Sage foute en l’air son avenir pour une raison qu’il savait par avance futile. Il se saisit du bras de la brune, afin de la forcer à le suivre. Bien sûre, il savait où elle habitait, pour la simple et bonne raison qu’il connaissait absolument tout de ses clients. C’était une manière de couvrir ses arrières en cas de conflit. Mais forcément, rien n’était simple avec Sage. Alors au lieu de sagement l’écouter et de le suivre, elle se dégagea de son étreinte et resta plantée là, au beau milieu du passage, croisant les bras et lui jetant un regard noir. « Pourquoi faire ? Je ne suis pas un cas de charité Jace. » Ce qu’elle pouvait être caractérielle. L’homme lève les yeux au ciel avant de soupirer lui lançant un regard qui se voulait menaçant mais le fait est qu’elle était bien trop perturbée par sa propre situation pour donner un quelconque intérêt aux réprimandes silencieuses de son interlocuteur. Elle se rassoie, jouant à entortiller ses cheveux qui s’en tiraient magistralement bien ce soir –surtout grâce à Jace, il fallait le dire. Devant la scène, il ne peut s’empêcher de secouer la tête. Elle l’agaçait, il détestait ce genre d’attitude et plus largement ce genre de filles. Et pourtant, il était encore là à la regarder faire l’enfant et à gâcher la seule chose qui comptait réellement pour elle. Encore là à l’écouter… « Personne ne sera présent demain. Ni ma meilleure amie qui a mieux à faire, ni même Braddy. Même mon propre père ne peut pas venir. Je ne le blâme pas, il a du boulot mais bon... » Il fait quelque pas en sa direction, s’arrêtant auprès d’elle, prenant appuie sur le mur. Alors c’était donc ça. Il aurait pourtant dû s’en douter. Sage avait toujours besoin de l’attention de tout le monde, et plus particulièrement de ses proches. Il ne la comprenait pas vraiment, parce qu’il était aux antipodes de ce qu’elle était. Il était solitaire et préférait faire les choses seul sans avoir besoin de la présence ou de la reconnaissance de qui que ce soit. Et pourtant, à cet instant, il la comprenait. Il comprenait ce sentiment d’abandon qui devait de toute évidence être décuplé par tout ce qu’elle avait ingurgité ce soir. C’était un véritable mystère pour lui, mais cette fille, cette gosse de riche qui piquait une crise dès qu’elle n’obtenait pas ce qu’elle voulait, le touchait. Assez pour qu’il ait envie de lui venir en aide, alors qu’il ne faisait absolument jamais cela. C’était contre sa philosophie actuelle de vie. C’était contre nature pour lui. Il l’avait assez fait par le passé pour devoir le refaire aujourd’hui. Et pourtant, il lui tendit la main, comme il ne l’a tendait pour personne. « Aller lève toi, t’as besoin de décuver si tu veux être prête pour demain. » Elle lève les yeux vers lui, sans un mot. Quelque chose semble se passer dans leur regard respectif. Quelque chose d’inexplicable qui fait qu’ils se comprennent sans avoir besoin de se parler et elle finit par se saisir de sa main. Enfin. « Ce sont des idiots. » Cette phrase suffit à faire naître un sourire sur les lèvres de Sage et c’est finalement tout ce qui comptait. C’était tout ce qu’elle avait besoin, d’attention, quand les personnes qui comptaient le plus pour elle ne lui apportaient pas. C’était étrange. Etrange d’avoir ce genre de relation entre un dealeur et une droguée, mais le fait est que c’était bel et bien le lien qui les reliait. Lien particulier qui fit qu’il l’emmena manger dans un diner qui restait ouvert toute la nuit, et qui fit qu’il la raccompagna jusqu’à chez elle, lui préparant une boisson spéciale dont il avait le secret, le genre qui faisait des miracles sur la gueule de bois. Et le genre de lien qui fit qu’il fut le seul à être présent, le lendemain à la représentation de la jeune femme, prenant un siège à l’arrière du public simplement pour qu’elle ait le soutient qu’elle méritait… Soutient qui semblait compter pour elle puisqu’elle le remarqua aussitôt dans la salle et lui sourit. Elle fut merveilleuse,  comme elle ne l’avait jamais été, subjuguant tout l’auditoire, même Jace, qui n’avait pourtant aucun intérêt pour la danse. Ce fut, là, la dernière fois qu’ils se voyaient sans avoir le temps d’avoir une véritable conversation. Du moins, avant qu’elle ne débarde à Washington, au beau milieu de la nuit des mois plus tard. (…) Plongé dans un sommeil profond, Jace est forcé de se réveiller de la manière la plus brutale qu’il soit. Et pour cause, celle qui passe actuellement la nuit à ses côtés le secoue de manière très peu agréable. Il résiste un moment, bougonnant, grognant afin qu’elle comprenne que ce n’est pas le moment de le réveiller. Parce qu’il n’est pas commode au réveil et aussi parce qu’il a bien trop d’heures de sommeil à rattraper. Il était rare de le voir dormir dans les horaires où les gens normaux dormaient, alors pour une fois que cela arrivait, il n’avait pas le moins du monde envie que l’on vienne troubler cette sérénité qu’il avait trouvée dans le sommeil. Mais évidemment, cette stupide blonde, aussi belle soit-elle, en avait décidé autrement et ne cessait de le secouer et de lui crier dessus. Lui qui avait pourtant le sommeil lourd, il fut, avec elle,  contraint de rendre les armes. « Jace, Jace réveille toi ! Y’a quelqu’un à la porte qui frappe depuis un quart d’heure au moins ! » Il la pousse, définitivement pas enclin à l’écouter et à assimiler ses propos. Il n’entend même pas cette personne qui tambourine à la porte et il s’en contrefiche, il n’aura pas qu’à repasser plus tard. « Peu importe, rendors toi. » Il n’y a pas la moindre once d’amabilité dans la voix de Jace. Comme la plupart du temps certes mais là plus encore. Il plonge sa tête dans son oreiller, espérant qu’elle lui fiche enfin la paix mais hélas, ce n’est pas le cas. « C’est peut-être important et je ne peux pas dormir dans ses conditions. » Il soupire et finalement, il se met sur le dos, levant les yeux au ciel. Elle était tout bonnement insupportable. Comme la plupart des femmes qui passaient dans son lit, selon lui certes, mais elle, tout particulièrement. « Et bien, rentre donc chez toi, je ne te retiens pas ! » Il est si froid et acerbe dans ses propos et dans son regard que la jeune femme se vexe immédiatement. Définitivement, chacun des départs de ses conquêtes d’un soir, se suivaient et se ressemblaient. Ceci probablement dû à sa sympathie légendaire avec la gente féminine. Elle le regarde un instant, interloquée, espérant peut-être qu’il s’excuse et la retienne, mais ce n’est pas ce qu’il fit. Pourquoi l’aurait-il fait après tout ? Il avait déjà obtenu d’elle ce qu’il voulait, et il en trouverait bien une autre pour les soirs suivants. « Crétin ! » Il hausse les épaules. Elle n’avait pas tort, il ne pouvait de toute évidence, pas la contredire là-dessus. Elle rassemble alors ses vêtements, s’habillant en vitesse sans plus accorder d’importance à Jace, à part peut-être quelques regards noirs, de temps à autre, histoire de lui faire comprendre ô combien il pouvait être un parfait goujat. Sans que cela ne préoccupe plus que cela le garçon ; bien trop occupé à tenter de retrouver le sommeil. Mais, au bout de quelques longues secondes, il est forcé de constater que cette personne qui ne cesse de frapper à sa porte comme une forcenée est tout bonnement insupportable et n’a pas l’air décidée à débarrasser le plancher. Cette idiote n’avait finalement pas tout à fait tort, il était impossible de trouver le sommeil dans ces conditions. Un long soupire a finalement raison de lui, il allait devoir se lever. Mais, l’avantage de virer une fille dans ce genre de situation, fut que cela eut le mérite de faire arrêter ce bruit incessant sur sa porte d’entrée, lorsqu’elle quitta l’appartement. Sans se dire une seule seconde que cette personne qui venait probablement de pénétrer dans le studio, du fait de la sortie de la petite blonde, Jace enfile dans un calme olympien son jean qu’il a laissé traîner au sol, la veille au soir. Il recherche son t-shirt des yeux lorsque la porte de sa chambre grince. Il relève immédiatement la tête. Ce genre d’attitude aurait pu lui coûter la vie s’il avait s’agit là de quelqu’un qui avait décidé de régler ses comptes avec le dealeur. Parce que, quand bien même il avait toujours une arme sous son matelas, il n’aurait jamais eu le temps de l’attraper, c’était certain. Le fait est qu’il se pensait parfois bien trop invincible et que cela lui jouerait surement des tours dans l’avenir. Ceci étant, il n’eut pas vraiment le temps de songer à ce genre de chose. Car s’il ne s’agissait pas là d’une personne mal intentionnée qui voulait sa peau, il ne s’était pourtant pas attendu à voir dressée devant lui cette personne.  « Je vois que tu ne changes pas. » La brune aux yeux couleur émeraude qu’il ne connaissait que trop bien fit un signe de tête à l’adresse de la fameuse blonde qui venait d’être jetée dehors comme une malpropre. Non, il ne changeait pas et n’était pas certain qu’il changerait un jour. Jace reste un instant parfaitement stoïque, visiblement décontenancé de la voir là, à Washington, dans son appartement, juste devant lui. « Sage ? » Bien sûre qu’il sait que c’est elle. Parce qu’il aurait pu la reconnaître entre mille mais sa question était en réalité tout autre. C’était en fait, une série de questions : que faisait-elle là ? Pourquoi n’était-elle pas à New-York ? Comment avait-elle su où il habitait ? Pourquoi venir au beau milieu de la nuit sans même s’annoncer ? Pourquoi avoir frappé pendant si longtemps sur le pas de sa porte ? Et pourquoi avait-elle l’air de sortir tout droit du film 8 miles ? Le fait est qu’elle ne ressemblait, vestimentairement parlant pas à la Sage qu’il connaissait. Ses cheveux n’étaient pas soigneusement coiffés comme ils avaient l’habitude d’être, son maquillage semblait plus sombre, ou peut-être n’était-ce que son regard, et ses vêtements n’avaient de toute évidence pas l’air tout droit sortis d’un magazine de mode réservé aux plus riches d’entre eux. Elle était différente. Différente sans que Jace n’arrive véritablement à comprendre ce qu’il était en train de se passer. Ils restent un instant plantés là, elle sur le pas de la porte de sa chambre, lui, assis sur son lit, comme pris en flagrant délit. « Qu’est-ce que tu fous là ? » Il n’a jamais aimé les surprises, et le fait est qu’il l’était aujourd’hui totalement. Il enfile alors son t-shirt avant de sortir enfin du lit pour s’avancer vers elle. Il ne comprend. Il ne comprend pas ce qu’il est en train de se passer là, juste devant ses yeux. Il s’avance donc vers elle, alors que pour toute réponse à sa question, Sage hausse les épaules. « Qu’est-ce qu’il se passe ? » Il l’interroge du regard alors qu’une fois assez proche d’elle, il s’empare de ses épaules, plongeant son regard dans le sien, à la recherche de réponses. Mais son regard semble étrangement vide. Elle n’a plus cette étincelle qu’elle avait autrefois et que Jace avait longtemps connue. Elle refuse dans un premier temps de le regarder, baissant le regard vers le sol, laissant un Jace intrigué et à la limite de la panique. Il n’était pourtant pas le genre à paniquer pour rien, mais quand il s’agissait de Sage, son attitude était parfois bien plus expressive et extérieure qu’elle ne pouvait l’être à l’accoutumer. Elle finit par hausser de nouveau les épaules, avant de parvenir à poser ses yeux dans ceux de son interlocuteur. « Je savais pas où aller. » Mais bordel, qu’était-elle en train de lui raconter ? Si elle ne savait pas où aller, elle n’avait qu’à retourner dans sa maison dorée auprès de son cher père dont le fric sortait de chacun de ses pores. Mais Jace compris rapidement, que c’était finalement de ce dernier dont il retournait. « Tu es le seul qui a toujours été là quand tout le monde me tournait le dos. » Et ça, il ne l’avait lui-même jamais compris. Lui qui détestait faire dans le social était bien trop faible lorsqu’il s’agissait de Sage. Il l’interroge du regard, cherchant de toute évidence à ce qu’elle lui fournisse plus ample explication. Elle lève une main tremblante pour remettre l’une de ses mèches de cheveux qui s’échappe de l’élastique qu’elle a noué en une queue de cheval rapide. Ce genre d’attitude ne ressemble de toute évidence absolument pas à la Sage qu’il connaît, à celle qu’il a eu l’habitude de fréquenter et ce, même dans ses moments les plus sombres.  « Je n’ai plus rien Jace. » Sa voix se brise à la fin de sa phrase et le regard qu’elle lui lance lui suffit à comprendre. Enfin, il ne sait finalement pas de quoi il en retourne concrètement mais il n’a pas besoin de plus. Il n’a pas besoin de plus pour la prendre dans ses bras et la serrer contre lui, caressant doucement ses cheveux, probablement histoire de la rassurer. « C’est bon, tu peux rester là. » Jace n’était pas quelqu’un d’altruiste et généreux. Non, il était égoïste, indépendant, capable de vendre père et mère pour obtenir ce qu’il voulait. Il détestait avoir le poids de quelqu’un d’autre sur les épaules et pourtant, là, face à Sage, il n’avait pu se résoudre à agir autrement. Il n’avait pu se résoudre à l’envoyer balader comme il envoyait paitre tout le monde lorsqu’il s’agissait de rendre un quelconque service. Mais définitivement, avec Sage tout était différent. Il n’avait pas une seule seconde hésité et ne se voyait pas agir avec elle autrement. Même si cela voulait dire qu’il allait devoir partager pendant un certain temps son appartement, cohabiter avec quelqu’un d’autre que lui-même, apprenant la vie en communauté et les concessions. Mais finalement cela lui importait peu, car savoir Sage en sécurité était finalement ce qui lui importait le plus. Alors oui elle s’installa quelques temps chez lui, lui expliqua de quoi tout ceci en retournait et oui, la cohabitation fut parfois difficile mais finalement, il préférait la savoir là, avec lui, aussi peu fréquentable soit-il, qu’à New-York, complètement seule parce que ses amis, sa famille et tout ceux qui lui ciraient autrefois les pompes, lui avaient tourné le tos parce qu’elle n’était plus la fameuse Sage O’Bannon, digne héritière du grand John O’Bannon. « Alors comme ça je vais devoir t’appeler Malia Ryswell maintenant ? » Il l’interroge du regard, scrutant avec un sourire amusé le nouveau passeport de la jeune femme. En quittant New-York, en quittant le regard accusateur de toutes ces personnes hautement placées, elle avait décidé de tirer un trait définitif sur sa vie pour s’en construire une nouvelle. Une à Washington auprès de Jace. « J’aime bien. » dit-il finalement avant de l’attirer vers lui pour qu’elle vienne se blottir dans ses bras alors qu’ils sont tous deux installés sur le divan de la pièce principale. Malia Ryswell était et allait tout simplement devenir, au delà d’être celle qui le connaissait le plus, qui avait le privilège de voir la véritable personne qu’il était, sa plus grande faiblesse.





Il tire, encore et encore. Puis il tire à nouveau, trois fois. Chacun de ses tirs atteint l’exact point qu’il s’était donné. Sur la cible, des trous se font jour au niveau de la silhouette de l’homme à des points stratégiques. La tête, l’épaule, le cœur. Il ne rate jamais, ou très rarement sa cible. Il est pourtant adepte de l’utilisation de ses poings et des menaces pour se faire respecter mais le fait est qu’il a, à cet instant, juste le besoin de se défouler. De laisser passer ses nerfs. Parce que oui, il est énervé, agacé. Non pas parce qu’il vient d’apprendre que son boss s’est fait avoir comme le dernier des abrutis, qu’il a été assassiné et dont l’argent et la boutique ont été volé. Non, ce n’est pas pour cette raison, car le fait est qu’il détestait Stevens et que le savoir mort ne le touchait pas plus que ça. Mais il devait se rendre à l’évidence, le réseau de drogue, le cartel dont il faisait parti venait d’être réduit à néant et lui se retrouvait sans rien. Il venait tout bonnement de perdre son job. Et il détestait devoir faire face à ce genre d’imprévu lorsqu’il ne s’y était pas préparé. Il n’aimait pas les imprévus, il n’aimait pas les surprises et n’appréciait guère qu’un idiot lui retire son job de force sans qu’il n’ait son mot à dire. Bien sûre, s’il y a bien une chose pour laquelle Jace était doué, c’était bien de retomber sur ses pattes et de trouver une solution à tout obstacle qui viendrait se dresser devant lui, mais le fait est qu’il avait une situation plutôt confortable et qu’il n’était pas prêt à changer sans qu’il ne l’ait décidé de lui-même préalablement. Alors oui, il était en colère. Et plutôt que de passer sa frustration sur Malia qui ne savait pas comment ranger ses affaires ou nettoyer ce qu’elle utilise, il avait décidé de se rendre à ce stand de tir qui faisait le coin de la rue. Il avait l’habitude d’y aller de temps à autre pour perfectionner son adresse et son sang froid, mais surtout pour canaliser sa colère. Comme c’était finalement, actuellement le cas. Il finit par soupirer et lâcher sans la moindre précaution l’arme sur le bureau en face de lui. Il en avait assez. Et sans avertir qui que ce soit, il retire casque et lunettes de protection et quitte l’établissement. Il avait pris de très mauvaises habitudes ici et pensait bien trop souvent que tout le monde était à son service et qu’il avait le droit, lorsqu’il était de mauvaise humeur de tout laisser en plan, laissant le sale boulot aux employés dudit stand. Oui, parfois, Jace manquait de respect mais il s’en fichait. Parce que maintenant qu’il avait passé ses nerfs, il devait trouver une solution et rapidement. C’est pourquoi, il entama rapidement des recherches approfondies. Par la magie de l’internet mais aussi et surtout par ses nombreux contacts. L’agent Barnes fut l’un des premiers qu’il interrogea. Car ce dernier était, de par sa profession et ses nombreux deals souterrains, le plus au courant en la matière. « Ce crétin s’est fait avoir comme un bleu par une pauvre fille shooté à la coke au Texas. » Jace fronce les sourcils. Il travaillait pour Stevens depuis un moment maintenant et il était au courant de tous ses déplacements professionnels. Il acquiesce la tête, tout en tirant de temps à autre sur sa cigarette, faisant intérieurement des conclusions sur ce que cet idiot de flic corrompu lui disait. Stevens n’avait pas mentionné de déplacement au Texas. Ceci n’était donc pas un déplacement professionnel. Et le fait que l’agent lui mentionne qu’une femme était l’auteur de la tuerie l’intrigue particulièrement, mais cela n’est finalement pas vraiment étonnant quand on connaît la véritable faiblesse de Stevens pour les jolies femmes. « A ce que j’ai entendu dire, elle s’appellerait Kristina et aurait pris la totalité de son fric. » Kristina. Jace assimile les informations, hochant simplement la tête en silence. Ce qu’il y avait de bien avec ce flic, c’est qu’il n’avait finalement pas vraiment besoin de lui poser de questions pour qu’il parle. Cet homme était pire qu’une femme en terme de débit de parole. Il ne s’arrêtait jamais et ne semblait pas avoir de scrupule à enfreindre le secret de l’instruction, au plus grand plaisir du dealeur –ou de ce qu’il en restait. « Et elle est introuvable. » Evidemment qu’elle était introuvable. Elle n’était pas idiote. Si elle souhaitait rester en vie ou ne pas finir sa vie en prison, se faire discrète, partir très loin ou changer d’identité était la meilleure solution. Ils ne semblaient pas avoir grand chose sur elle de toute évidence, autre qu’un malheureux prénom. Prénom finalement bien courant qui ne l’amènerait à rien de concret. Jace soupire, parce que ce genre d’information ne lui suffit pas. Même si cela révélait une chose : elle était plutôt douée et ne semblait pas être une novice en la matière, ou bien l’était-elle mais elle savait comment s’entourer de gens qui ne l’étaient pas. Car un parfait idiot qui avait accidentellement ou même sur un coup de tête, tué Stevens ne se serait probablement pas donné autant de mal pour disparaître de la circulation, ou du moins, il aurait commis quelques erreurs. Erreurs qu’elle ne semblait pas avoir faites. « Cette petite est peut-être une droguée, mais en attendant, elle sait y faire avec les hommes. Si tu vois ce que je veux dire. » Cette phrase sexiste ne fait naître aucune expression sur le visage de Jace qui passe outre la lourdeur évidente de ce type. Adossé à la voiture de flic de l’agent, Jace finit par se redresser et jette sa cigarette par terre avant de l’écraser. Il avait obtenu ce qu’il y avait à obtenir de ce mangeur de donuts, il n’avait donc plus rien à tirer de cet homme. « Toute cette histoire ne m’arrange pas si tu veux mon avis, j’avais un deal avec Stevens. Et j’ai des factures à payer. » L’air de rien, Barnes glissa ces quelques mots, probablement dans l’espoir que Jace le renseigne sur la possibilité de faire un nouveau deal avec celui qui avait tiré l’épingle de son jeu dans la mort de Stevens et qui avait pris la main sur le trafic de stupéfiants en ville. Mais la vérité était que Jace n’en savait absolument rien et là reposait toute sa frustration. « Quelqu’un prendra la relève Barnes. » lui répondit-il simplement en frappant doucement son épaule, lui faisant aisément comprendre que si des informations se présentaient, il pourrait éventuellement lui en faire part. Ce flic était peut-être corrompu jusqu’au cou, mais il était plutôt très utile dans le business. En tout cas, assez utile pour l’avoir orienté vers une piste qui pourrait s’avérer intéressante. Les jours suivants, Jace les passa à rechercher des informations sur cette fameuse Kristina, sans grand succès. Personne ne semblait en avoir entendu parler plus que par cette histoire de règlement de comptes. Elle donnait presque l’impression d’être un mythe, une légende. Comme étant celle qui était parvenue à vaincre l’imbuvable Stevens sans pouvoir être approchée et encore moins appréhendée. Intouchable et mystérieuse, voilà ce qu’elle était et ce qui faisait naître un intérêt certain aux yeux Jace pour cette femme. D’une certaine manière, il l’admirait pour être parvenue à anéantir Stevens, ceci même si cela lui avait finalement fait perdre son job. Cependant, il savait rebondir et il se retrouvait toujours là où était son intérêt. Et, étrangement, l’intuition lui dictait que son intérêt se trouvait auprès de cette femme. Les jours et les rencontres passèrent sans qu’il ne tire d’information réellement intéressante. Parallèlement, il fréquentait, en compagnie de Malia les différents lieux d’ivresse où il n’était pas rare de trouver des substances illicites qui pourraient l’informer sur la venue ou non d’un nouveau fournisseur en ville. Rien de très intéressant dans un premier temps. Seulement quelques petits vendeurs indépendants qui le laissèrent indifférant. Ce n’est que quelques semaines plus tard qu’il apprit par Malia, qui s’était visiblement donnée pour mission de séduire toutes les personnes qui pourraient lui offrir des renseignements sur une possible future relève, qu’on l’informa qu’un nouveau fournisseur aux revenus difficilement négligeables commençait doucement à s’implanter dans la région. Il ignorait si la fameuse Kristina avait un rapport quelconque avec cela, mais finalement, c’était la seule piste qu’il avait et qu’il pouvait explorer. Il n’avait que ça. Et dans l’hypothèse où cela n’avait aucun rapport avec elle, il ne serait finalement pas mécontent de rencontrer, en chair et en os celle qui avait eu la peau de Stevens. Personne n’avait osé jusqu’au jour d’aujourd’hui le défier et le faire tomber. Elle était pour beaucoup presque une héroïne. Alors les recherches continuèrent et s’intensifièrent sans de véritables résultats concrets. Les rumeurs allaient bon train sans que rien ne soit vérifié ou vérifiable. Il avait entendu jusqu’alors tout et son contraire. Et il commençait presque à perdre patience. Jusqu’à ce qu’un homme mentionne qu’un dénommé Chris avait eu des contacts avec la fameuse Kristina. Bien sûre, cela suffit à Jace pour entreprendre de retrouver ledit Chris et de lui mettre la main dessus. S’il était dépeint comme un hacker professionnel de renom, il le trouva finalement sans grand mal. Après tout, on dit toujours que c’est le cordonnier qui est le plus mal chaussé. Et il était évident que si Chris était doué pour faire disparaître toute trace de n’importe quelle personne sur cette terre, il n’était pas si fort pour faire lui-même profil bas. Si bien qu’après quelques jours à l’observer, Jace se décida enfin à agir. « Il va bien falloir que tu me parles un jour Chris. J’ai tout mon temps moi, je n’ai plus de job, personne ne m’attend. » Chris n’avait pas été coopératif. Il n’avait rien voulu dire. Alors oui, ceci avait eu le don d’agacer Jace qui avait fini par devoir employer les grands moyens. Il interroge Chris du regard en feignant d’avoir tout son temps. Le fait est qu’il perdait patience mais il était plutôt doué pour donner le change. Il croise alors ses jambes et pose son arme sur la table basse, juste en face de lui et par conséquent, sous les yeux de Chris. Le garçon, dont les larmes ne cessaient de couler, était recouvert de sang. Son sang, bien entendu. Il n’y avait qu’à regarder son agresseur qui n’avait pas la moindre égratignure. Sauf peut-être au sommet de ses poings. Chris, dont les bras sont noués autour de la chaise implore Jace de s’arrêter là, sous le regard totalement indifférent de ce dernier. « Je ne sais rien, je vous le jure. » Jace soupire, levant les yeux au ciel avant de croiser les bras. Ce crétin lui donnait du fil à retordre et semblait un peu trop attaché à protéger cette fille. Dommage pour lui, Jace était plutôt borné et persévérant. Le jeune homme fut donc contraint de se lever, car visiblement, il n’avait pas encore été assez convainquant pour faire parler ce pauvre homme. « Mon cher Chris, personne ne t’a dit que ce n’était pas bien de mentir ? » Jace s’approche assez près pour l’atteindre et l’assène d’un nouveau et énième coup de poing au beau milieu du visage encore enfantin du hacker. Ses lunettes volent en éclats et on entend, de la manière la plus désagréable qu’il soit, le nez du garçon se casser, sous un cri de douleur infernale. Jace ne mesurait pas toujours sa force. Ou peut-être qu’il l’avait finalement bien mesuré. Après tout, il avait débuté la conversation par un échange polis et courtois, mais Chris n’avait pas voulu coopérer, alors il avait été contraint d’en arriver là. C’était de sa faute. Face aux cris de douleur de sa victime, il hausse seulement les épaules, faisant quelques pas autour de lui, patientant qu’il daigne enfin lui dire quelque chose, définitivement pas attendri. Il le laisse tout de même reprendre ses esprits avant de recommencer. Chris, les deux mains sur le nez, donc le sang ne cesse de s’échapper l’implore de s’arrêter, mais il ne dit toujours rien. Ce n’est que lorsque Jace se rapproche à nouveau de lui dangereusement, qu’il faiblit enfin. « Pitié arrêtez, je vais tout vous dire ! » Immédiatement, un mince sourire s’affiche sur les lèvres de Jace, alors qu’il l’invite à enfin dire ce par quoi il aurait finalement dû commencer. « Alba Malone. C’est elle qui a tué Stevens et c’est elle qui a repris le réseau. » D’un signe de tête, Jace acquiesce, fier d’avoir enfin obtenu ce qu’il désirait. Alba Malone. Il était persuadé d’avoir déjà entendu ce nom, sans pour autant parvenir à savoir où. Ceci étant, il aurait tout le loisir de faire ses recherches ultérieurement. « Et bien voilà quand tu veux. » Jace tapote de manière glaciale et faussement amicale la joue de Chris. S’en suit alors une conversation où Chris lui avoua tout, décidément plus enclin à perdre davantage ce soir. Il lui conta comment Kristina était devenue la digne héritière Alba Malone, comment elle avait tué de sang froid et pris tout l’argent de Stevens pour se bâtit un empire, comment elle avait réuni une équipe sous ses ordres et comment elle était en train de progressivement devenir un mythe aux yeux de tous dans le milieu de la drogue. Parce que tout le monde savait que quelqu’un était aux commandes de ce nouveau réseau, alimenté par les plus folles rumeurs, sans pour autant en connaître ni le nom, ni même le visage. Jace assimila chacune des réponses de son interlocuteur. Chacune d’entre elles étant plus intéressantes que la précédente. « Quelqu’un d’autre est au courant ? » demanda-t-il en dénouant calmement les nœuds qui tenaient fermement les poignets de Chris au fauteuil. Celui-ci pouvait donc enfin retrouver l’usage de ses mains après avoir été immobilisé pendant un temps bien trop long. « Non, je vous jure, je suis le seul au courant, personne ne connaît sa véritable identité. » Il est tremblant, que ce soit au travers chacun de ses propos mais aussi dans chacun de ses membres. Jace recule alors, laissant à Chris tout le loisir de quitter cette chaise. Mais le fait est qu’il semble avoir tellement peur qu’il n’ose pas faire le moindre geste lorsqu’il a le dos tourné, sans qu’il ne lui ait préalablement donné l’autorisation. Là est son erreur. Car lorsque Jace se retourne, il s’est embarré de son arme qui trônait depuis le début sur la table basse. « Très bien ». Et sans lui laisser le temps de dire ou de faire quoi que ce soit de plus, il lève le bras et tire, en plein milieu du front de la dernière personne qui détenait des informations sur Kristina, ou dorénavant, Alba Malone. Car s’il avait obtenu de lui tout ce qu’il désirait, cela avait aussi et surtout fait naître en lui une volonté bien particulière : il voulait en être. Il voulait bosser pour elle. Parce qu’elle était celle qui détenait tout le réseau et surtout parce qu’elle était celle qui avait terrassé l’intouchable. Alors quoi de mieux que tuer la seule personne qui pourrait être un danger pour sa couverture pour prouver son allégeance ? Maintenant, outre le fait qu’il devait nettoyer tout le bazar qu’il avait mis dans cet appartement, il ne lui restait plus qu’à trouver Alba, et la convaincre de l’engager. (…)

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    come on let it go just let it be, why don't you be you and i'll be me, everything that's broke, leave it to the breeze let the ashes fall, forget about me.


Dernière édition par Jace Carstairs le Ven 19 Fév - 10:58, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: › suck it and see   Sam 16 Jan - 12:23

Visiblement excédé, Jace marche d’un pas franc et décidé. Sur le chemin, il ne cesse de bougonner, plus pour lui que pour son entourage, mais le fait qu’il radote tellement que l’équipe qu’Alba a envoyé à ses trousses ont tout le loisir de l’entendre. Aucun ne dit quoi que ce soit. Ils ont été bien formés, ou selon l’humble avis de Jace, formatés. Il ne cesse de soupirer et de s’énerver dès que l’un de ses collègues s’approche un peu trop près de lui. Avaient-ils peur qu’il s’échappe ? Où serait son intérêt ? Il était de leur côté, mais le fait est qu’il avait bien du mal à s’acclimater aux méthodes d’Alba. Il était celui qui avait voulu bosser pour elle et maintenant, il regrettait presque son choix. Parce qu’elle ne le laissait pas agir comme il l’entendait et qu’elle avait ce besoin permanent d’avoir la main mise sur tout ce qu’il se passait. Là était tout le problème. Jace détestait ça. Il était assez indépendant et assez compétent pour qu’on lui dise ce qu’il avait à faire, pour qu’on lui dicte chacun de ses faits et gestes et pour qu’on le surveille comme un gamin. Arrivé au club dont Malone était propriétaire et où ils avaient pour habitude de débriefer après une vente, Jace ouvre à la volée et sans la moindre précaution la porte, ne prenant ni la peine de tenir cette dernière pour ses compères ni même de vérifier que personne ne les suivait. Non, il est bien trop énervé pour cela. Il monte quatre à quatre les marches qui mènent jusqu’au bureau d’Alba et rentre sans même frapper. La politesse est à cet instant la dernière de ses préoccupations. Lorsqu’il pénètre dans la pièce, guidé par sa fureur, il s’avance immédiatement vers le bureau d’Alba qui lève les yeux vers lui et le fusille du regard. « C’est quoi ton problème Malone ? » Il jette sur le bureau de la jeune femme l’oreillette qu’il est censé toujours avoir sur lui, ainsi qu’un sac plein de cash, immaculé de sang. Elle écarquille immédiatement les yeux, un brin dégoutée que ledit sac plein de sang ne vienne salir ses affaires. Puis elle repose son regard sur Jace, arquant les sourcils. Elle semble presque aussi énervée qu’il ne l’est, à l’exception du fait qu’il est bien plus expressif qu’elle. « Baisse d’un ton avec moi Carstairs ! » Son ton est calme mais terriblement froid, le genre qui pourrait d’ordinaire vous glacer le sang, mais qui n’a pas le moindre effet sur l’ardeur du garçon. Il secoue immédiatement la tête et fait quelques pas agités dans le bureau, comme un lion en cage. Il tente de se calmer, mais il n’y parvient pas. Et le fait qu’il ait failli se faire descendre par une bande d’imbéciles simplement parce qu’Alba s’était mêlée de ce qui ne la regardait pas, ne l’aidait absolument pas. Mais bien sûre, elle ne semblait pas comprendre cela. Elle griffonne quelques mots sur un papier avant de relever les yeux vers son dealeur. Elle était en apparence calme, mais la veine qui ressortait légèrement sur le bas de son front et sa mâchoire contractée la trahissaient. « C’est moi qui est en charge ici, alors c’est moi qui décide comment les opérations se déroulent ! » Elle lâche son stylo pour se lever en fusillant Jace du regard. Il arrête quant à lui de faire les cent pas pour s’immobiliser devant elle et s’adonner à ce qu’ils font bien trop souvent, un duel de regards terriblement noirs. Certes, elle était en charge et elle décidait, mais était-elle obligée d’être aussi intrusive dans sa façon de procéder ? « Et moi j’ai pas envie d’être fliqué et dirigé comme une machine à chaque fois que j’effectue une transaction ! » Cela faisait longtemps que Jace travaillait dans le domaine. Bien trop longtemps et il avait une manière bien à lui de procéder. Il gérait à sa façon les transactions et les échanges et il détestait par dessus tout qu’on vienne troubler ses habitudes. Et c’était exactement ce à quoi s’amusait Alba. Il aimait gérer sa partie du travail, c’était tout ce qu’il demandait. Et si cela avait longtemps marché avec Stevens, Alba ne fonctionnait pas ainsi. Au plus grand dam de Jace. La jeune femme le regarde un instant avant de passer à côté de lui pour aller fermer la porte de son bureau. Afin que toute son équipe ne puisse pas assister à ce désaccord professionnel. Ce n’est que lorsque la porte est fermée qu’elle se tourne vers Jace pour reprendre la conversation. « C’est comme ça que ça fonctionne Jace ! C’est toi qui as voulu bosser pour moi, alors tu ferais bien de rentrer dans les rangs comme le font les autres ! » Le ton d’Alba se fait plus autoritaire. Bien sûre, ce n’est pas la première fois qu’il l’entend parler ainsi, parce qu’elle est probablement la femme la plus directive qui lui ait été donné de rencontrer mais le fait est qu’il l’entendait probablement bien plus souvent que les autres s’adresser ainsi. Car oui, Jace avait un véritable souci avec l’autorité, de manière générale mais surtout avec celle d’Alba. Il se rapproche d’elle, serrant et desserrant nerveusement ses poings. « Je ne suis pas un novice, je sais ce que j’ai à faire et j’aimerais bien que tu me fasses confiance au lieu d’envoyer la cavalerie à la moindre occasion ! » Là était tout le problème. La confiance. Si Alba avait finalement accepté après moult négociations d’accueillir Jace dans ses rangs, elle semblait avoir une véritable difficulté de confiance. Elle n’en avait aucune envers lui c’était une certitude. Alors, dans un premier temps, Jace s’était soumis aux quatre volontés de sa boss afin qu’il puisse lui prouver son allégeance, sa motivation, son professionnalisme et qu’il était finalement un bon et indispensable élément pour elle et le business, mais visiblement jamais rien n’était suffisant pour elle et il commençait à lui-même à perdre le peu de patience qu’il avait. Il en avait assez de devoir lui prouver encore et encore qu’il était de son côté, qu’elle ne risquait rien et que même s’il tenait bon nombre d’informations sur elle, cela ne voulait en aucun cas dire qu’il irait la trahir à la moindre occasion, bien au contraire. Mais bien sûre, cela, elle avait décidé de ne pas le comprendre, alors dès qu’un infime doute l’imprégnait, il fallait qu’elle envoie une dizaine d’hommes à ses trousses. Exactement comme elle l’avait fait aujourd’hui. Devant Jace, elle croise les bras. « Tu avais retiré ton oreillette, qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? Tu aurais pu être blessé ! » La réponse que lui offre Alba a le don d’énerver encore plus Jace qui secoue frénétiquement la tête. Le prenait-elle pour un idiot ? Il détestait, par dessus tout, cette stupide oreillette. Et s’il se pliait la plupart du temps au volonté d’Alba en portant ladite oreillette afin qu’elle puisse lui donner les directives et indications pour l’échange en cours, aujourd’hui, il avait enfreint les règles. « Parce que j’en peux plus de t’entendre Malone ! Je ne suis pas un gamin ! » S’écria-t-il perdant définitivement patience face au manque cruel de compréhension de la jeune femme. Elle le rendait fou, littéralement fou. Ils en revenaient toujours au même point, elle ne lui faisait pas confiance et ne semblait pas vouloir lui donner de libertés. Elle se sentait obligée de lui infliger des dizaines d’ordres à la minute et il devenait fou de l’entendre en permanence. « Et j’espère que tu es fière, grâce à toi et tes initiatives, on a failli perdre un demi million de dollars. » C’est un reproche, un véritable reproche qu’il n’hésite pas à appuyer d’un regard terriblement noir. Parce que l’arrivée des hommes d’Alba, qui ne s’étaient pas gênés pour débarquer comme des animaux dans le hangar où avait lieu la transaction, avait fait peur aux acheteurs et avait donné lieu à un affrontement qui aurait pu très mal se terminer. Enfin celui-ci s’était finalement plutôt mal terminé pour l’un des acheteurs dont le sang avait taché le sac que Jace avait finalement arraché à la volée avant de regagner le bureau d’Alba dans une colère noire. Bien sûre, si le jeune homme s’attendait à des excuses, à des aveux, il pouvait attendre. Très longtemps. « On ne les a pas perdu, pas vrai ? » Jace pose son regard sur elle et il déteste cette façon qu’elle a de minimiser ce qu’il vient de se passer, comme s’il ne venait pas là de risquer sa vie par sa faute et lui fait implicitement comprendre qu’il faisait toute une histoire pour pas grand chose. Il secoue la tête, ne la lâchant pas du regard. Il était à un point telle d’agacement qu’il ne voyait même plus ce qu’il pourrait ajouter pour faire entendre son point de vu, tout simplement parce qu’elle ne voulait pas l’entendre et ne le voudrait probablement jamais. Un long soupire s’échappe d’entre ses lèvres avant qu’il déclare forfait et ne se décide à partir, comprenant qu’il gâchait de l’énergie pour rien. Cependant, à peine a-t-il eu le temps d’entrouvrir la porte que celle-ci claque sous la pression d’Alba qui est venue derrière lui sans qu’il n’ait eu le temps de réagir. Et elle ne s’arrête pas là, car elle le force à se retourner et le plaque contre le mur, l’immobilisant de la manière la plus désagréable qu’il soit car elle vient bloquée son bras contre le cou du garçon dont la respiration est totalement coupée. Elle a été si rapide et il ne s’y attendait tellement pas qu’il n’a pas eu le temps de contre-attaquer et la position dans laquelle elle vient de le mettre fait qu’il ne peut rien faire et pour le coup, il ne tente absolument rien. « Je te rappelle que tu me dois le respect Carstairs ! » Cette fois, elle n’a absolument plus la même expression sur le visage. Elle est bien plus menaçante et froide qu’elle ne l’était il y a encore quelques secondes. Il l’avait de toute évidence poussée à bout. Elle est si proche de son visage et son bras presse tellement fort contre son cou qu’il ne peut absolument dire quoi que ce soit. Elle est effrayante. « Ne crois pas que tu puisses t’adresser à moi comme tu t’adressais à Stevens, on est pas des amis ! » Il la regarde, serrant les dents. Parce que la vérité était qu’elle avait bien plus de force qu’elle en avait l’air et qu’elle se débrouillait plus que bien au corps à corps, puisque cela faisait finalement un mal de chien. Il déteste ce qu’il entend et aimerait pouvoir rétorquer mais il sait que rien de bon n’en ressortirait. Alors il se contente de l’affubler d’un regard noir, qui ne semble pas une seule seconde l’atteindre. « J’espère que ça ne se reproduira pas, sinon tu pourrais bien finir comme ton ancien boss ! » Elle marque ensuite une pause, appuyant dans son regard ses propos pour les rendre plus menaçants avant de finalement le relâcher. Jace se dégage alors avec virulence de la jeune femme, détestant par dessus tout la situation dans laquelle elle venait de le mettre. Il ne supportait pas d’être affaibli par qui que ce soit, alors l’être par une femme qui asseyait clairement sa domination sur lui, le rendait complètement fou. Et sans un mot de plus, il quitte la pièce, comme vexé d’être l’inférieur de la jeune femme et surtout très en colère de ne pas avoir obtenu gain de cause. Il ne se gêne d’ailleurs pas pour le faire savoir au monde entier en poussant un à un ses collègues ou autre clients qu’il croise sur son chemin et en claquant les portes avec rage. A cet instant, tout ce qu’il souhaite c’est partir, s’éloigner le plus possible de cette Alba Malone dont il ne trouve aucun mot assez fort pour la qualifier. Il a besoin de calmer ses nerfs. Il a besoin de tirer. Il a besoin de tirer dans une cible, encore et encore, s’imaginant la tête d’Alba Malone au centre. C’est d’ailleurs à l’entrepôt où un stand de tir de fortune a été mis en place au fond, que vont naturellement ses pas. Et bien entendu, il tire, encore et encore, ressassant sa colère, sa discussion avec Alba et tout l’énervement et la frustration qu’il avait à son encontre à cet instant précis. Il détestait Alba Malone, il la détestait et en venait presque à regretter Stevens. Enfin, c’était en tout cas les pensées qui le traversaient au moment même où il tirait sur des canettes de sodas laissés là pour s’entraîner. Parce qu’il avait beau dire, mais à chaque fois qu’elle entrait dans une pièce, elle inspirait le respect et toute envie d’aller à son encontre. Elle avait une autorité et une aura naturelles qui la rendaient terriblement attirante. Il ne l’avouerait probablement jamais, mais Jace avait une sorte d’admiration pour elle. Elle était forte, indépendante et terriblement froide. Et c’était exactement ce qui faisait d’elle une personne intéressante selon Jace. Il aimait ce genre de femmes. Tout particulièrement Alba certes –car il n’y avait pas une seule autre femme comme elle-, malgré tout ce qu’il pouvait dire. Même si les trois quart du temps, il la détestait et qu’il avait envie de lui tordre le cou, le fait est qu’elle faisait naître en lui des sentiments totalement contradictoires dont il ignorait comment les interpréter. Et parce qu’il n’aimait ce genre de ressentiments, il évacuait très rapidement toute conclusion hâtive sur le sujet, quand la vérité était finalement évidente. Après plusieurs heures visiblement bénéfiques sur son humeur, puisque la pression semblait être peu à peu redescendue, quelqu’un vint portant troubler son calme retrouvé. S’il aurait pu tourner la tête pour s’informer de la personne qui venait tout juste d’entrer dans le hangar, il ne le fit pas. Pour la simple et bonne raison qu’il aurait pu reconnaître sa démarche entre mille. Finalement, il fallait le dire, il y avait peu de personne dans le business dont les talons hauts résonnaient sur le sol à chacun de ses pas. Alba. Alba Malone venait de faire irruption dans le hangar sans même s’annoncer. Tout comme il l’avait fait quelques heures plus tôt dans son bureau. A la différence près qu’elle semblait bien plus calme qu’il ne l’avait été. Elle fait d’ailleurs toujours preuve d’un calme olympien. Ce qui pourrait la rendre à bien des égards, effrayante. Mais le fait est que sans réellement le vouloir, Jace parvenait à faire naître en elle, bien d’autres comportements. Si elle l’accédait et le rendait fou, l’inverse était aussi notable. Même si la colère est redescendue, il n’hésite pas à lui faire savoir qu’il n’est pas enclin à lui parler et qu’il n’est pas des plus ravis de sa présence ici, venant contrecarrer sa sérénité retrouvée. Il soupire alors, assez bruyamment pour qu’elle puisse l’entendre, rechargeant en même temps son arme. Encore une fois, des sensations contradictoires le guident. Parce qu’il est vexé et énervé par leur dernière rencontre, qu’il n’a pas envie de la voir ni même de lui parler, mais il ne pouvait ignorer l’accélération des battements de son cœur lorsqu’elle avait pénétré dans le hangar. Elle semble, elle aussi, habitée par ces mêmes sentiments puisqu’elle n’ouvre pas la bouche. Silence radio. Seules le bruit infernal des tirs se font entendre pendant un long moment. Comme à son habitude, il ne ratte aucune cible mais il se concentre davantage pour y parvenir, sans savoir pourquoi la présence d’Alba à ses côtés lui fait cet effet. Elle se place juste à côté de lui, préparant son arme. Il jette un regard en biais et fronce les sourcils. Il la voyait rarement avec des armes à feu, pour ne pas dire jamais. Si elle déclarait qu’elle préférait le corps à corps –ce que Jace avait aisément pu constater aujourd’hui même- il était à peu près persuadé que ceci était une excuse pour ne pas avouer qu’elle n’était pas à l’aise et performante avec ces choses qu’ils tenait tous deux entre les mains. Elle se place, semble se concentrer sur la cible et tire. Jace étouffe un léger rire lorsqu’elle rate complètement ladite cible. Finalement, Alba avait bel et bien une faille. « Repose ça, tu vas te blesser. » Le ton qu’il emploie est un brin moqueur et ceci lui vaut l’un des plus foudroyants regards de la blonde. Mais pour le coup, il est bien trop amusé par le fait qu’elle ne sache pas si prendre que par la froideur de la jeune femme. « Je sais parfaitement ce que je fais. » S’il parvint à camoufler son rire, il ne peut s’empêcher de sourire. Elle ne savait absolument pas ce qu’elle faisait. Elle ne tenait  pas bien son arme, elle ne se concentrait pas assez et était mal positionnée. Rien n’allait pour maîtriser ce qu’elle faisait en réalité. « Evidemment. » lâche-t-il finalement, histoire qu’il n’ait pas à se retrouver une nouvelle fois, parce qu’il l’avait contredit, contre une porte, la respiration bloquée. Alors il cesse de la regarder et d’y prêter attention. Ou du moins, c’est ce qu’il essaie de faire. Il reprend position, plisse légèrement les yeux pour viser et tire à nouveau, trois fois, ne ratant aucune cible.  Non pas qu’il veuille se rendre intéressant devant Alba, mais le fait est qu’il n’était pas mécontent de lui montrer qu’il pouvait être, dans certain domaine, supérieur à elle. Il la laisse faire un moment, résistant non sans mal à la moquerie. Puis, il finit par perdre patience, lâchant son arme avant de venir se placer juste derrière Alba. Il monte légèrement les bras de la jeune femme qui s’apprêtait à tirer, lui indique la position à prendre, déposant quelques instants ses mains sur ses hanches. Elle s’arrête un instant, ne supportant de toute évidence pas cette proximité et probablement l’initiative qu’il a pris de venir poser ses mains sur elle. Elle fait un pas en arrière et le fusille à nouveau du regard. Il lève les bras en l’air comme pour s’excuser d’avoir oser la toucher. « Tout doux Malone, je voulais juste t’aider. » Il soupire avant de reculer à son tour et retourner à sa place. Décidemment, Alba était bien plus sauvage qu’elle n’en avait l’air. Il attrape son arme qu’il fourre à l’arrière de son pantalon après l’avoir nettoyée en conséquence dans le plus grand silence. Puis il fait quelques pas vers la sortie, n’ayant de toute évidence plus l’envie de rester seul avec elle. Mais avant qu’il n’ait pu atteindre la sortie, Alba l’interpella. « C’est bon, montre moi. » Il s’immobilise et dos à elle, il ne peut s’empêcher d’afficher un mince sourire. Parce qu’il n’est pas mécontent qu’elle le retienne de partir, qu’elle avoue implicitement qu’elle ne savait finalement pas vraiment ce qu’elle faisait, et qu’elle ait enfin et surtout, besoin de lui. Il hésite un instant, ou du moins, il fait semblant d’hésiter avant de finalement faire volte face et se diriger vers elle, cette fois-ci, sans la moindre expression. Il lui indique alors comment tenir l’arme, de manière à être plus précise, comment viser, comment se positionner. Sauf que cette fois, il garde une distance de sécurité avec elle, gardant les mains dans les poches de sa veste. « Comme ça ? » lui demande-t-elle simplement, sans le moindre ordre, sans la moindre colère et d’énervement dans sa voix. Le fait est qu’elle s’adressait pour la première fois à lui, d’une manière bien différente, ou d’une manière qu’il n’avait pas pour habitude d’entendre. Une manière agréable et plaisante il faut le dire. Il secoue la tête et fait un pas vers elle. Il déposa alors ses mains sur les siennes, afin de positionner mieux les doigts de la jeune femme. Mais à l’instant même où il trouve le contact de sa peau contre la sienne, un frisson inexplicable le parcourt. Un frisson qui, d’une certaine façon, le paralyse et fait qu’il reste là, bloqué, les mains sur les siennes. Il tourne alors la tête vers elle et se retrouve si près d’elle qu’il en a le souffle coupé. Il n’a jamais été aussi près et le fait est qu’il a bien du mal à ne pas être troublé. Ceci peut d’ailleurs aisément se lire sur l’expression de son visage. Dans un silence religieux, ils se regardent pendant un moment sans rien se dire, sans faire quoi que ce soit. A quelques centimètres l’un de l’autre. Il sent même le souffle de la jeune femme, un brin saccadé se heurter contre sa peau. Et automatiquement, ses yeux, se posent un bref instant sur les lèvres de la jeune femme. Il ne sait, ni pour qui, ni pour quoi mais il a, à cet instant, une envie terrible de l’embrasser. Une envie déstabilisante, enivrante et irrésistible. S’il ne fait absolument rien pendant un certain temps, à la seconde où il réduit doucement l’espace qui le sépare d’elle, elle abaisse son arme et pose une main sur le torse du garçon, histoire de mettre fin à ce moment de latence évident et de le repousser. « Aller, pousse toi Carstairs, que je mette en œuvre les conseils de mon professeur. » Un mince sourire illumine son visage alors qu’elle prend évidemment le parti de faire comme si de rien était. Même s’il est déçu de cette rupture brutale, Jace s’exécute et recule, afin de la laisser faire. Il l’observe faire, se mettre en position, tenir son arme et effectuer le moindre des conseils qu’il venait de lui donner, faisant naître sur ses lèvres un sourire satisfait. C’était une certitude, malgré toute la haine qu’il pouvait avoir envers elle de temps à autre, il l’aimait bien. Plus que bien même. Et c’était ce qu’il y avait de plus déroutant.





En pleine transaction avec un homme qui, certes avait une sacrée réputation dans le business, mais avec lequel il était toujours parvenu à effectuer de très bons deals, Jace fronce les sourcils. Non pas qu’il doute de son homologue mexicain, ni même de la qualité de la cocaïne qu’il vient de tester et qui pénètre doucement mais surement dans son système. Non, ce qui le tracasse à cet instant, est le fait qu’il ne l’entend pas. Il n’entend pas sa voix dans son oreille droite, à l’endroit même où il avait déposé il y a quelques heures de cela l’oreillette qui le reliait en permanence avec Alba. Il ne l’entend pas lui dire ce qu’il doit faire, ce qu’il ne doit pas faire, à quoi il doit faire attention ni même ses réprimandes sur le fait qu’il teste parfois un peu trop la marchandise. Rien, il n’entend absolument rien. Silence radio. Devant le fournisseur, il tente de garder une expression neutre et professionnelle mais il ne peut s’empêcher de replacer discrètement son oreillette, puis de tapoter doucement dessus, histoire de s’assurer qu’elle ne soit pas dysfonctionnelle. Il ignore totalement ce qu’il est en train de se passer, mais il n’aime pas ça. Il avait pourtant détesté à de si nombreuses reprises le fait qu’elle lui donne constamment des directives, il s’était disputé avec elle tellement de fois sur le sujet, et pourtant, là, le fait de ne pas l’entendre a légèrement tendance à le faire paniquer. Pas parce qu’il a foncièrement besoin d’elle, car il savait très bien ce qu’il faisait, mais simplement parce qu’elle n’était plus là. Et ce n’était pas normal. Sans s’en apercevoir, sa respiration s’accélère et son pied ne cesse de taper sur le sol, emprunt d’une nervosité visible. Il croise les bras et attend que son interlocuteur ait terminé de vérifier les billets. Ce qu’il pouvait être lent. Aller savoir si cela était dû aux méfaits de la drogue ou simplement parce qu’il détestait les imprévus, mais il réagissait de manière démesurée en commençant déjà à s’imaginer le pire. S’il ne l’entendait plus, n’était-ce finalement pas parce qu’il lui était arrivé quelque chose ? Quelque chose de totalement imprévue qui aurait pu être l’œuvre d’un de leur rival ou même d’un de leur homme infiltré et potentiel traitre ? Il ignorait totalement ce qu’il se passait et c’était probablement ça le pire. Si Jace faisait en général preuve de patience, dès que cela concernait Alba, il avait tendance à rapidement devenir fou. Si bien que lorsque le mexicain eut terminé, qu’il lui serra la main, lui affirmant être ravi de faire affaire avec lui, il ne traîna pas une seule seconde. Montant à toute vitesse sur sa moto après avoir fourré la came dans son sac, il file à vive allure au ESL, l’endroit exact où elle devait se trouver. Sur le chemin, il se prête à tous les scénarios possibles. Il déteste chacun d’eux, qui font monter la colère et l’angoisse en lui, mais il ne peut s’en empêcher. C’est plus fort que lui, il est obligé de s’imaginer le pire, alors que finalement cela venait peut-être de l’oreillette en question. Il ne pense pas à cette hypothèse, ou tout du moins, il n’y pense plus, obnubilé par de tous autres scénarios, des scénarios d’horreur où il la retrouverait blessée, ou pire encore, morte gisant sur le sol. Il est bien conscient qu’il est en pleine crise de paranoïa mais le fait est qu’il lui était bien difficile de faire autrement. Les rapports qui reliaient Alba et Jace, avaient au fil des années bien évoluées. Aujourd’hui, ils étaient parvenus à se comprendre, à connaître chacune de leur réaction par avance, à communiquer et surtout à se supporter. Si bien que par simple peur du changement ou bien parce qu’ils avaient fini par véritablement s’attacher l’un à l’autre sans être capable de le dire ouvertement, ils n’envisageaient plus leur vie, leur partenariat, leur quotidien l’un sans l’autre. Tout était toujours très professionnel entre eux, en apparence, quand certains avaient compris que cela allait bien au delà d’une simple relation de travail. Au fil du temps, son allégeance envers Alba n’avait fait que grandir et aujourd’hui, il s’était donné pour mission de la protéger, d’absolument tout. Il était celui qui incarnait le visage du cartel quand elle, se trouvait dans l’ombre. Elle dirigeait certes, mais elle ne prenait finalement pas les risques du métier. Il était celui qui testait la marchandise chaque jour, parce qu’il refusait catégoriquement qu’elle retombe là-dedans, et il était celui qui maîtrisait chacun des imprévus auxquels ils devaient faire face. Jace n’était pourtant pas quelqu’un d’altruiste, ou du moins, il n’était plus censé l’être depuis qu’il avait décidé de quitter Chicago en laissant sa famille et sa vie derrière lui. Et pourtant, lorsqu’il s’agissait d’Alba, ou de Malia, il laissait réapparaitre l’homme qu’il était finalement autrefois. Un homme pas très fréquentable certes, mais un homme sur qui on pouvait compter et qui serait prêt à donner sa propre vie pour épargner la leur. Un homme qui les protégeait en toute circonstance et un homme qui deviendrait probablement fou s’il venait à échouer dans leur défense. Comme il était en train de le devenir à cet instant précis. Essoufflé et un brin agité, il laisse sa moto devant l’entrée du club qui n’a pas encore ouvert, pour se précipiter à l’intérieur. « Alba ?! » Sa voix porte dans l’ensemble du club, mais pourtant, personne ne semble l’entendre. L’affolement grandit alors qu’il monte quatre à quatre les marches menant au bureau de la belle. Il ne prend pas la peine de frapper à la porte de son bureau et entre à la volée. « Est-ce que tout va bien ? Est-ce qu’elle là ? » Demande-t-il à bout de souffle lorsqu’il découvre que dans le bureau de la jeune femme, Casey, semble captivé sur son écran d’ordinateur. Il l’interroge du regard, mais pour toute réponse, il n’a qu’une expression circonspecte, d’incompréhension de la part du pompier. C’est à ce moment-là qu’il aurait dû comprendre qu’il déraillait complètement, mais bien sûr, la panique était telle qu’il ignora complètement le signe de Casey ni même son attitude. S’il était arrivé quelque chose à Alba, Casey, qui était probablement l’une des personnes les plus proches d’Alba, n’aurait de toute évidence pas ce genre de réaction passive et inexpressive. Mais cela n’a pas le temps de s’analyser dans son esprit, car il est déjà sorti du bureau en cherchant dans toutes les pièces du club. « Alba ! » Il avait presque l’impression de se retrouver des années en arrière, quand sa mère l’appelait, totalement paniquée et emprise d’alcool et autres drogues qu’elle prenait à l’excès et qu’il devait aller la chercher sans réellement savoir où elle était. Il revivait complètement la scène et c’était peut-être cela, mêlé à la drogue qu’il avait pris, qui le rendait si nerveux. « Jace qu’est-ce qu’il se passe ? » Lorsqu’il pénètre sans la moindre gêne dans le vestiaire réservé aux femmes, il la voit, apparaître à côté d’un casier, l’interrogeant du regard. Elle n’était pas aussi alarmée qu’il ne l’était, parce qu’elle ne l’était jamais et faisait toujours preuve d’un calme olympien, mais le fait est que l’attitude de Jace lui fit immédiatement penser que la vente ne s’était pas bien déroulée ou bien qu’un problème se profilait pour eux, à l’horizon. Lorsqu’il la voit, Jace s’arrête, s’immobilise avant de lâcher un long et profond soupire de soulagement. Elle allait bien. Il ne lui était rien arrivé, elle n’était pas blessée. Il l’inspecta d’ailleurs du regard pour se rassurer. Et c’est à cet instant qu’il comprit qu’il s’était totalement laissé entraîner dans la démesure et l’idiotie. « Tu vas bien … » dit-il à voix basse, plus pour lui que pour elle en réalité, ayant le besoin de mettre des mots sur son extrême apaisement. Il se sentait presque ridicule d’avoir réagit ainsi, avec autant de démesure. C’est pourquoi, il fuit un instant son regard, retrouvant immédiatement son calme ordinaire –ou du moins celui qu’il feignait devant elle. Car la vérité était qu’il avait bien du mal à faire preuve de flegme en sa présence. « Pourquoi est-ce que tu as coupé la communication ? » Cette question lui brûlait les lèvres. Parce qu’il ne comprenait pas ce pourquoi elle avait fait cela, ni pourquoi elle semblait si sereine. Il l’interroge du regard, alors qu’elle, en face, s’affère à tout autre chose. Elle referme le casier avec un mince sourire sur les lèvres, puis elle se tourne vers lui. « Tu t’en sortais bien Jace, tu n’avais pas besoin de moi. » Ses mots lui font immédiatement froncer les sourcils. Cela faisait plusieurs années qu’il bossait pour elle aujourd’hui et jamais ô grand jamais elle n’avait coupé leur lien, et ce même s’il s’en sortait bien. La vérité était qu’il n’avait en général pas besoin d’elle, mais il s’était habitué à l’entendre, à avoir un contact permanent avec Alba. C’était quelque chose auquel elle semblait tenir tout particulièrement, surement parce que cela lui permettait de garder la main mise sur tout ce qu’il se passait, d’où la stupéfaction du garçon. « Mais… » Commence-t-il alors mais il ne peut terminer sa phrase, car Alba le coupe avant qu’il n’ait pu formuler quoi que ce soit. Elle vient alors dans sa direction et s’arrête à sa hauteur. « C’était ce que tu voulais non ? Je te fais confiance. » Si leurs rapports étaient meilleurs, que leur communication se faisait plus aisée, que leur duo marchait bien mieux qu’il n’avait marché, Jace ne s’était pas attendu à ce qu’elle lui dise un jour cela, ni même qu’elle le pense réellement. C’est pourquoi il reste un instant sans voix. Elle lui faisait confiance. C’était tout ce à quoi il aspirait depuis le début de leur partenariat, mais ce sur quoi il s’était fait une raison que cela n’arriverait jamais. Et pourtant. Elle affiche un mince sourire à son égard avant de lui presser doucement le bras lorsqu’elle passe à ses côtés pour rejoindre une autre pièce. Il la regarde s’éloigner et reste un instant particulièrement surpris de ce qu’il vient d’entendre. Elle lui faisait confiance. Un sourire finit par élargir ses lèvres, pas mécontent de ce qu’il venait d’entendre. Une fois la pression redescendue, il fit ce qu’il faisait après chacune de ses ventes. Il rejoint le bureau d’Alba pour se délester de la marchandise, éventuellement la tester à nouveau, et la séparer pour les potentiels futurs acheteurs. Lorsqu’il entre dans le bureau, celui-ci est à nouveau vide. Par habitude, il s’installe sur le sofa, devant la petite table basse où il a pour habitude d’effectuer les derniers détails. Déposant la marchandise sur la table, il observe un instant cette dernière, partagé entre l’envie enivrante de prétexter l’excuse du test pour consommer, ou bien de se mettre immédiatement à la séparation en plus petite dose de la drogue. Mais le choix s’impose lorsqu’il voit Alba entrer dans le bureau. Elle s’arrête un instant devant lui et l’assène d’un regard qui veut tout dire. Elle a compris. Elle a compris l’hésitation face à laquelle il se trouve. C’est fou à quel point elle parvenait à lire en lui. Il détourne son regard, puis finalement, il se met au boulot, abandonnant toute idée de s’adonner à cette dégustation. Parce qu’il évitait de le faire devant elle le plus possible, et qu’il n’avait pas envie qu’elle prenne conscience de l’ampleur de son addiction. Ils restent en silence un bon moment, durant lequel chacun s’adonne à sa tâche. Elle s’occupe de la paperasse du club, quand lui s’occupe de leurs affaires souterraines. C’est devenu un quotidien pour eux, une habitude, une routine d’une certaine manière. Ce n’est que lorsqu’elle abandonne ce qu’elle est en train de faire pour le rejoindre sur le divan, qu’il lève les yeux vers elle et l’interroge du regard, se demandant finalement ce qu’elle voulait. Le fait est qu’elle ne venait jamais lui prêter main forte sur cette partie du travail. « Je rêve ou tu as eu peur pour moi ? » Tout s’expliquait. Elle n’était pas là pour l’aider mais pour profiter de ce bref moment de faiblesse absolument pas assumé qu’il venait d’avoir, pensant qu’il pouvait lui être arrivé quelque chose de grave. Elle affiche un sourire mi amusé, mi moqueur, ce qui fait lever les yeux au ciel de Jace. « Tu rêves. » Bien sûre qu’elle ne rêvait pas, mais il n’était pas question qu’il lui avoue. Du moins, pas immédiatement, puisque le regard qu’elle lui lance, lui faisant clairement comprendre qu’elle ne le croit pas une seule seconde et qu’elle n’est pas dupe fait qu’il ne peut plus vraiment nier. « Peut-être un peu. Je n’ai pas envie de devoir rechercher une nouvelle personne pour qui travailler. » L’excuse était parfaite. Totalement vrai, mais qui lui permettait surtout de se cacher derrière. Il continue ce qu’il est en train de faire, ne regardant pas la jeune femme, malgré le fait qu’il sent son regard peser sur lui. Il n’a pas besoin de la voir pour comprendre qu’elle sait qu’au fond, cela va bien au delà de ce qu’il pourrait avouer. « Je suis bien ici. » dit-il sans élever trop la voix, car avouer ce genre de chose n’est pas dans ses habitudes. Achevant la répartition, il place le tout dans un carton prévu à cet effet, avant de poser ses yeux dans ceux d’Alba. Celle-ci sourit. De ce sourire si rare d’ordinaire mais qu’il semble voir de plus en plus ces derniers temps. Il aime ce sourire. Il aime la voir sourire, tout simplement. Parce qu’elle a un sourire ravageur certes, mais aussi et surtout car la savoir heureuse lui fait finalement plus de bien qu’il ne voudrait l’admettre. Ils se regardent un instant en silence, comme ils le font finalement souvent, bien trop souvent. « Ce que tu peux être sentimental Carstairs ! » finit-elle par lâcher, afin de rompre ce moment et surtout pour en profiter pour le charrier. Elle s’en donnait d’ailleurs bien trop souvent à cœur joie selon Jace. Le jeune homme secoue alors la tête, se levant du divan et s’emparant du carton. « Pas du tout. » Il n’est en aucun cas vexé, mais le fait est qu’il avait bien du mal à assumer ce qui pouvait parfois et malencontreusement sortir de sa bouche sans qu’il n’ait réfléchi au préalable. Si bien qu’il préférait largement fuir son regard et ce qu’elle pouvait aisément lire dans ses yeux qui pourraient le trahir. Le rangement du carton dans le placard spécialement affecté à cet usage était le prétexte parfait. Il était le seul à avoir le double de la clé qui ouvrait le fameux placard, il était le seul à pouvoir y accéder librement et le seul à vraiment gérer ce dernier. Le seul avec Alba, bien entendu. Une fois déchargé, il se tourne vers celle pour qui il travaillait. « Avoue que sans moi, ça serait bien plus compliqué. Tu devrais trouver un nouveau visage au cartel, qui accepte toutes les responsabilités, qui soit d’accord pour prendre tous les risques et surtout, qui sache comment te supporter. » Il marque une pause, s’immobilise et croise les bras, la défiant du regard, arborant ce petit sourire volontairement provoquant. Le genre qu’elle ne supportait pas d’ordinaire, mais qu’elle avait fini par, de toute évidence, tolérer. « Ce qui me semble être le plus difficile dans l’histoire. » En face, Alba joue les offusquées quand elle sait très bien ce à quoi joue Jace. Il est entré dans ce jeu auquel ils s’adonnent bien trop souvent. Le jeu de la facétie, ornée de plaisanteries parfois douteuses, de on-dit et de sous-entendus. Ils jouaient à ce jeu, tout en sachant pertinemment que celui-ci était dangereux, très dangereux même mais ils aimaient tous deux bien trop ça pour l’arrêter. Ou bien ils se stoppaient eux-mêmes seulement quelques secondes avant que les choses ne dérapent. Pour l’heure, ils maîtrisaient complètement. Du moins, en apparence. Car lorsqu’Alba se lève du divan et s’approche doucement de lui, arborant ce regard qui voulait en dire long, son cœur commence à s’emballer malgré lui. Extérieurement, il reste parfaitement neutre, arborant simplement ce regard de défit et de sourire amusé. Les apparences, toujours les apparences. Elles sont bien utiles pour camoufler ce qu’on peut réellement ressentir, c’est un fait. Elle s’arrête lorsqu’elle n’est qu’à quelques centimètres de lui. Elle est proche, bien trop proche. Tant qu’il peut sentir la chaleur de son corps l’attirer douloureusement vers le sien. Ceci ne s’arrange pas lorsqu’elle fait glisser ses doigts le long de son bras nu, puis venant retrouver son torse. « Comme si j’étais si désagréable à vivre que ça ! » Même à travers sa chemise, ce contact lui fait un effet qu’il a du mal à maîtriser. Il sait parfaitement ce qu’elle est en train de faire. Car ce n’est pas la première fois qu’elle le fait et ceci ne sera surement pas la dernière. Elle teste les limites de son second. Elle s’assure de l’effet qu’elle a toujours sur lui et de l’état dans lequel elle peut le mettre. Il aimerait ne rien laisser transparaître mais le fait est qu’il est bien difficile de rester totalement impassible face à elle. Il est accroché à son regard, quand son souffle est littéralement coupé, contractant chacun de ses muscles pour résister à cette envie impossible de totalement s’abandonner à elle, comme il pouvait bien trop souvent s’abandonner à la drogue. Il est incapable de parler, de dire quoi que se soit et il déteste ça. Parce qu’elle semble prendre bien trop de plaisir à le pousser à bout tout en sachant que ses envies ne pourront jamais être assouvies. C’est pourquoi lorsque les doigts de la jeune femme descendent, il s’empare avec force de son poignet pour tout arrêter. « Disons que ça dépend des jours. » Balayant ce bref moment de faiblesse comme il en a bien trop souvent lorsqu’elle est dans les parages, il retrouve soudainement l’usage de la parole et toutes ses capacités. C’est à son tour de se jouer d’elle. Il est à peu près convaincu qu’il n’a pas autant d’effet sur elle qu’elle en a sur lui, mais il la sait, pas totalement insensible. C’était d’ailleurs peut-être pour cela qu’ils refusaient catégoriquement d’aller plus loin que ce jeu de séduction si mal dissimulé. Ils étaient conscients qu’un quelconque dérapage était impensable et que cela pourrait mettre en péril leur collaboration, mais en même temps, ces brefs moments de rapprochement faisaient partis de leur quotidien et aucun ne semblaient prêts à faire une croix définitive dessus. Il se rapproche alors doucement d’elle, il s’arrête au moment même où il pourrait attraper ses lèvres, luttant contre ses propres envies, simplement pour jouer le jeu, reste assez longtemps pour la troubler, avant de détourner la tête et s’approcher de son oreille. « Mais je dois avouer que tu as des avantages que Stevens n’avait pas. » Il sourit, de ce sourire sous-entendant tellement. Puis il lui relâche le poignet qu’il serrait, certes, fort, mais qui ne semblait pas poser problème pour la jeune femme. La situation frôlant le lâché-prise, Jace décide de la contourner pour rejoindre le divan. C’est ce qui était finalement le plus sage de faire pour le business. Il attrape alors l’IPad de la jeune femme, sur lequel elle préparait l’ensemble des plannings du personnel du club, afin de s’informer de son prochain service. Car, pour assurer une certaine couverture, il jouait de temps à autre les barmans pour le bar. Il ne faisait que quelques heures dans la semaine, ayant de toute évidence un autre job bien plus prenant, mais très utile pour noyer toute suspicion à son égard. Il ne travaillait pas ce soir. C’était parfait, puisqu’il avait prévu de passer sa soirée en compagnie de Malia. Par simple curiosité, il balaie du regard les services des autres membres de l’équipe. Un mince sourire s’affiche lorsqu’il voit que le prénom de Shailene a disparu. Il jette un bref regard vers Alba qui prend place à côté de lui, le nez fourré dans son téléphone portable. Il savait que cela allait arriver à la seconde où elle apprendrait qu’il s’envoyait en l’air avec la jolie serveuse, parfois même dans la réserve entre deux services. Et s’il n’appréciait pas plus que ça cette jeune femme, il ne pouvait nier que savoir qu’Alba la vire à cause de cela lui faisait quelque part plaisir. Il checke ensuite l’ensemble des rendez-vous qui l’attendait dans les jours à venir. Car oui, Alba avait synchronisé son agenda professionnel sur sa tablette pour s’assurer de savoir en toute circonstances où se trouvait le dealeur. Une longue semaine l’attendait. Les deux trentenaires, décidant de laisser volontairement de côté tout ce qui venait de se passer, comme ils le faisaient finalement à chaque fois, commencèrent donc à parler business, quant à la marchandise qu’ils devaient écouler et qu’ils allaient recevoir ultérieurement. Jace tente de faire comprendre à sa boss, son point de vu et sa méfiance envers un fournisseur de longue date alors que la jolie blonde l’écoute, tout en jouant sans réellement y prêter attention avec les doigts du numéro 2 du cartel. Si elle refusait tout contact physique de l’initiative de Jace, elle ne se gênait pas pour entreprendre ce qu’elle souhaitait. C’était finalement toujours ainsi. Elle faisait ce qu’elle voulait, quand elle voulait et Jace l’avait bien compris. Cependant et étrangement, lorsqu’il passe ses doigts entre les siens pour resserrer sa main autour de la sienne, elle se laisse faire. S’il n’était pas rare de les voir se tourner autour en jouant de leur pouvoir de séduction l’un sur l’autre, la tendresse telle qu’elle était actuellement en train de s’illustrer était nouvelle et totalement exceptionnelle. Tant que lorsque quelqu’un frappa à la porte, ils se séparent immédiatement, ramenant leurs bras vers eux. Alba se lève même pour aller ouvrir, histoire de s’éloigner. Et à peine a-t-elle ouvert la porte que le regard du garçon s’assombrit. Reed. S’il y a encore quelque temps, Jace appréciait ce jeune homme qui travaillait pour lui, il avait radicalement changé d’avis à son sujet, à la seconde où il l’avait surpris la langue dans la bouche d’Alba. Sa mâchoire se resserre alors qu’il ne lâche pas l’homme du regard et observe la scène. Reed, qui semble un brin déçu de voir qu’Alba n’était pas seule, prétexta une excuse à sa présence ici, alors que la véritable raison de sa visite paraissait évidente pour Jace. Un simple signe de tête entre les deux hommes suffit. De toute manière, il n’a pas envie de faire davantage. Parce qu’il déteste ce type, comme il déteste tous les hommes qui s’approchent d’un peu trop près d’Alba. (…)

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    come on let it go just let it be, why don't you be you and i'll be me, everything that's broke, leave it to the breeze let the ashes fall, forget about me.


Dernière édition par Jace Carstairs le Dim 21 Fév - 23:45, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: › suck it and see   Sam 16 Jan - 13:10

Plongé dans l’obscurité, parsemé des quelques projecteurs et néons qui font la réputation du club, la fête bat son plein. C’est ainsi tous les weekends, mais ce soir, encore davantage. Une très longue file d’attente de personnes souhaitant entrer et profiter de la fête se fait d’ailleurs jour tout le long du trottoir bordant le club. Jace, lui, est à l’intérieur et joue les barmans d’un soir. S’il n’est pas aussi doué qu’il ne peut l’être dans son second job, il se débrouille finalement plutôt bien. Parce que c’est ce dans quoi il fait ses premiers pas dans le monde du travail alors même qu’il n’avait pas l’âge requis pour servir de l’alcool, lorsqu’il habitait encore à Chicago. Il avait appris les bases et il s’était perfectionné au fur et à mesure qu’il bossait ici. Parce que le club ne désemplissait jamais et qu’il n’avait finalement pas une seule seconde de répit pour faiblir. Agile, il enchaîne les cocktails et autres boissons qu’on lui demande sous l’œil lointain d’Alba, qui, de l’étage garde un œil sur l’ensemble du club. Non pas qu’elle surveille véritablement ses employés, mais c’était plus fort qu’elle, elle avait ce besoin de s’assurer que tout se passait bien en permanence. Jace n’y fait plus vraiment attention. De toute évidence, elle sait qu’il n’est pas un professionnel en la matière et qu’il ne fera probablement jamais d’aussi bon cocktail que ceux qui ont les qualifications requises et adéquates, mais finalement ce qu’il effectue semble plaire et suffire, et c’est vraisemblablement tout ce qui compte. Il n’était pas véritablement passionné par cette tâche, mais il jouait toujours le jeu, parce que cela permettait de faire une pause bien méritée dans ses activités illégales, mais aussi de profiter de la présence d’autres personnes que des dealeurs ou drogués. Plus particulièrement de la présence de la gente féminine, qui avait de toute évidence toujours un faible pour les barmen. Et Jace en jouait, il en jouait d’ailleurs beaucoup, testant de toute évidence son charme sur ces demoiselles avec lesquelles il terminait parfois son service. « Pour la huit, ma belle ! » Après un bref clin d’œil à l’adresse de Sonja, l’une de ses collègues et serveuses du soir, il pousse les verres qu’il a préparé afin qu’elle procède au service. Elle lui sourit avant de s’exécuter, lui lançant un regard des plus entendus. Oui, Jace avait tendance à flirter avec absolument toutes les jolies femmes se trouvant dans ce bar lorsqu’il y bossait. Parce qu’il aimait plaire, qu’il aimait charmer les femmes et qu’il savait qu’Alba l’observait. D’ailleurs, c’est dans cette optique qu’il se dirigea tout à la droite du bar, où venait de s’installer Maeve, cette plus que ravissante habituée et accessoirement amie d’Alba. Il s’essuie rapidement les mains avant de balancer dans un geste rapide le torchon sur son épaule. « Qu’est-ce que je peux servir à la plus jolie de mes clientes ? » Un sourire, un clin d’œil et voilà que le petit jeu de séduction qui se déroulait entre eux, à chaque fois qu’ils se croisaient démarra. Jace est un beau parleur, un séducteur dans toute sa splendeur, et il pousse encore plus le jeu avec cette petite brune. Parce qu’il sait très bien qu’elle est réceptive, et d’autant plus lorsqu’elle semble s’être disputée avec ce qui devait être son copain, mais aussi et surtout parce qu’il est conscient qu’Alba ne pourra pas la virer. Maeve n’était pas une serveuse, c’était une cliente et qui plus son amie. C’était la proie idéale. Il n’avait jamais été bien loin avec elle, mais le flirt était bien suffisant pour le résultat qu’il souhaitait obtenir. Il s’arrête devant Maeve qui, un large sourire aux lèvres, fait mine de réfléchir. « Surprend moi. » Ils se lancent un regard qui voulait en dire long, le genre qui laissait aisément comprendre que leur petit jeu de séduction allait pouvoir s’opérer sans la moindre retenue ce soir. Ceci ne manque pas et il s’en donne à cœur joie. Il joue de son charme et elle joue du sien. N’importe quel homme normalement constitué y serait réceptif. En tout cas, Jace l’est. Lorsqu’il se baisse vers elle, afin de lui glisser quelques mots à l’oreille –davantage pour se faire entendre qu’autre chose en réalité-, il jette un regard vers le haut du club, où Alba s’arrête parfois et il n’est pas peu fier de constater qu’elle est bien là à les observer. Elle finit même par tourner le dos au club, retrouvant probablement son bureau, laissant un Jace particulièrement satisfait d’avoir obtenu le résultat escompté. Il tenait là sa revanche. C’était ridicule, clairement ridicule mais il avait eu du mal à digérer le fait de voir l’un de ses hommes dont les mains se baladaient un peu trop à son goût, sur le corps d’Alba. Il était conscient qu’elle ne lui devait rien, tout comme il n’avait pas de compte à lui rendre, mais c’était ainsi, le revers de leur rapprochement avait donné lieu à une possessivité certaine qu’ils avaient bien du mal à maîtriser et qui courrait probablement à leur perte à tous les deux dans le futur. Si Jace passe une bonne partie de la soirée à s’adonner aux plaisirs du flirt parfaitement innocent avec ses clientes et plus particulièrement avec Maeve, il ne manqua pas pour autant de vérifier l’heure qui signifiait la fin de son service. A une deux heures tapante ce soir-là. Il s’excusa donc auprès de  Maeve, reportant la suite de leur conversation à la prochaine soirée où il travaillerait au bar pour s’éclipser, laissant tout le loisir à Reed de prendre la relève. Lorsqu’il quitte le bar pour s’engouffrer dans les escaliers qui le menaient aux vestiaires et plus particulièrement au bureau d’Alba, il ne manque pas de jeter un œil à son téléphone portable qu’il n’avait pu regarder de la soirée. Il fait balaie rapidement les messages de ses clients impatients, les différents appels de Malia qui devait probablement chercher quelque chose dans son appart parce qu’elle avait décidé d’y passer la nuit sans lui demander –il se posait d’ailleurs encore la question du pourquoi il avait décidé de lui filer un double des clés alors que la jeune femme avait pris son propre appartement. Puis un mince sourire éclaire son visage à la lecture d’un message particulier. "Deal. Henley Suite Hotel, n°208." Nina Westmore allait toujours droit au but et c’était finalement ce qu’il préférait chez elle. Ils ne se tournaient jamais autour, ils allaient directement là où ils avaient envie d’aller. Il tape un rapide message pour l’informer qu’il allait passer d’ici peu avant de filer aux vestiaires pour se changer. Il fait cela rapidement, histoire d’être présentable et fait un saut vers la bureau d’Alba. Il frappe doucement, mais n’attend pas d’obtenir son autorisation pour rentrer, simple habitude. Elle se trouve derrière son bureau, le nez plongé dans son IPad. Elle lève furtivement les yeux vers lui mais ne semble lui prêter que peu d’attention. « Mon service est fini, je file. » dit-il en faisant quelques pas dans la pièce. Il dépose alors sur le bureau de sa patronne, la caisse contenant ce qu’il avait récolté durant la soirée. D’ordinaire, s’il ne faisait jamais d’heures supplémentaires au bar – à moins qu’il y soit vraiment obligé- il restait tout de même flâner ici, dans le bureau d’Alba, s’adonnant auprès d’elle, aux critiques des nouveaux employés ou parlant business. Mais ce soir, il a autre chose de prévu et cela a le mérite de piquer la jeune femme au vif. Elle pose son IPad et relève enfin les yeux vers lui. « Une vente ? » Aucune vente n’était officiellement prévue. Mais il arrivait de temps à autre, pour des petits clients comme pouvaient l’être Liv qu’il décide à la dernière minute d’effectuer l’échange sans en avertir Alba. Si elle n’aimait pas spécialement cela, elle tolérait car ceci n’avait finalement pas grande importance. Cependant, ce soir, cela n’avait strictement rien à voir avec leur réseau. « Non, un truc perso’. » Volontairement, Jace laisse planer un certain mystère. Parce qu’il sait ce que cela provoque chez Alba et sa manie de tout vouloir savoir et contrôler, mais aussi parce que cela l’amuse. Le fait est qu’il n’avait pas vraiment l’envie non plus de lui dire où il se rendait. Parce qu’elle n’approuverait pas, qu’ils se disputeraient et qu’ils finiraient par dire des choses qu’ils regretteraient probablement tous les deux. Alors il la laissait croire ce que bon pouvait lui sembler. « A demain. » lâche-t-il finalement, un mince sourire aux lèvres, regagnant la sortie. Il avait prit le parti de ne pas relever le regard noir d’Alba, ni même ce tic qu’elle avait toujours lorsque quelque chose la contrariait. Il ne lui devait rien, comme elle ne lui devait rien ; là étaient les maîtres mots de leur relation. Cependant, lorsqu’il s’apprête à quitter le bureau, la voix d’Alba le retient. « Maeve est hors limite Carstairs. » Dos à elle, il sourit. Elle s’était naïvement imaginée que c’était elle qu’il allait rejoindre. Et si le ton autoritaire et un brin menaçant de la jeune femme aurait dû lui faire passer toute envie d’aller plus loin avec Maeve, il ne parvint pas à s’empêcher de feindre l’innocence. Il se tourne alors vers elle, arque les sourcils et croise les bras sur son torse. « Pourquoi ça ? » Il l’interroge du regard, mais ne peut s’empêcher de faire preuve de ses habituelles railleries. « Parce qu’elle est trop … bien pour toi ! » L’hésitation dans la phrase d’Alba fit sourire le jeune homme. Cela voulait finalement tout dire. Il fit mine d’être offensé, quand cela ne le touche absolument pas. Car il sait qu’elle n’a pas tout à fait tort, mais aussi et surtout parce qu’il ne comptait absolument pas faire quoi que ce soit avec Maeve. Aussi jolie soit-elle, elle était juste un prétexte pour agacer Alba. « Aie, me voilà vexé. » Il laisse échapper un petit rire amusé avant de relâcher les bras le long de son corps. Il fait volte face pour ouvrir la porte. Et avant de partir, il s’adresse une dernière fois à Alba, histoire de remuer encore un peu plus le couteau dans la plaie, ou simplement parce que cette situation l’amusait plus qu’elle ne le devrait. « Rassure toi, c’est pas elle que je mettrais dans mon lit ce soir. Bonne soirée ! » Il lui fait un clin d’œil entendu alors qu’elle l’assène immédiatement d’un regard noir. Mais elle n’a pas le temps de dire quoi que ce soit, puisqu’il referme rapidement la porte, remettant au lendemain les possibles commentaires de la jeune femme sur son comportement un brin arrogant et provocateur. Lorsqu’il quitte l’enceinte du club, l’air frais de la nuit lui fait un bien fou, se rendant compte à quel point il pouvait faire lourd dans les discothèques. Il emprunte immédiatement ce chemin qu’il ne connaît que trop bien –pour y avoir raccompagné bon nombre de filles- en profitant pour retrouver sa dose quotidienne de nicotine. L’hôtel Henley n’était pas très loin, et finalement, marcher –ce même à deux heures du matin- n’avait jamais fait de mal à personne. Une bonne vingtaine de minutes plus tard, le voilà devant la chambre 208 comme indiqué sur le message. Cela faisait un bon moment qu’il n’avait plus vu Nina et qu’il n’avait pas eu à faire à elle. Si bien que lorsqu’il avait appris qu’elle avait posé pied à Washington, il n’avait pu résister. Nina Westmore détenait, d’une main de fer, un réseau nationalement connu et reconnu de trafic d’armes. Alba se fournissait d’ailleurs auprès d’eux depuis plusieurs années. Passant par celle qui gérait localement, c’est à dire Shae Lannister. Cependant, elle s’était tout de même renseignée sur chacun des membres du réseau. Elle connaissait l’existence de Nina, tout le monde la connaissait dans le milieu, mais elle n’avait encore jamais eu la chance de la rencontrer. Au contraire de Jace, qui la connaissait de longue date. Et tous deux entretenaient une relation particulière depuis tout ce temps. Une relation qui ferait probablement absolument pas plaisir à leur partenaire respectif mais qui était finalement, leur plaisir coupable. C’est simple, à chaque fois qu’ils se retrouvaient dans la même ville, ils faisaient affaires. Et bien entendu, ils avaient une manière bien à eux de conclure de quelconque deal. Tous s’achevaient de la même manière. Que ce soit à l’arrière d’une voiture, dans les toilettes d’un bar, ou plus classiquement dans le lit d’une chambre d’hôtel bien souvent hors de prix. Ils finissaient toujours par s’envoyer en l’air. C’était une sorte de tradition entre eux. Une tradition qu’ils perpétuaient avec plaisir. Lorsqu’il frappe à la porte et qu’il découvre Nina, il ne peut s’empêcher de sourire. C’est plus fort que lui. Il joue cependant, pendant un bref instant, le professionnalisme. « Tu as ce que je t’ai demandé ? » C’est au tour de la plantureuse blonde de sourire. Elle ouvre la porte afin de l’inviter à entrer. « Bien sûre. » Il hoche la tête, patientant sagement qu’elle lui montre l’objet de sa convoitise. S’il avait dit, il y a quelques minutes de cela à Alba, que ce rendez-vous n’avait rien à voir avec le cartel, ce n’était pas totalement vrai. Bien sûre, l’argent que contenait le petit sac en papier marron dans son sac, n’était pas celui-ci du réseau d’Alba, mais bel et bien le sien. Et ce qu’il souhaitait était pour lui, mais le fait est que cela lui servait davantage dans le cadre de son job de dealeur que dans la vie de tous les jours. Avançant dans la pièce, Jace s’arrête à l’endroit exact où Nina lui montre ce pourquoi il est venu. Il attrape l’arme qu’il inspecte et teste manuellement, sans pour autant tirer- n’étant de toute évidence pas complètement idiot. Il avait besoin d’une nouvelle arme. La sienne avait subit quelque dommage lors de l’une de ses dernières opérations. Et la présence de Nina en ville tombait à merveille. Il parvenait toujours à faire de meilleures affaires avec elle qu’avec Shae, c’était une certitude. Peut-être parce qu’il ne couchait pas avec Shae. Peut-être. Il inspecte l’arme à plusieurs reprises. Il n’avait aucun doute sur la qualité du matériel que lui présentait Nina, c’est pourquoi, il ne lui fallut finalement pas très longtemps pour effectuer la vente, convaincu. Sortant la liasse de billets de son sac, elle les attrape. Elle ne prend pas la peine de recompter. Non pas qu’elle ait confiance en lui, mais surtout parce qu’il a toujours été réglo en matière d’argent. Elle jette la liasse sur la console bordant le mur et s’approche finalement de lui. Jace, dont les mains ne cessent de faire balancer l’arme entre ses doigts est finalement stoppé dans son activité, aussi intéressante soit-elle lorsque Nina pose sa main sur les siennes et s’empare de l’arme. Elle la dépose un peu plus loin avant d’attraper sa chemise et de l’attirer vers elle. Leurs deux corps se collent immédiatement, ce qui fait naître un sourire sur le visage du garçon qui après l’initiative de la jeune femme, décide de prendre les rennes. Il attrape sa nuque pour venir coller sans la moindre douceur ses lèvres sur celles de Nina. C’est simple, entre eux, la douceur n’était pas vraiment au rendez-vous. Il n’y avait pas de sentiment, pas de préliminaires, ni même de gestes tendres. Non, ils se sautaient tout simplement et littéralement dessus comme pouvaient le faire des animaux. « Toujours un plaisir de faire affaire avec toi Westmore. » parvint-il à dire entre deux baisers, aussi fougueux soient-ils. Il la pousse jusqu’au lit, alors que leurs vêtements commencent un à un à s’éparpiller. Des animaux, de vrais animaux. C’était finalement la partie que tous deux préféraient dans leur deal. Se sauter dessus, s’envoyer en l’air et profiter tout simplement du corps de l’autre. Et tant pis s’ils réveillaient leurs voisins de palier, leur plaisir personnel passait bien avant le respect des autres. « Alors, je t’avais manqué ? » Jace sourit, reprenant un bref instant sa respiration. Immédiatement et avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit d’autre, elle pose son indexe sur ses lèvres. « Toi et ta manie de toujours l’ouvrir pour dire ce genre de choses, non, mais ça oui ! » Et immédiatement elle vient retrouver les lèvres du garçon, se délestant du peu de vêtements qu’il lui restait. Et cette fois, toute notion de conversation, fut totalement oubliée durant un bon moment où ils s’abandonnèrent totalement l’un à l’autre, aussi sauvages furent leurs retrouvailles. Ce n’est qu’une bonne demie heure plus tard qu’ils retrouvèrent un brin de calme. Visiblement essoufflés et ruisselants, ils se laissent chacun retomber sur le dos, afin de prendre leur souffle. Ils en avaient de toute évidence bien besoin. Ils se jettent parfois quelques regards, avant d’étouffer un rire en cœur. Non pas que la situation soit marrante, mais simplement parce qu’ils se comprenaient assez pour savoir que ce rire était davantage mêlé au plaisir de se retrouver qu’autre chose. Nina remonte alors le drap qu’elle coince autour de sa poitrine et fixe un instant Jace. Il sent son regard peser sur lui, mais il ne fait dans un premier temps rien. Ce n’est que lorsqu’elle vient prendre place dans ses bras, déposant sa tête sur son torse qu’il est contraint de baisser le regard vers elle. Ils ne font pas dans l’affection. Du moins, pas lorsqu’ils ne souhaitent pas tirer quelque chose de l’autre. C’est pourquoi, il sait immédiatement que ce rapprochement n’est uniquement dû au fait qu’elle ait une idée derrière la tête. Il décide cependant d’attendre que ses suppositions se confirment avant de faire quoi que ce soit. « Dis, pour qui est-ce que tu bosses Jace ? » Il étouffe un rire. Il aurait dû  s’en douter. Elle pouvait parfois se montrer si prévisible. Et ce même si elle se donnait du mal en tentant d’arborer cette petite moue boudeuse à laquelle surement beaucoup d’homme ne pouvait résister et en baladant ses doigts sur le torse nu du garçon. Aussi agréable fut cela, il coupe immédiatement court à la question. « Westmore, je t’ai déjà dit que le sexe n’était pas un moyen de pression pour que je lâche des informations sous l’oreiller. » S’il aimait particulièrement son partenariat avec la jolie blonde, il était tout bonnement inenvisageable pour lui de révéler de quelconque information sur Alba. Tout le monde savait qu’il n’était qu’un mandataire d’une personne qui tirait toutes les ficelles, sans pour autant savoir quoi que ce soit d’elle. C’était d’ailleurs le deal. Il était le visage du cartel, il prenait les risques, quand elle était en charge de tout. Ce n’était pas plus mal, car il n’était pas certain que la savoir sur le terrain ne le rendrait pas totalement fou. Ceci étant, s’il laisse Nina tenter de le corrompre pour avoir des informations, il était bel et bien déterminé à ne lui fournir quoi que ce soit. D’ailleurs, il n’aimait pas vraiment le fait qu’elle s’intéresse un peu trop à Alba. « Pourquoi est-ce que tu veux savoir, ne préfères-tu pas avoir à faire à moi ? » Il lui lance un regard entendu qui voulait en dire long sur ce qu’il pouvait penser de leur partenariat, pensant probablement naïvement qu’elle laisserait tomber. « J’aime seulement savoir à qui j’ai réellement à faire. » dit-elle en continuant de glisser sa main le long du torse du garçon. Ce dernier hausse simplement les épaules joignant derrière sa tête ses mains qu’il lie entre elles. « Et bien, c’est à moi que tu as à faire et que tu auras toujours à faire. » Il ne lui mentait pas. Il n’était pas prévu qu’elle ait à faire à quelqu’un d’autre que lui. Pour la simple et bonne raison qu’Alba ne traitait jamais avec leur client – ou rarement- mais aussi et surtout parce qu’il ne souhaitait pas plus que cela, que les deux femmes se rencontrent. Lorsqu’il relâche ses mains, il vient glisser l’une d’entre elles dans le dos de Nina puis se tourne sur le côté, s’élevant légèrement pour avoir le dessus sur elle. « Crois-moi, la personne pour qui je travaille te plairais bien moins ! » Son égo un brin surdimensionné avait tendance à lui faire croire qu’il était bien plus intéressant pour elle d’être satisfaite par Jace que par Alba, quand il ignorait totalement comment cette dernière faisait pour faire succomber toutes les personnes qu’elle souhaitait, tout sexe confondu. Il vient alors retrouver les lèvres de la blonde, passant une presque délicate main au creux de son cou. « Tout comme je préfère parler business avec toi qu’avec ton acolyte. » Il affiche un sourire. Il était par contre, persuadé de préférer Nina à Robb. Disons qu’elle avait des atouts qu’il n’avait pas, c’était une certitude qui ne pouvait être contredite. Nina étouffe elle aussi un rire avant de finalement rendre les armes. Elle semble oublier l’espace d’un instant son interrogatoire, pour se focaliser sur les lèvres de Jace. Il met d’ailleurs du cœur à l’ouvrage pour l’inciter à ne plus parler, déposant ses lèvres sur chacune des parcelles atteignables de son corps. Mais si un bref instant, elle semble s’abandonner de nouveau à lui, fermant les yeux une fraction de seconde, elle fut comme piquée d’une illumination qu’il fit soupirer le garçon. « Oh, ne me dis pas que c’est une femme quand même ?! » Il se maudit lui-même de trop parler. Car c’était bien ses propres paroles qui avaient induit Nina à penser ainsi. Cependant, il ne se laisse pas le moins du monde atteindre. Il remonte jusqu’à ses lèvres sans pour autant s’y accrocher. « Tu ne t’arrêtes jamais n’est-ce pas ? » dit-il en dégageant une mèche de cheveux qui tombait sur son visage. Elle affiche un sourire et tente de nouveau de le faire flancher par un jeu de regard dont elle a le secret. Mais, il n’est pas aussi idiot que la plupart des hommes à qui elle a à faire. Et puis, cela fait des années qu’il tente de résister tant bien que mal à Alba, il avait de toute évidence de l’entraînement en la matière. « Tu n’obtiendras rien de moi. Ou du moins, pas plus que ça ! » Il affiche son fameux sourire fier, parsemé d’arrogance avant d’attraper les lèvres de la jeune femme, puis de descendre dans son cou un bref instant. « Mon boss est hors limite. Mais en échange, je te laisse tout le loisir de profiter de mon corps d’Apollon, c’est un bon deal non ? » Il ricane de sa propre plaisanterie, faisant un geste balayant son torse. Nina ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel, mais elle se mêle au rire de Jace avant de finalement abandonner. Du moins pour l’instant, probablement persuadée qu’elle obtiendrait, d’une manière ou d’une autre des informations. « Ferme là ! »  Lâche-t-elle finalement avant de reprendre où ils en étaient et de poursuivre ce pourquoi ils aimaient finalement chacune de leur rencontre. Et qu’ils aimeraient probablement toujours. Ou presque.





A peine a-t-il émergé de son sommeil qui se voulait réparateur qu’il sent une horrible douleur au niveau de l’abdomen. Un mal lancinant qui lui arrache une grimace avant de laisser échapper quelques grognements involontaires, luttant contre ce qu’il n’aurait jamais cru être aussi douloureux. L’espace d’un instant il avait oublié. Plongé dans les bras de Morphée, il avait un bref moment cru que tout ceci n’était pas arrivé. Qu’il n’avait pas été pris dans une embuscade et il n’avait pas dû se battre avec les hommes de Robb Renfield et Nina Westmore. Rien de tout cela n’était prémédité, ou tout du moins, sa présence ne l’était pas. Mais le fait est qu’il n’avait pas pu se résoudre à laisser son client avec qui il effectuait toujours de très bonnes affaires, se faire passer à tabac sans réagir. Les hommes, tous surarmés et surentrainés, avaient pourtant tenté de le repousser une première fois, puis une seconde en l’assénant d’un coup de poing mais ceci n’avait pas arrêté Jace. Oui, d’une certaine façon, il n’était qu’un idiot, mais il n’avait pu se résoudre à faire autrement et avait foncé droit dans le combat, tête baissée. Et s’il se débrouillait plutôt bien au corps à corps, il n’avait pas pensé au fait qu’au delà d’être armés jusqu’aux dents, certains pouvaient aussi être équipés d’armes blanches. Il n’avait pas vu le couteau arriver. Il n’avait pas vu le couteau se planter droit dans son abdomen. Il l’avait cependant bien senti avant de s’écrouler sur le sol. Puis ils l’avaient achevé en le rouant de coups, histoire de lui faire passer toute envie de se mesurer à eux et de défendre l’indéfendable. C’est ici qu’il avait perdu connaissance pour ne se réveiller qu’une bonne heure plus tard luttant contre bon nombre de souffrances. Il avait fait son possible, comprimant sa blessure, pour regagner son appartement, mais bien sûr il n’y était pas parvenu. C’est pourquoi il avait cherché de l’aide auprès de Casey qu’il avait appelé et qui était immédiatement venu à sa rencontre, l’aidant à retrouver son studio –après lui avoir vivement conseillé d’aller à l’hôpital en vain- et soignant tant bien que mal sa plaie, ses plaies. Jace avait bien sûr insisté pour le faire seul, mais lorsqu’il avait fallu recoudre, il avait déclaré forfait, laissant Casey faire. Il n’était pas un professionnel, mais de par son métier de pompier, il connaissait les premiers secours. Naturellement, Jace avait insisté pour ne pas avertir Alba. Il n’avait pas envie qu’elle soit au courant. Il n’avait pas envie qu’elle s’inquiète et devienne folle en voyant l’état dans lequel il se trouvait. Bien sûre, ça n’était pas la première fois qu’il revenait avec quelques coups ou blessures, mais c’était la première fois qu’on lui enfonçait un couteau en plein dans le ventre et dieu sait que ce n’était pas ce qu’il y a de plus agréable. Il avait tout de même eu de la chance, puisqu’aucun organe vital n’avait été touché. Ceci n’atténua cependant pas la colère d’Alba lorsqu’elle débarqua comme une furie chez lui. Casey avait vendu la mèche. Et si Jace n’était pas autant affaibli, peut-être lui aurait-il fait regretter son geste, mais il n’en avait à cet instant pas la capacité. D’autant qu’Alba était dans un état tel qu’il n’avait plus réellement eu le temps de s’intéresser à Casey. La jeune femme était dans une colère noire. Contre les hommes de Renfield et Westmore bien entendu, mais elle semblait aussi habitée par un autre ressentiment que Jace n’avait guère l’habitude de voir. Si bien que lorsqu’il tenta de se faire un pansement de fortune sur sa plaie et qu’elle prit l’initiative de l’aider à nettoyer ses autres plaies, toutes superflues, il la laissa faire. Parce qu’elle avait besoin de cela pour se calmer visiblement. Elle l’avait même accompagné jusqu’à son lit pour qu’il puisse se reposer. Il ne l’avait jamais vu ainsi. Elle qui était toujours calme, froide, distante, était aujourd’hui aux antipodes de ce qu’il connaissait d’elle. Elle s’était totalement laissée aller, elle avait exprimée toute sa colère, toute sa frayeur laissant un Jace un brin circonspect. Elle tenait à lui. Plus qu’elle ne semblait l’avoir montré jusqu’alors. Il avait lu dans son regard tellement de chose, tellement de chose qu’il ne penserait jamais lire en elle. Puis il avait fermé les yeux et s’était endormi sous la douleur, plongeant dans ce sommeil bien mérité. Et s’il paraissait paisible pendant quelques heures, à peine a-t-il repris conscience qu’il a l’impression qu’on lui enfonce à nouveau le couteau dans l’abdomen. Il soupire à plusieurs reprises, priant pour que la douleur s’atténue. Il reste là un moment, les yeux rivés vers le plafond, une main serrant sa plaie. Peut-être un peu trop fort puisque lorsqu’il retire ladite main, celle-ci est couverte de sang. Il secoue la tête, agacé. Il était affreusement nul pour faire les pansements et cela se voyait. Cependant, lorsqu’il prend la décision, après mûre réflexion, de tenter de sortir du lit, il la voit. Alba. La jolie blonde s’est endormie sur la petite banquette qui fait face au côté droit du lit. Il la regarde un instant et sans qu’il ne s’en rende compte, il sourit faiblement. Il ne sait pas vraiment pourquoi la savoir là, près de lui, lui fait du bien. La vérité était qu’il était heureux de la savoir auprès de lui, à son chevet, décidant volontairement de mettre de côté toutes ses responsabilités  habituelles. Elle était là pour lui, alors qu’il ne faisait absolument rien d’autre que dormir. Elle n’avait pas besoin d’être là, à son chevet, s’endormant sur une banquette inconfortable alors qu’elle avait bien d’autre chose à faire, mais pourtant, elle était là. Elle était là pour lui, comme il n’aurait jamais cru cela possible. Il s’abandonne un bref instant dans la contemplation de la jeune femme, avant que sa plaie lui rappelle à quel point il pouvait détester les crétins d’hommes de main de Nina. Il se jura d’ailleurs pour lui-même de faire comprendre à Nina que ce genre de chose ne pouvait plus arriver. Il était persuadé qu’elle n’y était pour rien –ou peut-être qu’elle y était pour quelque chose mais qu’il était naïf de penser le contraire- mais après tout c’était ses hommes et elle en était responsable. Elle allait devoir en payer le prix. Il contracte chacun de ses muscles, grimaçant sans cesse, avant d’attraper, aussi difficilement que cela fut, son téléphone portable, tapant rapidement un message à l’adresse de Malia. Il profita de sa position pour ouvrir sa table de chevet et d’en ressortir un petit sachet. Sa consommation personnelle de pilules en tout genre. Malgré qu’il s’agissait là de bons produits, cela n’en restait pas moins des drogues auxquelles il tentait de faire croire à qui veut l’entendre qu’il n’était pas accroc. Il en avala une, puis une seconde, espérant que cela aurait pour effet de palier à sa douleur, au moins pendant quelques heures. Il range rapidement le sachet comprenant assez de pilules pour la semaine et reprend position. C’est à cet instant qu’il croise son regard. Il a bien dû mal à cacher sa surprise, persuadé qu’elle dormait. Il ignore si elle a vu, mais il ne peut, à cet instant, lire que de l’inquiétude et de la peur dans son regard. Il lui sourit faiblement, histoire de la rassurer. « Tu n’es pas obligée de rester là Alba, je vais bien. » Si on omettait le fait que sa plaie semblait s’être rouverte, que son pansement était si mal fait que ses draps n’allaient pas tarder à être couverts de sang, et que cela lui faisait au delà de tout, un mal de chien, il allait bien.  Alba se redresse alors sur la banquette et remet en place ses cheveux – elle avait définitivement cette fâcheuse habitude de toujours vouloir être impeccable. « J’ai envie de rester. » dit-elle simplement en se levant, afin de le rejoindre. Il n’aime pas forcément se retrouver dans cette position, face à elle. Il n’aime pas qu’elle le voit de la sorte, il n’aime pas qu’elle puisse voir que finalement, il n’est qu’un homme et qu’il n’est pas invincible, qu’il puisse être atteint et faible. C’est pourquoi, lorsqu’elle vient s’asseoir sur le bord du lit, juste à côté de lui, il refuse de la regarder. « Tu as plein de chose à faire pour le cartel tout ça, ne t’occupe pas de moi, je peux me débrouiller seul. » Il en était persuadé quand la vérité semblait évidente. Il avait si mal qu’il n’était même pas persuadé de réussir à se lever avant plusieurs heures, le temps que les drogues qu’il venait de prendre fassent leurs premiers effets. Mais son égo et sa tendance à se croire toujours au dessus de tout, faisaient qu’il la repoussait et ce, même si Alba ne cessait de secouer la tête, n’approuvant définitivement ses dires. « Malia ne devrait pas tarder à débarquer comme une furie, je lui ais laissé un message pour lui dire. » Cette pensée le fit sourire, malgré la douleur. Il connaissait assez Malia pour savoir qu’un message tel qu’il venait de lui envoyer allait immédiatement la faire réagir. Elle qui réagissait toujours au quart de tour. N’entendant pas de réponse de la part d’Alba, Jace tourne enfin la tête vers elle, cherchant son regard. Il n’a pas pour habitude de la voir si silencieuse. Et a peine a-t-il posé ses yeux sur elle qu’il remarque immédiatement à quel point tout cela semble la dépasser. Il attrape alors sa main qu’il serre doucement, histoire de la rassurer. Comme si elle venait d’être prise en flagrant délit de rêverie, elle cligne des yeux avant de secouer à nouveau la tête. « Je l’ai rappelé, elle travaille et ne passera que ce soir. Je lui ais dit que je gardais un œil sur toi. » Jace relâche immédiatement la main d’Alba, agacé. Il fronce les sourcils et soupire. Il n’aimait pas quand elle prenait les initiatives à sa place, quand elle n’en faisait qu’à sa tête et qu’elle le traitait comme une victime de ses blessures et incapable de faire quoi que ce soit seul. « Je peux veiller sur moi Alba, je ne suis pas infirme, ni un gamin ! » Il lui lance un regard noir, ramenant sa main sur sa blessure. Il la comprime doucement, sachant pertinemment que celle-ci saignait. Prenant l’initiative de lui cacher, il tente de bouger, afin de sortir du lit, du côté opposé où elle se trouve. Mais la douleur est telle qu’à chacun de ses mouvements, il grimace, malgré toute la concentration et la détermination dont il fait preuve. La main d’Alba vient alors se poser sur le haut de son torse. Elle appuie assez fort pour lui faire passer toute envie de se lever. Alors, il capitule, se laissant retomber sur le lit. Mais bien sûr, parce que la douleur a bien trop raison de lui, il oublie de remonter le drap. Si bien qu’il ne faut pas longtemps à Alba pour voir tout ce sang qui commence à s’amasser. Elle se lève alors rapidement et écarquille les yeux. Un instant Jace ne comprend pas ce qu’il lui prend, mais quand elle retire totalement drap et qu’elle se penche sur sa blessure, il saisit. Il soupire et tente de lui dire que ce n’est rien. Mais bien sûre, elle n’est pas de cet avis. « Je vais te changer ton pansement. » Derechef, il soupire vivement, afin qu’elle puisse entendre et comprendre à quel point il ne voulait pas qu’elle s’occupe de lui ainsi. Oui, Jace avait bien du mal à avouer qu’il pouvait avoir besoin de l’aide de qui que ce soit, qui plus est d’Alba. « Je peux le faire tout seul. » s’écrie-t-il assez fort pour qu’elle puisse l’entendre. Car avant même qu’il ait pu dire quoi que ce soit, elle s’était éclipsée dans la salle de bain, afin de trouver le nécessaire pour refaire un pansement convenable. Elle revient avec ce qu’il faut, ou ce qui ferait en l’espèce l’affaire. Car n’étant pas un professionnel pour réaliser ce genre de chose, il n’avait que quelques compresses qu’il avait dû acheter pour panser une ancienne blessure, et de l’alcool à brûler qui allait probablement lui faire un mal de chien. « Tu saignes Jace, et ce que tu as fait tout à l’heure ne ressemble à rien ! »  Elle n’avait pas tout à fait tort, Jace ne pouvait pas la contredire là-dessus. Si bien qu’il resta silencieux. Mais il ne capitula pas pour autant. En effet, il repousse les mains d’Alba et joue les enfants capricieux, se tournant sur le côté et lui faisant dos, afin qu’elle ne puisse ni lui fait face, ni avoir accès à sa plaie. Mais c’était sans compter sur la détermination de la jeune femme qui n’hésite pas à employer les manières fortes. Il se débat quelques secondes, mais dès l’instant où elle pose ses deux mains délicates sur son torse nu, il a bien du mal à rester aussi indifférent et récalcitrant. Elle avait toujours de drôles d’effets sur lui. De ses mains, il protège un instant sa plaie, refusant qu’elle y touche. Les hommes les plus durs faisaient bien souvent les patients les plus exécrables. « Jace laisse moi faire ! » Elle l’assène d’un regard qui veut en dire long, le même genre de regard que lui lançait autrefois Aidan lorsque Jace décidait de faire à peu près n’importe quoi sous les yeux de son petit frère. Et c’est probablement ce regard, cette image du visage de son frère qui le pousse à déposer les armes. Il soupire, parce qu’il est tout de même obligé de montrer ô combien il ne fait pas cela de gaité de cœur, mais il lève les mains, la laissant ainsi accéder à sa blessure. Jace s’endort peu après que la jeune femme lui ait fait un pansement digne de ce nom. Parce qu’il manque cruellement de force et que les pilules qu’il avait avalé un peu plus tôt l’avait plus assommé que revigoré. Il n’a pas le temps de le remarquer mais Alba a elle-même fini par s’endormir juste à côté de lui, probablement épuisée d’avoir passé une bonne partie de la nuit à son chevet. Lorsqu’il se réveille, elle n’est pourtant plus là et la première pensée qui le traverse est celle de savoir où elle est et ce même s’il continue à être tiraillé par la douleur. S’il lui avait aisément fait comprendre qu’il n’avait pas besoin d’elle et qu’il ne souhaitait pas plus que cela qu’elle reste là, la vérité était toute autre. Malgré la douleur persistante, celle-ci lui semblait un peu moins lancinante. Peut-être était-ce dû aux soins bien plus adaptés d’Alba, ou à ces cachets qu’il avait pris. Il l’ignorait, mais le principal était pour lui qu’il souffrait moins. Tant qu’il se décida même à sortir du lit. Bien sûr, il mit un temps fou pour se lever, bien sûr il ne put marcher qu’à vitesse réduite, bien sûr il grimaça à plusieurs reprises lorsqu’il enfila son t-shirt et bien sûr, il fut contraint de se tenir le côté droit du ventre en marchant, mais il marchait. L’appartement, plongé dans l’obscurité et dans le silence lui fit un instant croire qu’il était de nouveau seul. Mais ceci ne dura que quelques instants, parce qu’à peine a-t-il fait un pas dans le salon qu’il la voit, en train de s’afférer à faire on ne sait quoi. Jace s’arrête lorsqu’il a atteint le bar où il prend appui et croise les bras sur sa poitrine l’observant ranger avec ce brin de nervosité qu’il ne lui connaissait pas. Alba était si calme, si sereine –ou du moins l’était-elle en apparence- d’ordinaire. Il affiche un mince sourire lorsqu’il croise enfin son regard. Elle ne lui dit rien mais il lit dans son regard qu’elle est contente de le voir sur pied. Le sommeil ne faisait cependant pas des miracles, il allait encore devoir minimiser le moindre effort encore un certain temps s’il voulait pouvoir reprendre du service. Ils restent un instant dans le silence, où Jace lui fait comprendre d’un regard qu’elle n’a pas à ranger son appartement, mais elle continue. Elle continue car cela semble l’aider à ne pas céder à la colère qu’elle a en elle depuis l’instant même où elle a vu l’état dans lequel se trouvait Jace. Elle ressasse, elle bouillonne. Le dealeur n’est pas idiot, il sait pertinemment qu’elle est en train de chercher un moyen de se venger de ce qu’il s’était passé la veille et plus particulièrement des responsables du cartel en question, Nina Westmore et Robb Renfield. « Je veux le rencontrer et le faire regretter. » Elle s’arrête, pose ce qu’elle a entre les mains et regarde Jace. Elle n’a pas besoin de lui dire de qui elle parle pour qu’il prenne. Il sait pertinemment qu’elle parle de Robb. Parce qu’elle s’était visiblement mise dans la tête qu’il était le véritable détendeur et chef du trafic d’armes. Jace, quand bien même était-il tout aussi agacé et désireux de prendre sa revanche, était pourtant obligé de tempérer leur duo. Parce qu’elle devenait hors de contrôle et que ce n’était absolument pas l’état dans lequel il souhaitait la voir. Pour ainsi dire, il n’avait pas la moindre envie qu’elle entre dans cette bataille. « N’en fais pas toute une histoire Alba, c’était un malentendu. » C’était le cas, ou presque. Il était conscient qu’il était celui qui avait frappé le premier, pour tenter de défendre Kevin, mais le fait est que les choses avaient pris bien trop d’ampleur sans qu’il n’ait réellement le temps de s’en rendre compte. Car avant cela, on lui avait enfoncé une lame en plein dans l’abdomen. En face, Alba semble agacée à mesure qu’il ouvre la bouche. Elle écarquille les yeux et l’interroge du regard, croyant de toute évidence rêver face à de tels propos. C’était lui qui avait tendance à chercher violence et conflit d’ordinaire. Alors il pouvait être troublant de le voir tenter de calmer le jeu. « Pourquoi est-ce que tu les défends ? » Elle ne comprenait pas. Tout comme Jace ne comprenait pas pourquoi elle en fasse autant, pourquoi elle se mettait dans des états pareils juste pour lui, et une petite blessure qui finirait bien par guérir. Il soupire, levant les yeux au ciel. Elle ne voulait pas comprendre son point de vu. « Je ne les défends pas, j’ai juste pas envie que tu t’embarques là dedans ! Ils n’hésiteront pas à te tuer si tu les cherches trop ! » Il voulait finalement et tout simplement la protéger, comme il le faisait toujours. Il ne voulait pas qu’elle s’embarque là-dedans parce qu’au delà du fait qu’il avait il y a encore peu, de bons rapports avec Nina, il était conscient que leur équipe n’hésiterait pas à se débarrasser d’Alba si celle-ci démarrait une quelconque vendetta à leur encontre. Elle n’était pas celle qui devait entrer dans le conflit, elle n’était pas celle qui devait aller régler le compte de ces idiots. Lui seul devait y aller, pas elle. Mais bien sûr, elle ne l’entendait absolument pas de cette façon, et parut presque offensée de croire qu’elle serait capable de perdre la vie face à eux, qu’elle ne ferait finalement pas le poids. « Ca tombe bien, moi aussi  je n’hésiterais pas à les tuer. » Son regard se durcit alors que celui de Jace fait tout l’inverse. Un énième soupire s’échappe d’entre ses lèvres alors qu’il ne cesse de secouer doucement la tête, les bras croisés sur sa poitrine. Elle ne comprend pas, elle ne comprend absolument rien, comme d’habitude. Il mit un temps conséquent avant de lui répondre quoi que se soit. Parce qu’il avait espoir qu’elle comprenne d’elle-même. Mais c’était peine perdue, elle était bien trop énervée pour essayer de lire quoi que ce soit dans son regard. « Je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose Alba ! » Il était sincère, terriblement sincère, comme il ne l’avait probablement jamais été. Et cela pouvait se lire dans le regard qu’il venait de poser sur elle. Il le savait, il s’était bien trop attaché à elle et cela courrait probablement à sa perte un jour, mais cela ne l’importait finalement pas. Leurs regards respectifs se croisent et se perdent l’un dans l’autre un instant. Une poignée de seconde qui firent aisément comprendre à Jace que rien de ce qu’il pourrait lui dire pourrait contrecarrer sa détermination. « Tu ne changeras pas d’avis n’est-ce pas ? » Elle secoue immédiatement la tête, sans pour autant dire quoi que ce soit. Il la connaissait assez pour savoir que rien ni personne, pas même lui et le peu d’influence qu’il pouvait avoir sur elle, lui ferait oublier ne serait-ce qu’une infime partie de cette volonté criante de tout détruire sur son passage pour avoir osé leur faire perdre un de ses hommes –ou pour le coup, simplement le blesser. Il se redresse doucement, grimaçant avant de finalement souffler. Cela ne lui faisait pas plaisir, mais elle était si déterminée qu’il savait qu’avec ou sans son aide, elle agirait en conséquence de cette soirée. Alors il hausse les épaules, lâchant à contre cœur quelques mots pour pourraient aller en ce sens.  « Alors demande un rendez-vous avec Nina, son numéro est dans mon répertoire. » Jace fait un signe de tête vers la chambre où son téléphone trônait toujours. Il aurait bien été lui chercher lui-même mais il n’était pas certain de pouvoir le faire. Malgré le fait qu’il semblait aller un brin mieux, il n’était pas pour autant dans une forme olympique. Cependant, Alba ne bouge pas. Elle fronce légèrement les sourcils et l’interroge du regard, ne comprenant de toute évidence pas où il voulait en venir. « C’est Robb que je veux ! » Elle semblait se ficher de Nina –du moins pour l’heure. Mais le fait est que cela, Jace l’avait bien compris. Il avait saisi qu’elle voulait faire payer à Robb en tant que lieutenant de ses hommes, de l’erreur qui avait été produite la veille au soir. « Et c’est lui que tu auras, il viendra à la place Nina si tu lui donnes rendez-vous. » Donner rendez-vous directement à Robb n’allait pas être simple, parce qu’il jouait, à une moindre mesure, un jeu similaire à celui d’Alba, faisant de lui un homme de l’ombre, un homme insaisissable qu’on avait bien du mal à contacter lorsqu’on n’était que des personnes extérieures. Et il n’y avait, pour Jace, rien de plus facile que d’entrer en contact avec Nina. Alba, qui ne semblait toujours pas saisir l’étendue de sa stratégie est dubitative. « Comment tu peux en être si sûr ? » Il l’était. Il en était même persuadé, pour la simple et bonne raison qu’outre le fait de connaître Nina, il avait aussi entendu parlé du lien un brin particulier qui unissait les deux détenteurs du cartel d’armes. Une relation qui pouvait à bien des égards s’apparenter, à quelques détails près, à celle qu’il pouvait avoir avec Alba. « Parce que c’est ce que j’aurais fait si c’était pour toi. » Lorsqu’il dit cela, il hausse les épaules, comme si cela ne faisait finalement l’ombre d’un doute, comme si cela n’était absolument pas révélateur de bien plus qu’il ne devrait lui dire. Un mince sourire peut à cet instant se lire sur les lèvres de la jeune femme qui fait quelques pas vers lui. « Ils vont le regretter crois moi. » Son regard s’assombrit. Jace n’aime pas spécialement ce regard. Il n’aime pas non plus l’idée qu’elle face elle-même justice. S’il bien qu’il ne peut s’empêcher de secouer doucement la tête, las de cette détermination. « Alba… » C’est une manière à lui de la rappeler à l’ordre, quand il sait pertinemment que cela n’aura aucun effet. Elle n’écoutait jamais ce que quiconque pouvait lui dire. Et si elle prenait en considération ce qu’il pouvait lui dire dans le cadre du boulot, il avait conscience que cette fois, c’était différent et qu’elle n’en ferait qu’à sa tête. Mais après tout, il se devait de tenter de la raisonner, même si cela était sans effet. « Je vais bien c’est bon, tu … » Il savait que l’état dans lequel il se trouvait actuellement était le problème. Il n’était pas le genre à se plaindre d’une petite blessure, bien au contraire. Il n’avait en règle générale jamais mal, ou bien il ne le montrait pas parce qu’il avait cette réputation d’homme dur et robuste à tenir. Et Alba s’était probablement habituée à cela. Si bien qu’il lui semblait de toute évidence difficile de le voir affaibli, atteignable, humain. C’est pourquoi elle fit un pas de plus et interrompit Jace au beau milieu de sa phrase, se fichant bien de ses paroles rassurantes qui n’étaient pour elle, absolument pas véridiques. Certes, il était toujours vivant, mais ses blessures, et plus particulièrement celle infligée par le couteau, n’était pas bégnine.  « Je sais Jace, mais s’il t’arrivait quelque chose je … » dit-elle, plongeant son regard dans le sien, s’avançant un peu plus. Ce qu’il voit dans ce regard le touche immédiatement. Elle avait peur, vraiment peur qu’il lui arrive vraiment quelque chose, qu’elle se retrouve seule ou du moins, sans lui. Il affiche un petit sourire, avant de lui attraper le bras et de l’attirer vers lui. Il la ramène contre lui, la serrant dans ses bras. Il ne sait pas exactement pourquoi il faisait cela, car il n’agissait jamais ainsi avec elle, ou du moins pas sans qu’elle l’ait préalablement accepté. Leurs contacts étaient rares, si rare que ce moment n’en était que plus particulier. Ses bras se refermant autour d’elle, sa joue venant trouver le contact de la sienne, sa main, dans une douceur non dissimulée venant caresser doucement ses cheveux. « Je vais bien. » Ses mots sont presque inaudibles, mais la proximité est telle entre les deux qu’il sait qu’elle a entendu et espère que ceux-ci seront rassurants. Surement pas assez pour la faire changer de plan, mais suffisants pour lui permettre d’arrêter de le regarder de cette façon et de lire cette peur constante dans ses yeux. Ils restent ainsi un moment. Si dans un premier temps, Alba est hésitante et presque distante face à cet élan d’affection, elle finit tout de même par détendre chacun de ses muscles et resserrer ses bras autour des épaules du trentenaire. Jace ferme un instant les yeux, n’ayant définitivement pas envie que ce moment s’arrête. Ni aujourd’hui, ni jamais. Il a cette impression que le temps vient de s’arrêter, qu’ils ne sont plus que tous les deux et que plus rien ne compte autour. Cet instant suspendu, ce moment volé rempli de tellement de sentiments et ressentiments sous-entendus ne dure pourtant pas assez longtemps. En effet, celui-ci vient se rompre au moment où, dans un bruit infernal, Malia Ryswell ouvre la porte de l’appartement à la volée et y pénètre comme une furie. Et bien sûre, elle est dans un état tel, qu’elle ne se rend absolument pas compte qu’elle vient d’interrompre quelque chose. « Jace ! Mon dieu tu vas bien. » Alba a à peine le temps de se retirer de l’éteindre de Jace qu’elle vint immédiatement le serrer contre lui. Elle est étouffante et particulièrement envahissante mais il ne peut s’empêcher de sourire. Parce que Malia est sa personne, parce qu’elle est la seule famille qu’il lui reste et qu’elle représente à peu près tout ce qu’il a. Bien sûre, il resserre ses bras autour d’elle, ne pouvait s’empêcher de s’amuser de cet affolement soudain. Il fait un signe de tête à l’adresse d’Alba, sans que celui-ci n’ait réellement de signification particulière. Peut-être était-ce un moyen de s’excuser pour l’interruption de ce moment qu’il aurait pourtant aimé voir durer des heures. Mais le fait est qu’il ne pouvait pas faire autrement, Malia était bien trop importante pour lui pour qu’il ne daigne pas la laisser se rassurer en le voyant. Il grimace faiblement, car s’il allait bien, le contact qui manquait cette fois-ci de douceur avec Malia lui appuie sur sa plaie. Lorsqu’elle se dégage de son étreinte, elle pose ses deux mains froides sur ses joues, l’inspectant. Des égratignures sont apparentes sur son visage ici et là. Son arcade est par exemple fendue, quelques coups ont laissé leurs traces sur ses pommettes et sa lèvre inférieure a légèrement gonflé. Elle passe doucement ses doigts sur ses blessures avant de se tourner vers Alba, le délaissant complètement. « Est-ce qu’il va mieux ? Ce n’est pas infecté ? Il a mangé ? »  Si cette attitude semble beaucoup amuser Alba qui s’apprête à répondre à la jolie brune, Jace lui, n’est absolument pas de cet avis. Il écarquille les yeux et se redresse complètement, se détachant du bar. C’était comme s’il avait disparu, ou pire comme s’il n’était qu’un enfant dont il fallait s’occuper en permanence et donner de l’attention. « Oh, je suis là !! » Il fronce les sourcils et jette un regard vers Malia qui veut en dire long sur la désapprobation de la scène qui est en train de se dérouler. Il détestait qu’on le traite comme un gamin et plus encore, il détestait que Malia et Alba s’allient de la sorte contre lui. « Je vais bien, arrêtez de vous inquiéter, ce n’est qu’une petite blessure, ça ira. » Il lève les bras en l’air en signe de sa bonne condition quand bien même un léger rictus, qu’il espérait discret, vint immédiatement ruiner toute crédibilité quant au fait qu’il n’avait absolument pas mal du tout. Le fait est que se faire planter un couteau dans l’abdomen était finalement assez douloureux mais son égo, sa fierté et sa volonté de toujours garder le contrôle et le dessus sur tout et tout le monde faisaient qu’il avait besoin de faire valoir son invincibilité et sa virilité. Ce qui fit d’ailleurs beaucoup rire Malia et Alba, au grand dam de Jace. (…)

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    come on let it go just let it be, why don't you be you and i'll be me, everything that's broke, leave it to the breeze let the ashes fall, forget about me.


Dernière édition par Jace Carstairs le Sam 27 Fév - 12:11, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: › suck it and see   Sam 16 Jan - 15:18

La musique électronique lui perce les tympans, allant jusqu’à s’immiscer dans sa tête en un rythme à la fois entrainant et agaçant. Si en temps normal, cela lui aurait filé un mal de crâne insupportable, à cet instant, il a l’impression qu’il peut tout supporter. Il se sent invincible, il déborde d’énergie, il n’a ni mal à la tête et encore moins à sa plaie pourtant encore fraiche. Tout du moins, il croit qu’il n’a pas mal, il a l’illusion de se sentir invulnérable et irrésistible. Il ne l’est pas, et cela a récemment pu être prouvé, lorsqu’il s’était replié sur lui-même face à la douleur, lorsqu’il avait perdu connaissance au beau milieu de la ruelle plongée dans la pénombre témoin d’un règlement de compte sanglant, et lorsqu’il avait été obligé de demander de l’aide. Il détestait ça. Il ne supportait pas devoir se reposer sur quelqu’un, devoir avouer qu’il n’était qu’un homme et non un surhomme. Alors oui, il avait de toute évidence bien du mal à gérer cette vulnérabilité qui semblait finalement faire partie de lui et qu’il n’assumait absolument pas. Bien sûr, il avait apprécié et aimé la compagnie d’Alba auprès de lui, ainsi que celle de Malia mais le fait est qu’il détestait être le centre d’attention et surtout d’être celui dont on devait s’occuper. Jamais ô grand jamais il n’avait été dans cette position. Et cela le rendait fou. Complètement fou. Alors, il avait tenté de trouver des alternatives à cette faiblesse. Il avait congédié Malia et Alba pour quelques heures, histoire d’avoir la paix et surtout de pouvoir profiter de sa soirée. C’était aussi un moyen pour lui de remonter la pente et de montrer au monde entier qu’il n’était pas faible et qu’il était parfaitement capable de se débrouiller seul, sans l’aide de qui que ce soit. Il ne s’y prenait absolument pas de la bonne manière, mais après tout, personne n’était là pour lui dire que son comportement était aux antipodes de celui qu’il aurait dû avoir. Et puis après tout, n’était-il pas un délinquant comme il en existe tant ? Ne faisait-il pas parti des mauvais dont les bons sentiments et la morale ne faisaient guère partie ? La réponse était bien plus compliquée qu’elle n’en avait l’air, quand lui se servait de ces points de vu réducteur pour se donner des excuses à ce qu’il était en train de faire. Il avait en quelque sorte baissé les bras et choisi le chemin de la facilité. Il avait choisi de laisser ses vieilles habitudes prendre totalement possession de lui, quand il les avait toujours plus ou moins géré jusqu’au jour d’aujourd’hui –ou du tout moins, c’est ce dont il se persuadait depuis des années quand le problème remontait à bien plus longtemps que ce soir. Inspirant vivement le contenu de la ligne de coke qui venait d’être tracé, il finit par se laisser retomber au fond du fauteuil. Il ferme les yeux et glisse ses bras de chaque côté de la banquette. Flanquées de part et d’autre de lui, deux jeunes femmes très superficielles minaudaient comme des collégiennes. Parce qu’elles savaient qu’en s’adressant au meilleur dealeur de la ville, elles auraient se qu’elles désirent, parce qu’il aspirait respect, le luxure et le danger. Et cela semblait satisfaire à ces demoiselles, aussi charmantes soient-elles dont Jace n’avait pas le moindre intérêt. Bien sûre, elles feraient l’affaire pour une nuit mais le fait est qu’elles n’étaient pour lui qu’un moyen de tester son pouvoir de séduction et aussi de faire partager ses déboires. Il déraillait complètement. Parce qu’il ne contrôlait plus. Parce qu’il était en général trop faible pour pouvoir effectuer de véritables ventes, parce qu’il était ces derniers temps mis de côté dans le business par Alba qui s’inquiétait bien trop pour le laisser gérer et parce que malgré tout ce qu’il pouvait dire, il avait bien du mal à supporter la douleur. Alors il avalait pilules sur pilules jusqu’à ce que vienne le soir où il écumait les carrés VIP des clubs de la ville pour occuper ses nuits qui n’étaient, ces derniers jours, plus faites de ventes et de négociations, à son plus grand désespoir. Il fait glisser ses deux mains dans le dos respectif de ses deux proies pour la soirée alors que celles-ci consomment à leur tour. Un mince sourire s’immisce sur ses lèvres lorsqu’il rouvre les yeux et observe la scène. Il était complètement ailleurs, comme si tous ses problèmes s’étaient envolés, comme s’il n’avait la moindre once de fatigue en lui et encore moins de douleur. Et ce même lorsque l’une des jeunes femmes qui se trouvait à ses côtés vint glisser sa main sous sa chemise, frôlant sa plaie. Il n’avait jamais réellement compris ce qu’elles avaient toutes avec les blessures et cicatrices. S’il avait pu s’abstenir de l’avoir, il l’aurait fait avec plaisir. Profitant aisément de la présence de chacune des deux femmes, et surtout de cette poudre blanche revigorante qui l’enivrait peu à peu, Jace retombait de toute évidence dans ses vieux démons. Son téléphone portable, posé juste à droite de sa carte bancaire et des lignes de coke, vibra à plusieurs reprises. Lorsqu’il vit le visage de Nina s’afficher sur son écran, il leva les yeux au ciel. Il prend alors la décision d’ignorer l’appel, comme il avait ignoré les précédents. Car il sait ce que la jeune femme veut. Ou du moins, il présume. Ce malentendu qui avait failli lui coûter la vie, avait fait le tour de la ville et elle voulait probablement tenter de réparer les pots cassés avant qu’Alba mette son plan en action. Et s’il n’était pas en accord avec sa boss sur le sujet, il n’avait tout de même pas la moindre envie de s’entretenir avec Nina. Il ne voulait pas la voir, comme il ne souhaitait à cet instant voir personne. Cependant, lorsqu’il reçoit un message d’Alba lui énonçant qu’ils avaient besoin d’avoir une conversation et rapidement, il n’hésite pourtant pas à abandonner ses deux plantes vertes d’un soir et de quitter le club très sélecte qu’il avait spécifiquement choisi pour la soirée parce qu’il n’était pas le ESL et qu’il était géographiquement à son opposé. Il grimpe sur sa moto, malgré l’état second dans lequel il se trouvait. Dans sa tête, il était parfaitement apte à conduire, comme il était apte à tout vaincre sur son passage. La coke lui donnait confiance, bien trop de confiance, quand celle-ci lui faisait aussi avoir des sautes d’humeur, de l’hyperactivité, des sueurs froides et une nervosité évidente. Lorsqu’il arrive au hangar où il savait qu’Alba se trouvait, il abandonne sa moto devant l’entrée, ainsi que son casque qu’il laisse posé à l’endroit même où il venait de s’asseoir. Il n’avait pas l’intention de s’attarder ici. Il avait bien des choses à faire ce soir, et pour le coup, il n’avait accouru que parce qu’il pensait que ce qu’Alba avait à lui dire était urgent et important. Lorsqu’il entre dans le hangar, il la voit immédiatement. Elle est en train de faire le boulot qu’il faisait d’ordinaire. Elle prépare les ventes, elle prépare la marchandise et les liasses de billets verts. Si une once de jalousie s’empare un bref instant de lui, c’est finalement le regard qu’elle lui lance et la manière qu’elle a de s’agacer sur ces billets qui lui sautent aux yeux. « Pourquoi est-ce que tu as l’air énervée ? » Jace fait quelques pas dans sa direction, fourrant ses deux mains dans ses poches. Il ne voyait pas bien ce qu’elle pouvait lui reprocher. Pour la simple et bonne raison qu’il était ces derniers temps presque totalement écarté de leur business le temps qu’il se refasse une santé. Bien entendu, il n’était pas d’accord avec cette décision discrétionnaire, mais il n’avait pas eu d’autre choix que d’obéir. Bien entendu, il lui faisait aisément comprendre que ce n’était pas ce qu’il souhaitait, ni même ce qu’il avait besoin, mais elle ne semblait pas comprendre. Ou peut-être ne le voulait-elle pas. Elle soupire bruyamment, jetant quelques regards furtifs en sa direction ; avant d’abandonner son activité et de diriger vers lui. « Parce que je le suis Jace ! » Ce genre d’attitude ne signifiait absolument rien de bon, et cela Jace en était parfaitement conscient, et ce malgré tout ce qui se dispersait actuellement dans ses veines. Il la regarde, interrogateur, se demandant où elle voulait en venir. « Il va falloir que tu fasses quelque chose pour Malia ! » La mention même du prénom de Malia lui fait froncer les sourcils. Il ne la suivait à cet instant absolument pas. Il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas ce qu’il était en train de se passer, ni même où elle voulait en venir. Malia avait toujours été un sujet délicat entre eux. Parce que Jace laissait passer à la jeune femme bien trop de chose au goût d’Alba, qu’elle était bien trop souvent dans les parages et qu’il lui faisait un peu trop part de sa propre vie. Elle en savait trop, c’était un fait que Jace lui-même ne pouvait pas nier. Mais il n’était pas une seule seconde question de l’éloigner pour autant. Malia était la seule chose qu’il lui restait et il était tout bonnement hors de question pour lui qu’il s’en sépare. Alba le savait et l’avait toujours su ; alors qu’était-elle en train d’essayer de lui faire comprendre ? Jace secoue la tête, nerveux. « Il faut que tu la tiennes un peu ! Déjà que je n’apprécie pas vraiment le fait qu’elle soit au courant de tout, j’aimerais bien qu’elle se mêle de ce qui la regarde et arrête de mettre son nez dans nos affaires ! » Jace reste toujours aussi perplexe. Il ne comprend absolument pas. Il était parfaitement conscient qu’Alba n’était pas adepte du fait que quelqu’un d’autre que Jace lui-même, en sache trop à son sujet, mais il avait naïvement cru qu’elle avait fini par adopter Malia, qu’elle appréciait dorénavant la jeune femme. Mais visiblement, cela ne semblait plus être d’actualité. Alors il reste silencieux, attendant patiemment qu’elle en dise davantage au lieu de céder à une colère qu’il ne saisissait définitivement pas. « Elle fait absolument n’importe quoi ! ». Jace hausse les épaules. Malia avait un don pour se mettre dans des histoires pas possibles. Il était bien au courant de cette tendance qu’avait la jeune femme. Alors jusque là rien d’étonnant. Mais il était tout de même à des années lumières de s’imaginer ce qu’Alba allait lui dire, et ce que Malia avait encore fait. La jeune femme, qui ressemblait à bien des égards à une version brouillon d’Alba dans la volonté de défendre les intérêts de Jace lui avait en effet, fait faire absolument n’importe quoi. Chose qu’Alba n’hésita pas à lui faire comprendre. Elle déballa donc toute l’histoire collant à ses propos. Sur le fait que Malia avait décidé de se mêler de ce qui ne la regardait de toute évidence pas, sur le fait qu’elle avait voulu démarrer une petite vendetta contre le camp adverse et qu’elle avait fini par mettre un bordel encore plus monstre que celui qu’il y avait déjà. Jace, qui restait parfaitement silencieux, secoua la tête à plusieurs reprises. Pourquoi fallait-il qu’Alba et Malia veuillent prendre autant de risque, veuillent autant cette revanche, alors qu’elles n’étaient finalement pas concernées. De ce fait, il avait été contraint d’être celui qui tempérait les choses et qui restait calme face à la situation, minimisant clairement ses désirs de broyer les os de cet abruti de Parrish qui lui avait planté ce couteau qui faisait de sa vie un calvaire ces derniers jours. Il ne comprenait pas bien pourquoi elles ne le laissaient pas gérer comme il l’entendait cette histoire. « Je lui parlerais. » Et il le ferait. Malia avait besoin d’être recardée, car ses petites coucheries avec le leadeur de leur cartel n’avaient fait aggraver leurs relations qui étaient aujourd’hui à leur apogée niveau tension. Alba hoche la tête, espérant vraiment que Jace ferait ce qu’il devait faire. Il le savait, elle le pensait trop indulgent avec Malia, mais il avait toujours décidé d’ignorer cela. Cependant, aujourd’hui, la jolie brune avait totalement dépassé les limites de l’entendement. Une fois la conversation achevée, Jace sortit ses mains de ses poches, attrapant ses clés au passage. Il n’était pas question qu’il s’attarde. Cependant, avant qu’il n’ait pu dire et faire quoi que ce soit, le regard d’Alba se fronce. « Pourquoi tes mains tremblent ? » Elle l’interroge du regard et il y voit immédiatement toute la désapprobation qu’elle pouvait ressentir. C’était une question à laquelle, elle avait déjà une réponse. Jace replonge ses mains dans ses poches à peine les a-t-il sorti, agacé qu’elle remarque absolument tout. « C’est rien, je repars, à plus tard. » Il fait volte-face pour s’éloigner, lui faire dos, mais surtout, quitter le hangar. Il n’était pas d’humeur pour une série de questions, ni même pour une leçon de morale. Tous deux savaient très bien pourquoi ses mains tremblaient et pourquoi ceci se faisait de plus fréquent ces derniers jours. Tous deux étaient parfaitement conscient que ceci n’était pas bon, mais Jace n’était pas pour autant décidé à reprendre le dessus. Ou peut-être qu’il pensait toujours l’avoir. Parce qu’il était persuadé que ces quelques jours de faiblesse seraient une partie de plaisir à balayer. « Jace… » Il ne la voit pas, mais il entend dans le son de sa voix de l’inquiétude. Autant que lorsqu’il la voyait manipuler les drogues, autant que lorsqu’il lui interdisait d’y toucher. Et s’il ralentit son pas un instant, il ne se retourne pas pour autant. « Je maîtrise, ne t’inquiète pas. » Sa voix se veut rassurante, afin qu’Alba ne s’alarme pas de ce qui était en train de se passer sous ses yeux. Mais il était évident que ceci n’aurait qu’un effet éphémère. Car ça ne faisait l’ombre d’un doute, Jace ne maîtrisait absolument pas et commençait doucement à nager dans des eaux troubles. Terriblement troubles. Cependant, il ne lui laisse pas le temps de rétorquer quoi que ce soit car il quitte le hangar avant, afin de profiter de nouveau de sa soirée. Il ne rentre chez lui que le lendemain, alors que la journée est déjà bien entamée. S’il trouve la porte de son appartement déverrouillée en arrivant, il ne s’alarme pas pour autant. Pour la simple et bonne raison qu’il a bien trop l’habitude d’y trouver Malia à l’intérieur. Et à peine la voit-il sur le canapé que les paroles d’Alba lui reviennent et que la colère monte. « Tu tombes bien. » Il n’y a pas une once de sympathie dans le ton qu’il arbore, mais finalement, cela ne semble pas tracasser plus que cela Malia, qui a bien trop l’habitude de traiter avec la mauvaise humeur du garçon. Il dépose ses clés, son casque ainsi que sa veste sur le bar avant de faire quelques pas dans la pièce à vivre. « Toi aussi, tu peux me ramener une bière pendant que tu es debout ? » Jace croit rêver. Il écarquille les yeux et croise immédiatement les bras. « Tu te fous de moi Malia ? » C’était ça, elle se foutait littéralement de lui. Elle devrait pourtant savoir que ses erreurs allaient finir par se savoir, elle devrait être consciente qu’Alba avait un œil sur absolument tout et qu’elle désapprouverait fermement ce que la jeune femme avait fait. Mais visiblement, elle était bien trop occupée à regarder on ne sait quelle absurdité à la télévision, avachie dans le canapé du garçon, pour s’en rendre compte. Sa seule réaction est un regard en biais vers Jace, arquant un sourcil. « Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Alba n’a toujours pas cédé à tes avances ? » Si Malia voulait simplement plaisanter, et s’amuser à charrier son ami comme elle le faisait bien souvent, cela ne le fit pourtant, absolument pas rire, ni même sourire une seule seconde. « Pardon ? » Alba était un sujet houleux, qu’il ne fallait de toute évidence pas invoquer lorsqu’il était énervé. Car cela avait le don de l’agacer encore plus et de faire naître en lui un bouillonnement certain. « C’est pas vraiment le moment d’aggraver encore plus ton cas Malia ! » Et voilà, Jace était en colère et celle-ci allait aller de toute évidence crescendo. Le ton autoritaire et menaçant qu’il venait d’employer fit enfin naître une réaction adéquate chez Malia. Elle se redresse sur le canapé et l’interroge du regard. Jace s’avance vers elle, ne pouvait pas croire qu’elle ne comprenne pas ce qui l’énerve autant. « Qu’est-ce que tu as foutu avec Renfield ? Est-ce que tu es idiote ou bien tu le fais vraiment exprès ? » Lorsqu’il s’emportait, Jace avait tendance à ne pas mesurer ses propos et à dire les choses crument sans prendre la moindre pincette. Il était ainsi et l’avait toujours été. Malia le savait. C’était peut-être pour cela qu’elle resta silencieuse, ou peut-être parce qu’elle savait qu’elle avait fait une bêtise. « Combien de fois je t’ai dis de rester en dehors de mes affaires ? » Ce n’était pas la première fois, et probablement ceci ne serait pas la dernière, quand bien même le garçon semblait déterminé à lui faire comprendre et à lui faire passer toute envie de recommencer. Elle devait rester en dehors de tout ça. Elle n’avait pas à jouer les chevaliers blancs en armure et encore moins pour lui. Il le lui avait dit des milliers de fois, il était celui qui gérait ses propres problèmes et plus encore, il était celui qui prenait soin d’elle, pas l’inverse. « Je veux bien tout Malia mais pas que tu rentres là-dedans ! » Il a haussé le ton si fort que la jeune femme baisse un instant les yeux, presque honteuse, ou bien cherchait-elle simplement ses mots pour justifier sa prise d’initiative complètement inconsciente. Il s’avance donc encore vers elle, ne décolérant pas, profitant de ce rare moment où elle n’avait pas la parole pour lui passer le savon qu’elle méritait. « Donc la prochaine fois qu’il te vient l’idée d’être aussi inconsciente et idiote, va plutôt te faire l’un de ces gosses de riches dont tu n’as que ça à faire de voler ! » Il pointe un doigt presque menaçant vers elle, ne faisant absolument pas attention à ce qu’il venait de dire et à ce qui venait de totalement dépasser ses pensées. Bien sûre, il n’approuvait pas vraiment ce qu’elle faisait, mais elle était une grande fille et pouvait prendre ses propres décisions. Jace était toujours indulgent avec elle. Il la laissait vivre sa vie comme elle l’entendait, du moment qu’elle venait pas prendre des risques inconsidérés pour la sienne et surtout se mêler de son business. Cette dernière phrase fait bien entendu, réagir la jeune femme qui se lève immédiatement et rejoint Jace, lui faisant entendre son point de vu. Bien sûr, une dispute violente s’en suivit. Une dispute dont les voisins peuvent aisément assister malgré eux, une dispute où les insultes et les règlements de compte fusent et où chacun surenchérissait sur les paroles de l’autre, créant un dialogue de sourd où aucun ne voulait entendre raison, calmer le jeu et dont ils regretteraient probablement le contenu plus tard. L’altercation, la crise, ne se dissipe en apparence que lorsque Malia quitte l’appartement en claquant la porte. Tous deux sont remontés, très remontés l’un contre l’autre. Et si c’est la colère qui a à cet instant parlée pour eux, ils sont parfaitement conscients qu’ils allaient devoir un jour se parler calmement pour tenter d’arranger les choses. Mais pas ce soir. Parce qu’aujourd’hui, ils se détestaient, se haïssaient et n’avaient pas la moindre envie de faire preuve de diplomatie. C’est pourquoi, chacun passa sa journée de son côté, à ressasser cette dispute. Jace, qui avait pourtant décidé de récupérer un peu de son sommeil manquant, était tellement exaspéré qu’il ne parvint même pas à s’endormir. Et puis finalement, qu’avait-il de mieux que de s’enchaîner une énième soirée toujours remplie d’excès pour faire passer sa fureur ? Rien, absolument rien. Comme tous les samedis soirs, il se rend au ESL. Si d’ordinaire, il y joue les barmans, ce soir, ce n’est pas ce qu’il fait. Il ne prend même pas la peine de se rendre dans le bureau d’Alba. Parce qu’il est toujours vexé d’être écarté. Si cela partait d’un bon sentiment, afin qu’il puisse récupérer après sa blessure, Jace ne l’entendait absolument pas ainsi et avait bien du mal à supporter qu’on le couve de la sorte. C’est pourquoi il se rend immédiatement dans cette petite salle surplombant le club. De là, il pouvait voir la totalité de la discothèque et même avoir un visu sur Alba lorsqu’elle se décidait à observer les résultats de son dur travail, ou de surveiller ses employés au balcon. Mais surtout, il pouvait profiter aisément de ce qu’il avait rapporté et ce qui le tenait actuellement éveillé depuis plus de 24 heures sans interruption. Ses yeux, bien trop exorbités pour faire état de sa santé et de son état actuel, Jace se trahissait lui-même. Mais il s’en fichait. Il se fichait que l’on sache qu’il était sous influence et qu’on le voit consommer. Parce qu’il était bien trop épris par les substances qu’il avait ingurgité et qu’il se fichait actuellement de tout, pour ainsi dire. Tout semblait s’accumuler. La dispute avec Malia, la peur qu’Alba n’en vienne à faire une connerie qui pourrait lui coûter la vie, le fait qu’elle lui impose le repos, et probablement le fait que tout le monde s’inquiète un peu trop pour lui. Plus encore, il détestait par dessus tout ce sentiment d’impuissance qui le berçait bien trop ces derniers jours. Alors il se droguait, encore et encore, laissant la coke faire son travail. La laissant s’immiscer en lui et lui donner l’illusion d’être à nouveau l’homme invincible qu’il se croyait être. « Voilà l’homme que je cherchais. » Une petite brune montée sur des talons vertigineux et bien trop maquillée s’immisce sur le divan en face de lui, arborant cette expression qu’il le faisait toujours sourire. Liv Dierden. Ou la petite héritière irrémédiablement accroc. Cela faisait un moment que Jace la fournissait, parce qu’elle était une bonne cliente et qu’elle le payait toujours en temps et en heure. En la voyant, il lâche son billet de cent dollars sur la table et abandonne ce qu’il avait pourtant grand besoin ce soir pour prêter attention à la brune. Il savait très bien ce qu’elle voulait. Parce qu’elle ne venait jamais vers lui sans vouloir sa dose. Jace fourre sa main dans la poche de sa veste et en retire un sachet des pilules favorites de Liv. Il lui lance et bien sûr elle le rattrape immédiatement. Elle inspecte le contenu pendant que Jace reprend en silence, sur le rythme de la musique, sa consommation personnelle. La jeune femme semble déjà bien loin et l’éthique aurait voulu qu’elle s’arrête là mais bien sûr, ce n’est pas ce qu’elle fait, glissant immédiatement une des fameuses drogues sur sa langue. D’un geste autoritaire et parfaitement hautain, elle vire la jeune femme qui se trouvait à côté de Jace pour prendre place près de lui. Il ne la regarde dans un premier temps pas, bien trop occupé à s’imprégner de la substance blanchâtre qui lui faisait face. Ce n’est que lorsqu’elle glisse sa main à l’intérieur de sa veste qu’il réagit. Il se tourne vers elle et attrape sans la moindre délicatesse le poignet de Liv, par réflexe. Cependant, lorsqu’il comprend qu’elle n’était simplement qu’en train de lui payer les sommes dues, il se détend et relâche sa prise. Ils se regardent un instant. Il ne sait pas vraiment pourquoi, mais il a l’impression, une fraction de seconde, de voir son reflet dans les yeux de Liv. Elle ne devait pas en avoir conscience, mais on pouvait lire dans son regard bien des choses. Du mal-être, de la tristesse, un brin de désespoir et surtout, bien trop de fierté. Jace la connaissait depuis un moment maintenant, et s’ils n’avaient eu que des conversations professionnelles –s’alliant bien trop souvent avec un jeu de séduction inapproprié- il ne la connaissait finalement pas vraiment. Il finit par détourner le regard, car il déteste voir la vérité en face. Il déteste voir que cette fille est en train de gâcher sa vie parce qu’elle n’est pas assez forte pour prendre le dessus, n’est que le reflet de ce qu’il est. Car lui non plus ne semble à cet instant pas assez robuste pour se délester de cette came qu’il laisse finalement prendre possession de lui petit à petit. Il n’aime pas voir qu’elle est dans le même état, aussi pitoyable soit-il que lui et qu’ils ne valent pas mieux que l’autre. « Les dealeurs ne sont-ils pas censés rester clean ? » Ils l’étaient. Et Jace l’était la plupart du temps. Mais parfois, il sombrait. Parfois il laissait place à son addiction, à ses vieux démons et parfois il ne ressemblait finalement qu’à celle qu’il avait fuit il y a quinze ans de cela, sa mère. Parfois il était pathétique et lui-même s’en rendait compte. Mais le fait est qu’il balayait toujours ce genre de pensée par une ligne et que cela finissait pas s’estomper naturellement. Ou plus ou moins naturellement. « C’est moi qui commande, alors je peux bien faire ce que je veux. » grogne le garçon alors qu’il jette un œil vers Alba, qui a le regard rivé dans sa direction. La vérité était qu’il ne commandait finalement rien du tout et qu’il n’était qu’un pion pour Alba. Pire encore à cet instant, il n’était même plus en charge de quoi que ce soit. Parce qu’il était censé prendre du repos. Parce qu’il était censé récupérer quand lui avait décidé l’exact opposé. Il détourne son regard d’Alba, quand il sait pertinemment qu’elle continue de regarder dans sa direction. Parce qu’il sait qu’elle désapprouve et parce qu’il veut lui faire comprendre qu’elle n’a pas à prendre de décision pour lui et qu’il était parfaitement capable de dicter lui-même sa propre vie. Il reporte alors son attention vers Liv. « T’en veux ? » Il lui tend le billet roulé et hausse les épaules. Les dealeurs n’étaient pas censés consommer avec leur clientes. Ils n’étaient pas censés partager une soirée avec eux, tout comme ils n’étaient pas censés franchir la ligne qu’il n’allait plus tarder à franchir. Un sourire nait sur les lèvres de la jeune femme. Un sourire qui veut en dire long sur la joie et sur les intentions de la brune. « Si c’est si gentiment proposé. » Elle se mordille doucement la lèvre inférieure, réduisant plus encore la proximité qui les sépare, avant de s’emparer du billet et de se laisser tenter à ce qui devait être la meilleur cocaïne de la ville. Jace, dont les méfaits de la drogue ont totalement eu raison de lui, observe la scène avant de jeter un bref regard vers Alba. Elle regarde et c’est exactement ce qu’il veut. C’est pourquoi, lorsque Liv relève la tête, il fait glisser sa main le long de sa cuisse, l’assénant d’un regard qui voulait tout dire. La brune semble réceptive et c’est tant mieux. Il lui attrape la nuque et ne perd pas une seule seconde de plus pour fourrer sa langue dans sa bouche, profitant plus que de raison de la jeune femme. Ignorant totalement qu’il venait là d’embrasser fougueusement la femme de la vie de son frère et qu’il signait probablement là son arrêt de mort …

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Dernière édition par Jace Carstairs le Sam 27 Fév - 12:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: › suck it and see   Sam 16 Jan - 18:47

Arrête il va prendre la grosse tête à force :siffle: :siffle:

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MessageSujet: Re: › suck it and see   Dim 17 Jan - 17:36

vous êtes plutôt sexy vous hehe hehe
et jamais, la grosse tête c'est pas son genre :cool:

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MessageSujet: Re: › suck it and see   Mar 2 Fév - 22:26

suck suck suck suck suck
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MessageSujet: Re: › suck it and see   Mar 2 Fév - 22:42

Mais non il est cool Jace :ange: :ange: :ange: :ange: :siffle:

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MessageSujet: Re: › suck it and see   Mar 2 Fév - 22:59

Non Jace est nul :superman:

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MessageSujet: Re: › suck it and see   Mar 2 Fév - 23:11

Faut pas être rancunier comme ça voyons Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: › suck it and see   Ven 19 Fév - 13:25

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MessageSujet: Re: › suck it and see   Ven 19 Fév - 13:54

c'toi la plus belle hug2 hug2 :hug: :hug: cupidon cupidon hrt hrt

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    come on let it go just let it be, why don't you be you and i'll be me, everything that's broke, leave it to the breeze let the ashes fall, forget about me.
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MessageSujet: Re: › suck it and see   

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› suck it and see
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